Kerfourn
commune française du département du Morbihan
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Kerfourn ([kɛʁfuʁn][Note 1]) est une commune française, située dans le département du Morbihan en région Bretagne, en Argoat.
| Kerfourn | |||||
L'église Saint-Eloi-et-Saint-Vincent-Ferrier. | |||||
Blason |
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| Administration | |||||
|---|---|---|---|---|---|
| Pays | |||||
| Région | Bretagne | ||||
| Département | Morbihan | ||||
| Arrondissement | Pontivy | ||||
| Intercommunalité | Pontivy Communauté | ||||
| Maire Mandat |
Joël Marivain 2020-2026 |
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| Code postal | 56920 | ||||
| Code commune | 56092 | ||||
| Démographie | |||||
| Gentilé | Kerfournois, Kerfournoise | ||||
| Population municipale |
852 hab. (2023 |
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| Densité | 44 hab./km2 | ||||
| Population unité urbaine |
42 209 hab. | ||||
| Géographie | |||||
| Coordonnées | 48° 02′ 38″ nord, 2° 49′ 56″ ouest | ||||
| Altitude | 130 m Min. 92 m Max. 138 m |
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| Superficie | 19,46 km2 | ||||
| Type | Commune rurale à habitat dispersé | ||||
| Unité urbaine | Hors unité urbaine | ||||
| Aire d'attraction | Pontivy (commune de la couronne) |
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| Élections | |||||
| Départementales | Canton de Pontivy | ||||
| Législatives | Troisième circonscription | ||||
| Localisation | |||||
| Géolocalisation sur la carte : France
Géolocalisation sur la carte : France
Géolocalisation sur la carte : Morbihan
Géolocalisation sur la carte : Bretagne (région administrative)
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| Liens | |||||
| Site web | Site Officiel de la commune de Kerfourn | ||||
| modifier |
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Géographie
Localisation
La commune se trouve à 13 km à l'est de Pontivy, à 26 km à l'ouest de Josselin, à 45 km au nord-ouest de Vannes, à 60 km au nord-est de Lorient et à 100 km à l'est de Rennes.
Transports
La commune est traversée par la D 764, la D 319 et la D 2.
Paysage et Relief
La commune de Kerfourn est situé sur le plateau de Pontivy au relief relativement plat ou faiblement ondulé. Son altitude varie entre 92 m et 138 m. Le paysage y est monotone et rappelle la Beauce. Les talus et les haies d'arbres typiques du bocage de l'ouest de la France ont presque entièrement disparu pour laisser place à de grandes parcelles de terre consacrées à la culture des céréales et du maïs. Cependant l'habitat, fait de nombreux petits hameaux, y est plus dispersé qu'en Beauce. La superficie de la commune est de 19,46 km2.
Hydrographie
La commune est située dans le bassin Loire-Bretagne. Elle est drainée par la Belle Chère, le Runio, le ruisseau d'er-ponto[1], le ruisseau du Guern[2] et divers autres petits cours d'eau[3],[Carte 1].
La Belle Chère, d'une longueur de 21 km, prend sa source dans la commune de Noyal-Pontivy et se jette dans l'Ével à Évellys[4].
Le Runio, d'une longueur de 15 km, prend sa source dans la commune et se jette dans l'Ével à Évellys, après avoir traversé cinq communes[5].
- Réseau hydrographique de Kerfourn.
Climat
Plusieurs études ont été menées afin de caractériser les types climatiques auxquels est exposé le territoire national. Les zonages obtenus diffèrent selon les méthodes utilisées, la nature et le nombre des paramètres pris en compte, le maillage territorial des données et la période de référence. En 2010, le climat de la commune était ainsi de type climat océanique franc, selon une étude du Centre national de la recherche scientifique (CNRS) s'appuyant sur une méthode combinant données climatiques et facteurs de milieu (topographie, occupation des sols, etc.) et des données couvrant la période 1971-2000[6]. En 2020, le climat prédominant est classé Csb, selon la classification de Köppen-Geiger, pour la période 1988-2017, à savoir un climat tempéré à été frais et sec[7]. Par ailleurs Météo-France publie en 2020 une nouvelle typologie des climats de la France métropolitaine dans laquelle la commune est exposée à un climat océanique[8]. Parallèlement l'observatoire de l'environnement en Bretagne publie en 2020 un zonage climatique de la région Bretagne, s'appuyant sur des données de Météo-France de 2009. La commune est, selon ce zonage, dans la zone « Littoral doux », exposée à un climat venté avec des étés cléments[9]. Elle est en outre dans la zone H2a au titre de la réglementation environnementale 2020 des constructions neuves[10],[11].
