Lentini
commune italienne
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Lentini est une commune italienne de 21 046 habitants[2] située dans le libre consortium municipal de Syracuse, en Sicile.
| Lentini | |
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De haut en bas, de gauche à droite : Vue de Lentini avec l'Etna en arrière-plan, église San Francesco all'Immacolata, église de la Santissima Trinità, église du Sacro Carcere dei Tre Santi, hôtel de ville, intérieur de l'église Sant'Alfio. |
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Armoiries |
Drapeau |
| Noms | |
|---|---|
| Nom sicilien | Lintini |
| Administration | |
| Pays | |
| Région | |
| Province | |
| Code postal | 96016 |
| Code ISTAT | 089011 |
| Code cadastral | E532 |
| Préfixe tél. | 095 |
| Démographie | |
| Gentilé | lentinesi |
| Population | 21 046 hab. (31-10-2025[1]) |
| Densité | 97 hab./km2 |
| Géographie | |
| Coordonnées | 37° 17′ 00″ nord, 15° 00′ 00″ est |
| Altitude | 53 m |
| Superficie | 21 678 ha = 216,78 km2 |
| Divers | |
| Saint patron | Sant'Alfio |
| Fête patronale | 10 mai |
| Localisation | |
Localisation dans la province de Syracuse. | |
| Liens | |
| Site web | Site officiel |
| modifier |
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Elle est l'héritière d'une cité ancienne fondée sous le nom de Léontinoi (Λεοντῖνοι en grec ancien ; ou Léontines en français) par des Chalcidiens.
Géographie
La commune de Lentini est située à 51 km au nord-ouest de Syracuse.
Le centre-ville s'étend dans une dépression entre les collines San Mauro et Metapiccola. Tout autour, la plaine, formée par les alluvions du Simeto et du San Leonardo, est réputée pour sa fertilité. Le Terias (nom antique du fleuve San Leonardo) était navigable, permettant aux Grecs d'accéder à la mer, située à 10 km de là[3].
Histoire
Lentinoi
Une occupation protohistorique a été découverte sur la colline Metapiccola, avec des cabanes italiques rectangulaires à foyer central, soutenues par des piliers et parfois un auvent[3]. L'épisode du mythe d'Héraclès traversant la plaine de Léontinoi avec les bœufs de Géryon pour y vaincre les Sicanes prouve également des échanges avec les Achéens dès une époque reculée[3]. Selon une autre légende, les Lestrygons, géants anthropophages décrits par Homère dans l'Odyssée, auraient vécu dans cette région. Pierre Lévêque assimile Léontinoi à Xouthia, cité fondée par Xouthos, descendant de Liparos[4].
Les Grecs arrivent en Sicile vers 735 av. J.-C., en provenance de la cité de Chalcis, sur l'île d'Eubée. Sous la conduite de l'oïkiste Théoclès, ils fondent tout d'abord la cité de Naxos. De là, toujours mené par le même homme, un groupe quitte Naxos pour aller fonder la cité de Léontinoi en 729 av. J.-C. dans la plaine fertile du fleuve Symaethos, actuel Simeto, à une dizaine de kilomètres de la côte (ce qui en fait l'une des rares cités grecques de Sicile implantées dans les terres), sur un site déjà peuplé de Sicules. Des colons (apoikoi) en provenance de Mégare et dirigés par Lamis s'établissent dans la cité aux côtés des Chalcidiens. Polyen raconte que l'entente entre les deux groupes ne dure pas plus de six mois[5]. Théoclès prétendant qu'il avait promis de faire un sacrifice aux douze dieux et d'organiser un défilé militaire, les Mégariens acceptent de prêter leurs armes aux Chalcidiens pour le rituel et l'oïkiste en profite pour leur exiger de quitter la cité. Les Mégariens sont contraints de se réfugier dans les montagnes, où ils font la rencontre d'un roi sicule nommé Hyblon, qui finit par leur concéder un territoire où s'installer. C'est ainsi que voit le jour la cité de Mégara Hyblaea.
À la fin du viie siècle av. J.-C., une stasis secoue la cité. Alors que les Léontiniens sont en guerre contre les Mégariens, Panétios, un général, accompagné de six cents hoplites, massacre la cavalerie aristocrate et, s'appuyant sur le peuple contre l'aristocratie, s'empare du pouvoir. Il devient de ce fait le premier tyran qu'ait connu la Sicile[3].
Entre 498 et 491 av. J.-C., Hippocrate de Géla s'empare de Léontinoi ainsi que de la plupart des cités grecques de Sicile à l'exception de Syracuse. Son successeur, Gélon, finit par conquérir cette dernière et en fait la capitale de son empire. Hiéron Ier y déplace les habitants de Catane et de Naxos en 476 av. J.-C. Jusqu'à la chute des Deinoménides, la cité reste fermement sous le contrôle des tyrans de Syracuse.
