Les Automobilistes
parti politique tchèque
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Les Automobilistes (en tchèque : Motoristé sobě, litt. « Les Automobilistes ensemble » ou « Les Automobilistes pour eux-mêmes » ; abrégé AUTO) aussi appelés Motoristes, est un parti politique tchèque relancé en 2022 par Petr Macinka (en). Classé à droite ou à l'extrême droite, il est eurosceptique, national-conservateur, opposé aux mesures de protection de l'environnement et partisan du libre marché et des énergies fossiles.
(référendum sur l'Union européenne)
2018
(Parti de l'indépendance de la République tchèque)
2022
(Les Automobilistes)
| Les Automobilistes | |
Logotype officiel. | |
| Présentation | |
|---|---|
| Dirigeant | Petr Macinka (en) |
| Fondation | avril 2017 (référendum sur l'Union européenne) 2018 (Parti de l'indépendance de la République tchèque) 2022 (Les Automobilistes) |
| Président d'honneur | Filip Turek |
| Positionnement | Droite à extrême droite |
| Idéologie | Populisme de droite National-conservatisme Anti-écologisme Euroscepticisme Klausisme |
| Coalisé dans | Serment et Automobilistes (en) (2024-2025) |
| Affiliation européenne | Patriotes.eu |
| Adhérents | 1415 (en 2024)[1] |
| Couleurs | Bleu clair |
| Site web | https://motoristesobe.cz/ |
| Représentation | |
| Députés | |
| modifier |
|
Fondé en par l'ancien vice-président du Parti des citoyens libres, František Matějka, en tant que mouvement politique sous le nom de Référendum sur l'Union européenne (Referendum o Evropské unii), il devient en 2018 le Parti de l'indépendance de la République tchèque (Strana nezávislosti České republiky ; SNČR). En , il prend son nom actuel sous la direction de Petr Macinka.
Histoire
Fondation sous un autre nom

Le , František Matějka, membre et vice-président du Parti des citoyens libres quitte son parti à la suite de sa défaite pour l'élection à sa présidence. Le , il annonce sur le réseau social Facebook sa volonté de créer un mouvement politique nommé Référendum sur l'Union européenne, ayant pour but — comme indiqué par son nom — d'obtenir un référendum sur l'appartenance de la Tchéquie à l'Union européenne. Il lance une campagne de pétition pour l'enregistrement du mouvement qui aboutit le [2],[3],[4].
Nouvellement créé, Référendum sur l'Union européenne reçoit le un don de dix millions de couronnes tchèque de l'homme d'affaire et candidat à l'élection présidentielle de 2018, Jiří Drahoš. Le don est alors considéré comme l'un des plus importants à une formation politique ces dernières années en Tchéquie. Cependant, la loi tchèque interdit à un parti de toucher un don supérieur à trois millions de couronnes, le mouvement s'engage donc à restituer le don avant le [4].
Pour sa première participation électorale, le mouvement présente des candidats aux élections législatives d'octobre 2017.
Les Automobilistes
Alors qu'il est considéré comme en sommeil, le parti est renommé en 2022 par Petr Macinka (en), ancien proche du président Václav Klaus, à partir de l'ancien parti politique en sommeil, le Parti de l'indépendance de la République tchèque. Il renomme ce dernier Motoristé sobě, ce qui signifie en français « Les Automobilistes ensemble » ou « Les Automobilistes pour eux-mêmes ».
Le parti est ouvertement soutenu par Václav Klaus, ce qui laisse penser à Balkan Insight qu'AUTO pourrait être seulement « un autre front pour une « renaissance de Klaus » »[5].
Élections municipales de 2022
Peu après sa création, le parti annonce en mai sa candidature pour les élections municipales de septembre 2022[5], visant en particulier la mairie de Prague. Leur campagne cible principalement les automobilistes et ils s'en prennent à la coalition dirigeant la ville, en particulier au Parti pirate, l'accusant de prendre des mesures écologistes qui nuisent à la place de la voiture et d'être des « fanatiques verts »[6]. Ils déclarent qu'« à Prague, la priorité doit être donnée aux véhicules motorisés et aux automobiles plutôt qu'aux cyclistes et aux militants écologistes »[7]. Le parti promet notamment de rendre gratuit le métro de Prague, car « Les transports en commun sont la seule alternative au transport automobile [et] même les automobilistes prennent le métro »[8], de réduire le nombre de pistes cyclables et de rediriger les financements municipaux de la culture vers de nouvelles infrastructures de transport[9],[10].
Finalement, le parti finit 7e à l'échelle nationale, remportant 2,29 % des voix. À Prague, il ne parvient pas à accéder à un siège au sein de l'assemblée municipale de la ville[11]. Cependant, le parti est médiatisé pour ses discours populistes et anti-écologistes.
Élections européennes de 2024
En vue des élections européennes de 2024, les Automobilistes envisagent d'abord un accord avec le Parti des citoyens libres (Svobodní). Finalement, ils s'allient avec le parti politique anticorruption et eurosceptique Serment pour former la coalition Serment et Automobilistes (en). Ils nomment comme tête de liste Filip Turek, un ancien pilote de Formule 4, qui devient également le président d'honneur d'AUTO, bien qu'il n'en fasse pas formellement partie[12]. Durant la campagne, le parti prend position contre l'adoption de l'euro par la Tchéquie, mais aussi contre l'immigration. Ils disent vouloir mettre fin au Pacte vert pour l'Europe et revenir sur l'interdiction des véhicules thermiques d'ici 2035[13].
La coalition crée la surprise le jour de l'élection, en récoltant 10,3 % des voix, ce qui la place en 3e position. Serment et Automobilistes obtient deux députés européens[12].
Élections législatives de 2025
Sentant leur popularité augmenter, les Automobilistes décident de ne pas reconduire la coalition des élections européennes, malgré les propositions du leader de Serment, Robert Šlachta. Le parti se lance seul dans la campagne pour les élections législatives d'octobre 2025[14]. Le , les Automobilistes arrivent en 6e position avec 6,77 % des voix, ce qui leur donne droit à 13 sièges au sein de la Chambre des députés[15].
Après la victoire du parti ANO d'Andrej Babiš, qui n'obtient cependant pas la majorité absolue, celui-ci entame des négociations en vue de conclure un accord de coalition. Les négociations sont entravées par la révélation par Denník N d'anciennes publications en ligne de Filip Turek (pressenti pour devenir ministre des Affaires étrangères), dans lesquelles il tient des propos racistes, sexistes et homophobes[16].
Le , ANO annonce finalement avoir trouvé un accord avec le parti d'extrême droite Liberté et démocratie directe (SPD) ainsi qu'avec AUTO, ce qui lui ferait bénéficier d'une majorité de 108 sièges[17]. Motoristé sobě fait son entrée dans le gouvernement Babiš III et obtient les portefeuilles des Affaires étrangères, de la Culture, de l'Environnement, ainsi qu'un nouveau ministère, du Sport, de la Prévention et de la Santé[18]. Cependant, Filip Turek, qui devait initialement occuper la fonction de ministre des Affaires étrangères, est écarté. C'est le leader des Automobilistes Petr Macinka qui prend le poste, ainsi que celui de ministre de l'Environnement en parallèle[19].