Kerbors
commune française du département des Côtes-d'Armor
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Kerbors [kɛʁbɔʁs] est une commune française située dans le département des Côtes-d'Armor, dans la région Bretagne.
| Kerbors | |||||
L'allée couverte de Men-ar-Rumpet. | |||||
| Administration | |||||
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| Pays | |||||
| Région | Bretagne | ||||
| Département | Côtes-d'Armor | ||||
| Arrondissement | Lannion | ||||
| Intercommunalité | Communauté d'agglomération Lannion-Trégor Communauté | ||||
| Maire Mandat |
Gildas Le Béver 2020-2026 |
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| Code postal | 22610 | ||||
| Code commune | 22085 | ||||
| Démographie | |||||
| Gentilé | Kerborzien | ||||
| Population municipale |
292 hab. (2023 |
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| Densité | 42 hab./km2 | ||||
| Géographie | |||||
| Coordonnées | 48° 49′ 43″ nord, 3° 10′ 55″ ouest | ||||
| Altitude | 20 m Min. 0 m Max. 70 m |
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| Superficie | 6,88 km2 | ||||
| Type | Commune rurale à habitat dispersé | ||||
| Unité urbaine | Paimpol (banlieue) |
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| Aire d'attraction | Hors attraction des villes | ||||
| Élections | |||||
| Départementales | Canton de Tréguier | ||||
| Législatives | Cinquième circonscription | ||||
| Localisation | |||||
| Géolocalisation sur la carte : France
Géolocalisation sur la carte : France
Géolocalisation sur la carte : Côtes-d'Armor
Géolocalisation sur la carte : Bretagne (région administrative)
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Géographie

La commune est située dans le nord des Côtes-d'Armor, sur la presqu'île sauvage de Lézardrieux, entre Paimpol et Tréguier. Elle est située sur la rive est de l'estuaire du Jaudy.
Communes limitrophes
La commune de Kerbors est limitrophe de 3 communes.
Relief
Le finage de Kerbors est formé pour l'essentiel d'un plateau d'une quarantaine de mètres d'altitude (son point le plus élevé est situé près de la chapelle Saint-Aubin à 47 mètres d'altitude). Le bourg est vers 45 mètres d'altitude. La commune est limitée à l'ouest par la ria du Jaudy, le littoral étant bordé de falaises qui ne présentent que peu d'échancrures permettant un accès à la mer sauf à sa limite sud (près de Pont Bégou) et dans sa partie nord aux alentours de Men-ar-Rompet, située vers une douzaine de mètres d'altitude seulement.
- Kerbors ː l'îlot d'Enez Yar (photographie, début XXe siècle).
- L'Île à Poule vers 1950.
- Le Vire en Pont Bégou.
L'Îlot d'Enez Yar (Île à Poule), d'une superficie de 2 000 m2 seulement, est relié au continent par un tombolo de cailloux ; il est bordé côté est par des falaises de lœss et contient une habitation. Des traces d'exploitation du sel et d'un atelier de briquetage datant de l'Âge du fer y ont été découvertes[1].
Hydrographie
La commune est située dans le bassin Loire-Bretagne. Elle n'est drainée par aucun cours d'eau[2],[Carte 1].

Climat
Plusieurs études ont été menées afin de caractériser les types climatiques auxquels est exposé le territoire national. Les zonages obtenus diffèrent selon les méthodes utilisées, la nature et le nombre des paramètres pris en compte, le maillage territorial des données et la période de référence. En 2010, le climat de la commune était ainsi de type climat océanique franc, selon une étude du Centre national de la recherche scientifique (CNRS) s'appuyant sur une méthode combinant données climatiques et facteurs de milieu (topographie, occupation des sols, etc.) et des données couvrant la période 1971-2000[3]. En 2020, le climat prédominant est classé Cfb, selon la classification de Köppen-Geiger, pour la période 1988-2017, à savoir un climat tempéré à été frais sans saison sèche[4]. Par ailleurs Météo-France publie en 2020 une nouvelle typologie des climats de la France métropolitaine dans laquelle la commune est exposée à un climat océanique[5]. Parallèlement l'observatoire de l'environnement en Bretagne publie en 2020 un zonage climatique de la région Bretagne, s'appuyant sur des données de Météo-France de 2009. La commune est, selon ce zonage, dans la zone « Littoral doux », exposée à un climat venté avec des étés cléments[6]. Elle est en outre dans la zone H2a au titre de la réglementation environnementale 2020 des constructions neuves[7],[8].
Pour la période 1971-2000, la température annuelle moyenne est de 11,3 °C, avec une amplitude thermique annuelle de 0,4 °C. Le cumul annuel moyen de précipitations est de 766 mm, avec 13,3 jours de précipitations en janvier et 6,8 jours en juillet[3]. Pour la période 1991-2020, la température moyenne annuelle observée sur la station météorologique de Météo-France la plus proche, sur la commune de La Roche-Jaudy à 11 km à vol d'oiseau[9], est de 11,8 °C et le cumul annuel moyen de précipitations est de 887,1 mm[10],[11]. La température maximale relevée sur cette station est de 37,2 °C, atteinte le ; la température minimale est de −8,5 °C, atteinte le [Note 2].
Pour afficher une liste d’indicateurs climatiques caractérisant la commune aux horizons 2030, 2050 et 2100 et pouvoir ainsi s'adapter aux changements climatiques, entrer son nom dans Climadiag-commune[12], un site de Météo-France élaboré à partir des nouvelles projections climatiques de référence DRIAS-2020.
Urbanisme

