Logement étudiant
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La notion de logement étudiant désigne tous les types de logements et d'hébergement provisoire, ouverts aux étudiants, c'est-à-dire aux personnes poursuivant des études supérieures (des chambres louées chez des particuliers aux résidences universitaires, pour des étudiants seuls ou en colocation) et les dispositifs spécifiques publics ou privés visent à garantir l'accessibilité des logements (y compris aux étudiants en situation de handicap : chambres aménagées, ascenseurs, aides techniques et accompagnement personnalisé). Ces logements visent généralement à concilier proximité des établissements, sur un campus universitaire ou à proximité, coût maîtrisé et vie communautaire, tout en répondant aux besoins spécifiques des étudiants. Quand le parc locatif n'est plus à même d'apporter des solutions aux individus et qu'il existe un « différentiel entre la démographie croissante de la population étudiante et la stagnation de l'offre immobilière » ; au sein de la crise du logement (récurrente dans certaines villes, régions et pays) on parle aussi de crise du logement étudiant[1]. Le logement est souvent, avec l'alimentation, dans une phase de décohabitation familiale le premier poste budgétaire des étudiants ; le coût des loyers varie grandement selon le type et la localisation du logements, ce qui en fait une source de stress et d'insécurité[2] peu propice à la réussite des études.
En France en 2023, le logement étudiant est l'un des facteurs de précarité étudiante[3], et d'après l'Observatoire national de la vie étudiante : 11 % des étudiants vivent en résidence étudiante, contre 33 % qui vivent chez leurs parents, 33 % en location seul·e ou en couple, et 12 % dans les autres catégories[4].
Le développement du logement étudiant s'inscrit dans l'histoire de l'enseignement supérieur et de la massification de l'accès aux études. À l'origine, les universités médiévales ne proposaient pas de structures dédiées, laissant les étudiants se loger chez l'habitant ou en communautés monastiques.
Au XXe siècle, avec l'expansion de l'enseignement supérieur et la diversification des publics, les États ont progressivement mis en place des résidences universitaires publiques ou subventionnées. les universités privées, souvent d'obédience religieuse ont fait de même.
La période d'après-guerre seconde guerre mondiale et de la c'est-à-dire aux personnes poursuivant des études supérieures, en lien avec le baby boom a vu en Europe un essor des cités universitaires, notamment en Europe occidentale, pour répondre à l'afflux massif d'étudiants et promouvoir la mixité sociale. Mais les Grandes écoles ont souvent leurs propres chambres (ou plus rarement dortoirs) en interne. En France un organisme, le CROUS est en partie dédié au logement étudiant. Dans les pays occidentaux, se loger dans le privé malgré des prix très fluctuants et souvent élevés, est le mode le plus ancien et le plus répandu des étudiants pour se loger. Quelques grandes métropoles concentrent une grande partie des étudiants[5], où le logement, dans un moment qui est souvent celui d'une décohabitation familiale, et parfois d'un grand éloignement géographique et culturel[6], a une part importante (avec la nourriture) dans le phénomène de précarité étudiante[7].
Depuis 1994, l'Observatoire national de la vie étudiante produit (tous les trois ans) des enquêtes sur les « Conditions de vie des étudiants en France » (CdV), via un questionnaire rempli par un échantillon représentatif des étudiants inscrits dans l'enseignement supérieur en France, sous l'égide d'un Collège scientifique de l'OVE, conformément à la méthodologie des enquêtes statistiques. Et depuis sa première édition, l'enquête intègre le programme européen Eurostudent de comparaison des données sur les conditions économiques et sociales de vie des étudiants, qui rassemble aujourd'hui une trentaine de pays[8].
Situation mondiale
Amérique du Nord
Aux États-Unis et au Canada, le logement sur campus constitue souvent un passage obligé durant la première année, avec des coûts variant en fonction de la région et des services (laverie, restauration, activités) proposés par les universités.
Vivre hors campus reste une option prisée pour gagner en autonomie, mais elle implique des loyers généralement plus élevés, l'achat de meubles supplémentaires, et parfois d'une voiture ou d'un autre moyen de transport : les tarifs annuels sur campus peuvent osciller entre 2 200 et 5 500 US $ aux États-Unis.
Au Canada, le fonctionnement est différent. Lorsque vous vivez dans une résidence sur le campus, une chambre meublée est automatiquement incluse. De plus, il est possible d’opter pour un forfait repas, ce qui permet de réduire les frais en mangeant sur place le matin, l’après-midi et le soir. Contrairement aux États-Unis, le prix de la résidence comprend le service de buanderie, les salles de bains communes ainsi qu’une cuisine[9].
Accueillir un étudiant est souvent associé à une appréhension de risque d'impayé, de dégradation du logement, de courte location, avec une image plutôt stigmatisante et de marginalité voire d'irresponsabilité qui va s'ajouter aux difficultés de ressources qu'il traverse souvent.
