Cambaluc
capitale de la dynastie Yuan, aujourd'hui Pékin
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Dadu, Zhongdu, Bejing, Pékin

Cambaluc ou Khanbalyk (Khan-baligh : « la ville du Khan » en mongol : ᠻᠠᠨᠪᠠᠯᠢᠺ, cyrillique : Ханбалык, MNS : Khanbalyk, turc : Hanbalık), également connu sous le nom chinois Dadu (chinois : 大都, « Grande Capitale »), est le nom de la capitale de l'Empire mongol établie par Kubilai Khan en 1266. Elle est fondée à l'emplacement de l'actuelle Pékin et établit la dynastie Yuan, permettant au Khagan de devenir le premier empereur de Chine mongol.
Nom
Khanbaligh est le nom turcique de la ville, signifiant « la ville du Khan ». Il est translittéré en latin Cambaluc par Marco Polo. En 1272, Kubilai Khan lui donne le nom chinois de Dadu, signifiant « Grande Capitale », se transformant en Daidu en mongol[1].
On trouve aussi dans les manuscrits anciens diverses variantes : Cambalou, Canbalu, Cambalec, Cambaleth. En chinois, Khanbalik est translittéré phonétiquement : 汗八里, , « Les huit lieues du Khan »).
Histoire
Sous la dynastie Liao, les Khitans en font leur capitale du Sud, qu'ils appellent Nanjing ou Yanjing (燕京). Puis, sous la dynastie des Jin, Zhongdu[2]. La ville est ravagée par les armées mongoles de Gengis Khan en 1215, les derniers palais sont consumés par un incendie qui ravage la ville, 3 ans plus tard, en 1217[3]. Lorsque Möngke est élu khagan par le kurltai, il place un darugachi (juge) proche de lui au contrôle de la ville et Kubilai Khan aux « affaires militaires et civiles des terres Han, du Sud du désert » (de Gobi)[4]. La ville sert comme siège de l'administration mongole du nord de la Chine[2].
Après la mort de son petit-fils Möngke en 1259, la guerre de succession au trône (1260-1264) voit s'affronter Ariq Boqa, resté à Karakorum, devenue capitale mongole sous Ögedeï, et Kubilai Khan, basé à Shangdu[5],[6]. Après ce conflit, l'éloignement de Karakorum la rend trop vulnérable pour servir de centre de gouvernement, notamment dans le contexte des ambitions de conquête de la Chine. En 1266, plutôt que de réutiliser l’ancienne capitale des Jin, Zhongdu, Kubilai ordonne la construction d’une nouvelle ville. Les sources indiquent deux raisons à ce choix : d'une part, l'indication des astrologues impériaux, d'une autre la crainte d'une rébellion de la population en cas d'occupation d'une ville ancienne[1],[2].
D'abord nommée Khanbalik, sa construction s'achève en 1272 et la ville prend le nom de Dadu, l'aire originale de la voie de Zhongdu (zh) (中都路) y est fusionnée[3].
En 1368, la ville est incendiée lors de la révolte des Turbans rouges et la dynastie Ming place sa capitale à Nankin. La ville de Pékin ou Beijing (北京, ), littéralement « capitale du nord », s'est construite sur les fondations médiévales de Daidu[1].
Plans et localisation

Le site est choisi de manière stratégique. Situé près des régions les plus peuplées de l’empire, majoritairement habitées par les Han, il demeure néanmoins proche de la Mongolie, ce qui permettait à Kubilai de conserver un accès direct aux steppes. Comme Karakorum auparavant, la région produit insuffisamment de céréales pour nourrir une population importante. Afin d’y remédier, Kubilai fait prolonger le Grand Canal pour assurer l’approvisionnement en vivres depuis le sud[1].
Le plan de la ville est conçu par le savant confucéen Liu Bingzhong (en), en s’inspirant notamment du Zhouli. Le choix de l’emplacement aurait également été influencé par des considérations astrologiques et géomantiques. La construction est supervisée par Yeheidie'erding (en), un architecte musulman d'Asie centrale. La ville est construite selon un plan rectangulaire : murs nord-sud d'environ 6,65 km, murs est-ouest d'environ 7,48 km[1],[2].
L’enceinte englobe près de 46 km² et abrite 600.000 habitants durant la période Yuan. Elle est entourée de murailles en terre battue d'environ 9 m d’épaisseur à la base et 3 m au sommet et faisant 15m de haut. Chaque côté possède trois portes régulièrement espacées. Des fortifications, probablement des barbacanes, défendent ces entrées, tandis que des ouvrages défensifs aux angles abritent la garnison[1],[2].
Le plan urbain prévoit de larges voies urbaines avec 72 quartiers distincts avec au centre de la ville un clocher servant à avertir en cas de départ d'incendie. La palais impérial se trouve quant à lui dans la partie sud de la ville entouré de murs intérieurs[1]. La conception du palais suit le modèle employé à Karakorum avec les grands hall d'audiance et des pavillons plus intimistes[2].
Malgré l'intervention d'artisans externes à la Chine, l'architecture adoptée est majoritairement chinoise[1].
Vestiges actuels
Le Parc des vestiges de la muraille Yuan de Dadu (chinois simplifié : 元大都城垣遗址公园 ; pinyin : ), situé dans le district de Chaoyang, au Nord du centre-ville de Pékin, contient différents vestiges de cette époque.
Le Temple Miaoying dans le District de Xicheng, à l'ouest du centre-ville, comporte une stupa blanche qui est le dernier bâtiment préservé du complexe palatial mongol[2].