Li Yi
poète chinois de l'époque Tang
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Li Yi (chinois : 李益 ; chinois traditionnel : 李益 ; pinyin : ; Wade : Li I), né en 748, mort en 829[note 1], également connu sous le prénom de courtoisie de Junyu (君虞), est un fonctionnaire, un ministre et poète chinois de l’époque Tang. Il occupe plusieurs postes de fonctionnaires avant d’atteindre celui de ministre des Rites. Originaire de district de Didao de la commanderie de Longxi (actuelle ville de Dingxi, Gansu), il passe de longues années dans l’armée, aux frontières. Il devient célèbre pour ses poèmes de frontière, à la fin de l’ère Zhenyuan (r. 785-805). Trois de ses poèmes figurent dans le recueil Trois cents poèmes des Tang[1].
| Naissance |
ou |
|---|---|
| Décès | Henan (d) |
| Sépulture |
Yanshi County (d) |
| Nom dans la langue maternelle |
李益 |
| Prénom social |
君虞 |
| Activités | |
| Famille |
Li clan of Longxi (d) |
| Père | |
| Enfants |
| Distinction |
* Grand-officier argent et bleu du Bonheur brillant; * titre posthume : « précepteur adjoint du prince héritier » |
|---|
Biographie
Li Yi est issu du clan Li de Longxi, branche de Guzang et descendant à la douzième génération du roi Li Gao (400-417)[2]. Il passe les examens impériaux et obtient le titre académique de jinshi (docteur) en 769[3],[2],[4] vol.282. Il se voit confier le poste de secrétaire en chef du district de Zhengxian (actuel district Huaxian, Shaanxi) et reste sans promotion pendant longtemps[5],[2]. Après avoir terminé son mandat de trois ans, Li Yi voyage vers l’ouest jusqu’à Fengxiang où, de 774 à 777, il sert dans le secrétariat du quartier général du gouverneur militaire de Fengxiang, Li Baoyu et participe à des opérations militaires d’automne en 774. En 780, Li Yi se rend à Lingwu et se met sous la protection du gouverneur militaire de la commanderie de Shuofang, Cui Ning. Deux ans plus tard, Li Yi participe de nouveau à l'examen impérial spécial à Chang'an[note 2] qu’il réussit. Malgré ce succès, pendant que ses contemporains obtiennent des promotions à la cour, Li Yi ne connaît pas d'avancement pendant très longtemps et il est insatisfait. En raison de ses frustrations dans sa carrière officielle, il voyage vers le nord dans la région de Yan et de Zhao[4],[6]. En 788, il est invité à devenir secrétaire principal dans le bureau militaire de Zhang Xianfu gouverneur militaire de Binning. Pendant son séjour à Binning, Li Yi entretient des relations amicales avec de célèbres poètes tels que Meng Jiao, Li Guan et Liu Zongyuan[7]. Plus tard, Li Yi entreprend un deuxième voyage vers le sud et au printemps 795, il réside temporairement à Yangzhou. Durant cette période, il rencontre le poète Liu Yuxi ; ils échangent des poèmes, boivent du vin et entretiennent une amitié heureuse. Puis, il voyage vers le nord jusqu’à Heshuo où général Liu Ji de Youzhou l’engage comme assistant dans son secrétariat de 796 à 806. Il est ensuite rappelé à la capitale par l’empereur Xianzong des Tang et est nommé directeur du bureau des fonctionnaires.
En 810, il est promu conseiller du secrétariat central puis devient préfet adjoint du Henan. Plus tard, l’empereur Xianzong prend note de la renommée de Li Yi et le convoque à la cour en 812 pour occuper les postes de vice-directeur de la bibliothèque impériale et d’académicien au Pavillon Jixian[8]. Fier de son talent, Li Yi se montre arrogant et négligent ce que le groupe ne tolère pas et il est rétrogradé à un poste mineur[4]. Après un certain temps, Li Yi est de nouveau promu, enchaînant les fonctions jusqu’à atteindre le poste prestigieux de conseiller de gauche à la cour impériale en 824[8],[2]. Trois ans plus tard, il devient ministre des Rites[9]. Il démissionne en 829, année où il meurt dans sa résidence privée de la rue Yijiao dans l’ancienne capitale orientale Luoyang. Li Yi reçoit à titre posthume le titre de « précepteur adjoint du prince héritier »[10],[2].
Comme à la même époque, il y a un autre fonctionnaire nommé Li Yi, les gens de l’époque appelle le poète « Li Yi le lettré » tandis que l’autre Li Yi est surnommé « Li Yi de la lignée princière »[11],[12].
Poésie
Li Yi excelle dans le chant et la poésie. Ses poèmes couvrent un large éventail de sujets et de formes, mais c’est dans les poèmes de frontière qu’il écrit le plus et obtient ses plus grands succès. Ces derniers montrent souvent un style artistique vigoureux et des horizons vastes et se distinguent par leur grandeur mélancolique, leur finesse concise et implicite[13]. Sur le plan de la forme artistique, sa poésie de frontière brille particulièrement dans les quatrains, en particulier les quatrains heptasyllabiques[13]. Chaque fois qu’il compose un poème, les musiciens et les chanteurs célèbres du bureau impérial de la musique du palais rivalisent d’offres (pots-de-vin) pour acheter ses œuvres, les mettre en musique, et les faire apprécier par l’empereur comme pièce de répertoire impérial.
« Li Yi a composé une cinquantaine de poèmes de frontière qui représentent un tiers de ses œuvres environ. Certains de ses quatrains heptasyllabiques et de ses huitains réguliers heptasyllabiques sur la vie frontalière figurent parmi les chefs-d’œuvre du genre. »[14]
L'Intégrale de la poésie des Tang comprend deux volumes des poèmes de Li Yi, les volumes 282, 283[4].
Œuvre
C'est le marquis d'Hervey de Saint-Denys en 1862[15] puis à sa suite le sinologue anglais Herbert Giles qui le firent découvrir en Occident. Le plus fameux de ces trois poèmes fut traduit de l'anglais en 1907 par Henri-Pierre Roché[16] puis mis en musique par Albert Roussel (opus XLVII) en 1932.
Sous la lune le palais résonne
Des sons, des luths et des chansons.
Il me semble que l'on a rempli
La clepsydre de la mer entière
Pour faire que cette longue nuit
Ne finisse jamais pour moi.
— Favorite délaissée
露湿晴花春殿香
月明歌吹在昭阳
似将海水添宫漏
共滴长门一夜长
— 宫怨
Poème de frontière
(Traduction libre.)
Devant la tour de guet de Huile, le sable semble neige ;
Hors des murs de Shouxiang, la lune brille comme le givre.
On ne sait d’où monte le son d’une flûte de roseau,
Toute la nuit, les soldats en campagne songent à leur pays natal.
— La nuit, en montant à la forteresse de Shouxiang, j’entends une flûte
回乐烽前沙似雪,
受降城外月如霜。
不知何处吹芦管,
一夜征人尽望乡。
— 夜上受降城闻笛