Cerambycidae

famille d'insectes de l'ordre des coléoptères From Wikipedia, the free encyclopedia

Capricornes, Longicornes, Cérambycidés

Les Cerambycidae, en français Cérambycidés[2], vulgairement appelés Capricornes[2] ou Longicornes[2],[3], sont une famille d'insectes de l'ordre des Coléoptères, comprenant environ 34 000 espèces et 5 000 genres[4].

Ils sont phytophages, leurs larves consommant du bois mort, mourant ou parfois vivant. En zone tempérée, certaines espèces sont menacées, par manque de vieux arbres et de gros bois-mort[5].

On trouve des longicornes sur tous les continents sauf l'Antarctique[6].

Morphologie

Adulte

Morphologie de la face ventrale du Capricorne, illustrée par le monochame tailleur[7]. Légende : 1, 35, 36 — griffe, 2, 34, 37 — pied, 3, 33, 38 — éperon, 4, 32, 39 — tibia, 5, 31, 40 — cuisse, 6 — antenne, 7, 30, 41 — coiffe des rotateurs, 8, 42 — bassin, 9 — tentacule maxillaire, 10 — tentacule labial, 11 — mandibule, 12 — langue accessoire, 13 — langue, 14 — menton, 15 — gorge, 16 — prothorax, 17, 20, 25 — épisternum, 18, 22, 27 — cavités pelviennes, 19, 23, 26 — épimères, 21 — mésothorax, 24 — rhinthorax, 28 — épipleures 29 — sternites abdominaux
Morphologie de la face dorsale du Capricorne et nervation alaire, à l'aide de l'exemple du monochame tailleur[7] Légende : 1 — œil, 2 — tête, 3 — intercostal, 4 — élytres, 5 — scutellum, 6 — médio-dorsal, 7 — rhino-dorsal, 8 — tergites abdominaux, 9 — veine costale de l’aile, 10 — veine sous-costale de l’aile, 11 — veine radiale de l’aile, 12 — veine médiane de l’aile, 13 — première veine anale de l’aile, 14 — deuxième veine anale de l’aile
Rosalia alpina (Linné, 1758)
Eucomatocera vittata, en Inde.
Moechotypa delicatula, parc national de Kaeng Krachan, Thaïlande

Les capricornes ou longicornes doivent leur nom à leurs longues antennes cornes »), composées de 11 segments, et de 12 chez certains genres (Agapanthia, Phytoecia, Stenostola, etc.), et dont la taille dépasse celle de leur corps, particulièrement chez les mâles. Cette caractéristique les rend facilement reconnaissables par les non-experts.

Toutefois certaines espèces (telles les floricoles), n'ont des antennes que modérément longues ; et les antennes longues sont aussi présentes dans d'autres groupes floricoles (Oedemeridae, Alleculinae) avec lesquels ils peuvent être facilement confondus.

Par rapport à ces familles, la presque totalité des cérambycidés peut être toutefois reconnue par la formule tarsale 4-4-4. En réalité le cinquième article des tarses est encore présent, mais il est si petit qu'il ne peut pas être distingué à l'œil nu, et presque fusionné avec l'onichium. Les cérambycidés n'ont donc pas des tarses tétramères, mais cryptopentamères.

Selon certains auteurs, ces antennes démesurées peuvent servir de balancier en vol[8].

Les adultes ont souvent un corps allongé et une coloration éclatante qui les rendent très recherchés par les amateurs d'insectes. C'est aussi parmi les cérambycidés que l'on trouve l'un des plus grands insectes du monde : le Titanus giganteus.

Nymphe

Nymphe de Purpuricenus ferrugineus

La nymphe des cérambycidés, complètement blanche et couverte d'une cuticule délicate, ressemble beaucoup à l'adulte et peut être ainsi parfois facilement identifiée.

Comme celles des autres coléoptères, les ailes et les pattes sont repliées en avant. Les antennes, très longues, sont enroulées en spirale (Lamiini, Batocerini) ou tournent plusieurs fois autour du corps (Acanthocinini).