Asie et Océanie
En Asie, le logement étudiant est majoritairement assuré par des résidences universitaires publiques ou privées, souvent caractérisées par des chambres individuelles dotées d'équipements standards. En Australie et en Nouvelle-Zélande, les « halls of residence » offrent un encadrement volontaire, avec des bourses et des séjours obligatoires en première année pour favoriser l'intégration.
Amérique latine et Afrique
Dans plusieurs pays d'Amérique latine, les étudiants se logent principalement en colocation ou chez l'habitant, faute de structures universitaires suffisantes. En Afrique, la faible densité de résidences universitaires publiques pousse de nombreux étudiants vers des solutions informelles, parfois éloignées des campus.
Europe
Depuis 1945, en Europe, l'université et les grandes écoles, autrefois essentiellement réservées à une élite sociale se sont ouvertes progressivement à des catégories socio-économiques variées, en accueillant un nombre d'étudiants bien plus grand.
Certains pays, à la suite du Royaume-Uni dès les années 1970, les gouvernements ont réduit l'offre publique de logement, pour l'orienter vers le parc locatif privé, avec dans ce pays dans les années 1980 la suppression de prestations sociales dont les allocations logement, par les gouvernements de Margaret Thatcher, ce qui a créé de fait une mutation des préférences résidentielles des étudiants pour le secteur locatif privé, ce qui a partiellement, causé un phénomène grandissant dit de studentification[10],[11]. Le pays est passé d'une ambiance collégiale propre aux résidences universitaires anglaises à un développement de logements étudiants de centre-ville, plus ou moins luxueux aux milliers de cohabitation résidentielle, souvent difficile entre les populations étudiantes et locales, alors que le profil du logement étudiant britannique mutait pour de multiples raisons « mixant les effets politiques et les changements culturels générationnels »[12] Une enquête menée par The Class Foundation auprès de plus de 11 000 étudiants en Europe met en lumière l'impact du logement sur la santé mentale et le bien-être et donc les chances de réussite dans les études[13] : le score moyen (MHI-5) s'élève à 57,8, légèrement inférieur au seuil de bonne santé mentale fixé à 60. Les étudiants européens expriment un fort besoin d'espaces sociaux et de services ciblés, tandis que 75 % seulement obtiennent le logement souhaité, contre 67 % en France[14]. Elle montre que les espaces communs et une communauté inclusive ont une grande importance contre la solitude[15] (qui affecte 40 % des étudiants, qui affichent des scores de bien-être et de santé mentale considérablement plus bas : 49,6 contre 63,2 pour ceux non affectés par l'isolement social[16]). Cette étude conclut que des services ciblés sont nécessaires, « notamment pour les groupes vulnérables comme les étudiants handicapés ou non binaires, qui présentent des scores de bien-être parmi les plus bas. Les difficultés financières pèsent également sur le bien-être des étudiants, avec un écart de 18 points entre ceux en situation financière stable et ceux ayant des préoccupations financières. L'étude recommande donc une collaboration entre universités et gestionnaires de logements pour favoriser des solutions abordables et l'accès aux services de santé mentale, particulièrement demandés, mais encore insuffisants pour la moitié des étudiants »[14].
France
En France, le paysage du logement étudiant est dominé par les résidences universitaires gérées par les CROUS, complétées par des foyers privés, des colocations et des logements intergénérationnels. L'article « Résidence universitaire en France » existe déjà et détaille l'organisation des cités U, leurs critères d'attribution et les aides financières disponibles. On parle régulièrement de crise du logement étudiant[17] (avec vers 2010 parmi 2,2 millions d'étudiants en France, 59 % habitent hors du domicile parental et environ 1,3 million d'étudiants ne trouvent pas de logements parmi les offres du CROUS)[1]. Le CROUS ne peut répondre qu'à environ 10 % des places globales disponibles pour les étudiants en France, les étudiants étant alors condamnés à s'orienter vers des logements privés à loyers élevés (Jusqu'à 900 € pour 15 m2 à Paris vers 2010 !) pour lesquels ils sont conjoncturellement en concurrence avec les personnes âgées pauvres (ou ne souhaitant pas aller en EHPAD), de plus en plus nombreuses à rechercher des petits logements proches des commodités[1]. « Dans l'académie de Paris, le Crous enregistrait à la rentrée 2010 près de 3 000 demandes pour un logement ». En 2006, selon l'Observatoire de la Vie Étudiante, plus de 33 % des étudiants interrogés disaient avoir trouvé un logement « difficilement ou très difficilement. 37,6 % des étudiants qui vivent dans un logement individuel ont connu des difficultés pour l'obtenir, contre 28,1 % chez les étudiants qui vivent dans une résidence collective »[18].
Les étudiants se tournent principalement vers les annonces et le recours aux agences immobilières (respectivement 24,2 % et 26 %), viennent ensuite le Crous (15,3 %) et la mobilisation des réseaux de relations (16,8 %) [5][Quoi ?].
Aujourd'hui le logement est le premier poste budgétaire des étudiants. Les loyers varient fortement selon le type de logement et la localisation des résidences.