Laure Gauthier
écrivaine et poétesse française
From Wikipedia, the free encyclopedia
Laure Gauthier est une écrivaine et poétesse française, née en 1972 à Courbevoie.
| Naissance | Courbevoie |
|---|---|
| Nationalité | |
| Activité |
écrivaine, poète |
| Genre artistique |
poésie, roman |
|---|---|
| Site web | |
| Distinction |
|
Biographie
En 2024, elle publie aux Éditions Corti son premier roman, mélusine reloaded, qui reçoit le Prix du premier roman[1]. Le livre est en première sélection du Prix Médicis[2] et du Prix Décembre[3], et en dernière sélection du Prix Wepler[4] et du Prix du roman d'écologie (PER)[5].
Maîtresse de conférences en arts de la scène contemporaine, elle enseigne à l'Université de Reims Champagne-Ardenne.
Analyse de l'œuvre
Poésie
Prose et poésie
Dans Le Monde, Didier Cahen évoque le travail de Laure Gauthier comme celui d’un « plasticien sonore »[6],[7] où « fusent des pulsations rythmées, un tempo afférent, des sens électrisés ».
Le plus souvent, les textes de Laure Gauthier alternent passages en prose, prose poétique et poèmes. Les poèmes émergent comme une blue note, à des moments de respiration du récit qui se structure, devient fluide ou au contraire se suspend en fonction de la menace extérieure.
L'écriture de Laure Gauthier se caractérise par sa mobilité, sa plasticité et sa force cinétique : la langue « sourd, pulse, jaillit, rit, illumine, se révolte pour enfin exister en soi et par soi »[8].
Faits divers et archives
Dans les textes poétiques de Laure Gauthier se pose toujours différemment la question de l’attaque en règle menée de l’extérieur, depuis la société capitaliste tardive, contre l’intime de l’individu et contre sa langue : l’ensevelissement sous les biens matériels, la complaisance envers la violence, le goût pour le sensationnel, ce qu’elle appelle la « fait-diversification »[9] de la langue ou encore l’exotisme[10].
Ces livres adoptent une position complexe face à l’archive[11].
Voix et images
Dans ses livres, Laure Gauthier accorde une place particulière au statut de la voix qui permet de maintenir une tension entre une poésie sans sujet et une poésie incarnée. Dans kaspar de pierre, « l’individualité se néantise, l’écriture du Je laisse place au vide blanc de la page. L’auteur décentre la parole de kaspar vers la nôtre, vers notre écoute, pour créer un espace où vivre communément, où exister ensemble par le fait de parler (…) » (T. U. Comte, La Nouvelle Quinzaine littéraire)[12].
Cette question du statut de l'image poétique s'incarne aussi dans une pensée du renouvellement de l'ekphrasis[13].
On retrouve dans chacun des textes un poly-perspectivisme : pas de poésie strictement objective ni de focalisation sur le Moi, mais une incarnation éclatée, une polyphonie[14] qui est un espace de vigilance.
Entre poésie et musique
À partir de 2018, Laure Gauthier décide de faire un état des lieux des liens entre poésie et musique contemporaines[15] pour la webrevue Remue.net avec la complicité de Sébastien Rongier. Elle plaide pour un dépassement des frontières entre poésie sonore et écrite ainsi que pour un dialogue renouvelé entre poésie et musiques contemporaines[16].
Elle poursuit ce travail en publiant un essai qui est à la fois un livre d’entretiens avec 22 compositeur.ices et poéte.sses : d’un lyrisme l’autre : La création entre poésie et musique au XXIe siècle (Editions MF, 2022)[17] et qui donnent à lire et à entendre de nouvelles formes de collaboration et de création entre poésie et musique. En 2025, après avoir organisé un colloque sur les Vocalités contemporaines à l’université de Reims[18], elle collabore avec Anne-Christine Royère, et ensemble, elles dirigent l’ouvrage collectif Vocalités contemporaines. La voix entre poésie et musique (1947-2024)[19]. Dans les deux cas, l’important n’est pas l’adjonction de la musique à la poésie, mais la mise en tension de l’un par l’autre et réciproquement ainsi que la notion d’écart qui, dans la lignée du philosophe François Julien, devient un lieu de vigilance et de tension.
C’est en dialogue avec Philippe Langlois, directeur de la pédagogie et de l’action culturelle à l’Ircam, qu’elle met au point un séminaire « poésie et musique aujourd’hui » (2017-2020)[20],[21].
