Kléber Haedens

écrivain français From Wikipedia, the free encyclopedia

Kléber Haedens, né le à Équeurdreville (Manche) et mort le à Aureville (Haute-Garonne), est un écrivain français, romancier, essayiste et journaliste.

Décès
(à 62 ans)
Aureville
Nom de naissance
Kléber Gustave HaedensVoir et modifier les données sur Wikidata
Nationalité
Faits en bref Naissance, Décès ...
Kléber Haedens
une illustration sous licence libre serait bienvenue
Biographie
Naissance
Décès
(à 62 ans)
Aureville
Nom de naissance
Kléber Gustave HaedensVoir et modifier les données sur Wikidata
Nationalité
Formation
Activité
Autres informations
Parti politique
Mouvement
Genre artistique
roman, essai
Distinction
Œuvres principales
Fermer

Biographie

Kléber Haedens naît le à Équeurdreville (Manche), fils d'un officier d'artillerie coloniale. Il passe une grande partie de sa jeunesse à Libourne (Gironde), où son père est affecté au 58e régiment d'artillerie coloniale. Scolarisé à l'institution Montesquieu de Libourne, il y a notamment pour professeur l'abbé André Lacaze, ami d'enfance de François Mauriac. Issu d'un milieu familial décrit comme étriqué, conformiste et « bien-pensant », Haedens souffre longtemps de la « douce tyrannie familiale » et du manque de culture livresque dans sa maison : ses parents, marqués par les valeurs militaires et bourgeoises, ne possèdent quasiment aucun livre et sa mère se flatte de n'en avoir jamais lu[1],[2]. Destiné initialement à une carrière militaire puis, devant son manque d'intérêt pour cette voie, au commerce ou à l'industrie, il ressent profondément ce conformisme. Cette enfance marquée par l'absence de livres et la pression des attentes parentales nourrit une révolte joyeuse et une curiosité tous azimuts, thèmes récurrents dans son œuvre. Il règle ses comptes avec ce milieu dès son premier roman, L'École des parents (1937, prix Cazes), transposant Libourne en « Livrac », avant de revenir beaucoup plus tard sur cette période dans son dernier livre, Adios (1974), portrait à la fois tendre, féroce et nostalgique de son enfance et adolescence[1]. Il poursuit ensuite ses études au Prytanée national militaire de La Flèche, établissement correspondant aux ambitions familiales initiales, puis intègre l'École supérieure de commerce de Bordeaux (ESC Bordeaux). Très rapidement, il délaisse ces voies « sérieuses » pour se tourner vers le journalisme et la littérature[3].

Membre de l'Action française dans les années 1930, il collabore à de nombreuses publications parmi lesquelles les périodiques Aux écoutes de Paul Lévy et Je suis partout, les revues de la Jeune Droite L'Insurgé (avec Maurice Blanchot, Jean-Pierre Maxence et Thierry Maulnier) et Combat et le quotidien L'Action française (chroniques sportives et littéraires).

Replié à Lyon pendant l'Occupation, il est alors, avec Michel Déon, un des secrétaires particuliers de Charles Maurras tout en continuant à écrire dans L'Action française et dans d'autres périodiques comme Compagnons du mouvement Jeune France ou la revue Idées. Au sein de Jeune France, il manifeste son désaccord sur l’organisation d’un républicain, alors recommandé par la radio de Londres, et est écarté par la direction, alors dominée par Pierre Schaeffer et la rédaction d’Esprit[4].

Il publie en 1943 chez Julliard une Histoire de la littérature française.

À la Libération, il travaille pour l'éditeur Robert Laffont tout en tenant la critique dramatique d'Aspects de la France, journal néo-maurrassien animé par Pierre Boutang.

En 1947, Sacha Guitry et René Benjamin, en conflit avec les autres membres de l'académie Goncourt à laquelle ils appartiennent encore, décident de lui attribuer un prix Goncourt dissident, le prix « Goncourt hors Goncourt » pour son roman Salut au Kentucky. Ce qui fait l'objet d'un procès retentissant que l'Académie intente aux deux dissidents et à l'éditeur Robert Laffont[5], lesquels le perdent.

Il collabore également à Paroles françaises un journal de droite publié en France après 1944, puis à France Dimanche, Paris-Presse et au Nouveau Candide (de 1961 à 1968).

En 1951, Kléber Haedens épouse Caroline, qui devient le centre de sa vie personnelle. Peu après leur mariage, le couple quitte Paris pour s'installer à La Bourdette, une petite ferme du Lauragais à Aureville près de Toulouse. Cette demeure devient un lieu emblématique d'accueil et de gastronomie, où se retrouvent régulièrement des écrivains et amis comme Antoine Blondin, Roger Nimier, Michel Déon, Paul Morand, Jean d'Ormesson ou Jean-Loup Dabadie. Caroline Haedens, excellente cuisinière, publie même un livre de recettes intitulé La Cuisine des quatre saisons (Gallimard, réédité à La Table Ronde avec des préfaces de son mari et d'Henri Gault)[6],[7].

