Louis Jou

peintre, graveur et typographe espagnol, naturalisé français (1881-1968) From Wikipedia, the free encyclopedia

Luis Felipe-Vicente Jou i Senabre, dit Louis Jou, est un peintre, graveur et typographe espagnol, né à Gracia (aujourd'hui intégré à Barcelone) le , émigré en France, mort le .

Naissance
Décès
Nationalités
française (à partir de )
espagnoleVoir et modifier les données sur Wikidata
Faits en bref Naissance, Décès ...
Louis Jou
Louis Jou dans son atelier des Baux-de-Provence
Biographie
Naissance
Décès
Nationalités
française (à partir de )
espagnoleVoir et modifier les données sur Wikidata
Activités
Autres informations
Membre de
Jury pour l'élection de la reine d'Arles (d) ()Voir et modifier les données sur Wikidata
Fermer

Biographie

Il devient peintre en lettres à l'âge de 16 ans. En 1906, Louis Jou part pour la France et rejoint son ami organiste Joseph Civil. Il y côtoie Guillaume Apollinaire et Francis Carco.

En 1908, il rencontre François Bernouard, poète, imprimeur et éditeur avec qui il crée la Belle Édition où s'affirme son talent de typographe, de graveur et de compositeur de beaux textes. Il fréquente André Derain, Pablo Picasso et obtient des commandes dans la revue de luxe de Jean Cocteau Schéhérazade. En 1909 et 1910, il publie des dessins dans L'Assiette au beurre, puis dans Le Témoin, Le Courrier français, Le Frou-frou (1911-1912)[1].

En 1921, sa rencontre avec l'écrivain André Suarès donne naissance à l'amitié de toute une vie. Suarès qualifie Jou d'« architecte du livre »[2]. Il réalise son rêve et rapporte d'Espagne ses propres caractères typographiques. Il livre ensuite plusieurs gravures à la revue d'art Byblis (1926, 1930).

En 1939, il quitte Paris et se réfugie aux Baux de Provence, où il restaure la maison acquise en 1921, le splendide hôtel Renaissance Jean de Brion. Il compose, seul dans son atelier, face à sa demeure, ses plus belles œuvres intitulées Les livres de Louis Jou : Les 24 sonnets de Louise Labbé, Adolphe de Benjamin Constant, La Danse macabre, Les Bucoliques baussenques, Le Cantique des cantiques et Oraisons funèbres prononcées par Messire Jacques Benigne Bossuet.

Parmi les plus grands typographes du siècle, la place de Louis Jou est exceptionnelle. Il est le seul parmi ses pairs à avoir conçu et réalisé un ouvrage entièrement par lui-même.

Xylographe, graveur sur métal, Jou dessine et fond ses propres caractères. En remontant jusqu'au XVe siècle à la recherche d'un salutaire renouveau de la typographie, il a, d'instinct, rejoint la démarche intellectuelle de chercheurs qui, en Europe, dans la seconde moitié du siècle dernier, avaient ressenti la nécessité d'une réaction devant le machinisme naissant et les excès de tous ordres dans la conception du livre.

Ayant concilié la rigueur nordique et l'âpreté espagnole, il n'en reste pas moins que la forte personnalité de Jou – qui ne fut le disciple de personne – le libère de toute influence et lui permet d'imposer à son tour une œuvre originale, aussi bien dans l'art typographique que dans ses créations picturales.

Ce catalan naturalisé Français en 1927 fut un créateur de livres dont l'influence, au terme d'une carrière exemplaire de plus d'un demi-siècle, a été l'une des plus déterminantes dans l'évolution du livre contemporain.

En 1954, il figure au jury pour l'élection de la reine d'Arles[3].

Décoration

Livres illustrés

Notes et références

Annexes

Related Articles

Wikiwand AI