Poésie multi- et transmédia
Son travail poétique sur l’énonciation et la polyphonie se poursuit par une collaboration avec des artistes contemporains, comme Fabien Lévy, Núria Giménez-Comas, ou encore Xu Yi. Laure Gauthier est à la recherche de nouvelles formes poétiques transmédiales où le poète est conçu comme co-auteur. « Nun hab’ ich nichts mehr »[22], par exemple, est une pièce pour soprano coloratura, ensemble et électronique, avec une musique de Fabien Lévy. « Back into Nothingness »[23] est un monodrame essentiellement parlé pour actrice-soprane, chœur et électronique, et musique de Núria Giménez-Comas. Les métamorphoses du serpent blanc[24], est un conte lyrique en six chants, musique de Xu Yi. En 2018, elle collabore avec Pedro García-Velásquez et Augustin Muller à partir de fragments de ses textes et de sa voix enregistrée à une installation sonore 3-D « Études de théâtre acoustique »[25] qui a été présentée au ZKM de Karlsruhe. En 2022, elle conçoit, toujours en collaboration avec Pedro García-Velásquez et Augustin Muller, Remember the future, une installation poétique et sonore qui propose une sieste acoustique et pour laquelle elle écrit les textes et enregistre la voix. Créée le 24 mars 2022 à Cesaré-cncm, cette installation offre un voyage au travers de lieux perdus et d'espaces intimes pour tenter de faire émerger des images ensevelies en l'absence d'image réelle.
Publications
Romans
Livres de poésie
- outrechanter, Bruxelles, La lettre volée, préface de Martin Rueff, 2025[27]
- les corps caverneux, Paris, LansKine, 2022[28]
- éclectiques cités, Paris, Acédie 58, 2021, 92 p.[29]
- je neige (entre les mots de villon), Paris, LansKine, 2018, 72 p[30].
- kaspar de pierre, Bruxelles, La lettre volée, 2017, 52 p[31].
- la cité dolente, Cirey-Sur-Blaise, Châtelet-Voltaire, 2015, 72 p[32].
- marie weiss rot, marie blanc rouge, Sampzon, Delatour France, 2013, 230 p.[33]
Livres traduits
Essais
- Laure Gauthier et Anne-Christine Royère (dit.), Vocalités contemporaines. La voix entre poésie et musique (1947-2024), Rennes, PUR, 2025[19]
- Laure Gauthier, D'un lyrisme l'autre, la création entre poésie et musique. Laure Gauthier en dialogue, Paris, MF, 2022[17]
- Jean-François Candoni & Laure Gauthier (dir), Les grands centres musicaux du monde germanique (XVIIe-XIXe s.), Paris, PUPS, 2014, 495 p[37].
- Laure Gauthier, L’opéra à Hambourg (1648-1728), Naissance d’un genre, essor d’une ville, Paris, PUPS, 2010, 459 p.[38]
- Laure Gauthier & Mélanie Traversier, Mélodies urbaines : la musique dans les villes d’Europe (XVIe – XIXe siècles), Paris, PUPS, 2008, 360 p[39].
Textes pour des œuvres multimédias
Œuvres musicales
- Les métamorphoses du serpent blanc, musique de Xu Yi, création au CRR de Paris, 2020[24]
- Back into nothingness, monodrame essentiellement parlé pour actrice-soprano, chœur et électronique, musique Núria Giménez-Comas (production Grame cncm, coprod. Ircam, Spirito, Festival Archipel-Genève et TNP), créé au TNP les 16 et 17 mars 2018 (Biennale Musiques en scène) et le 24 mars 2018 au Festival Archipel à Genève[23]
- Nun hab’ ich nichts mehr, pièce pour soprano coloratura, ensemble et électronique, musique de Fabien Lévy, Berlin, éditions Ricordi[22], création au Teatro Regio di Parma le 13 octobre 2016[40], puis au Festival Eclat de Stuttgart le 5 février 2017[41]
Installations
- Remember the future, installation poétique et sonore pour diffusion 3D et instruments automates, conçue par Laure Gauthier, Pedro García-Velásquez et Augustin Muller, création le 24 mars 2022 à Cesaré-cncm[42]
- Commanderie (2019), for robotic arms, 3D sound installations and live concerts, Pedro García-Velásquez[43]
- Études de théâtre acoustique (2018), installation sonore 3-D de Pedro García-Velásquez et Augustin Muller, textes et voix de Laure Gauthier[25]
- La forêt blanche (2019), installation multimédia, texte et voix de Laure Gauthier, dispositif plastique de Sylvie Lobato, machines lumière de Laurent Bolognini, installation du son de Martin Saëz[44]
Adaptations filmiques
- kaspar de pierre de Laure Gauthier, réalisation de Thierry De Mey, Eroica productions 2018, 25 minutes[45]
Prix et distinctions
- 2025 : Prix du Premier roman pour mélusine reloaded[1]
- 2018 : Prix Révélation de poésie de la Société des gens de lettres pour kaspar de pierre[46]