Leur union, profonde et heureuse, s'achève avec la mort de Caroline au milieu des années 1970, après une maladie fulgurante. Cette perte marque profondément Haedens, qui l'évoque avec émotion dans son dernier roman Adios (1974), riche d'éléments autobiographiques (notamment la métaphore des « yeux bleus » devenus « gris »)[8].

En 1968, il participe avec Thierry Maulnier, Marcel Pagnol, Pierre de Bénouville et beaucoup d'autres au comité Charles-Maurras, présidé par le duc Antoine de Lévis-Mirepoix à l’occasion du centenaire de la naissance de Maurras.

Ami d'Antoine Blondin, de Michel Déon et de Roger Nimier, il est souvent rattaché à l'école littéraire des « Hussards ».

Prix

Distinction

En 1974, les Écossais de l'académie du Pure Malt décernent à Kleber Haedens le Glenfiddich Award à la Tour d'Argent[9].

Passion pour le rugby

Kléber Haedens pratique le rugby dès sa jeunesse au Prytanée national militaire de La Flèche, où il se distingue comme l'une des « figures » de l'équipe de l'établissement, sa carrure imposante lui valant une réputation de rugbyman[10].

Cette passion pour le rugby ne le quitte jamais : il est fréquemment décrit comme un « grand gaillard féru de rugby », expression popularisée par Michel Déon dans la préface de rééditions de ses œuvres, et reprise dans de nombreux hommages[11],[12].

Après son installation à La Bourdette près de Toulouse dans les années 1950, il devient un fervent supporter du Stade Toulousain, club emblématique de la ville. Le rugby occupe une place centrale dans son mode de vie sud-ouest, aux côtés de la gastronomie et des corridas : il reçoit des rugbymen à sa table, et ce sport a « son rond de serviette » lors des repas avec ses amis des Hussards[6].

Cette passion transparaît dans son œuvre, notamment dans son dernier roman Adios (1974, Grand Prix du roman de l'Académie française), qui s'ouvre sur une scène à Cardiff où le protagoniste, journaliste sportif largement autobiographique, couvre un match international de rugby et rencontre une femme partageant son amour du ballon ovale[13]. Une médaille commémorative frappée par la Monnaie de Paris le représente même devant un stade de rugby, soulignant l'un de ses « violons d'Ingres »[14].

Postérité

Kléber Haedens a donné son nom à un prix littéraire, qui a existé dans les années 1980 : le Prix Kléber-Haedens a été décerné de 1980 à 1988. Une Association des amis de Kléber Haedens a été créée en 2000[15].

Polémique

En 2008, Philippe Juvin, maire UMP de La Garenne-Colombes propose de baptiser un nouveau collège de La Garenne-Colombes du nom de Kléber-Haedens, ce qui provoque une polémique du fait de la proximité de l'écrivain avec l'Action française[16]. En outre, Philippe Juvin souhaite également faire distribuer Une histoire de la littérature française aux enfants entrant en sixième. Cette proposition est rejetée deux mois avant l'ouverture du nouveau collège[17] lors de la séance du conseil général des Hauts-de-Seine du et l'établissement porte finalement le nom de « Champs-Philippe », du nom du quartier dans lequel il est situé[18].

À la suite de cette polémique, un cercle de réflexion de l'Action française décide en de prendre le nom de Cercle Kléber-Haedens[19]. Il a son siège dans les Hauts-de-Seine.

Œuvre

  • L'École des parents, Paris, Corrêa, 1937, Prix Cazes
  • Magnolia-Jules, Paris, R.A. Corrêa, 1938[20]
  • Gérard de Nerval, ou la sagesse romantique, Paris, Grasset, 1939
  • Une jeune serpente, Paris, Gallimard, 1940
  • Paradoxe sur le roman, Marseille, Sagittaire, 1941
  • Le Duc de Reichstadt, pièce en trois actes, Les Cahiers de « Patrie », 1re année, no 3[21], 1941
  • Poésie française : une anthologie, 1942 (rééd. 2009, Paris, La Table Ronde)
  • Une histoire de la littérature française, Paris, Julliard, 1943
  • Franz, Paris-Marseille, Robert Laffont, 1944[22]
  • Salut au Kentucky, Paris, Robert Laffont, 1947
  • Adieu à la rose (roman), Paris, Gallimard, 1955
  • L'Air du pays, Paris, Albin Michel, 1963 (réédité en 1986 avec une préface de Geneviève Dormann)
  • La France que j'aime, Paris, Sun, 1964
  • L'été finit sous les tilleuls, Paris, Grasset, 1966, Prix Interallié
  • Londres que j'aime, Paris, Sun, 1970
  • Adios, Paris, Grasset, 1974, Grand prix du roman de l'Académie française
  • Paradoxe sur le roman, Paris, Grasset, 1974
  • Lettres de la petite ferme, posthume, Paris, Grasset, 2000[23].

Notes et références

Voir aussi

Related Articles

Wikiwand AI