Larve

La larve des cérambycidés est généralement blanche et charnue.

Seule la tête est sclérifiée et de couleur orangée, très souvent noire autour des parties buccales.

Le pronotum possède chez certaines espèces une aire postérieure finement rugueuse ou couverte de granules testacés, qui facilite l'avancement de la larve dans les tissus végétaux.

Une évolution comparable a aussi produit des mamelons charnus sur l'abdomen, sur les faces supérieure et inférieure de chaque segment à l'exception des deux ou trois derniers, qui, en se gonflant et en se dégonflant alternativement, permettent la reptation dans les galeries.

Les pattes sont en effet peu développées ou même parfois absentes, comme chez la plupart des Lamiinae et beaucoup de Clytini. Seuls certains lepturiens rhizophages présentent des pattes développées.

Biologie

Larve

Larve de cérambycidé

Toutes les espèces sont phytophages, c'est-à-dire se nourrissent de végétaux, au moins pendant la période larvaire.

Les larves (pour la plupart) sont plus précisément xylophages, c'est-à-dire qu'elles se nourrissent de bois, en excavant des galeries dans les conifères ou les feuillus, vivants ou morts, surtout marcescents.

D'autres espèces sont rhizophages, c'est-à-dire se nourrissent de racines plus ou moins lignifiées, et certaines enfin vivent à l'intérieur de plantes herbacées.

Les espèces liées aux plantes d'importance agricole ou forestière peuvent éventuellement causer des dommages économiques. Les larves de deux espèces (Hylotrupes bajulus et Trichoferus holosericeus) peuvent aussi attaquer le bois sec, cela peut poser un problème pour les habitations.

Nymphe

La nymphose a lieu à l'intérieur d'une chambre excavée sous les souches (espèces xylophages), ou au sol, à l'intérieur d'un cocon de matériaux végétaux agglutinés (espèces rhizophages).

La durée de la période nymphale est généralement plutôt brève (un mois environ).

Après l'éclosion, l'adulte reste dans la chambre nymphale en attendant le durcissement complet des téguments. Parfois cette période peut durer aussi plusieurs mois (par exemple pour Cerambyx cerdo et Cerambyx scopolii).

Adulte

Les adultes de certaines espèces se nourrissent d'éléments végétaux, comme le pollen, ou parfois de débris de bois, tandis que d'autres ne se nourrissent plus du tout et vivent uniquement des réserves qui ont été accumulées pendant la période larvaire, parfois longue.

Gerania bosci bosci Fabricius, 1801. Spécimen d'Asie, sur une noix de coco

Systématique

La famille Cerambycidae est décrite par Latreille en 1802[1],[9].

La famille des Cerambycidae a été l'objet de révisions, sur la base de caractères différents. Au XIXe siècle l'idée courante était que les Cerambycidae auraient dérivé de formes archaïques nocturnes, caractérisées par des tarses pentamères, des antennes peu développées et un aspect aplati, à beaucoup d'égards semblables aux Cucujidae.

Les Parandrini et Spondylis ont été placés parmi ces formes ancestrales[10] et à la base de tous les Cerambycidae. L'existence d'un genre Protospondylis[11], forme de passage entre Parandra et Spondylis, fut même supposée, puis identifiée dans le fossile américain Spondylis florissantensis Wickam, 1920 (en réalité une simple Parandra[12]).

De ces formes, à travers les Mallodontini, les Macrotomini, les Callipogonini et les Aegosomatini, auraient dérivé les formes plus familières, comme les Cerambycinae, les Lepturiens et les Lamiaires.

Mais bientôt l'étude des ailes[13] révélait une situation inverse. Les Lepturinae et les Prioninae, caractérisés par des ailes plus primitives (avec une cellule dans la région anale), auraient été à la base de l'arbre phylogénétique. Les Parandrini paraissaient être seulement des Prioninae ayant subi des adaptations semblables à celles d'autres tribus (Mallodontini, Cantharocnemini) et leur ressemblance avec Spondylis n'était qu'une convergence évolutive.

