La Chasse au Snark
livre de Lewis Carroll
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La Chasse au Snark (en anglais : The Hunting of the Snark), sous-titré Une agonie en huit chants (An Agony in 8 Fits, parfois transposé selon les traductions par « Crise en huit épisodes »), est un récit sous forme de poème écrit par Lewis Carroll et publié en 1876. « C’est une œuvre majeure de Lewis Carroll »[1].
Résumé
C’est un parangon de l’absurde, ayant pour cadre la chasse d’un animal fantastique, le “Snark”.
Les personnages, menés par l’Homme à la cloche, sont eux aussi délirants (un boucher, un castor, un boulanger, etc.). C'est « un équipage improbable et hétéroclite, un animal fantastique, c'est un joyau de non-sens et nul ne sait à quoi ressemble le Snark »[1].
L’histoire se clôt par la disparition du boulanger quand il se rend compte que le Snark qu’il a trouvé est en fait un “Boujeum” (en anglais : Boojum), animal apparenté au Snark et lui ressemblant, mais en version ou variante spécifique dangereuse puisque dès qu'on en voit un on disparaît immédiatement : au point que le boulanger n'a même pas le temps de prononcer son nom en entier et disparaît sur ce dernier fragment de mot : « Bou... », qui est également le dernier mot du poème[1].
Dernier demi-mot que Géraldine Mosna-Savoye, productrice de l'émission de radio Le Souffle de la pensée sur France Culture (avec Roger-Pol Droit) rapproche de l'interjection enfantine « bouh ! », farce destinée à surprendre et à faire peur : énigme, jeu d'enfant avec les mots, le sens et le non-sens, pour apprivoiser la peur[1] ?…
Autour du texte
De nombreux mots sont totalement inventés dans cette œuvre, comme c'est le cas dans d’autres récits-poèmes de l’auteur : le Jabberwocky par exemple, nom et mots diversement traduits en français et que l'on trouve dans son roman De l'autre côté du miroir, et ce qu'Alice y trouva.
Nombreux mots inventés, à commencer par celui de l'animal fantastique énigmatique dont le nom présent dans le titre de ce poème-ci :
« “Snark” est un mot-valise fait en anglais de “snake”, le serpent, et de “shark”, le requin. On aurait pu certes, précise Roger-Pol Droit, lui trouver une traduction en français, mais le mot est resté non traduit[Note 1] ». Dans l'émission de Géraldine Mosna-Savoye : Le Souffle de la pensée (5 septembre 2025)[1].
Illustrations
Le récit est accompagné de neuf illustrations d’Henry Holiday (en).
Les différentes traductions
Par son humour nonsense typiquement anglais, ses tournures idiomatiques, ses nombreux jeux de mots et de langage, la traduction de ce poème fleuve en français représente un défi auquel ont désiré s'affronter plusieurs poètes, écrivains et/ou philosophes. Ce qui a donné lieu à des traductions plus nombreuses que d'habitude, très différentes les unes des autres, sans qu'aucune d'entre elles puisse de ce fait être vraiment considérée comme une « traduction de référence ». Ainsi on trouve dans l'ordre chronologique probable[Note 2] :
- Louis Aragon, traduction ancienne, réédition en bilingue chez Seghers en 2023, 112 pages (ISBN 978-2232147234).
- Commentaire de l'éditeur : « Le nonsense délirant de Lewis Carroll et le surréalisme rêveur d'Aragon : un classique d'hier réédité aujourd'hui pour la première fois en bilingue ».
