Lièpvre
commune française du département du Haut-Rhin
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Lièpvre [ljɛvʁ] est une commune française située dans la circonscription administrative du Haut-Rhin et, depuis le , dans le territoire de la Collectivité européenne d'Alsace, en région Grand Est.
| Lièpvre | |
Vue sur Lièpvre depuis le Hoimbach. | |
Blason |
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| Administration | |
|---|---|
| Pays | |
| Région | Grand Est |
| Collectivité territoriale | Collectivité européenne d'Alsace |
| Circonscription départementale | Haut-Rhin |
| Arrondissement | Colmar-Ribeauvillé |
| Intercommunalité | Communauté de communes du Val d'Argent |
| Maire Mandat |
Denis Petit 2020-2026 |
| Code postal | 68660 |
| Code commune | 68185 |
| Démographie | |
| Gentilé | Colieuvres |
| Population municipale |
1 632 hab. (2023 |
| Densité | 130 hab./km2 |
| Géographie | |
| Coordonnées | 48° 16′ 23″ nord, 7° 17′ 00″ est |
| Altitude | Min. 234 m Max. 930 m |
| Superficie | 12,55 km2 |
| Type | Bourg rural |
| Unité urbaine | Lièpvre (ville-centre) |
| Aire d'attraction | Sainte-Marie-aux-Mines (commune du pôle principal) |
| Élections | |
| Départementales | Canton de Sainte-Marie-aux-Mines |
| Législatives | Deuxième circonscription |
| Localisation | |
| modifier |
|
Elle fait partie de la région historique et culturelle d'Alsace (malgré son appartenance historiquement à la Lorraine).
Ses habitants sont nommés les Colieuvres.
Géographie
Localisation
Lièpvre doit son nom à la rivière qui l'arrose et son origine au prieuré de Lièpvre. Elle fut très longtemps la principale agglomération la plus réputée du val de Lièpvre[1], en latin, et se situe à 275 mètres d'altitude.
La commune se niche au cœur de la vallée de la Lièpvrette[2]. Elle est bordée de sommets du massif des Vosges : au sud le Brézouard, le Taennchel et le Haut-Koenigsbourg, au nord l'Altenberg, le Chalmont, le Rocher du Coucou et le château du Frankenbourg. Le chaînon du nord est l'Altenberg, qui sépare le val de Lièpvre du val de Villé.
C'est une des 188 communes[3] du parc naturel régional des Ballons des Vosges.
Hydrographie
Réseau hydrographique
La commune est dans le bassin versant du Rhin au sein du bassin Rhin-Meuse. Elle est drainée par la Lièpvrette et le Rombach[4],[5],[Carte 1].
La Lièpvrette, d'une longueur de 25 km, prend sa source dans la commune de Sainte-Marie-aux-Mines et se jette dans le Giessen à Châtenois, après avoir traversé cinq communes[6]. Les caractéristiques hydrologiques de la Lièpvrette sont données par la station hydrologique située sur la commune. Le débit moyen mensuel est de 1,77 m3/s[Note 1]. Le débit moyen journalier maximum est de 59,7 m3/s, atteint lors de la crue du . Le débit instantané maximal est quant à lui de 79,9 m3/s, atteint le même jour[7].

Gestion et qualité des eaux
Le territoire communal est couvert par le schéma d'aménagement et de gestion des eaux (SAGE) « Giessen Lièpvrette ». Ce document de planification concerne les bassins versants du Giessen et de la Lièpvrette. Son périmètre s’étend sur 317 km2. Il a été approuvé le . La structure porteuse de l'élaboration et de la mise en œuvre est le Syndicat des eaux et de l'assainissement Alsace Moselle[8].
La qualité des cours d’eau peut être consultée sur un site dédié géré par les agences de l’eau et l’Agence française pour la biodiversité[Carte 2].
Climat
Plusieurs études ont été menées afin de caractériser les types climatiques auxquels est exposé le territoire national. Les zonages obtenus diffèrent selon les méthodes utilisées, la nature et le nombre des paramètres pris en compte, le maillage territorial des données et la période de référence. En 2010, le climat de la commune était ainsi de type climat de montagne, selon une étude du Centre national de la recherche scientifique (CNRS) s'appuyant sur une méthode combinant données climatiques et facteurs de milieu (topographie, occupation des sols, etc.) et des données couvrant la période 1971-2000[9]. En 2020, le climat prédominant est classé Cfb, selon la classification de Köppen-Geiger, pour la période 1988-2017, à savoir un climat tempéré à été frais sans saison sèche[10]. Par ailleurs Météo-France publie en 2020 une nouvelle typologie des climats de la France métropolitaine dans laquelle la commune est exposée à un climat semi-continental[11] et est dans la région climatique Vosges, caractérisée par une pluviométrie très élevée (1 500 à 2 000 mm/an) en toutes saisons et un hiver rude (moins de 1 °C)[12]. Elle est en outre dans la zone H1b au titre de la réglementation environnementale 2020 des constructions neuves[13],[14].
Pour la période 1971-2000, la température annuelle moyenne est de 10,4 °C, avec une amplitude thermique annuelle de 17,4 °C. Le cumul annuel moyen de précipitations est de 1 001 mm, avec 10,2 jours de précipitations en janvier et 9,9 jours en juillet[9]. Pour la période 1991-2020, la température moyenne annuelle observée sur la station météorologique de Météo-France la plus proche, sur la commune de Sainte-Croix-aux-Mines à 4 km à vol d'oiseau[15], est de 10,8 °C et le cumul annuel moyen de précipitations est de 1 094,4 mm[16],[17]. La température maximale relevée sur cette station est de 39,8 °C, atteinte le ; la température minimale est de −18,2 °C, atteinte le [Note 3].
