Lobi (peuple)

groupe familial lobi avec un grand honneur From Wikipedia, the free encyclopedia

Les Lobi constituent un peuple d'Afrique de l'Ouest présent au sud-ouest du Burkina Faso, au nord-ouest du Ghana et au nord-est de la Côte d'Ivoire, essentiellement dans la région de Bouna, proche du Ghana et du Burkina Faso, sur la rive droite de la Volta noire. Leur origine est connue au travers de récits mythiques, leur migration serait partie de l'actuel nord Ghana, traversant la région de Wa et la Volta, il y a de cela quelques siècles.

Faits en bref Langues ...
Lobi
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Potière lobi à Gaoua
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Langues lobiri
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Histoire

L'histoire ancienne des Lobés est mal connue en raison de l'absence de sources écrites, et du relatif isolement géographique du pays Lobi qui se trouve en dehors des principaux axes commerciaux de la région ouest africaine[1].

S. Hien leur prête une origine lointaine en Égypte ancienne du fait de la ressemblance esthétique de leurs statuaires avec l'art égyptien ancien, ou encore du Tchad ou du Bénin de par les similarités linguistiques et architecturales entre le peuple Lobi et les différents peuples de ces régions[2].

Autour de 1770, des groupes Lobés traversent le fleuve Mouhoun par vagues successives pour s'installer sur ce qui sera par la suite désigné comme le pays Lobi, un territoire situé au Nord-Est de l'actuel Côte d'Ivoire et au Sud Ouest du Burkina Faso. Ils entrent en contact avec d'autres peuples déjà présents dans la région tels que les Gan ou Kan (Gaoua signifierait d'ailleurs selon les sources " La route des Gan ; Kan Ouara "route"[3], mal retranscrit par les colons européens en "Gaoua") et les Koulango avec lesquels ils entretiennent une relativement bonne cohabitation.

À la fin du XIXe siècle les colons européens, français et britanniques commencent à arriver en pays Lobi, cherchant à s'approprier un maximum de territoire selon les modalités de la conférence de Berlin achevée en 1885 qui définit les conditions juridiques au partage de l'Afrique entre les grands empires coloniaux européens. Les Français et les Britanniques multiplient les expéditions militaires dont le but est de faire signer des traités de protectorat aux chefs des peuples autochtones afin de « légitimer » leurs présence sur le territoire. Dans cette entreprise ils se heurtent à une première difficulté ; l'organisation sociale des Lobi qui n'est pas constitué de manière hiérarchique et n'a donc pas d'homme ou de femme à sa tête à qui faire signer un traité.

En 1898, une convention est signée entre Français et Britanniques attribuant la rive droite de la Volta aux Français sans le consentement ou l'aval des Autochtones. L'administration coloniale n'arrivant pas à faire signer ces traités, elle choisit de s'imposer par la force et la violence, notamment en incendiant les fermes et les récoltes. Mais l'AOF dispose de peu d'informations sur le peuple qu'elle combat, l'habitat dispersé et l'absence de pouvoir centralisé du peuple Lobi rendent ses attaques peu efficaces malgré une puissance de feu beaucoup plus importante que ceux qu'elle combat. Commence donc une guérilla qui durera plus de trente entre l'administration coloniale française et les foyers de résistances Lobi. Les différents clans Lobi mettront leurs conflits entre parenthèses durant la lutte contre la domination coloniale et feront front commun. Ne pouvant pas attaquer la gente militaire française de front en raison de la disproportion de force face à l'artillerie lourde française, les Lobès mènent des embuscades simultanées contre les colonnes françaises utilisant la géographie du territoire à leur avantage (collines escarpées, pentes aux herbes hautes propices aux attaques rampantes, forêts...) Leurs armes de prédilections sont les flèches empoisonnées, mais ils avaient aussi recours à des pièges camouflés ou a des "armes biologiques" telles que l'essaim d'abeilles lâché contre la colonne du lieutenant Schwartz à Niobini en 1902. Les colonisateurs français réagiront à ces attaques par une violente répression notamment la pendaison systématique des résistants sur la place publique de Gaoua[4].

