Monarchie maorie

monarchie reconnue par une partie des Maori de Nouvelle-Zélande From Wikipedia, the free encyclopedia

Kīngitanga

Création
TitreChef (Te Arikinui)
MandantConseil du Kīngitanga (Tekau-mā-rua)
Système électif
Durée du mandatPermanent
Faits en bref Création, Titre ...
Reine des Maoris
Reine du Kīngitanga
(en) Queen of the Kīngitanga
(mi) Kuīni
Image illustrative de l’article Monarchie maorie
Armoiries du Kīngitanga
Te Paki-o-Matariki

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Drapeau du Kīngitanga

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Titulaire actuelle
Nga Wai Hono i te po Paki
depuis le
(1 an, 6 mois et 11 jours)

Création
Titre Chef (Te Arikinui)
Mandant Conseil du Kīngitanga (Tekau-mā-rua)
Système électif
Durée du mandat Permanent
Premier titulaire Potatau Te Wherowhero
Résidence officielle Tūrongo House, Tūrangawaewae

Liste des monarques maoris
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La monarchie maorie, ou le Kīngitanga, est la monarchie élective reconnue par une partie des Maoris de Nouvelle-Zélande, notamment dans l'île du Nord. Elle fut fondée en 1858, dans le cadre d'une tentative d'unification nationale maorie face à l'expropriation grandissante des terres autochtones par les autorités coloniales britanniques durant les guerres maories. Il ne s'agit donc pas d'une monarchie « traditionnelle », mais d'une réaction à la situation coloniale.

L'actuelle reine (Kuīni en maori) est Nga Wai Hono i te po Paki, depuis le .

Contexte en 1858

Premiers drapeaux de la monarchie maorie, 1862

L'année 1858 eut une certaine importance symbolique puisqu'on estime que, pour la première fois, le nombre d'Européens en Nouvelle-Zélande  en langue maori, les Pakeha  dépassa le nombre de Maoris. Dans le même temps, de nombreux iwi (groupes tribaux) tentent de freiner l'expansion territoriale des Pakeha, avides de terres autochtones dans le cadre des guerres maories. Dans le Taranaki et le Waikato, des iwi s'accordent pour délimiter un territoire au sein duquel il ne serait permis de vendre aucune terre aux Pakeha[1].

Naissance du Kīngitanga et du King Country

En 1852, Tamihana Te Rauparaha, fils du puissant chef guerrier Te Rauparaha (1760-1849), rencontre la reine britannique Victoria en Angleterre. De retour en Nouvelle-Zélande, il décide de tenter d'établir une monarchie autochtone inspirée du modèle britannique. Il s'agirait de construire un mouvement pan-tribal, national, doté d'une autonomie propre, suffisamment puissant pour résister aux pressions pakeha. Il ne s'agit pas de nier la souveraineté britannique sur la Nouvelle-Zélande, mais d'affirmer qu'elle ne s'étend pas aux Maoris, que Victoria est uniquement la reine des Pakeha. Dans cette conception, les deux monarchies, pakeha et maori, devaient coexister, chacune s'appliquant à un peuple.

Plusieurs chefs de l'Île du Nord se voient offrir le titre de roi, mais refusent, déclarant le plus souvent que ce titre n'a aucun sens, et que leur autorité ne s'étend pas au-delà de leur iwi. Finalement, après avoir lui aussi refusé à plusieurs reprises, Potatau Te Wherowhero accepte de devenir le premier « roi maori ». Restait à bâtir un royaume[2].

Pōtatau est un chef respecté, et influent depuis des décennies. Il signe une déclaration d'indépendance des « Tribus unies » maori en 1835, et refuse de signer le traité de Waitangi en 1840[3].

Plusieurs iwi de l'Île du Nord acceptent de placer leurs terres sous contrôle du roi, et de servir le nouveau royaume, afin d'unir leurs forces et d'affirmer leur maoritanga (identité maori) commune. Pōtatau est couronné et oint à Ngaruawahia en . Le royaume s'étend principalement sur le Waikato, dans le nord-ouest de l'île du Nord ; une frontière est établie entre le royaume maori, nommé King Country par les anglo-saxons, et les terres pakeha. Le royaume se dote d'un drapeau, ainsi que de magistrats pour faire respecter une législation commune. Un ministre des Affaires pakeha est nommé, faisant écho au ministre des Affaires maori opérant de l'autre côté de la frontière.

Le règne du vieux Pōtatau est court ; il décède en , et la couronne revient à son fils Tāwhiao[4],[5].

Règne de Tāwhiao et guerre du Waikato

Tāwhiao, roi maori de 1860 à 1894.

Le règne de Tāwhiao (1860-1894) est marqué principalement par la guerre du Waikato (en) (1863-1864) qui oppose son royaume aux Pakeha. Le Kīngitanga établit une frontière et interdit aux forces armées coloniales de la franchir. Pour les Britanniques, cet interdit est intolérable, et relève d'une rébellion. Des troupes britanniques sont expédiées sur les terres royales en , et les Kingites Royalistes ») considèrent que la guerre est déclarée.

Les forces royalistes tiennent bon à Meremere jusqu'en novembre, puis se replient à Rangiriri, qu'ils perdent le même mois. Les Britanniques capturent Ngaruawahia, la capitale du royaume, le .