Les Prioninae apparaissaient paraphylétiques par rapport aux Lepturinae, dont dérivaient les Aseminae (aujourd'hui Spondylidinae), les Cerambycinae, les Lamiinae et les Vesperini.

Il devint ainsi évident que les Cerambycidae les plus anciens étaient ceux de forme lepturoïde, très semblables aux Chrysomelidae, Orsodacninae et groupes affines.

Des études ultérieures portant sur les larves mirent en évidence que les Disteniinae avaient des caractéristiques larvaires telles qu'ils devraient être considérés comme une famille complètement différente, à mettre à la base de l'arbre des Longicornes[14]. L'aspect lepturoïde des Disteniidae confirmait encore une fois la relation entre les Cerambycidae primitifs et les Chrysomelidae.

Toutefois, cette classification n'a été acceptée que récemment[15].

Des études ultérieures sur les larves[16] ont mis en évidence que les Vesperini, les Anolplodermatini et les Oxypeltini ont des caractères qui les séparent encore plus des Cerambycidae que des Disteniidae, et qu'ils doivent être donc considérés comme des familles distinctes.

Par conséquent certains auteurs considèrent les Longicornes comme une super-famille - Cerambycoidea - séparée des Chrysomeloidea et comprenant toutes les formes jadis décrites comme Cerambycidae.

La famille Cerambycidae, dans la classification actuelle, comprend les sous-familles suivantes[17],[18] :

  • Apatophyseinae Lacordaire, 1869 (inclus dans Bouchard 2011[17] mais pas Švácha 2014[18])
  • Cerambycinae Latreille, 1802
    • Tribus : Achrysonini — Agallissini — Alanizini — Anaglyptini [Nomen Protectum] — Aphanasiini — Aphneopini — Auxesini — Basipterini — Bimiini — Bothriospilini — Brachypteromini — Callichromatini — Callidiini — Callidiopini — Cerambycini — Certallini — Chlidonini — Clytini — Compsocerini — Coptommatini — Curiini — Deilini — Dejanirini — Diorini — Distichocerini — Dodecosini — Eburiini — Ectenessini — Elaphidiini — Dryobiini — Eligmodermini — Erlandiini — Eroschemini — Eumichthini — Gahaniini — Glaucytini — Graciliini — Hesperophanini (Sous-tribus : Daramina — Hesperophanina) — Hesthesini — Heteropsini — Holopleurini — Holopterini — Hyboderini — Hylotrupini — Ibidionini — Ideratini — Lissonotini — Lygrini — Macronini — Megacoelini — Methiini — Molorchini — Mythodini — Necydalopsini — Neostenini — Obriini — Ochyrini — Oedenoderini — Oemini (Sous-tribus : Methioidina — Oemina) — Opsimini — Paraholopterini — Phalotini — Phlyctaenodini — Phoracanthini — Phyllarthriini — Piesarthriini — Piezocerini — Platyarthrini — Plectogastrini — Plectromerini — Pleiarthrocerini — Protaxini — Prothemini — Psebiini — Pseudocephalini — Psilomorphini — Pteroplatini — Pyrestini — Rhagiomorphini — Rhinotragini — Rhopalophorini — Rosaliini — Sestyrini — Smodicini — Spintheriini — Stenhomalini — Stenoderini — Stenopterini — Strongylurini — Tessarommatini — Thraniini — Thyrsiini — Tillomorphini — Torneutini — Trachyderini (Sous-tribus : Ancylocerina — Trachyderina) — Tragocerini — Trichomesiini — Tropocalymmatini — Typhocesini — Unxiini — Uracanthini — Vesperellini — Xystrocerini
  • Disteniinae Thomson, 1860
    • Tribus : Cyrtonopini — Disteniini — Dynamostini — Heteropalpini
  • Dorcasominae Lacordaire, 1869 (Švácha 2014 inclus Apatophyseinae dans Dorcasominae)[18]
  • Lamiinae Latreille, 1825
    • Tribus : Acanthocinini — Acanthoderini — Acmocerini — Acridocephalini — Acrocinini — Aderpasini — Aerenicini — Agapanthiini — Amphoecini — Ancitini — Ancylonotini — Anisocerini — Apomecynini — Astathini — Batocerini — Calliini — Ceroplesini (Sous-tribus : Ceroplesina — Crossotina) — Cloniocerini — Colobotheini — Compsosomatini — Cyrtinini — Desmiphorini — Dorcadionini — Dorcaschematini — Elytracanthinini — Enicodini — Eupromerini — Forsteriini — Gnomini — Gyaritini — Heliolini — Hemilophini — Homonoeini — Hyborhabdini — Lamiini — Laticraniini — Mauesiini — Megabasini — Mesosini — Microcymaturini — Moneilemini — Monochamini — Morimonellini — Morimopsini — Nyctimeniini — Obereini — Oculariini — Onciderini — Oncideropsidini — Onocephalini — Onychogleneini — Parmenini — Petrognathini — Phacellini — Phantasini — Phrynetini — Phymasternini — Phytoeciini — Pogonocherini — Polyrhaphidini — Pretiliini — Proctocerini — Prosopocerini — Pteropliini — Rhodopinini — Saperdini — Stenobiini — Sternotomini — Tapeinini — Tetraopini — Tetraulaxini — Theocridini — Tmesisternini — Tragocephalini — Xenicotelini — Xenofreini — Xenoleini — Xylorhizini — Zygocerini
  • Lepturinae Latreille, 1802
  • Necydalinae Latreille, 1825
  • Parandrinae Blanchard, 1845
  • Prioninae Latreille, 1802
    • Tribus : Acanthophorini — Aegosomatini — Anacolini — Cacoscelini — Callipogonini — Calocomini — Cantharocnemini — Ergatini — Eurypodini — Hopliderini — Macrodontiini — Macrotomini (Sous-tribus : Archetypina — Basitoxina — Macrotomina — Mallodonina — Platygnathina — Remphanini — Xixuthrina) — Mallaspini — Meroscelisini — Prionini — Solenopterini — Tereticini — Vesperoctenini
  • Spondylidinae Audinet-Serville, 1832 (y compris les anciens Aseminae Thomson, 1860)
    • Tribus : Anisarthronini — Asemini — Atimiini — Saphanini — Spondylidini