Mais la résistance n'est pas l'unique moyen de résistance des Lobés qui emploieront aussi des moyens économiques en refusant de changer leurs cauris pour la monnaie ainsi que des moyens religieux et culturels : il mettront par exemple " une bouche sur la voie des Blancs", selon la formule employée, c'est-à-dire une forme de malédiction sur toute personne qui choisirait de collaborer avec le colonisateur et d'adopter son mode de vie[5].

Ethnonymie

Selon les sources et le contexte, on observe différentes formes : Lober, Lobiri, Lobis, LobiMiwô[6].

L'étymologie du mot lobi est sujette à débats. Selon l'étymologie habituellement retenue le nom de ce peuple serait construit à partir de lou forêt ») et bi enfants »), ce qui donnerait « les enfants de la forêt »[7].

Toutefois, Jacques Becuwe, promoteur de la génético-typologie[8] appliquée aux langues africaines, considère que cette approche invalide sans ambiguïté cette étymologie. Selon lui, lobi dérive de lo entrer ») et bi unité d'un ensemble discret d'éléments unis par des caractéristiques communes », dont le pluriel est ). Lobi signifierait donc « ceux qui sont entrés .. (les premiers) dans le monde ou dans l'espace de référence culturel et cultuel »[9].

Par ailleurs l'étymologie populaire faisant le lien entre lo et lou est invalidée par le fait que la consonne l est glotalisée 'l pour le mot 'lobi alors qu'elle ne l'est pas pour Lou la forêt

C'est la méconnaissance de la langue, de l'étymologie des mots et du processus de simplification qui a trop souvent amené les sociologues et anthropologues à proposer des rapprochements et traductions, satisfaisants pour l'esprit mais hélas linguistiquement erronés, y compris d'ailleurs en relation avec l'histoire du peuple Lobi et sa vision originelle du monde.

Langues

Leur langue est le lobiri, une langue gur dont le nombre de locuteurs était estimé à plus de 440 000 au début des années 1990. On en dénombrait environ 286 000 au Burkina Faso (1991) et 156 000 en Côte d'Ivoire (1993)[10]. Le dioula et le français sont également utilisés.

Population

Les Lobi représentent environ 4 % de la population du Burkina Faso[11] et 1,8 % de celle de la Côte d'Ivoire[12].

Actuellement, les Lobis se concentrent à Bouna (Côte d'Ivoire), Diébougou et Gaoua (Burkina Faso), et enfin Lawra, Wa et Kampté (Ghana)[7].

Les villages lobi sont nombreux au sein du parc national de la Comoé.

Culture

Les Lobi rejettent toute forme d'autorité politique centralisée.

Le personnage central dans chaque communauté Lobi est le spécialiste religieux nommé le thildar. Ce devin est responsable de la communication avec les esprits qui régissent la communauté et protègent les membres de chaque famille contre les accidents, la maladie, la violence et toutes les menaces que les personnes rencontrent dans l'environnement hostile de l'Afrique de l'Ouest.

Les Lobi vénèrent Thgaba, l'être suprême[7].