Urbanisme
Typologie
Au , Lièpvre est catégorisée bourg rural, selon la nouvelle grille communale de densité à sept niveaux définie par l'Insee en 2022[18]. Elle appartient à l'unité urbaine de Lièpvre[Note 4], une agglomération intra-départementale regroupant deux communes, dont elle est ville-centre[Note 5],[19],[20]. Par ailleurs la commune fait partie de l'aire d'attraction de Sainte-Marie-aux-Mines, dont elle est une commune du pôle principal[Note 6],[20]. Cette aire, qui regroupe 4 communes, est catégorisée dans les aires de moins de 50 000 habitants[21],[22].
Occupation des sols
L'occupation des sols de la commune, telle qu'elle ressort de la base de données européenne d’occupation biophysique des sols Corine Land Cover (CLC), est marquée par l'importance des forêts et milieux semi-naturels (67,1 % en 2018), une proportion sensiblement équivalente à celle de 1990 (67,8 %). La répartition détaillée en 2018 est la suivante : forêts (67,1 %), prairies (18,9 %), zones urbanisées (9,5 %), zones agricoles hétérogènes (2,6 %), zones industrielles ou commerciales et réseaux de communication (1,9 %)[23]. L'évolution de l’occupation des sols de la commune et de ses infrastructures peut être observée sur les différentes représentations cartographiques du territoire : la carte de Cassini (XVIIIe siècle), la carte d'état-major (1820-1866) et les cartes ou photos aériennes de l'IGN pour la période actuelle (1950 à aujourd'hui)[Carte 3].

Lieux-dits, hameaux et écarts
- Hameau de Musloch entre Lièpvre et Sainte-Croix-aux-Mines : appelé en 1517 Museloch, en 1782 Mauslauch. Le nom provient de la mine qui fut exploitée à partir du XVe siècle. Au XVIIIe siècle, on trouve Misloch ou Meusloch, qui était un hameau formé d'environ treize familles. Il fut célèbre en 1445 pour avoir été le refuge des paysans du Val de Lièpvre qui surprirent les Armagnacs en train de se rendre en Lorraine, en leur infligeant une cuisante défaite près du Rocher du violon[24]. On y découvrit en 1545 une mine qui fut nommée la mine Sainte-Anne. Elle fut abandonnée en 1750 car son exploitation était trop coûteuse.
- Chalmont (697 mètres d'altitude) : appelé Nannenstol dans le diplôme de Charlemagne en 774, puis Chainement en 1517, Challemont en 1596, quelquefois Charlemont et Karlsberg pendant l'occupation allemande. En patois, le Chalmont est appelé le Chânemont.
- Raincorne : hauteur dominant le débouché du Hoimbach dans sa partie ouest.
- Le Kast : colline située au pied du Chalmont à la sortie sud de Rombach-le-Franc. Le nom provient sans doute de « Kastanie » (= châtaigne) puisqu'on y avait planté des châtaigniers, dont le bois se prêtait bien à la fabrication de piquets pour les vignes.
- Spiemont : en allemand nommé le Stemberg. L'abbé Philippe-André Grandidier dit qu’il pourrait s'agir du Stophanberg rappelé dans le diplôme de Charlemagne en 774 pour le monastère de Lièpvre, mais il est reconnu depuis longtemps que le Stophanberg n'est autre que le Haut-Koenigsbourg.
- Champ Hache : lieu-dit situé à proximité du Kast. On y cultivait des pommes de terre, ce qui pourrait expliquer le sens de « hach » (lire harh) : en patois roman-lorrain, le nom "noire hach" signifie « pomme de terre en robe de champs ».
- La Roche du violon : située à la sortie ouest de Lièpvre. Ce nom évoque les violons de la tour des voleurs de Riquewihr et l'expression "être au violon".
Voies de communication et transports
Dans les Vosges et en Lorraine, on employait volontiers le terme de val, suivi du nom de la principale localité. Avant le VIIIe siècle, le Val de Lièpvre ne devait guère avoir des rapports avec les vallées voisines car les routes latérales lui manquaient. Ce n'est qu'en 1905 que fut établi une route militaire entre Lièpvre et Villé passant par Rombach-le-Franc, puis le col de Fouchy qui s'élève à 606 mètres.
Seule une route longitudinale, dont le tracé variait, reliait au Moyen Âge l'Alsace et la Lorraine. Au XVe siècle, cette route ne passait pas par Sainte-Marie-aux-Mines, mais par le Petit Rombach pour aboutir de l'autre côté des Vosges vers Lusse. C'est à proximité de cette route, au Petit Rombach, que se dressait le château d'Echery installé sur un roc fort abrupt qui servait de repaire pour surveiller les va-et-vient dans la vallée. Pendant longtemps, cette route aboutissait toujours à Lièpvre qui fut le lieu le plus peuplé et le centre administratif de la vallée. La situation géographique de Lièpvre permettait à travers cette route de relier le Duché de Lorraine et la plaine d'Alsace. Cette route fut donc un point de passage assez fréquenté pour le commerce mais aussi pour les troupes étrangères. Cette route existait probablement déjà du temps des Romains pour le transport du sel qui transitait par les deux vallées de Villé ou de Lièpvre. Cette route fut améliorée par Fulrad en 757 avec l'accord de Pépin le Bref. Plus tard, et dès le XVIe siècle cette route fut reportée sur Sainte-Marie-aux-Mines en gravissant le col, mais ailleurs que la route actuelle construite en 1761[25].
