Le Thiers
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"LE THIERS®" est la marque commerciale d'utilisation collective d'un modèle de couteau fabriqué à Thiers dans le département du Puy-de-Dôme en région Auvergne-Rhône-Alpes. Il dispose d'une double vague, pour la forme, dont les obliques aux deux extrémités du manche sont inversées[1]. La marque, propriété de l'association Le Couté de Tié, est enregistrée à l'Institut national de la propriété industrielle (INPI)[2].
| Type | Couteaux et articles de coutellerie |
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| Pays d'origine |
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| Date d'introduction | 1993 |
| Propriétaire(s) actuel(s) | Association Le Couté de Tié |
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| Site officiel | lethiers.fr |
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Prononciation
Dans le français contemporain la prononciation serait « Tièr » mais le nom était auterfois prononcé « Tié » du nom de la prononciation en auvergnat[3], issu de la forme longue « couté de Tié » (écriture auvergnate unifiée / phonétique)[4], en forme longue «Le coutê de Tié»[5] / « cotèl de Tièrn» (graphie classique)[6]. Marie-France Bonnet, arverniste et membre de la Confrérie, relèvera une erreur de traduction qui conduira à utiliser, à partir de 2014, une appellation corrigée pour la communication commerciale [7].
Origine

Les premières traces d’une activité coutelière à Thiers remontent au XIIIème siècle avec une quarantaine d’ateliers recensés en 1220[8]. Au fil des siècles, la Ville est devenue, avec son savoir-faire, la capitale française de la coutellerie, fabriquant de très nombreux couteaux régionaux parmi lesquels le Douk-Douk, la Vendetta, le Yatagan, ou le Laguiole. On estime qu'avant la seconde guerre mondiale plus de 16 000 personnes travaillaient dans des entreprises fabriquant tout ce qui coupe, découpe, tranche et rase[8]. A la fin du XXème siècle, confrontés à la mondialisation, les couteliers thiernois se trouvèrent concurrencés par de nombreuses contrefaçons de piètre qualité, principalement sur le Laguiole très en vogue, alors qu’il n’existait pas de couteau représentatif de Thiers et sa région.
A l’automne 1993, 14 professionnels se réunissent avec l’idée de promouvoir et de protéger le couteau thiernois[9],[10]. Pour cela, ils créent une association, nommée en patois local « La Confrérie du Couté de Tié », dont l’acte de naissance est publié le 17 novembre au Journal Officiel[11]. Sur proposition de la commission communication, le Conseil d’Administration décidera en 2014 d’utiliser l’appellation «Confrérie du Couteau LE THIERS ® »[7]
Lors de l’Assemblée Générale de janvier 1994[12], il était lancé le projet de création d’un couteau contemporain aux lignes originales, qui soit à l’image de sa région et représentatif de son savoir-faire. À peine cinq mois après la constitution de la commission chargée du projet, « LE THIERS ®» était né et le modèle déposé par la Confrérie à l’I.N.P.I.[13] Dans la foulée, était crée le logo sous forme d’un « T » dans un carré dont la barre horizontale est constituée par un « LE THIERS® » ouvert, et la barre verticale par un « LE THIERS ® » fermé. Ce poinçon gravé sur le talon de la lame, ainsi que la marque « LE THIERS® » et le nom du fabricant gravés sur la lame, constituent les 3 garanties d’authenticité pour l’acquéreur[14].
Tous les couteliers du bassin thiernois adhérant à la Confrérie peuvent produire leur interprétation du « LE THIERS ® » sous condition de respecter un cahier des charges précis en matière de :
- qualité : respect de critères techniques, choix de matériaux de qualité, et de la forme caractéristique en double sinusoïde[15],
- territorialité : toutes les opérations concourant à la fabrication du « LE THIERS ®» doivent être effectuées sur le bassin coutelier thiernois,
- moralité : les couteliers signent une charte de bonne conduite, tant envers les acheteurs qu'envers leurs confrères[9].
Pour veiller aux respect de ces règles, la Confrérie a créé une Jurande, s’inspirant de celle de 1582, avec un Grand Maître élu, et un conseil de Jurande. Celui-ci examine la conformité du prototype présenté par l’adhérent et autorise sa mise en fabrication. Il a également le pouvoir de visiter les ateliers pour assurer un contrôle a posteriori[16].
La Confrérie du Couteau « LE THIERS ®» ainsi que la Jurande furent présentés aux couteliers thiernois le 7 novembre 1994 dans les locaux de la CCI de Thiers[17].
Six mois après, la Confrérie avait près de 30 adhérents[18].
Le règlement de Jurande a été actualisé début 2014 pour mieux protéger le modèle et la marque[19].
La zone géographique de fabrication couvre la région thiernoise, qui va de Chateldon à Courpière, et de Lezoux à Noirétable, en passant par Saint-Rémy sur Durolle, capitale du tire-bouchon[20], La Monnerie, Celles sur Durolle et Chabreloche[21].
En 2007, 40 fabricants du couteau Le Thiers sont à recenser. En 2017, ils sont 51 fabricants et 14 couteliers d’art et auto-entrepreneurs[22].
Prestige dans la société thiernoise
"LE THIERS ®" est devenu au fil des années un emblème de la ville. Étant très dynamique, la Confrérie du Couteau « LE THIERS® » attire de plus en plus de couteliers et artisans du bassin thiernois. Les manifestations comme Coutellia, salon international de la coutellerie mettent en avant le couteau de la région[23], une photo d’une interprétation particulièrement réussie d'un « LE THIERS ® » orne souvent l'affiche officielle du festival.
La coutellerie thiernoise attire de plus en plus de personnes et d'artisans venus du monde entier pour participer à diverses manifestations dont Le Thiers est le principal invité[24].
Annexes
Bibliographie
Plusieurs œuvres illustrent le couteau "LE THIERS ®"[25],[26]:
- Encyclopédie illustrée des couteaux, poignards et baïonnettes, Collectif, éditions Terres, 2013;
- Encyclopédie des Couteaux, A.E Hartink, éditions Terres, 2013;
- LE THIERS® – Secrets de fabrication, Confrérie du Couté de Tié, Camille Éditions 1998;
- L’art du coutelier à Thiers et dans sa région, Marc Prival, David G. Morel, Michel Sablonnière, Georges Therre;
- Thiers, ateliers d’artisans couteliers, Michel Vasset et Laurent Blanchon.
- LE THIERS® - Le livre, Confrérie du Couteau LE THIERS®, 1ère édition 112 pages 2007; réédition 125 pages 2013