Les Lobi représentent les esprits de la nature qu'ils appellent thil avec des chiffres qui peut être sculpté en bois, modélisés à partir d'argile, ou de fonte en laiton. Ces statues sont appelés boteba, et sont généralement logés dans un sanctuaire sombre dans l'espace le plus éloigné à l'arrière de la maison familiale. Les statues d'argile plus importantes peuvent être gardés à l'extérieur, où, du fait de la matière dont elles sont faites, elles sont en sécurité contre le vol. Les statuettes en laiton sont souvent portés sur le corps par les membres de la famille. Chacune de ces figures affiche différents gestes ou postures, certaines d'entre elles peuvent avoir deux ou même trois têtes, quelques figures féminines transportent un bébé sous le bras. Ces caractéristiques uniques représentent le talent particulier ou la puissance de l'être spirituel qu'ils incarnent. Par exemple une statue à deux têtes est deux fois plus rapide à reconnaître la menace et à traiter avec elle. Un statue avec un nourrisson a le pouvoir d'apporter la fertilité pour les femmes de la famille ou encore un personnage tenant un bras en place représente un barrage à l'entrée d'esprits malveillants dans la maison familiale.[pas clair]

Leur culture est proche de celle de leurs voisins, les Birifor et les Dagari.

Historiquement, les Lobi se sont forgé une réputation de « guerriers », mais aussi de chasseurs d'éléphants. Ils auraient servi de modèle au peuple Oulé du roman ''Les Racines du Ciel'' de Romain Gary.

La structuration sociale et les relations entre clans sont particulièrement complexes.

Aujourd'hui, les populations du rameau Lobi sont essentiellement connues et appréciées pour leur art du statuaire et leurs autels. Pourtant, leur culture ne se limite pas à cet aspect formel et matériel. Leur cosmogonie et cultes sont autant d'éléments originaux dans la mosaïque de cultures des groupes de populations d'Afrique de l'Ouest. La musique et ses intrications aux cultes et à la nosologie représentent bien, entre autres, ces nombreux particularismes.

Les soukala sont les maisons-forteresses traditionnelles lobi[7], qu'on ne trouve plus que dans les villages autour de Bouna. On y pénètre par le toit.

Cosmogonie

Au début, les gens vivaient complètement heureux (nous dirions: comme au paradis). Ils ont été nourris par « Dieu » (Thangba yu) avec la viande et n'avaient donc pas besoin de travailler. Ils ne connaissaient pas la mort de maladie - un seul est mort de vieillesse - et il n'y avait ni combats ni les guerres parce qu'ils obéissaient aux « grands interdictions » (soser kontena) que Dieu leur avait données personnellement.

Kherhim Da (Korhogo, ) dit de cette façon[13] : Dieu avait dit aux gens: ". Ne pas voler, ne pas voler les femmes, ne tuez pas et ne menacer personne d'un commun accord". Mais la population s'est accrue. Les hommes avaient besoin de femmes et ils ont commencé à voler les femmes de l'autre. Ces combats et la guerre causés: "Cela a commencé avec les femmes, nous sommes allés les uns contre les autres et a commencé à tirer des flèches La conséquence était que Dieu s'est détourné de nous et laissez-nous aller à nos propres moyens.». Il prit la viande avec laquelle il les avait nourris à l'écart des gens et leur a donné la houe pour creuser des racines. Millet était inconnu du Lobi à ce moment. Dieu a lancé sur eux la « maladie » (kho) et le début de la « mort » (kir) et les quitta pour toujours. C'est ainsi que les Lobis connurent la tristesse et l'impuissance.

Mais afin de ne pas les laisser complètement livrés à eux-mêmes, Dieu leur a donné une aide, le thila, des êtres qui devaient les aider dans leur nouvelle situation, chargés de « prendre soin » (yaali) du bien-être (bopha) des Lobis et « sauver leurs corps de la maladie, la faim et la mort ».

