Le Chefresne

ancienne commune française du département de la Manche From Wikipedia, the free encyclopedia

Le Chefresne est une ancienne commune française, située dans le département de la Manche en région Normandie, devenue le une commune déléguée au sein de la commune nouvelle de Percy-en-Normandie.

Faits en bref Administration, Pays ...
Le Chefresne
Le Chefresne
L'église Saint-Pierre.
Blason de Le Chefresne
Blason.
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Normandie
Département Manche
Arrondissement Saint-Lô
Intercommunalité Villedieu Intercom
Statut commune déléguée
Maire délégué
Mandat
Ghislaine Foucher
2022-2026
Code postal 50410
Code commune 50128
Démographie
Gentilé Chefresnais
Population 260 hab. (2023)
Densité 23 hab./km2
Géographie
Coordonnées 48° 54′ 11″ nord, 1° 09′ 16″ ouest
Altitude Min. 115 m
Max. 228 m
Superficie 11,28 km2
Élections
Départementales Villedieu-les-Poêles
Historique
Intégrée à Percy-en-Normandie
Localisation
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Le Chefresne
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Le Chefresne
Liens
Site web www.lechefresne.fr
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Elle est peuplée de 260 habitants[1].

Géographie

La commune est située dans le sud du Pays saint-lois. L'atlas de paysages de la Basse-Normandie la place dans l'unité du Bocage en tableaux située principalement à l'est de Saint-Lô, mais qui comporte une exclave au sud-ouest dont fait partie Le Chefresne, et caractérisée par « une série de vallées parallèles sud-ouest/nord-est » aux « amples tableaux paysagers »[2]. Son bourg est à 3,5 km au sud-est de Percy, à 10 km au nord-est de Villedieu-les-Poêles et à 12 km au nord-ouest de Saint-Sever-Calvados[3].

Le bourg du Chefresne est traversé par la route départementale no 58 reliant Percy au nord-ouest à Saint-Sever-Calvados au sud-est. Elle y croise la D 208 rejoignant la route Villedieu-Saint-Lô à l'ouest et la D 28 (limitant le territoire au sud-est) menant à Tessy-sur-Vire à l'est. L'A84 peut être atteinte par Pont-Farcy (sortie 39) au nord-est ou par Villedieu-les-Poêles (sortie 38) au sud-ouest.

Le Chefresne est entièrement dans le bassin de la Sienne, par ses affluents la Gièze, qui délimite le territoire au nord, et le Tancray, faisant fonction de limite au sud. Le principal affluent de la Gièze, la rivière du Chefresne, collecte les eaux de la plus grande partie de la commune et arrose le bourg.

Le point culminant (228 mètres) se situe à l'extrême est, près du lieu-dit le Chêne Guérin. Le point le plus bas (115 mètres) correspond à la sortie du territoire de la rivière du Chefresne, un sous-affluent de la Sienne par la Gièze, à l'ouest. La commune est bocagère.

La pluviométrie annuelle avoisine les 1 100 mm[4]. La station météorologique la plus proche est celle de Granville-Cap Lihou, distante de 32 kilomètres, dont les données sont comparables, atténuées par la position plus continentale.

Les lieux-dits sont, du nord-ouest à l'ouest, dans le sens horaire, la Cardonnerie, les Guérendes, les Vallées, Meslin, le Moulin Girard, la Bévinière, la Cavée (au nord), la Crespinière, Hamel Castel, le Chêne Guérin, le Neufbourg de Haut, le Neufbourg, Hinet, la Loudière, la Massière, le Pont (à l'est), la Brunetière, le Hamel du Bois, le Bourg, la Maheudière, la Biliardière, la Logerie, le Domaine, la Salmonière, le Guibaret, le Buisson, la Coudraye (au sud), le Hamel au Prince, la Fidelière, la Thihardière, le Hamel au Dormeur, la Clémentière, la Belle Chaise, la Belouze, la Huberdière, les Naudières, le Court Champ, la Présentière, le Hamelet, Langloisière (à l'ouest), la Monnerie, Villeneuve, le Gros Chêne, la Dainoisière, le Rocher, la Lande et le Hamel de Val[5].

Toponymie

Le nom de la localité est attesté sous les formes de Cava Fraxino vers 1155, de Cheiffresne en 1213[7].

Si le frêne, arbre des forêts tempérées bien adapté aux bocages, semble bien à l'origine du toponyme, l'épithète le précédant est sujet à débat. Pour Albert Dauzat et Charles Rostaing, il tire son origine du latin caput, « tête », caractérisant ainsi un lieu avec un grand frêne[8]. René Lepelley y voit le latin cavus, « creux », par l'ancien français chave[9]. D'autres suivent cet avis, citant l'ancien français chief fresne, cheif fresne, chef fresne, « frêne creux »[10].

Il s'agit d'un toponyme médiéval précoce (étant donné l'absence initiale d'article). Une telle appellation évoquant un arbre remarquable est souvent liée en toponymie à la notion de limite (de domaine, de fief, de paroisse, de juridiction…).

Le gentilé est Chefresnais.

Histoire

La baronnie de la Roche-Tesson (La Colombe) s'étendait entre autres sur le territoire paroissial[11].

Au moment de la Réforme, Le Chefresne s'impose comme un bastion du protestantisme, influence qui marquera durablement la commune. Ce qui explique la croix huguenote sur son blason. En 1878, l'abbé Lecanu parle de cette période avec une formule évocatrice : « Au XVIe siècle, Le Chefresne se laissa envahir par le protestantisme et n'en est pas guéri : il y a un temple »[12]. En fait en 1878, il y a même deux temples, un petit dont la construction est terminée en 1824 et un grand dont la construction débute en 1847 mais qui est abandonnée en 1856, suite au décès du pasteur Eugène Sabattier et du fait du coût trop élevé des travaux. Les deux temples sont inscrits aux monuments historiques depuis 2006[13].

