Loris grêle

espèce de mammifères From Wikipedia, the free encyclopedia

Loris tardigradus

Faits en bref Règne, Embranchement ...
Loris tardigradus
Description de cette image, également commentée ci-après
Loris grêle
Classification HMW
Règne Animalia
Embranchement Chordata
Classe Mammalia
Ordre Primates
Sous-ordre Strepsirrhini
Infra-ordre Lorisiformes
Famille Lorisidae
Sous-famille Lorisinae
Genre Loris

Espèce

Loris tardigradus
(Linnaeus, 1758)

Statut de conservation UICN

( EN )( EN )
EN C2a(i) : En danger

Statut CITES

Sur l'annexe  II  de la CITES Annexe II , Rév. du 04/02/1977
Fermer

Le loris grêle[1] (Loris tardigradus) est une espèce de mammifères primates de la famille des Loridae. Ce strepsirrhinien se cache dans la forêt tropicale humide, au Sri Lanka. L'espèce est en danger d'extinction à cause de la déforestation de son habitat naturel et de la chasse, alors que c'est un maillon essentiel au maintien de l'équilibre écologique de l'île.

Description

Loris grêle dans un arbre

Le loris grêle est un mammifère aux mœurs nocturnes. Il a une tête arrondie, des yeux immenses, des petites oreilles rondes et un museau pointu. Le corps est recouvert d'une épaisse fourrure brun-roux avec un ventre blanc argenté. Il mesure environ de 20 à 25 cm de longueur pour 4 à cm d'épaisseur au niveau de flancs et ne pèse que 80 à 170 g. Il a de longs membres fins, de petites mains et pattes qui ont cinq doigts, dont un gros orteil opposable, capable de saisir des objets. Adaptés à un mode de vie arboricole, les membres possèdent des muscles et des vaisseaux sanguins spécialisés qui lui permettent de se maintenir ou de se suspendre sans se fatiguer[2].

Comme tous les loris, il a deux grands yeux disproportionnés par rapport à sa petite tête. Ils sont de couleur orangée et bien adaptés à la vision nocturne, avec une couche réfléchissante qui renvoie la lumière à travers la rétine vers sa source. Son ouïe est excellente et il utilise principalement le son pour communiquer et chasser[2].

Comme d'autres primates, le Loris grêle utilise son urine pour marquer olfactivement les limites de son territoire, mais aussi pour améliorer l'adhérence des doigts, réguler sa température ou encore exprimer sa nervosité ou son excitation. Il se déplace de préférence lentement, contrairement à la plupart des primates, mais il est capable de lancer une attaque fulgurante sur ses proies ou de fuir[2].

Le Loris grêle est omnivore. Il se nourrit d'insectes, de lézards, de feuilles tendres, de bourgeons, de fruits et d'œufs d'oiseaux qu'il attrape avec ses mains. Afin d'en tirer le meilleur parti nutritionnel, il consomme entièrement ses proies, y compris les os et les écailles[2].

La nuit, il passe la majeure partie de son temps suspendu, se balançant dans la canopée de la forêt. Le jour, le lori grêle se repose dans un arbre creux ou un nid de feuilles. Bien que cette espèce soit généralement solitaire, les adultes peuvent se nourrir en couples, ce qui leur permet de se protéger des prédateurs, de partager leurs connaissances et de mieux défendre leur territoire[2].

La femelle est adulte dès qu'elle est âgée de plus de dix mois. Elle est en œstrus deux fois par an. Après 166 à 169 jours de gestation, elle donne naissance à un seul petit de couleur rose pâle, rarement des jumeaux. Elle allaite pendant six à sept mois[3],[2].

Au Sri Lanka, ses principaux prédateurs sont l'aigle huppé (Nisaetus cirrhatus), l'Aigle de Legge (Nisaetus kelaarti) et la Civette palmiste de Ceylan (Paradoxurus zeylonensis)[2].

Les loris grêles, comme les loris lents, sont remarquablement tolérants aux toxines, mais seuls ces derniers, aussi appelés Nycticèbes, produisent eux-mêmes un venin toxique[4].

L'espérance de vie moyenne de cette espèce est de 15 à 18 ans[2].

Liste des sous-espèces

  • sous-espèce Loris tardigradus nycticeboides
  • sous-espèce Loris tardigradus tardigradus

Écologie et menaces

Les loris jouent un rôle essentiel dans leur écosystème car ils dispersent les graines avec leurs excréments, pollinisent les plantes avec leur fourrure et régulent les populations d'insectes. Si cet équilibre est rompu, cela peut entraîner des dégâts dans les cultures, des pénuries alimentaires ou des épidémies[2].

Malheureusement, les activités humaines menacent la quasi-totalité des aires protégées pour cette espèce subissent une dégradation et une fragmentation de leur habitat. Le Sri Lanka a perdu près de 97 % de son couvert forestier à cause du développement résidentiel, commercial et industriel[2].

La chasse et le piégeage contribuent également fortement au déclin des populations de loris[2].

Répartition et habitat

Cette espèce est endémique du Sri Lanka. La sous-espèce Loris tardigradus tardigradus est présente dans le sud-ouest du pays. Elle vit dans les forêts tropicales humides de plaine et les forêts marécageuses côtières en dessous de 470 m d'altitude. La sous espèce Loris tardigradus nycticeboides est présente dans le centre de l'île. Elle vit dans les forêts tropicales humides de montagne et les forêts de nuages entre 1650 et 2 000 m d'altitude. La température de son habitat varie entre 15,4 °C en mai-juin à -4 °C en décembre-janvier[5].

Répartition géographique en Asie

Statut de conservation

Loris tardigradus est sur la liste rouge de l'Union internationale pour la conservation de la nature (UICN), avec le niveau de menace « en danger » (EN) depuis 2004. Il était déjà vulnérable (VU) depuis 1996[6].

La sous-espèce Loris tardigradus nicticeboides (loris grêle des plaines d'Horton) n'a été vu que cinq fois depuis 1937. La quatrième fois avait été en 2002 et depuis on craignait sa disparition totale. Il a été vu de nouveau (et cette fois photographié, il s'agit d'un mâle adulte) à la fin de l'année 2009 dans le massif montagneux du centre du Sri Lanka[7]. Le loris tardigradus nicticeboides est une des vingt-et-une espèces de primates d'Asie incluse entre 2000 et 2020 dans la liste des 25 espèces de primates les plus menacées au monde (inclus dans cette liste en 2004 et 2006).

Pour empêcher son extinction et celle d'autres espèces ayant peu de cousins proches, la Zoological Society of London a lancé un programme d'identification et d'aide à destination des créatures uniques les plus vulnérables de la planète. Baptisé EDGE (Évolutionnairement distinctes et internationalement menacées), ce projet de collecte de fonds a dressé une liste des 100 premiers mammifères possédant des caractéristiques inhabituelles et étant menacés d'extinction. Au cours des prochaines années, EGDE espère engager des campagnes en faveur de ces espèces.

Notes et références

Liens externes

Related Articles

Wikiwand AI