Jusqu'à présent, les thilas ont essayé de s'acquitter de cette tâche extrêmement important à deux égards. D'une part, ils transmettent généralement par un devin marchandises diverses et des cérémonies. Par exemple, ils "ont montré" (nereri) les "médicaments" efficaces contre les maladies Lobi, ou leur ont expliqué comment effectuer l'initiation (dyoro), qui est célébrée tous les sept ans sur les rives de la Volta Noire. Et d'autre part, ils ont promis aux Lobi chaque fois que possible de les protéger contre le mal et le malheur et pour éloigner les chagrins que Dieu avait portées à l'Lobi après leur première désastreux "norme-break". Nous disons «chaque fois que possible une protection. Le thilas leur font promesse de protection à la condition que leurs interdictions et les « ordres »(bonoo) soit suivis par le peuple. Et c'est ce que les thilas ont fait depuis lors: Ils ne protègent que les gens quand ils en retour respecter les interdictions et les ordres (ce qu'ils sont sera discuté plus tard) qui ont été transmises a travers un devin, ils prennent soin du bien-être des gens seulement après que leurs souhaits ont été satisfaits. Il s'agit de la connexion au premier chapitre. Il nous a appelé le thila le fondateur des normes, qui ont mis certaines restrictions sur les gens et qui punissent la désobéissance par la maladie, la mort et le désastre.


Autorités traditionnelles

Avant la periode coloniale (XIXe siècle) l'organisation sociale et politique des Lobis se caracterise par l'absence d'un pouvoir centralisé. Deux figures d'autorité se distinguent au sein de la communauté : "Le chef de la Terre", intermediaire entre les esprits et les humains et, en conséquence, responsable religieux qui dirige les cérémonies tel que les mariages et les enterrements mais qui n'as pouvoir hiérarchique, et le "Chef de l'Arc" qui est en quelque sorte chef de guerre, et dirige durant les conflits armés et la chasse[16].

Le , à Bouna, Sib Virkoun a été intronisé chef central des Lobi de Côte d’Ivoire. Cette nomination est très contestée et une partie de la population ne le reconnaît pas et soutient un autre chef des Lobi, également basé à Bouna, Hien Binsaré[17],

Personnalités

  • Général ivoirien Lassana Palenfo[18]
  • Générale Palé/Kambilé Directrice Générale Adjoint de la Police Nationale de Côte d’Ivoire
  • Kambile Sansan, Ministre Ivoirien de la Justice
  • Hien Sié Yacouba , Directeur Général du Port autonome d'Abidjan
  • Général Dah Sié Directeur Général des Douanes de Côte d’Ivoire
  • Welté Palé ancien ministre de Haute-Volta(actuel Burkina)
  • Colonel Daprou Kambou, mathematicien, ancien ministre de l'Equipement du Burkina Faso
  • Victorien Marie Hien journaliste
  • Nani Palé musicien balafoniste de renom
  • Colonel Noufé Sié, ancien CEMGN de la Côte d’Ivoire
  • Moses Kambou, Universitaire, professeur Université de Ouaga/Burkina Faso et Lagon University/Ghana
  • Colonel Dah Belmoko, ancien officier supérieur des forces armées voltaiques(Burkina Faso)
  • Colonel Kilmite Hien, ancien ministre Burkina Faso
  • Kassoum Kambou, Magistrat et ancien Président de la Cour Constitutionnelle du Burkina Faso
  • Noufé Sansan, Sénateur ivoirien
  • Colonel Kansié, premier pilote militaire de Haute-Volta(Burkina Faso) et ancien Maire de Tiankoura
  • Dominique Kambou, ancien Deputé, Burkina Faso
  • Colonel Hien Tiôboun, premier officier de la Gendarmerie Nationale du Burkina Faso
  • Jean Kambiré, chroniqueur sportif et ancien deputé de la Côte d’Ivoire
  • Sa Majesté Kaarbu, dignitaire de Lawra/Ghana, ancien ministre et ancien Diplomate ghaneen
  • Prof. Sib Sié Faustin, Premier atomisticien universitaire burkinabe
  • Oussé Albert: Chef de Canton de Gaoua et l'un des chefs coutumiers les plus représentatifs du peuple Lobi
  • Benoit Kambou: professeur de Droit, ancien ambassadeur du Burkina Faso au Tchad
  • Kambou Sié Melvin, grand streamer de jeux vidéo et élève

Notes et références

Voir aussi

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