Le gouverneur George Grey propose la paix en échange de la reddition de toutes les terres et de toutes les armes du Kīngitanga, conditions qui sont rejetées par les Royalistes, qui se replient à Rangiaowhia, cœur agricole du royaume. Le conflit s'envenime lorsque les Britanniques attaquent et brûlent Te Awamutu, village où se sont réfugiés les femmes et les enfants maori, le .

En mars, les forces maori, menées par Rewi Maniapoto, repoussent cinq assauts britanniques à Orakau, puis, exsangues, tentent une sortie et se dispersent. De nombreux Maori - dont des femmes, ainsi que des hommes blessés - sont tués par les Britanniques qui les poursuivent.

La bataille d'Orakau est déterminante. Les Britanniques subissent une lourde défaite à Tauranga en avril, mais remportent une ultime bataille à Te Ranga en juin, mettant fin à la guerre du Waikato. Une partie des forces royalistes se rendent, mais la majorité se replient en dehors du Waikato, abandonnant ainsi une large partie de leur territoire. Le mouvement Kīngitanga ne se disloque pas. Les terres occupées par les Britanniques sont, en large mesure, confisquées et vendues à des Pakeha[6],[7].

Le roi Tāwhiao déclare qu'il ne rechercherait pas la guerre, mais qu'il refusait tout accord de paix formel tant que les terres confisquées ne seraient pas restituées. Sur ce qui lui restait de territoire, il continue d'interdire la vente de terres aux Pakeha. À la fin des années 1860, il réprouve des mouvements de rébellion maori en dehors de son royaume, et refuse de s'y associer[8].

Normalisation des relations

En 1875, le roi Tāwhiao rencontre Donald McLean, ministre des Affaires maori, qui lui offre une réserve de terres en échange d'un serment d'allégeance à la couronne britannique. Tawhiao refuse. En 1878, toutefois, le gouverneur George Grey assiste à une réunion annuelle au cours de laquelle des sujets du roi maori réaffirment leur allégeance envers leur roi et leur promesse de ne pas vendre leurs terres aux Pakeha. La visite de George Grey est perçue comme un signe de normalisation des relations entre le Kīngitanga et la Nouvelle-Zélande pakeha.

En 1881, Tāwhiao et cinq cents de ses sujets déposent les armes et signent la paix. Les autorités coloniales le pressent à nouveau de se soumettre à la reine Victoria et de permettre la colonisation de ses terres, mais Tāwhiao maintient son refus. Pour sa part, il demande à nouveau, sans succès, la restitution des terres confisquées et la reconnaissance de son royaume.

En 1884, Tāwhiao se rend au Royaume-Uni avec l'espoir de rencontrer la reine Victoria. Il a pour but de lui demander d'établir une commission chargée d'enquêter sur les confiscations de ses terres. Il met en avant le fait que, puisque le traité de Waitangi est signé par les Pakeha au nom de la reine, celle-ci est une partenaire égale des Maori, et doit recevoir leur délégation. L'accès à la reine lui est néanmoins refusé ; il s'entretient avec Edward Geoffrey Smith Stanley, comte de Derby, à la tête du Colonial Office. Le comte lui demande de présenter sa requête aux autorités coloniales néo-zélandaises, affirmant qu'elle ne relevait pas des fonctions du gouvernement impérial. Les autorités néo-zélandaises rejètent alors la requête[9].

Kauhanganui, parlement du Kīngitanga

En 1889, le royaume maori se dote d'un parlement, nommé Kauhanganui, siégeant à Maungakawa, près de Cambridge. Ses membres sont nommés par les autorités des tribus constituantes du Kīngitanga, et servent d'intermédiaires entre le roi et ses sujets[9].

Le roi Tāwhiao décède le . Son fils Mahuta Tāwhiao lui succède.

Après 1894

Le règne de Mahuta Tāwhiao marque un tournant dans les relations entre le Kīngitanga et les autorités pakeha. Le roi intègre partiellement son royaume aux institutions politiques néo-zélandaises, devenant personnellement membre des conseils législatif et exécutif du parlement néo-zélandais. Le Kīngitanga demeure néanmoins une entité à vocation autonome[10].

Le XXe siècle est relativement peu évènementiel en ce qui concerne le Kīngitanga.

Le roi Tūheitia Pōtatau Te Wherowhero VII accède au trône à la suite du décès de sa mère, la reine Dame Te Atairangikaahu, en 2006[11]. Reconnu en tant que roi par les monarchies polynésiennes, il assiste par la suite aux funérailles du roi des Tonga Taufa'ahau Tupou IV en 2006 et du chef d'État des Samoa, Malietoa Tanumafili II, en 2007.

À la mort du roi Tuheitia en 2024, le conseil du Kīngitanga (Tekau-mā-rua, « les douze » en maori), composé de douze anciens des diverses tribus membres, choisit sa fille Nga Wai, la cadette de ses trois enfants, pour lui succéder[12].

Liste des monarques

Il y a eu huit monarques dans le Kīngitanga à ce jour[10] :

  1. Pōtatau Te Wherowhero ()
  2. Tāwhiao ()
  3. Mahuta Tāwhiao (en) ()
  4. Te Rata (en) ()
  5. Korokī (en) ()
  6. Te Atairangikaahu ()
  7. Tūheitia ()
  8. Nga Wai Hono i te po Paki (depuis le )

Identité visuelle

Notes et références

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