Risques naturels et technologiques
En octobre 1778, Lièpvre subit d'importantes inondations. La Lièpvrette sort de son lit et emporte tout sur son passage. De nombreuses personnes sont victimes de ces inondations. On déplore également la disparition d'une grande partie du bétail. Les dégâts sont estimés à 100 000 livres. En 1800 on assiste à une véritable sécheresse : pas une seule goutte de pluie n'est tombée pendant 109 jours. En 1818 la pluie tombe pendant 99 jours, ce qui fait déborder les rivières et provoque de nouvelles inondations. En 1829-1830 la neige recouvre la vallée pendant 60 jours et on assiste à des gelées qui vont durer 86 jours. Mais on assiste aussi à des périodes caniculaires : en 1811, 1825, 1826, 1834 de juin à août le thermomètre ne descend pas en dessus de 29° en moyenne. Le un gigantesque incendie réduit en cendres plus de 24 maisons à Lièpvre. Le une nouvelle inondation due aux importantes fontes de neige dévaste à nouveau la vallée. On dénombre de nombreuses victimes à Lièpvre, dont une famille entière. Le et le la population de Lièpvre doit de nouveau faire face aux importantes inondations dues à la fonte des neiges. Les ponts sont littéralement emportés. La voie ferrée entre Lièpvre et La Vancelle est interrompue et le trafic ne reprendra que huit jours après. Le même scénario se répète en février 1877 pendant trois semaines où la vallée subit de nouvelles inondations et des tempêtes d'une rare violence. Les ponts sont à nouveau emportés par les crues. D'autres inondations sont à déplorer, notamment celles du . L'église de Lièpvre est envahie par les eaux, ce qui empêche la messe de minuit de s'y dérouler. Le un glissement de terrain se produit à Votembach dû aux importants orages suivi par trombes d'eaux impressionnants. Un autre glissement de terrain se produit à Musloch le dû aux inondations. La route nationale 59 est coupée et un fossé de quatre mètres empêche toute circulation entre Lièpvre et Sainte-Croix-aux-Mines.
Toponymie
Leberach (1278-1493).
leberaha, lebraha ou lepraha en latin, Leberau en allemand[26], Laweröi en alsacien, Co Lieuf en lorrain.
Histoire
Moyen Âge

Fulrad, le fondateur du prieuré de Lièpvre[27], reçoit de Charlemagne en 774, un vaste territoire comprenant la vallée de la Lièpvrette. Sur la requête de Fulrad, Charlemagne accorde la même année au prieuré de Lièpvre une portion du fisc royal de Kintzheim recouvrant une grande partie de la vallée. Par la suite, Fulrad lègue le prieuré à l’abbaye de Saint-Denis[28],[29]. Après le Xe siècle, les ducs de Lorraine s’approprient usurpent progressivement le domaine à l’abbaye de Saint-Denis, malgré les plaintes de celle-ci.
Au XIIIe siècle les Lichtenberg, notamment Conrad de Lichtenberg, en guerre contre le duc de Lorraine font régulièrement des razzias dans la vallée. En 1338, c’est Berthold de Bucheck, en guerre contre les villes impériales, qui incendie Lièpvre alors qu’il pénètre dans la vallée pour assiéger le château d'Échéry, possession de Jean d'Echery, qui commande les troupes de Sélestat. Trente ans plus tard, en 1365, ce sont cette fois les routiers d’Arnaud de Cervole qui pillent et brûlent le village. Peu de temps après, en 1350, la moitié de la population meurt de la peste noire.
Après l’extinction du dernier des seigneurs d’Echéry, le duc de Lorraine et les sires de Rappolstein se partagent la vallée le , Lièpvre revenant au duc de Lorraine, avec Sainte-Croix-aux-Mines, de Rombach-le-Franc et une partie de Sainte-Marie-aux-Mines[30]. À partir du XVe siècle, les ducs de Lorraine, abusant de leur statut d’avoués du prieuré de Lièpvre, ont usurpé la majeure partie des droits de celui-ci, dont ceux de justice[31]
Après quelques décennies de calme, les écorcheurs armagnacs occupent en 1444 le village, qui s’est soumis pour éviter d’être détruit, à l’instar de nombreuses communautés de la région, mais ceux-ci l’incendient quand même l’année suivante. Lorsque les écorcheurs quittent la vallée au printemps 1445, une de leur colonne tombe dans une embuscade tendue à la sortie de Lièpvre, au lieu dit rocher du violon. Les troupes de Sélestat et d’Obernai, augmentées des paysans de Villé, Rombach-le-Franc, Lièpvre et Sainte-Croix-aux-Mines font rouler des rochers et des troncs d’arbres sur les Armagnacs, qui sont mis en déroute avec de lourdes pertes. Ils perdent en outre une partie du butin qu’ils avaient acquis en Alsace, ainsi que leur artillerie. La soumission de Lièpvre en 1444 les fait toutefois accuser de complicité avec les écorcheurs par l’évêché et la ville de Strasbourg, qui, alliés au compte palatin, ravagent la vallée une nouvelle fois peu après.