Pour la période 1971-2000, la température annuelle moyenne est de 11,1 °C, avec une amplitude thermique annuelle de 12,1 °C. Le cumul annuel moyen de précipitations est de 869 mm, avec 13,4 jours de précipitations en janvier et 6,9 jours en juillet[6]. Pour la période 1991-2020, la température moyenne annuelle observée sur la station météorologique de Météo-France la plus proche, sur la commune de Bignan à 19 km à vol d'oiseau[12], est de 11,8 °C et le cumul annuel moyen de précipitations est de 995,0 mm[13],[14]. La température maximale relevée sur cette station est de 39,5 °C, atteinte le ; la température minimale est de −8,5 °C, atteinte le [Note 2].
Urbanisme
Typologie
Au , Kerfourn est catégorisée commune rurale à habitat dispersé, selon la nouvelle grille communale de densité à sept niveaux définie par l'Insee en 2022[15]. Elle est située hors unité urbaine[16]. Par ailleurs la commune fait partie de l'aire d'attraction de Pontivy, dont elle est une commune de la couronne[Note 3],[16]. Cette aire, qui regroupe 16 communes, est catégorisée dans les aires de moins de 50 000 habitants[17],[18].
Occupation des sols

Le tableau ci-dessous présente l' occupation des sols de la commune en 2018, telle qu'elle ressort de la base de données européenne d’occupation biophysique des sols Corine Land Cover (CLC). Kerfourn appartient au bassin agricole de Pontivy, parfois surnommé la « Petite Beauce », un territoire s'étendant au nord, à l'est et au sud de cette ville voué à l'agriculture intensive et caractérisé par la présence de grandes parcelles de céréales et la rareté des haies d'arbres et des espaces boisés[19].
| Type d’occupation | Pourcentage | Superficie (en hectares) |
|---|---|---|
| Tissu urbain discontinu | 3,5 % | 69 |
| Terres arables hors périmètres d'irrigation | 79,4 % | 1545 |
| Prairies et autres surfaces toujours en herbe | 6,2 % | 121 |
| Systèmes culturaux et parcellaires complexes | 9,0 % | 175 |
| Surfaces essentiellement agricoles interrompues par des espaces naturels important | 1,8 % | 35 |
| Source : Corine Land Cover[20] | ||
Toponymie
Le nom de la localité est attesté sous les formes Kerforn en 1461[21],[22], Querfourne et Kerfourne en 1739[22].
En breton, le nom est Kerforn, composé des mots kêr « lieu habité » et forn « four ». C'est également la forme normalisée préconisée par l'Office public de la langue bretonne[22].
Le nom signale simplement l'existence d'un village, ayant un four, et suffisamment caractéristique pour désigner ce lieu sans erreur possible.
Le breton est la langue historiquement en usage localement, jusqu'au passage au français.
En gallo, l'association Chubri rapporte la prononciation [cɛrfurn], qu'elle retranscrit sous la forme Qhèrfourn, suivant l'écriture dite « MOGA » élaborée en 2007[23].
Histoire
Moyen-Âge
Au XIe siècle, les Templiers et les Hospitaliers de l'ordre de Saint-Jean de Jérusalem sont accueillis en Bretagne et, selon la liste de leurs biens, ils installeraient même un hôpital à Kerfourn.
Selon un aveu de 1471, Kerfourn était, au sein de la Vicomté de Rohan, une des 46 paroisses ou trèves de la seigneurie proprement dite de Rohan[24].
Kerfourn (Kerforn) est cité dès 1461.
Temps modernes

En 1677, Kerfourn est mentionné comme trève de Noyal-Pontivy.
Le XIXe siècle
Kerfourn est érigé en paroisse en 1802. La commune de Kerfourn a été créée en 1839 (en même temps que celles de Gueltas, Saint-Gérand et Saint-Thuriau) à partir d'un territoire de la commune de Noyal-Pontivy par un arrêté de Louis-Philippe Ier.
