Lamashtu

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Lamashtu ou Labartu (Akkadien), ou encore Dimme (sumérien), fille du dieu An, est une démone, divinité secondaire de la mythologie mésopotamienne.

Lieu d'origineMésopotamie
Période d'origineAntiquité
Région de culteMésopotamie
PèreAn
Faits en bref Mythologie mésopotamienne, Caractéristiques ...
(ak) Lamashtu ou Labartu
(su) Dimme
Mythologie mésopotamienne
Plaque en bronze servant à protéger contre Lamashtu (période néo-assyrienne, vers 911-609 avant J.-C., Musée du Louvre).
Plaque en bronze servant à protéger contre Lamashtu (période néo-assyrienne, vers 911-609 avant J.-C., Musée du Louvre).
Caractéristiques
Lieu d'origine Mésopotamie
Période d'origine Antiquité
Région de culte Mésopotamie
Famille
Père An
Conjoint Pazuzu
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Amulettes protectrices contre Lamashtu, suspendues dans les chambres à coucher. British Museum.

Sources

Les textes mésopotamiens concernant les incantations et rituels destinés à Lamashtu sont connus depuis la fin du XIXe siècle, notamment après la publication de Joseph Halévy Documents religieux de l'Assyrie et de la Babylonie… (Paris, 1882) et celle de David Myhrman (sv) Die Labartu - Text - (1902). D'autres textes sont rassemblés au cours du XXe siècle, désignés en anglais comme « Lamashtu Series », avec de nouvelles publications[1].

Description

Elle provoque les fausses couches chez les femmes enceintes et enlève les nourrissons pendant l'allaitement, ainsi que les jeunes enfants. Elle boit le sang des hommes et consomme leur chair. Elle provoque des cauchemars, empoisonne les eaux et apporte la maladie. Au milieu de la période babylonienne, au VIe siècle av. J.-C., Lamashtu est assimilée à Lilith, une autre démone avec laquelle elle partage de nombreux points communs.

Sa description nous est parvenue par l'intermédiaire d'amulettes, de plaques de bronze ou de pierre. Elle y est représentée, juchée sur un âne, avec une tête de lionne, des serres en guise de pieds, un serpent (parfois à deux têtes) dans chaque main, allaitant un cochon à son sein droit et un chien à son sein gauche.

De nombreuses incantations et prières servant à la chasser ou à attirer ses faveurs lui étaient consacrées.

« Grande est la fille du très-haut qui torture les bébés

Sa main est un filet, son étreinte est la mort
Elle est cruelle, furieuse, colérique, prédatrice
Une coureuse, une voleuse est la fille du très-haut
Elle touche le ventre des femmes qui accouchent
Elle arrache leur bébé aux femmes enceintes
La fille du très-haut fait partie des dieux, ses frères
Sans enfant à elle
Sa tête est la tête d'un lion
Son corps est le corps d'un âne
Elle rugit comme un lion

Elle hurle sans cesse comme une chienne démoniaque[2] »

[réf. à confirmer]

On utilisait, pour la tenir éloignée des malades, des femmes enceintes et de leur nourrisson, des représentations du démon Pazuzu, son mari, sous forme d'amulettes, de plaques de bronze ou de statuettes.

Interprétations

En 1902, Myhrman considère que Lamashtu est une démone de la maladie et plus particulièrement de la fièvre. Ces incantations et rituels sont du domaine médico-magique de la médecine en mésopotamie. Au cours du XXe siècle, avec la découverte de nouveaux textes, plusieurs hypothèses ont été avancées pour définir ces maladies de façon plus précise : l'interprétation le plus souvent retenue est Lamahstu démone de la fièvre puerpérale, les autres étant Lamashtu comme démone de la fièvre typhoïde et démone des infections du foie et des voies biliaires[3].

Il existe aussi des interprétations non-médicales : Lamashtu relève de la mythologie et n'a pas besoin d'être reliée à une maladie particulière : c'est une « démone primaire » et non pas la personnification secondaire d'une maladie. Une hypothèse féministe considère que Lamashtu est une diabolisation de la féminité dans une société patriarcale[3].

Selon Farber (2006), l'ensemble des textes disponibles montrent que Lamashtu n'attaque jamais les femmes enceintes ou accouchées. Elle tue les nouveau-nés et les petits enfants, et ce de façon immédiate sans leur infliger de maladies. L'action de Lamashtu relève du fait accompli, pas d'une maladie à traiter. Les incantations et rituels ne sont pas destinés à soigner ou à guérir, ils sont uniquement destinés à prévenir et empêcher dans un but apotropaïque[4].

Lamashtu est une force destructrice susceptible d'attaquer les adultes, les animaux, et même les objets inanimés ou le cours de la nature. Elle est d'autant plus dangereuse qu'elle agit de façon imprévisible et indifférenciée, sans règle ni loi (son action ne relève pas d'une punition pour faute ou péché)[4].

Notes et références

Voir aussi

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