Au Moyen Âge, ce sont les communautés villageoises qui administrent les forêts et les terres pour le compte du seigneur ou duc de Lorraine sous le contrôle d’officiers nommés par lui. Pour Lièpvre, c’est le prévôt qui est chargé de contrôler l’ensemble de l’administration. Il délègue une partie de ses prérogatives de la commune de Lièpvre, au maire ou mayeur qui a des pouvoirs très larges. Il contrôle par exemple les biens de la communauté, visite les forêts, les chemins, les fours, les moulins, et prononce les réglementations de police. Il prononce les amendes pour les délits forestiers ou champêtres. Par la suite le maire est secondé par des échevins qui siègent au nombre de trois : le maître échevin, appelé aussi lieutenant de maire, l’échevin et le petit échevin, le sergent ou doyen, et à partir de 1583 par un greffier.
Époque moderne
Les mines du val de Lièpvre sont le sujet de plusieurs conflits dans le premier quart du XVIe siècle. En 1516, le seigneur de Geroldseck emploie le mercenaire Franz von Sickingen pour tenter de prendre la vallée au duc de Lorraine et ses six mille hommes y causent de nombreux dégâts avant d’être repoussés par les troupes ducales[32],[33],[34]. En 1521, le duc de Lorraine résout également avec Charles Quint, à l’amiable cette fois, un conflit sur la propriété des mines.
Au cours de la guerre des Paysans, les paysans du val de Lièpvre se soulèvent en . L’un d’eux, surnommé le Grand Hannezo, les incite à attaquer le prieuré, qui est pillé[35]. Après qu’Antoine de Lorraine ait écrasé les armées des paysans à Saverne, il envoie des troupes rétablir l’ordre dans le val de Lièpvre. Les habitants sont condamnés à marcher pieds nus en procession jusqu'au sanctuaire de Dusenbach pour obtenir le pardon ducal.
Le village est envahi au début de l’hiver 1592 par les troupes du Marquis de Durlach, en conflit avec le duc de Lorraine à propos de la rémunération de ses services militaires. Il y reste jusqu’à en être chassé par les troupes ducales le . C’est néanmoins surtout la guerre de Trente ans qui apporte le plus de dévastation : épargné dans un premier temps, le val de Lièpvre fait l’objet d’incursions à partir de 1633, le prieuré est pillé et le village incendié. En 1635 les habitants de Lièpvre sont exemptés de la taille en raison des ravages de la peste et des guerres. De 1635 à 1641, le val de Lièpvre est occupé par la France. Un an plus tard, les Lorrains sont de nouveau maîtres du val de Lièpvre, puis la France occupe à nouveau la Lorraine de 1641 à 1659 et de nouveau de 1670 à 1697. Les armées transitent régulièrement par la vallée pour traverser les Vosges et les escarmouches et pillages n’y sont pas rares.
À partir de 1660 le duc Charles IV encourage la venue de populations pour repeupler les villes et villages qui ont été décimés par la guerre. L'économie rurale est complètement désorganisée, les terres et forêts sont en friches. Il encourage l'arrivée de nouveaux habitants qui vont occuper les maisons ou fermes abandonnées du val de Lièpvre. Dès 1663 on voit arriver des colons de Suisse, du Val d'Orbey, des Vosges, de Savoie ou du Val d'Aoste ou même de Mulhouse. Charles IV apporte un large soutien aux manufactures de draps et de soie lesquelles sont exemptées du droit de bourgeoisie[36] et d'impôts pendant six ans. Par ailleurs il encourage l'arrivée dans le val de Lièpvre d'anabaptistes pour occuper les fermes laissées à l'abandon.
En 1738, l’administration communale est modifiée par le duc Stanislas. Les échevins sont supprimés au profit d’un syndic élu chaque année par les habitants qui était chargé de la comptabilité communale. À partir de cette époque on trouve donc un maire, son lieutenant, le sergent et le greffier nommé par le prévôt. Le contrôle établi par le roi Stanislas sur l’administration devint plus rigoureux, surtout après la réunion de la Lorraine à la France. Il fallait subir la volonté toute puissante de l’intendant et de son délégué de bailliage. L’édit du créé les assemblées provinciales, les assemblées du district et les assemblées communales. Ne pouvaient être élus que les propriétaires âgés de plus de 25 ans, le curé, le greffier, le syndic. Tous devaient au moins savoir lire et écrire et appartenir à la classe des bourgeois (première classe des contribuables).
Époque contemporaine
À partir de 1790, chaque commune organise l’élection de ses propres élus. Le les dîmes sont supprimées. La Révolution impose aux prêtres le serment civique sous peine de privation de pension ou même de déportation en cas de troubles à l’ordre public.
Politique et administration
Découpage territorial
La commune de Lièpvre est membre de la communauté de communes du Val d'Argent[37], un établissement public de coopération intercommunale (EPCI) à fiscalité propre créé le dont le siège est à Sainte-Croix-aux-Mines. Ce dernier est par ailleurs membre d'autres groupements intercommunaux[38].
Sur le plan administratif, elle est rattachée à l'arrondissement de Colmar-Ribeauvillé, à la circonscription administrative de l'État du Haut-Rhin, en tant que circonscription administrative de l'État, et à la région Grand Est[37].
Sur le plan électoral, elle dépendait jusqu'en 2020 du canton de Sainte-Marie-aux-Mines pour l'élection des conseillers départementaux au sein du conseil départemental du Haut-Rhin. Depuis le , elle dépend du même canton pour l'élection des conseillers d'Alsace au sein de la collectivité européenne d'Alsace[39].