Typologie
Au , Kerbors est catégorisée commune rurale à habitat dispersé, selon la nouvelle grille communale de densité à 7 niveaux définie par l'Insee en 2022[13]. Elle appartient à l'unité urbaine de Paimpol, une agglomération intra-départementale dont elle est une commune de la banlieue[14],[15]. La commune est en outre hors attraction des villes[16],[17].
La commune, bordée par la Manche, est également une commune littorale au sens de la loi du , dite loi littoral[18]. Des dispositions spécifiques d’urbanisme s’y appliquent dès lors afin de préserver les espaces naturels, les sites, les paysages et l’équilibre écologique du littoral, tel le principe d'inconstructibilité, en dehors des espaces urbanisés, sur la bande littorale des 100 mètres, ou plus si le plan local d’urbanisme le prévoit[19].
Occupation des sols
L'occupation des sols de la commune, telle qu'elle ressort de la base de données européenne d’occupation biophysique des sols Corine Land Cover (CLC), est marquée par l'importance des territoires agricoles (99,6 % en 2018), une proportion identique à celle de 1990 (99,6 %). La répartition détaillée en 2018 est la suivante : terres arables (52,3 %), zones agricoles hétérogènes (47,3 %), zones humides côtières (0,4 %)[20]. L'évolution de l’occupation des sols de la commune et de ses infrastructures peut être observée sur les différentes représentations cartographiques du territoire : la carte de Cassini (XVIIIe siècle), la carte d'état-major (1820-1866) et les cartes ou photos aériennes de l'IGN pour la période actuelle (1950 à aujourd'hui)[Carte 2].

Toponymie
Histoire
Préhistoire

Une fouille réalisée par Pierre-Roland Giot n'a permis d'y découvrir que des vases campaniformes datant du Chalcolithique se situant vers -2500 à -2200 avant J.-C.[23]. Les restes d'un cairn ont été trouvés à proximité.
Sur l'îlot d'Enez Yar des vestiges d'exploitation du sel datant de la Tène (Second Âge du fer) ont été découverts[24].
Des restes d'une pêcherie remontant probablement à l'Âge du fer, mais sans doute exploitée ensuite pendant des siècles, ont été retrouvés sur l'îlot d'Enez Covec[25].
Moyen Âge
Kerbors fait historiquement partie du Trégor.
Temps modernes