  • Anoplodermatinae Guérin-Méneville, 1840 ; l'appartenance aux Vesperidae ou aux Prioninae n'est pas définitivement établie
    • Tribus : Anoplodermatini — Hypocephalini — Mysteriini
  • Philinae Thomson, 1860 ; l'appartenance aux Vesperidae ou aux Prioninae n'est pas définitivement établie
  • Vesperinae Mulsant, 1839 ; l'appartenance aux Vesperidae ou aux Lepturinae n'est pas définitivement établie

La plupart des espèces (90,5 %) sont concentrées dans les sous-familles des Cerambycinae et des Lamiinae[6].

Liste des genres

La liste des genres de Cerambycidae compte autour de 5 000 genres.

Phylogénie

Positionnement des Cerambycidae sur l'arbre phylogénétique des Crysomeloidea, basé sur des données moléculaires[19],[20],[21],[22],[23],[24]

Crysomeloidea


Chrysomelidae ~37000 espèces






Megalopodidae ~600 espèces




Orsodacnidae ~20 espèces




Oxypeltidae




Vesperidae ~60 espèces




Disteniidae ~300 espèces


Cerambycidae



Dorcasominae ~40 espèces




Prioninae ~1300 espèces



Cerambycinae ~12700 espèces








Lepturinae ~1500 espèces



Necydalinae





Spondylidinae ~150 espèces



Lamiinae ~21300 espèces












Publication originale

  • P. A. Latreille, Histoire Naturelle, Générale et Particulière des Crustacés et des Insectes, vol. Tome Troisième, , 1-467 p.

Notes et références

Voir aussi

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