Liste des maires
Tendances politiques
Résultats des dernières élections présidentielles (2e tour)
2002 : Inscrits : 1282 - Abst. : 24,57 % - Jacques Chirac : 669 voix (73,92 %) - Jean-Marie Le Pen : 236 voix (26,08 %)
2007 : Inscrits : 1313 - Abst. : 19,95 % - Nicolas Sarkozy : 565 voix (57,19 %) - Ségolène Royal : 423 voix (42,81 %)
2012 : Inscrits : 1344 - Abst. : 19,49 % - Nicolas Sarkozy : 558 voix (56,19 %) - François Hollande : 435 voix (43,81 %)
(Source : Ministère de l'Intérieur).
Finances locales
Cette sous-section présente la situation des finances communales de Lièpvre[Note 7].
Pour l'exercice 2013, le compte administratif du budget municipal de Lièpvre s'établit à 4 215 000 € en dépenses et 2 709 000 € en recettes[A2 1] :
En 2013, la section de fonctionnement[Note 8] se répartit en 1 662 000 € de charges (936 € par habitant) pour 1 787 000 € de produits (1 006 € par habitant), soit un solde de 125 000 € (70 € par habitant)[A2 1],[A2 2] :
- le principal pôle de dépenses de fonctionnement est celui des achats et charges externes[Note 9] pour 446 000 € (27 %), soit 251 € par habitant, ratio supérieur de 34 % à la valeur moyenne pour les communes de la même strate (188 € par habitant). En partant de 2009 et jusqu'à 2013, ce ratio fluctue et présente un minimum de 243 € par habitant en 2012 et un maximum de 301 € par habitant en 2011 ;
- la plus grande part des recettes est constituée des impôts locaux[Note 10] pour une valeur de 479 000 € (27 %), soit 270 € par habitant, ratio voisin de la valeur moyenne de la strate. Sur les 5 dernières années, ce ratio fluctue et présente un minimum de 257 € par habitant en 2011 et un maximum de 270 € par habitant en 2013.
Les taux des taxes ci-dessous sont votés par la municipalité de Lièpvre[A2 3]. Ils ont varié de la façon suivante par rapport à 2012[A2 3] :
- la taxe d'habitation constante 6,71 % ;
- la taxe foncière sur le bâti sans variation 9,23 % ;
- celle sur le non bâti égale 58,61 %.
La section investissement[Note 11] se répartit en emplois et ressources. Pour 2013, les emplois comprennent par ordre d'importance[A2 4] :
- des dépenses d'équipement[Note 12] pour 2 547 000 € (100 %), soit 1 434 € par habitant, ratio supérieur de 331 % à la valeur moyenne pour les communes de la même strate (333 € par habitant). Sur la période 2009 - 2013, ce ratio fluctue et présente un minimum de 629 € par habitant en 2009 et un maximum de 1 434 € par habitant en 2013 ;
- aucun remboursement d'emprunt[Note 13].
Les ressources en investissement de Lièpvre se répartissent principalement en[A2 4] :
- fonds de Compensation pour la TVA pour une somme de 91 000 € (10 %), soit 51 € par habitant, ratio supérieur de 38 % à la valeur moyenne pour les communes de la même strate (37 € par habitant). Pour la période allant de 2009 à 2013, ce ratio fluctue et présente un minimum de 49 € par habitant en 2010 et un maximum de 95 € par habitant en 2011 ;
- subventions reçues pour une valeur totale de 34 000 € (4 %), soit 19 € par habitant, ratio inférieur de 77 % à la valeur moyenne pour les communes de la même strate (81 € par habitant).
L'endettement de Lièpvre au peut s'évaluer à partir de trois critères : l'encours de la dette[Note 14], l'annuité de la dette[Note 15] et sa capacité de désendettement[Note 16] :
- pas d'encours pour la dette. Sur les 5 dernières années, ce ratio est constant et proche de 0 € par habitant[A2 5] ;
- aucune annuité pour la dette. Pour la période allant de 2009 à 2013, ce ratio est constant et proche de 0 € par habitant[A2 5] ;
- la capacité d'autofinancement (CAF) pour une valeur totale de 531 000 €, soit 299 € par habitant, ratio supérieur de 92 % à la valeur moyenne pour les communes de la même strate (156 € par habitant). Sur les 5 dernières années, ce ratio fluctue et présente un minimum de 299 € par habitant en 2013 et un maximum de 438 € par habitant en 2011[A2 6]. La capacité de désendettement est de moins d'un an en 2013. Sur une période de 14 années, ce ratio est constant et faible (inférieur à 4 ans)
Jumelages
Saint-Sylvestre-sur-Lot (Lot-et-Garonne) depuis 1992.
La signature du serment de jumelage entre les deux villages amis a eu lieu à Lièpvre le et à Saint-Sylvestre-sur-Lot le . Les signataires sont René Lalbat, maire de Saint-Sylvestre-sur-Lot et président du comité de jumelage de cette commune ainsi que Georges Coudert, maire de Lièpvre et Michel Velcin, premier président du comité de jumelage de Lièpvre. Il faut rappeler qu'une estime profonde règne entre les deux provinces depuis les contacts pris en avril 1990 sur l'initiative du docteur Guy Naudo, vice-président du département du Haut-Rhin et maire honoraire de Lièpvre et de Martine Laiguesse née Laurent, alors conseillère municipale de Lièpvre et originaire de Villeneuve-sur-Lot. À l'occasion du cinquantième anniversaire de l'exode de 1940, le conseil général envisage de favoriser les jumelages entre les communes du Haut-Rhin et celles de Lot-et-Garonne où beaucoup d'Alsaciens étaient réfugiés. Alain Weiss est président du comité de jumelage depuis le . Tous les deux ans, des échanges officiels ont lieu, permettant ainsi de tisser des liens forts entre ces deux communes. Il existe depuis 1998 une rue de Saint-Sylvestre-sur-Lot à Lièpvre et depuis 2004 une rue de Lièpvre à Saint-Sylvestre-sur-Lot.