À partir de 1944, au lieu-dit le Chêne Guérin, Le Chefresne accueille deux cimetières provisoires où reposent 1 202 soldats américains jusqu'en 1948 et 1 628 soldats allemands jusqu'en 1957, tombés lors des combats pour la libération de Percy et de ses alentours[14].

Le , Le Chefresne intègre avec Percy la commune de Percy-en-Normandie[15] créée sous le régime juridique des communes nouvelles instauré par la loi no 2010-1563 du de réforme des collectivités territoriales. Les communes du Chefresne et Percy deviennent des communes déléguées et Percy est le chef-lieu de la commune nouvelle.

Politique et administration

Tendances politiques et résultats

Candidats ou listes ayant obtenu plus 5 % des suffrages exprimés lors des dernières élections politiquement significatives :

Liste des maires

Davantage d’informations Période, Identité ...
Liste des maires
Période Identité Étiquette Qualité
1912 1919 Albert Godard[20]    
1919 1935 Désiré Larsonneur[20]    
         
1955[21] 1983 Auguste Horel    
         
1989 mars 2001 Alfred Varin    
mars 2001 juin 2012 Jean-Claude Bossard Europe Écologie Agriculteur, démissionnaire
septembre 2012[22] décembre 2015 Dominique Zalinski[23]   Employée de banque
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Le conseil municipal était composé de onze membres dont le maire et deux adjoints[23]. Ces conseillers intègrent au complet le conseil municipal de Percy-en-Normandie le et Dominique Zalinski devient maire délégué suivie de Yohann Leroutier en [24].

Politique environnementale

En 2010, le conseil municipal choisit un fournisseur d'électricité à partir d'énergies renouvelables (Enercoop). Le territoire est entretenu en désherbage alternatif, et la commune s'engage également dans des chantiers humanitaires au Togo[25].

En , le maire Jean-Claude Bossard est mis en garde à vue, dans le cadre de son opposition active à la construction d’une ligne à très haute-tension (THT) reliant le futur EPR de Flamanville au réseau électrique national. Il démissionne, suivi de tous les membres du conseil municipal, qui sont réquisitionnés et conduits de force par la gendarmerie pour assurer le scrutin du premier tour des élections législatives[26].

Démographie

En 2023, la commune comptait 260 habitants. Depuis 2004, les enquêtes de recensement dans les communes de moins de 10 000 habitants ont lieu tous les cinq ans (en 2008, 2013, 2018, etc. pour Le Chefresne[27]) et les chiffres de population municipale légale des autres années sont des estimations[Note 1]. Le Chefresne a compté jusqu'à 884 habitants en 1836.

           Évolution de la population  [modifier]
1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851
764710838811876884851832833
1856 1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896
840806761799833754738714685
1901 1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954
626617588507518547540518506
1962 1968 1975 1982 1990 1999 2008 2013 2018
491452320292264279302297303
Davantage d’informations - ...
2019 - - - - - - - -
305--------
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De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[28] puis Insee à partir de 2006[29].)
Histogramme de l'évolution démographique

Économie

Culture locale et patrimoine

Lieux et monuments

  • Temples protestants du Chefresne (1612) au lieu-dit le Neufbourg. Le cimetière, le petit temple protestant (voué au culte) et le grand temple inachevé sont classés, en 2006, aux monuments historiques[30]. Le petit temple fut construit de entre 1819 et 1824 et le grand temple, à l'initiative d'Eugène Sabatier (1809-1847) pasteur au Chefresne, commencé en 1847[31]. Aidée d'un donateur, la commune qui avait racheté le site en 2001, entreprend des travaux de restauration achevés en 2010[32].
Un premier temple existait de 1612 à 1679 au Chêne-Guérin.

Activité et manifestations

Personnalités liées à la commune

  • Jacques Pinel (1703-1775) architecte à l'origine de nombreux édifices de la région. Il est inhumé avec son épouse et son fils unique dans l'église du Chefresne.
  • Théophile Maupas (1874-1915), un des quatre caporaux de Souain, et son épouse, Blanche, étaient instituteurs au Chefresne[33]. Blanche (1883-1962) mena une longue lutte pour réhabiliter la mémoire de son mari et des autres fusillés pour l'exemple, ce qui fut obtenu pour les caporaux de Souain en . Le téléfilm Blanche Maupas (2009) raconte cette lutte (il n'a pas été tourné dans la commune).
  • Georges Gautier (1901 au Chefresne - 1945), résistant. Il est arrêté en puis déporté à Dachau où il meurt du typhus en [34].

Héraldique

Davantage d’informations Blason, Détails ...
Blason de Le Chefresne Blason
Parti : au premier d'argent au frêne de sinople, au second d'azur à la croix huguenote d'or ; le tout sommé d'un chef de gueules chargé d'un léopard d'or armé et lampassé d'azur[35].
Détails
Le léopard d'or sur champ de gueules rappelle les armes de la Normandie
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Voir aussi

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Bibliographie

  • Daniel Delattre et Emmanuel Delattre, La Manche les 602 communes, Grandvilliers, Éditions Delattre, , 280 p. (ISBN 978-2-9159-0709-4), p. 57.
  • René Gautier et al. (préf. Jean-François Le Grand, postface Danièle Polvé-Montmasson), 601 communes et lieux de vie de la Manche : Le dictionnaire incontournable de notre patrimoine, Bayeux, Éditions Eurocibles, coll. « Inédits & Introuvables », , 704 p. (ISBN 978-2-35458-036-0), p. 308.

Articles connexes

Liens externes

Notes et références

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