L'existence d'une chapelle à Kerbors est mentionnée en 1546[26]. Kerbors est érigé en paroisse succursale de celle de Pleubian le à la demande de Jeanne du Licouet, veuve de François de Quelen, seigneur de Kerhoz, propriétaire de la chapelle dédiée à Notre-Dame-des-Neiges[27] ; Kerbors était donc sous l'Ancien Régime une trève de la paroisse de Pleubian.
Le vocable de Notre-Dame-des-Neiges est probablement lié à une épidémie de peste. L'origine du nom de Notre-Dame des Neiges (une église de Rome dédiée à Notre-Dame des Neiges était, selon un cantique, priée en cas de peste)[28].
Selon une ordonnance de Louis XV datant de 1759 la paroisse de Querbors [Kerbors] doit fournir 13 hommes et payer 85 livres pour la défense des côtes de Bretagne[29].
Révolution française et XIXe siècle
Kerbors est brièvement une commune au début de l'année 1790, mais est réunie à la commune de Pleubian le , avant d'en être à nouveau détachée par loi du [21].
Pierre-Marie Le Pivaing, né le à Kerbors, fut vicaire à Kerbors vers 1794 . il y mourut le [30].
- Plan cadastral de la section de Kerbors au sein de la cpmmune de Pleubian (tableau d'assemblage, 1829).
Kerbors est érigé en paroisse distincte de celle de Pleubian par le décret épiscopal du ; la nouvelle église est construite entre 1859 et 1861 et la première école des garçons entre 1884 et 1887 ; cette école devint mixte en 1906[31].
Joachim Gaultier du Mottay écrit en 1862 que Kerbors possède une école de garçons ayant 55 élèves, que son église récemment reconstruite présente un assez grâcieux aspect, qu'on y remarque des vitraux colorés provenant de l'ancien oratoire et qu'elle est dédiée à Notre-Dame-des-Neiges ; « sous le portail de la nouvelle église on a déposé la pierre tombale d'un chevalier du Guiny de Bonaban, extraite de l'église démolie, dans laquelle ce dernier avait été inhumé. Sur la côte, vis-à-vis de l'Île-à-Poule, on trouve trois dolmens, connus dans le pays sous le nom de Men-ar-Rompet ("Pierres des Druides") et, non loin de ces monuments, les débris d'un cromlec'h (..) Géologie : granite amphibolique ». Il signale aussi l'existence d'une chapelle[Note 3] qui a pour patron saint Aubin et qui porte sur ses murs la date de 1719[32].
En 1876 à Kerbors les équipages de vingt bateaux goémoniers commencèrent avec les habitants, que le maire avait réunis au son du tocsin, une bataille qui se termina par la mort d'un homme, tué d'un coup de croc en fer[33].
Le XXe siècle
La Belle Époque
Les agriculteurs de Kerbors, Pleubian et Lanmodez, zone de la Ceinture dorée, cultivaient notamment des pommes de terre primeurs ; le journal L'Ouest-Éclair du écrit que leurs terres étant bien exposées n'ont pas senti les gelées de mai et qu'ils font de bonnes affaires cette année[34].
La Première Guerre mondiale
Le monument aux morts porte les noms de 30 soldats morts pour la Patrie pendant la Première Guerre mondiale ; parmi eux, Joseph Merrien est mort dès le à Langemarck (Belgique) ; 5 sont des marins victimes des naufragés de leurs bateaux torpillés par des sous-marins allemands [Yves Le Minoux et Joseph Rabé sont morts le (cuirassé Bouvet), Célestin Rabé est mort le (cuirassé Suffren), Paul Jacob est mort le (torpilleur Dora), Yves Le Guillard le (croiseur cuirassé Kléber)] ; Yves Le Guillard, lui aussi marin, est mort le victime d'une explosion[Note 4] à Arkhangelsk (Russie) ; les autres sont morts sur le sol français[35].
L'Entre-deux-guerres
Le monument aux morts de Kerbors, dont l'érection est décidée par le conseil municipal le , est édifié par le sculpteur Yves Le Meur ; il est inauguré le [36].
La Seconde Guerre mondiale
Le monument aux morts de Kerbors porte les noms de 6 personnes mortes pour la France durant la Seconde Guerre mondiale : parmi eux Alexandre André et Joseph Le Mével, tués à l'ennemi au printemps 1940 lors de la Bataille de France, Paul Bourdoulous, résistant fusillé le à Angers, François L'Anthoën, tué le au sémaphore de Creac'h Maout en Pleubian[35].
En 1943, deux avions B17, touchés par la DCA allemande, s’écrasent autour de Pleubian. Le Yardbird s’écrase le à Pleubian tandis que le Stinky weather tombe à Kerbors le [37], faisant 4 victimes, les 6 autres aviateurs américzinsparvenant à sauter en parchute[38].
Mécanicien à Kerbors, Paul Bourdoulous reçut comme mission, le , de s'emparer de l'argent de la Trésorerie de Tréguier pour le compte des FTP locaux. Les gendarmes ayant été alertés par le contrôleur de la Trésorerie, Paul Bourdoulous fut arrêté en même temps que son camarade de mission Maurice Le Luc. Il fut jugé le et exécuté dans la nuit qui suivit dans la maison d'arrêt d'Angers[39].
L'après Seconde Guerre mondiale
Lors du recensement de 1946 Kerbors comptait 63 exploitations agricoles et 55,8 % de la population totale vivait de l'agriculture[40].
Un soldat (Jean Kerambrun) originaire de Kerbors est mort pour la France durant la Guerre d'Indochine[35].
Politique et administration
Rattachements administratifs et électoraux
- Rattachements administratifs
La commune se trouve dans l'arrondissement de Lannion du département des Côtes-d'Armor.
Elle faisait partie du canton de Lézardrieux. Dans le cadre du redécoupage cantonal de 2014 en France, cette circonscription administrative territoriale a disparu, et le canton n'est plus qu'une circonscription électorale.
- Rattachements électoraux
Pour les élections départementales, la commune fait partie depuis 2014 du canton de Tréguier. Pour l'élection des députés, elle fait partie de la cinquième circonscription des Côtes-d'Armor.
Intercommunalité
Kerbors était membre de la communauté de communes de la Presqu'île de Lézardrieux, un établissement public de coopération intercommunale (EPCI) à fiscalité propre créé en 2001 et auquel la commune avait transféré un certain nombre de ses compétences, dans les conditions déterminées par le code général des collectivités territoriales.
Dans le cadre des prescriptions de la loi portant nouvelle organisation territoriale de la République (Loi NOTRe), promulguée le , qui prévoit que les établissements publics de coopération intercommunale (EPCI) à fiscalité propre doivent avoir un minimum de 15 000 habitants, cette intercommunalité a fusionné avec ses voisines pour former, le , la communauté d'agglomération dénommée Lannion-Trégor Communauté, dont Kerbors est désormais membre.
Tendances politiques et résultats
Emmanuel Macron est arrivé en tête aux deux tours de l'élection présidentielle française de 2017[41].
Aux élections européennes de 2019, les électeurs ont majoritairement voté pour la liste soutenue par le Rassemblement national[42].
Liste des maires
Population et société
Démographie
Enseignement
La commune est située dans l'académie de Rennes. Il n'y a pas d'établissement scolaire sur son territoire.
Économie
Culture locale et patrimoine
Lieux et monuments