Équipements et services publics
Enseignement
On ne peut pas dire exactement à quelle date remonte l'instruction primaire, faute de documents. Cependant, on y mentionne l'existence d'un maître d'école en 1706 alors que l'école du village était administrée par la paroisse de Lièpvre. En 1762, qu'il y a à Lièpvre non seulement un maître d'école, mais aussi un sous-maître, ce qui semble indiquer qu'il y avait de nombreux élèves. Chaque habitant devait payer une rétribution en seigle ou en argent qui était proportionnelle à ses revenus, et en plus chaque élève devait verser un écolage réglé de la manière suivante : un sou trois deniers pour ceux qui apprennent à lire, deux sous trois deniers pour ceux qui abordent l'orthographe, le calcul et le chant. Le sous-maître devait être capable d'enseigner aussi l'allemand. La classe durait obligatoirement de la Saint-Martin () à la Saint-Georges (). Cependant les élèves qui désiraient poursuivre leurs études pouvaient le faire sans augmentation du prix. Généralement le maître d'école était aussi tenu de sonner les cloches de l'église, de chanter aux offices du dimanche et de remonter l'horloge. Il recevait pour ces services une rétribution supplémentaire. À partir de 1750, un enseignement sommaire est fait dans la grande maison à proximité de l'église. À la suite de la séparation des sexes consécutive à l'arrivée de religieuses, un bâtiment scolaire destiné aux filles est construit dès 1823 dans la rue de l'église. En 1864, une école plus grande est implantée dans le village ainsi qu'à Musloch qui accueille une quarantaine d'élèves. L'annexe de Musloch dispose d'un hangar. L'école de Musloch est fermée en 1950 en raison de la diminution du nombre d'élèves dans le hameau.
La commune de Lièpvre qui relève de l'Académie de Strasbourg ne dispose que d'une école primaire mixte située sur la route de Rombach-le-Franc. Les cours donnés vont du cours élémentaire au cours moyen. Depuis la rentrée de , Lièpvre ne dispense plus que l'enseignement monolingue, les classes bilingues étant dispensées à Rombach-le-Franc qui accueille les élèves du village voisin. À partir de la 6e, les élèves sont dirigés vers le collège à Sainte-Marie-aux-Mines ou le lycée à Sélestat. D'autres élèves suivent des cours dans des instituts scolaires privés à Ribeauvillé. Pour permettre aux enfants de se rendre aux différents endroits, un ramassage scolaire est organisé chaque matin avec des bus dans chaque village de la vallée.
Population et société
Démographie
Lièpvre s'achemine tout doucement vers le seuil fatidique de « ville » qui est à partir de 2 000 habitants. 1 776 personnes ont été recensées sur le territoire dont 20 habitants comptés à part. La population municipale actuelle est donc de 1 756 habitants. Depuis 1999, Lièpvre a gagné 124 personnes, soit 7,6 % habitants supplémentaires[44].
L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. Pour les communes de moins de 10 000 habitants, une enquête de recensement portant sur toute la population est réalisée tous les cinq ans, les populations de référence des années intermédiaires étant quant à elles estimées par interpolation ou extrapolation[45]. Pour la commune, le premier recensement exhaustif entrant dans le cadre du nouveau dispositif a été réalisé en 2005[46].
En 2023, la commune comptait 1 632 habitants[Note 17], en évolution de −5,34 % par rapport à 2017 (Haut-Rhin : +0,88 %, France hors Mayotte : +2,36 %).
Pyramide des âges
Au , Lièpvre comptait 1 632 habitants (802 hommes et 830 femmes), soit une densité de 130 habitants au km2. La population est en constante augmentation. Entre 1999 et 2005, la commune a gagné 101 habitants et depuis 1975, 213 habitants. Avec la crise économique des années 1960, de nombreux habitants souvent jeunes ont quitté la commune pour aller chercher du travail dans la plaine. La tendance semble maintenant s'inverser avec l'arrivée de citadins venus des grandes métropoles qui aspirent à trouver le calme et un certain mieux vivre. Actuellement les personnes âgées de plus de 60 ans représentent encore le plus grand pourcentage de la population de Lièpvre. En deuxième position, les moins de 20 ans représentent 24,9 % de la population contre 25,3 % dans le département. Un nombre relativement peu élevé ont un travail dans la commune, notamment aux Cuisines Schmidt et à la zone industrielle de Bois l'Abbesse. Une autre partie de la population se rend dans les autres communes du département, notamment à Sélestat, Colmar, Strasbourg ou encore Saint-Dié.
Répartition hommes / femmes (en 2009) :
Hommes : 49,85 % (moyenne nationale : 48,6 %) ;
Femmes : 50,14 % (moyenne nationale : 51,4 %).