Vers 465 av. J.-C., Léontinoi recouvre son indépendance et unit les cités chalcidiennes de Sicile sous sa coupe pour être en mesure de résister aux nouvelles tentatives d'expansion syracusaine, lorsqu'une guerre éclate en 427 av. J.-C. Avec le soutien des Athéniens, obtenu par une délégation menée par Gorgias, les Chalcidiens résistent victorieusement aux assauts de Syracuse et une paix est signée après trois ans de conflits lors du congrès de Géla. Malgré ce succès diplomatique, une nouvelle stasis ébranle la cité en 422 av. J.-C. et les Syracusains en profitent pour s'emparer de Léontinoi. En dépit de leur alliance, les Léontiniens non exilés n'interviennent pas en faveur de Ségeste et d'Athènes lors de leur grande expédition de Sicile menée à l'encontre de Syracuse en 415 av. J.-C.
Les dernières années du ve siècle av. J.-C. sont marquées par la reprise de la guerre entre les poleis sicéliotes et les Carthaginois, qui dévastent la cité en 406 av. J.-C.[3] Denys l'Ancien s'empare du pouvoir à Syracuse et le consolide en menant à nouveau une politique expansionniste aux dépens des autres cités grecques, en violation de son traité signé avec Carthage. Au début du siècle suivant, Léontinoi est prise par les troupes syracusaines, qui font déporter ses habitants à Syracuse, où ils reçoivent la citoyenneté. Dès lors, Léontinoi disparaît presque entièrement des sources antiques.
La cité (Leontini en latin) est conquise par les Romains en 214 av. J.-C., sous le commandement de Marcus Claudius Marcellus, mais poursuit son inexorable déclin et tombe dans l'oubli.
Lentini
Aux débuts de l'ère chrétienne et tout au long de la période byzantine, la ville devient le siège du diocèse de Leontium jusqu'au viiie siècle. Détruite par les Sarrasins en 848 et continuellement dévastée par les tremblements de terre de 1140, 1169 et 1542, elle est entièrement rasée par le terrible séisme de 1693. Bien que reconstruite au même emplacement, la population de Lentini diminue considérablement à nouveau et ce n'est qu'au début du xixe siècle qu'elle renoue enfin avec une certaine croissance.
Administration
Hameaux
Communes limitrophes
Belpasso (CT), Carlentini, Catane (CT), Francofonte, Militello in Val di Catania (CT), Palagonia (CT), Ramacca (CT), Scordia (CT).
Culture et patrimoine
Monuments et lieux d'intérêt
Sites archéologiques
Léontinoi, nous dit Polybe, « à regarder sa position en général, est tournée vers le septentrion. Elle est traversée, dans son milieu, par un vallon, dans lequel se trouvent les palais où s'assemblent les magistrats et où la justice se rend ; c'est là aussi que se tient le marché. Les deux côtés de ce vallon sont formés par deux montagnes escarpées, dont la cime, qui présente une surface aplanie, est couverte de maisons et de temples. Il y a deux portes, dont l'une, à l'extrémité du vallon qui regarde le midi, conduit à Syracuse ; l'autre, à l'autre extrémité du côté du septentrion, mène aux champs qu'on appelle Léontins, et à ces campagnes si célèbres par leur fertilité. Au pied de l'une de ces montagnes qui est à l'occident, coule le Lissos, sur le bord et comme sous le rocher duquel on a bâti une longue chaîne de maisons situées toutes à égale distance du fleuve : entre ces maisons et le fleuve s'étend la place dont nous avons parlé. »[3]
Trois enceintes se sont succédé. La première, sur la colline San Mauro, est étendue au vie siècle av. J.-C. aux deux acropoles et la cité entre les deux par un rempart à double parement avec blocage central, flanqué de tours et percé de deux portes, la porte de Syracuse au sud, et celle donnant sur la plaine au nord. À l'époque hellénistique, une nouvelle enceinte est érigée. La porte de Syracuse en est l'élément le mieux conservée[3]. Près de cette entrée, une nécropole, fouillée en 1989, semble avoir été en usage depuis le vie siècle av. J.-C. jusqu'à l'époque hellénistique[3]. La colline orientale présente les vestiges d'une forteresse médiévale.
Le musée archéologique régional de Syracuse conserve un kouros funéraire de la première décennie du ve siècle av. J.-C. et le musée civique de Catane une tête de kouros dorique datée des environs de 490 av. J.-C.[3], tous deux exhumés à Lentini.
À preuve du fait que la cité était à dominance agraire et peu tournée vers le commerce, peu de pièces de monnaie ont été retrouvées sur le site de Léontinoi. Celles-ci portent généralement une tête de lion, évoquant le toponyme de la cité, et des épis, symbolisant la fertilité des terres qui sont à l'origine de sa richesse[3].
Sports
Le club de football local est la Sicula Leonzio, depuis 1909.
Personnalités liées à la ville
- Gorgias, philosophe grec, né et mort à Léontinoi vers 480 et 380 av. J.-C. respectivement.
- Thomas Agni de Lentini (1200-1277), patriarche latin de Jérusalem, né à Lentini.
- Giacomo da Lentini (1210-1260, dates approximatives), notaire et poète, inventeur du sonnet, né à Lentini.
- Filadelfo Mugnos (1607-1675), historien et poète, né à Lentini.
- Manlio Sgalambro (1924-2014), philosophe et homme de lettres, né à Lentini.
- Gianfranco Randone (1970-), connu sous son nom d'artiste Jeffrey Jey, compositeur et chanteur du groupe d'eurodance Eiffel 65, né à Lentini.