L'Identité

livre de Milan Kundera From Wikipedia, the free encyclopedia

L'Identité est le huitième roman de l'écrivain franco-tchèque Milan Kundera. Publié aux éditions Gallimard en 1998, il s'agit du deuxième roman de Kundera rédigé en français, après La Lenteur.

Format
Langue
Date de création
Faits en bref Format, Langue ...
L'Identité
Format
Langue
Auteur
Date de création
Pays
Fermer

Thèmes principaux

Identité

La nature de l'identité personnelle et sa susceptibilité à changer est le questionnement philosophique principal du roman. Kundera demande si, avec le temps, l'identité de chacun n'est pas influencé pas ceux qui l'entourent. Il étudie la question diachronique de soi en philosophie, qui remet en cause ce qui fait de l'identité quelque chose de continuel au cours du temps. Son utilisation de la relation entre Chantal et Jean-Marc pour déchirer leur identité montre le défi que représente la réponse à la question diachronique, qui est que être perçu par les autres comme la même personne influence l'identité avec le temps.

Foule

Le thème de la foule dans le roman est utilisé pour créer un conflit entre l'influence des masses et l'influence de soi -et de ceux près de soi- sur l'identité. Le goût de la foule, comme représentée dans le roman, pour une forme de beauté convenue représente le désir de Chantal d'être attirante pour le plus grand nombre. Son envie d'être acceptée de cette manière éclipse son attention pour sa vrai relation avec Jean-Marc, la laissant sans réel sentiment de soi et sans relation significative. L'importance qu'elle accorde à la manière dont les hommes voient son apparence physique occulte l'amour de Jean-Marc pour elle comme personne (et non comme entité superficielle). De cette manière, la préoccupation de Chantal pour les foules d'inconnus la mène à placer son identité dans les mains d'une masse anonyme qui aime les apparences convenues, la laissant sans sentiment de soi. Dans les derniers chapitres, Jean-Marc perd de vue Chantal dans un métro bondé, cela montre littérairement et figurativement la manière dont Chantal s'est perdue elle-même dans une foule d'inconnus.

Vision et perception

Le roman repose sur l’idée que l’identité d’un individu se réduit à la perception visuelle que les autres ont de lui à un moment précis. Cela crée un sens d'identité précaire et éphémère qui donne l'impression de changer au gré de l'éclairage.

Résumé

Le roman raconte la relation intime entre Chantal, publicitaire, et Jean-Marc, moniteur de ski. Les chapitres présentent tour à tour la perspective de l'un et de l'autre[1]. Le roman s'ouvre sur Chantal qui attend dans un hôtel sur les côtes de Normandie l'arrivée, prévue le lendemain, de Jean-Marc, son partenaire. Quand Jean-Marc arrive, ils ont du mal à se retrouver, se confondant avec des inconnus sur la plage, qui, après un examen plus approfondi, ne ressemblent pas à leur amant. Alors qu'ils se retrouvent, Chantal est troublée par son rêve à la fois dérangeant et légèrement érotique, ainsi que par la manière dont un homme l'a regardée dans un café.

En observant des enfants sur la plage, son esprit s’égare dans des réflexions sur les pères. La paternité est un thème récurrent du roman et cela fait référence à ses angoisses concernant la mort de son enfant qu'elle a eu avec un ancien partenaire. Elle estime que cette période de sa vie était la meilleure, ce qui va laisser un sentiment de malaise et de déclin influencer sa perception de son identité tout au long du roman.

Jean-Marc demande la raison pour laquelle elle est contrariée et elle répond que "Les hommes ne se tournent plus vers moi". Cette remarque de Chantal est cruciale pour la suite du roman. Celle-là révèle à Jean-Marc la manière dont Chantal se perçoit, et change ainsi sa perception d'elle et de lui-même.

Plus tard, Chantal commence à recevoir des lettres d'amour, qui sont pour elle une intrusion brutale dans sa relation et elles la force à repenser la manière dont les autres la perçoivent. Ainsi, elle change de comportement. Ce changement est notamment motivé par le sentiment que quelqu'un l'observe constamment. Elle cache les lettres dans son tiroir à linge et n'en parle pas à Jean-Marc.

Alors que Chantal continue de recevoir des lettres, le couple montre une grande complicité mais une anxiété sous-jacente plane à propos de leur identité respective. Les fines observations de Chantal sur un châle déplacé dans sa chambre et des détails spécifiques des lettres la mène à la conclusion que Jean-Marc est l'auteur anonyme des lettres.

Jean-Marc révèle par une narration à la troisième personne que sa première lettre avait seulement pour but de rassurer Chantal à propos de son sentiment que plus aucun homme ne se tournait pour la regarder. Pourtant, son refus de lui parler des lettres, son changement de comportement et ses tenues plus sensuelles ont rendu Jean-Marc jaloux. Elle agit différemment et il la perçoit comme une personne différente selon les contextes; cette multiplicité des identités perçues tranche avec la perception unique que Jean-Marc avait de l'identité de son amante. Il sent qu'il a transformé "une femme aimée en le simulacre d'une femme aimée". Sa ruse le transformant en simulacre aussi, cela met au défi sa propre perception de soi.

Après avoir confirmé avec un graphologue que les lettres étaient écrites par Jean-Marc avec un style différent, elle le confronte au moment où il s'apprêtait à avouer la supercherie. Puisqu'il vit dans l'appartement de Chantal, cette confrontation fait grandir chez lui la peur de devenir un mendiant.

La dernière partie du roman révèle que la confusion de la perception de leur propre identité est provoquée par une confusion quant à l'identité de l'autre.

Réception

À sa sortie en 1998, L'Identité est accueilli avec tiédeur par la critique qui le juge négativement en comparaison de précédents triomphes de Kundera comme L'Insoutenable Légèreté de l'être[2],[3]. Le roman n'a pas fait l'objet de critiques approfondies après l'année de sa sortie.

Notes et références

Related Articles

Wikiwand AI