Sports et loisirs
Lièpvre possède une équipe de handball, de football, de tennis et de volley-ball et d'escrime et organise de nombreuses rencontres sportives dans chacune de ces disciplines. Pour la pratique du football un stade permet aux adeptes de cette disciple de s'entraîner régulièrement auxquels viennent se joindre quelques habitants du village voisin, Rombach-le-Franc.
Économie
Les mines
La commune de Lièpvre comptait au Moyen Âge un certain nombre de mines fort célèbres. Les mines de Sainte-Anne et de Saint-Thomas à Musloch, Saint-Esprit à Creusepré (Gleisprey) du Herrschaftt, de Saint-Jean, Finckenstreich, Grand Feldort, et du Kast de Stolle Aymé étaient exploitées pendant fort longtemps par des mineurs lorrains. Le plus important filon sur la rive gauche de la Lièpvrette à Musloch représentait un couloir d'une longueur de 2,5 km. À l'est, au sud de Lièpvre on retrouve encore les anciennes mines de Creusepré. Les mines de Sainte-Anne, Herrschafft et Saint-Jean à Musloch ont été découvertes en 1526. On découvrit en 1750 à la mine Saint-Anne de l'argent, de la rosette et du plomb. Une autre mine appelée dans les anciens documents "Schwymbach" (Schweinsbach) à Lièpvre est également exploitée à la même époque.
Entre 1533 et 1546, quatre nouveaux chantiers sont ouverts à Lièpvre, mais les recherches seront assez rapidement abandonnées. La mine Saint-Esprit produira son premier filon le . Exploitée jusqu'en 1593 elle produira au total un peu moins de 129 kg d'argent, mais le filon s'épuisera assez rapidement. Cependant grâce à la découverte de nouveaux filons dans la mine Sainte-Anne dans la montagne appelée "Finckaustreich" la livraison de minerais continuera. La production de la mine du Herrschafft atteint en apogée en 1591 pour s'éteindre progressivement sur tout début du XVIIe siècle. Vers 1606 les mines du Herrschafftt à Musloch et de Saint-Esprit à Creusepré sont abandonnées. Vers 1627, toute l'activité minière dans le val de Lièpvre est suspendue en raison des troubles engendrés par les conflits territoriaux et l'épuisement des réserves métalliques.
Au cours de la guerre de Trente Ans, les travaux furent abandonnés. Une reprise de l'exploitation après le traité de Ryswick vers 1697 ne réussit pas à refaire décoller l'activité minière en raison de rendements modestes. Les travaux cessèrent en 1715. Au cours de la première guerre mondiale, un gisement aurifère a aussi été signalé dans la région Châtenois-Lièpvre. La présence de l'or dans cette région avait été suggérée dès 1913, par le journal Deutsche Goldschmied-Zeitung qui signalait que des fouilles de grandes envergures allaient être réalisées sur le site. Les affirmations de Deutsche Goldschmied Zeitung suscitèrent une grande curiosité et un vif intérêt dans la région de Lièpvre. Mais aucune exploitation ne fut entreprise. Certains habitants de Lièpvre et de Châtenois, se prétendant bien renseignés, affirmèrent que les Allemands qui occupaient alors l'Alsace, pressentant la perte de la guerre et de l'Alsace, abandonnèrent l'exploitation des terrains aurifères. Ce gisement, selon les indications, se trouvait à la sortie du village de Lièpvre et l'entrée des terres appartenant à la ville de Châtenois, à la limite des départements du Haut-Rhin et du Bas-Rhin, sur la rive droite de la Lièpvrette[49].
Le démarrage de l'économie
À partir de 1668 le duc de Lorraine, Charles IV autorisa la tenue des marchés et des foires à Lièpvre. À mesure que Sainte-Marie-aux-Mines s'agrandit, Lièpvre perdit de son importance. La commune comptait pendant un certain temps quelques centaines de métiers de drapiers, mais les habitants préférant sans doute retourner à la terre abandonnèrent cette industrie pour se consacrer exclusivement à la culture de la terre. Lièpvre fut ainsi réduit peu à peu à l'état de village et au commencement du XIXe siècle la population de Lièpvre ne dépassait pas 1400 âmes.
Les débuts de l'industrialisation
Vers 1816, M. Risler, industriel à Sainte-Marie-aux-Mines rachète le bâtiment de l'ancienne poste aux chevaux, situé au bas du village, et le transforma en 1818 en un tissage de calicots, et fonda ainsi le premier établissement industriel à Lièpvre. Ce bâtiment sera occupé de 1816 à 1818 pendant l'invasion par une compagnie de chasseurs autrichiens qui servait alors de caserne. En 1827, il fit démolir l'ancien bâtiment et le remplaça par un bâtiment plus moderne. À la même époque, il ajouta un tissage de toiles blanches et y fabriquait des tissus en coton peint et en 1836 il y établit un tissage mécanique. Ce bâtiment fut vendu à la mort de l'industriel en 1844 et cet établissement fut racheté par M. Dietsch, industriel à Sainte-Marie-aux-Mines qui était déjà propriétaire d'une maison vis-à-vis de la fabrique et que les habitants de Lièpvre connaissaient sous le nom de château. Cette maison avait été construite en 1739 par M. Brulon de Sélestat qui venait l'habiter pendant la belle saison. Lièpvre possède encore un autre établissement industriel sur la route de Rombach-le-Franc fondé par MM Joly et Osmont de Sainte-Marie-aux-Mines qui a longtemps fabriqué des tissus en coton teint.