L'ancien bourg était situé 500 m plus au sud. Il est petit à petit reconstruit plus haut autour d'une petite église paroissiale. La nouvelle église est construite en 1899 à l'emplacement de l'ancienne.

La région est traditionnellement à la limite entre les langues française (pays gallo) et bretonne, qui est ainsi décrite en 1886 : Croixanvec est une commune bretonnante et Saint-Gonnery, sauf une petite pointe à l'ouest, est de langue française ; la limite entre les deux langues laisse ensuite en pays français la commune de Gueltas, passe par Kerjean, commune de Noyal-Pontivy, qui parle breton, sauf deux villages à l'est de cette limite. Laissant le bourg de Kerfourn en pays bretonnant, elle passe par Gahvern et Lesoanic, hameaux de cette commune[25]. L'ancienne limite entre le breton et le gallo était située au début du XXe siècle à l'est du territoire, entre Kerfourn et Crédin.
Le le conseil municipal de Kerfourn, revenant sur un vote antérieur, refuse le projet de construction d'une école de garçons (la commune ne disposait que d'une école mixte) en raison des charges financières que cela entraînerait pour la commune[26]. En 1894 la commune de Kerfourn demande au Conseil général du Morbihan une demande de secours pour la reconstruction partielle de l'église paroissiale[27].
Le XXe siècle
La Belle Époque
Le plusieurs maires de la région, dont Lécuyer, maire de Kerfourn, réunis à Pontivy, signent un texte dans lequel ils refusent de surveiller si les prêtres de leur paroisse utilisent la langue française, et non la langue bretonne, lors des leçons de catéchisme et des instructions religieuses[28].
La Première Guerre mondiale
Le monument aux morts de Kerfourn porte les noms de 65 soldats morts pour la France pendant la Première Guerre mondiale[29].
L'Entre-deux-guerres
En novembre 1928 le maire de Kerfourn, François Chapel, se marie en même temps que son frère ; près de 900 invités assistent à ce double mariage : l'hebdomadaire Le Nouvelliste du Morbihan publie un reportage illustré de quatre photographies de cet événement[30].
La Seconde Guerre mondiale
Le monument aux morts de Kerfourn porte les noms de 6 personnes mortes pour la France pendant la Seconde Guerre mondiale[29].
L'après Seconde Guerre mondiale
Le cimetière est déplacé en 1950 sur la route de Crédin.
Théodore Jégat est mort pour la France le pendant la Guerre d'Algérie[29].
Politique et administration
Démographie
L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1841. Pour les communes de moins de 10 000 habitants, une enquête de recensement portant sur toute la population est réalisée tous les cinq ans, les populations de référence des années intermédiaires étant quant à elles estimées par interpolation ou extrapolation[36]. Pour la commune, le premier recensement exhaustif entrant dans le cadre du nouveau dispositif a été réalisé en 2008[37].
En 2023, la commune comptait 852 habitants[Note 4], en évolution de +1,67 % par rapport à 2017 (Morbihan : +4,33 %, France hors Mayotte : +2,36 %).
Kerfourn est, après l'ensemble communal Plougonver et La Chapelle-Neuve (qui formaient une commune unique en 1851) la commune qui a perdu en valeur absolue le plus d'habitants entre 1851 et 1999 (- 2 781 parmi toutes les communes de Bretagne[40].
Enseignement
La commune possède une école privée (école Notre-Dame) et une école publique (école Jean-de-la-Fontaine).
Commerces
Dans le bourg, on peut trouver un café et une boulangerie.
Économie
La commune se trouve près du principal axe routier nord-sud de la Bretagne, reliant les zones côtières du Morbihan à celles des Côtes-d'Armor.
Une importante industrie agro-alimentaire s'est développée autour des villes de Pontivy et Loudéac.
Culture locale et patrimoine
Lieux et monuments
- Église Saint-Eloi-et-Saint-Vincent-Ferrier (1899)
- Fontaine Saint-Vincent (XVIIe siècle)
- Fontaine Saint-Eloi (XVIIe siècle)
- Calvaire de Guerdaner (XVIIe siècle)
- Oratoire de Notre-Dame-de-Lourdes (XXe siècle)
- Manoir de Guerniquello
- Manoir du Lindreux
- Four à pain du Rohic
- Café Chez Marie Jo
Héraldique
Personnalités liées à la commune
- Abbé Jean-Mathurin Cadic, poète, né à Kerfourn en 1843[41],[42].