- L'allée couverte de Men-ar-Rumpet, classée au titre des monuments historiques depuis 1957[49] ;
- L'allée couverte vue de l'ouest : vue d'ensemble.
- L'allée couverte vue de l'est.
- L'allée couverte vu du sud (entrée).
- L'allée couverte : vue intérieure.
- Le manoir de Kerhoz (Kerhos), inscrit au titre des monuments historiques depuis 1983 ; en 2023 il obtient 285 000 euros pour sa restauration de la part de la Mission patrimoine[27]. Une fontaine, datant du XVIIe siècle ou du XVIIIe siècle, est située à proximité[50]
- Manoir de Kerhos : vue extérieure d'ensemble.
- Manoir de Kerhos : bâtiments ouest et sud.
- Manoir de Kerhos : bâtiment nord.
- Manoir de Kerhos : bâtiment est.
- Manoir de Kerhos : masure extérieure.
- Manoir de Kerhos : sanctuaire extérieur.
- Le manoir de Troezel Vraz (XVe siècle, remanié XVIIe siècle)[51] ;
- Le manoir de Troezel Bian ;
- Le manoir de Mez Huel (XVIIe siècle)[52] ;
- Le manoir de Keraliou (fin XVIe siècle ou début XVIIe siècle)[53] ;
- De nombreuses maisons et fermes présentent un intérêt patrimonial[54], par exemple la maison de Roc'h-ar-C'here : elle date de 1812[55] ;
- Le moulin à vent de Merdy date de 1574 ; c'est le seul qui subsiste (largement remanié et restauré en maison d'habitation) des 5 moulins indiqués sur le plan cadastral de 1829[56] ;
- L'église Notre-Dame-des-Neiges : en forme de croix latine, elle a été construite entre 1859 et 1861 par Alain et Tugdual Lageat, entrepreneurs à Lannion[57] et son gisant du Chevalier de Bonaban; les fonts baptismaux, qui proviennent de la chapelle antérieure, la cuve porte les armes des Quélen et date de 1605;
- L'église Notre-Dame-des-Neiges : vue extérieure.
- La Croix du cimetière : datant du XVIe siècle, En granite avec un haut fût monolithe, précédemment située dans l'enclos paroissial (ancien cimetière), elle a été déplacée dans le nouveau cimetière à la fin du XXe siècle[58] ;
- Des croix de chemin, par exemple celle de Troezel-Vras[59], celle de Pen-Lann[60] ;
- La chapelle Saint-Aubin (milieu XVIIIe siècle, en mauvais état)[61] ;
- Le littoral de la commune, classé "espace naturel remarquable du département des Côtes-d'Armor"[62]
- Des sentiers de randonnée[63], dont le GR 34.