Culture locale et patrimoine
Lieux et monuments
Patrimoine religieux
L'église Notre-Dame-de-l'Assomption se trouve sur la route de Rombach-le-Franc. Sa tour date en partie du Moyen Âge, tandis que la nef a été reconstruite en 1752[50]. La chapelle ossuaire qui se trouve dans le cimetière entourant l’église date de 1754 et est inscrite aux monuments historiques depuis 1934. Tout comme l’église, il contient des fragments romans de l’ancienne église prieurale réemployés[50].
La chapelle Notre-Dame-du-Sacré-Cœur,située au lieu dit Musloch, date de 1904 et s’élève à l’emplacement d’une maison détruite par un incendie. Son mur-pignon surmonté d’un campanile comporte une série de trois niches, celle du centre étant occupée par une statue de la Vierge. L’autel en grès rose est plus ancien que l’édifice, ayant été fabriqué en 1886, et est un don du curé Legay[51].
Le cimetière de Lièpvre fait l'objet d'une inscription au titre des monuments historiques depuis 1934[52].
La commune compte également de nombreuses croix et calvaires[53]. De l’église romane du prieuré, progressivement détruite entre 1751 et le XIXe siècle, ne subsistent en revanche que quelques fragments conservés de manière éparse dans le village[54].
Patrimoine civil
La majeure partie du patrimoine civil est constitué de fermes et de maisons. Parmi les bâtiments publics se distinguent la mairie, construite dans la première moitié du XIXe siècle, qui comprend des éléments romans de l’ancienne église prieurale, ainsi que l’école. Celle-ci, construite en 1862, permet à l’époque de regrouper l’école des garçons et celles des filles, qui étaient jusqu’alors dans des bâtiments séparés. Elle comprend également une salle d’asile pour les enfants en bas-âge[55],[56]
Personnalités liées à la commune
- Fulrad Abbé de l'abbaye de Saint-Denis et des prieurés de Lièpvre et de Saint-Hippolyte Haut-Rhin
- Gérard Collin-Thiébaut est un artiste français, né en 1946 à Lièpvre.
- André Conreaux (1925-2019), passeur et résistant durant la Seconde Guerre mondiale, y est né.
Héraldique
Les armes de Lièpvre se blasonnent ainsi : |
En devise : « Fulradi Villare in Valle Le Brahens ».
Voir aussi
Bibliographie
- Jules Bourgeois, Notes pour servir à l'histoire du Val de Lièpvre au XVIIe siècle (récits détachés), Rixheim, F. Sutter et Cie, , 78 p.
- Christian Laiguesse, Jean Kieffer, David Bouvier, Eliane Cebokli, Jacques Mouguny, Evelyne Schneider, Bernard Schutz, Gérard Gasperment et Jean-Marie Kortmann, Lièpvre, berceau de la vallée, Strasbourg, Édition Carré Blanc, , 192 p. (ISBN 978-2-84488-142-7 et 2-84488-142-4).
- (de) Heinrich Büttner, Lothringen und Leberau, t. 5, Kaiserslautern, Westmärkische Abhandlungen zur Landes und Volksforschung, 1941-1942, p. 59-84
- Chronique des faits de guerre de la vallée de Sainte-Marie-aux-Mines 1914-1918, Sainte-Marie-aux-Mines, Cellarius E & E Éditeurs, , 144 p.
- (de) Diebold, E. Sinaublatter vom Grenzstein, Gedichte und Bilder aus dem Lebertal, Markirch (Ste Marie-aux-Mines), E. et R. Cellarius, , 95 p.
- Emile Duvernoy (6e série), Une enclave Lorraine en Alsace : Lièpvre et l'Allemand Rombach, t. IX (mémoire de l'Académie Stanislas), Nancy, .
- Jean-Paul Knecht, Lièpvre mon village, Vie et traditions au fil des ans, .
- Victor Kuentzmann, La maison des ducs de Lorraine à Lièpvre, Alsace, , 77-78 p.
- Victor Kuentzmann, Le souvenir de Charlemagne à Lièpvre, t. 14, no 7, Elssas Land Lothringer Heimat, , p. 199-201.
- Christian Laiguesse, Les maires de Lièpvre depuis la Révolution, 1re partie : 1789 à 1887 (biographie et chronologie), 2000-2003, 50 p.
- (de) Fritz Langenbeck, Studien zur elsässischen Siedlungsgeschichte Vom Weiterleben der vorgermanischen Toponymie in deurschprachigen Elsass, vol. I, Bühl, Verlag Konkordia AH, .
- E. F. Moppert et J. J. Pittard, L'or dans la région de Lièpvre-Châtenois, Bulletin de la Société industrielle de Mulhouse, .
- Jean-Paul Patris, La vallée de Sainte-Marie-aux-Mines : L'étrange et le merveilleux, Strasbourg, Éditions Oberlin, .
- Dominique Toursel-Harster, Jean-Pierre Beck et Guy Bronner, Dictionnaire des monuments historiques d’Alsace, Strasbourg, La Nuée bleue, , 663 p. (ISBN 2-7165-0250-1)
Articles connexes
Liens externes
- Site officiel
- Ressources relatives à la géographie :
- « Climadiag Commune : diagnostiquez les enjeux climatiques de votre collectivité. », sur Météo-France, (consulté le ). Site élaboré à partir des données de projections climatiques de référence DRIAS-2020. Entrer le nom de la commune pour afficher une liste d’indicateurs climatiques caractérisant la commune aux horizons 2030, 2050 et 2100 et pouvoir ainsi s'adapter aux changements climatiques.
