Canis lupus pallipes
sous-espèce de Canis lupus
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Loup des Indes
Statut CITES
Canis lupus pallipes, le Loup des Indes, est une sous-espèce de Canis lupus vivant en Inde et au Moyen-Orient.
Répartition

L'aire de répartition de cette sous-espèce recouvre l'Inde et le Moyen-Orient[1]
Systématique
Cette sous-espèce est décrite par le zoologiste britannique William Henry Sykes, en 1831[2].
Ce taxon porte en français le nom vernaculaire ou normalisé « Loup des Indes »[3]. À ne pas confondre avec Canis indica qui serait une espèce à part entière comme le montre l'étude (notamment sur l'ARNr 16S) de Aggarwal, Kivisild, Ramadevi & Singh en 2007[4].
Description
Le loup indien est semblable au loup eurasien par sa structure corporel, mais il est plus petit, plus mince et a une fourrure plus courte avec peu ou pas de sous-poil[5]. Il se situe généralement entre 57 et 72 cm a hauteur d'épaule, les mâles pèsent entre 19 et 25 kg et les femelles entre 17 et 22 kg. Sa longueur varie de 103 à 145 cm du nez à la queue[6]. Comme le loup d’Arabie, il a un pelage court et fin en été, bien que les poils du dos restent longs même en été, cette adaptation est probablement une protection contre le rayonnement solaire[7]. La fourrure est généralement gris-rouge à blanc-rougeâtre avec des nuances de gris. Le poil est grisonnant de noir, surtout à l'arrière, où l'on observe une tache sombre en forme de V autour des épaules. Les membres sont plus pâles que le corps, et les parties inférieures sont presque entièrement blanches. Les chiots naissent brun suie, avec une tache blanc laiteux sur la poitrine qui s'estompe avec l'âge[5]. Les spécimens noirs sont rares, mais ont été recensés dans le district de Solapur en Inde et dans deux régions d'Iran. Dans ce dernier pays, la mutation s'est avérée naturelle, contrairement aux loups gris d'Amérique du Nord, qui ont hérité de l' allèle Kb responsable du mélanisme à partir d'anciens croisements avec des chiens[8],[9].



Répartition et habitat
Asie occidentale
Au XIXe siècle, les loups étaient répandus dans de nombreuses régions de Terre sainte, à l'est et à l'ouest du Jourdain . Cependant, leur nombre a considérablement diminué entre 1964 et 1980, principalement en raison des persécutions par les agriculteurs. Actuellement, les politiques de conservation et l'application efficace de la loi en Israël permettent de maintenir une population de loups de taille modérée, qui s'étend jusqu'aux pays voisins. Du fait de sa proximité avec l'Asie centrale, la Turquie pourrait jouer un rôle important dans le maintien des loups dans la région ; les montagnes turques servant de refuge aux quelques loups restants en Syrie.
Une petite population de 80 à 100 loups vit sur le plateau du Golan. Avec la présence d'une forte acitivité militaire, cette population y est bien protégée[10],[11]. Bien que les loups turcs ne bénéficient d'aucune protection légale, leur nombre est estimé à environ 7 000 individus[12].
On connaît peu de choses sur les populations de loups actuelles en Iran. Au milieu des années 1970, l'espèce y était présente dans tout le pays en faible densité. Bien que répandues sur l'ensemble du territoire, à l'exception du désert central et de Dasht-e Lut, il n'existe aucune estimation fiable de la taille de la population de loups dans ces régions. Les loups d'Iran continuent de souffrir de la perte d'habitat, du braconnage et de la raréfaction de leurs proies[13],[14].
Inde


Les régions septentrionales de l'Afghanistan et du Pakistan comprenne les populations les plus importantes. On estime qu'il y a environ 300 loups sur une superficie d'environ 60,000 km On dénombre dans le Jammu-et-Cachemire, au nord de l’Inde, et 50 autres dans l’Himachal Pradesh .
Traditionnellement, les hindous considéraient la chasse aux loups comme un tabou, et craignaient que celle-ci entrainerait de mauvaises récoltes. Les Santals, en revanche, les considéraient comme du gibier légitime, au même titre que tous les autres animaux forestiers[15].
Sous l’Inde britannique, les loups n’étaient pas considérés comme du gibier et étaient principalement abattus en raison de leurs attaques contre le bétail et les populations. En 1876, dans les Provinces du Nord-Ouest et l’État du Bihar, 2 825 loups furent tués suite à 721 attaques mortelles contre des humains. Deux ans plus tard, 2 600 loups furent abattus suite à des attaques ayant fait 624 victimes humaines[16]. Dans les années 1920, l’extermination des loups restait une priorité dans les Provinces du Nord-Ouest et à Awadh. Au total, plus de 100 000 loups ont été tués pour des primes en Inde britannique entre 1871 et 1916[17].
Dans l’Inde moderne, le loup indien est présent dans les États du Gujarat, du Rajasthan, de l’ Haryana, de l’ Uttar Pradesh, du Madhya Pradesh, du Jharkhand, du Maharashtra, du Karnataka, du Kerala et de l’Andhra Pradesh[18]. Le sanctuaire de loups de Mahuadanr, dans l’État du Jharkhand, est le seul sanctuaire de loups du pays[10]. On les trouve principalement en dehors des réserves protégées et ils se nourrissent surtout de bétail, comme les chèvres ou les moutons. Cependant, dans les zones où les proies naturelles sont encore abondantes, par exemple dans le parc national de Blackbuck, à Velavadar ou dans la réserve de tigres de Panna, les espèces sauvages restent leur proie de prédilection[11].
Le loup indien est protégé depuis 1972 et classé comme espèce en danger. De nombreuses populations subsistent en petits effectifs, et voient leur habitat de plus en plus fréquentés par l'homme. En 2022, on estimait à 3 100 le nombre de loups indiens en Inde[19]. En mars 2023, dix loups nés en captivité ont été relâchés au Gujarat, une première en Inde[20]. Bien que présents au Bhoutan, aucune information n'est disponible sur la présence de loups dans ce pays[21].