- Henri Parisot,
- traduction publiée une première fois en 1945, suivie de Fantasmagorie et de Poeta fit non nasciture (ASIN : B0018GSN68), puis :
- chez Jean-Jacques Pauvert-Montreuil en 1962, édition bilingue La Chasse au snark ― Crise en huit épisodes, avec neuf illustrations par Henry Holiday, 82 pages ;
- chez Flammarion en 1969, réédition bilingue précédée de De l'autre côté du miroir. Plusieurs rééditions, dont en 1979 ( (ISBN 2-7007-0167-4), 320 pages, avec des notes et notices (chronologique, biographique, bibliographique) de Jean Gattégno, une introduction d'Hélène Cixous, et huit dessins de Max Ernst illustrant La Chasse au Snark seule[2] ;
- traduction reprise en compilation et en collection de poche GF-Flammarion n° 312, en 1979, sous le titre Tout Alice comprenant, outre La Chasse au Snark, les trois romans d'Alice (dont la première version inédite Les aventures d'Alice sous terre) et divers écrits ou adaptations autour du personnage d'Alice par Lewis Carroll, ainsi que les Lettres à Alice Liddell de Lewis Carroll, 446 pages ; le tout traduit par Henri Parisot, avec chronologie, préface et bibliographie de Jean-Jacques Mayoux, et une postface d'Henri Parisot : Pour franciser les jeux de langage d'Alice. Réédition inchangée en 1992 (ISBN 2-08-070312-9)[3] ;
- traduction reprise en compilation dans la collection Bouquins des éditions Robert Laffont, en 1989, sous le titre Œuvres - 2. Le coffret de deux volumes contient toutes les œuvres de Lewis Carroll en 1920 pages (ISBN 2-221-05710-4), dont 920 pages pour ce volume 2 (ISBN 2-221-06440-2) avec préfaces et de nombreux autres récits, poèmes et écrits de Lewis Carroll par d'autres traducteurs divers[4].
- C'est la traduction préférée du philosophe Roger-Pol Droit[1]. Elle est notamment connue par sa tentative de trouver des équivalences en français pour les nombreux jeux de mots en anglais chez Lewis Carroll.
- Jacques Roubaud chez Gallimard, traduction ancienne, puis :
- réédition en coffret de 64 pages avec des illustrations d'Annie-Claude Martin chez Garance éditeur en 1981, pas d'ISBN[5],
- réédition en collection de poche et en bilingue chez Folio en 2010 (ISBN 978-2070436682), 144 pages.
- Commentaire de l'éditeur : « En regard du texte anglais, [...], la traduction de l'oulipien Jacques Roubaud respecte l'oralité de ce long poème ». Avec les illustrations de l'édition originale par Henry Holiday, dont certaines sont reproduites dans le présent article. Suivi de « À travers le “Jabberwocky” de Lewis Carroll » : onze mots-valises dans huit traductions, commentés par Bernard Cerquiglini, et avec une présentation d'Hervé Le Tellier.
- Bernard Hœpffner, aux éditions des Mille et une nuits en 1996 (ISBN 978-2842050924), 62 pages[6].
- Collection de poche très bon marché.
- Normand Baillargeon, chez Lux Éditeur (Montréal, 2007), La chasse au Snark ― Une agonie en huit chants, (ISBN 978-2895960461), édition bilingue illustrée par Charlotte Lambert au format 18,5 x 18,5 cm, 111 pages.
- Ivan Riaboff, La chasse au Scrapquin, aux éditions Baleine (Paris, 2014), (ISBN 978-2842195311), 77 pages.
- Jean-Luc Fradet aux éditions Globophile en 2019, accompagnée d'une version audio, (ISBN 979-1094423097).
Utilisation du concept de Snark dans différents domaines scientifiques
Physique : le Boojum est un phénomène de superfluidité[7].
Théorie de graphes : le Snark est utilisé par la théorie des graphes[8].
Hydrologie : le poème de Lewis Caroll a été parodié dans un article[9] publié dans une revue scientifique bien connue pour critiquer avec humour les rivalités existant dans la communauté scientifique.
Géographie : une île du Snark et un rocher Boojum existent dans les îles d'Andaman et Nicobar Islands dans la Baie du Bengale.
Cryptographie : un SNARK (Succint non-interactive argument of knowledge) est un type de Preuve à divulgation nulle de connaissance non-interactif.