Lucius de Bretagne

roi légendaire de Bretagne From Wikipedia, the free encyclopedia

Lucius de Bretagne ou Lleirwg Mawr est un saint et un roi de Bretagne insulaire légendaire de la seconde moitié du IIe siècle. Il est également identifié comme étant Lucius de Coire, saint patron du diocèse suisse.

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Étape de canonisation
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Lucius de Bretagne
Fonction
Liste des rois légendaires de l'île de Bretagne
Biographie
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Date de décèsIIe siècle ou VIIe siècle
Activitéévêque ou ermite
Vénéré àabbaye Saint-Lucius
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Lucius de Coire
Image illustrative de l’article Lucius de Bretagne
Saint
Date de décès IIe siècle ou VIIe siècle
Activité évêque ou ermite
Vénéré à abbaye Saint-Lucius
Fête 3 décembre
Saint patron Diocèse de Coire
Sujets controversés existence incertaine
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Lucius dans les sources

Le roi Lucius est évoqué par Bède (VIIIe siècle) :

« En ce temps-là Éleuthère, un saint hommes devint pape de l'Église de Rome. Lucius, roi des Bretons lui adressa une lettre lui exprimant son désir de devenir chrétien par son canal. Il obtint une réponse favorable à sa pieuse requête et les Bretons conservèrent intégralement et sans tache la foi qu'ils avaient reçue. ils connurent une période de paix et de tranquillité jusqu'à l'avènement de l'empereur Dioclétien »

 Bède le Vénérable et Philippe Delaveau (traduction et présentation), Histoire ecclésiastique du peuple anglais, Gallimard, (ISBN 2070730158), chap. IV, p. 71.

Nennius (IXe siècle) dans son Historia Brittonum précise :

« Cent soixante sept ans après la naissance du Christ le roi Lucius et tous les chefs du peuple breton reçoivent le baptême à la suite d'une délégation envoyé par les empereurs romains et le pape Eleutherius  »

 Nennius, Historia Brittonum, chap. 22.

Geoffroy de Monmouth (XIIe siècle) évoque longuement l'implantation des cultes païens en Bretagne puis l'organisation de la nouvelle église à Londres, York et Caer-Legion. Il fait mourir Lucius à Gloucester en 156 ap. J.-C. et précise qu'il n'avait pas d'héritier pour lui succéder[1].

Toutefois les généalogies galloises postérieures incluent Lucius par le biais de l'union de sa fille Gwladys avec un certain Cadfan et de leur descendant Eudaf Hen comme ancêtre des rois de Hen Ogledd, des fils de Cunedda, des rois de Domnonée, du royaume de Gwent du Royaume de Powys et du Royaume de Strathclyde[2].

Le Liber Pontificalis du début du VIe siècle confirme que le roi Lucius envoie des émissaires à Rome au pape Éleuthère (176-189) afin de lui réclamer des prêtres pour convertir la Bretagne insulaire. Le pape lui envoie Faganus ou Fugace et Duvanus ou Damien qui établissent le christianisme et bâtissent les premières églises à Glastonbury, St Peter upon Cornhill et à Londres en 179. Si l'on accepte la filiation de Geoffroi de Monmouth qui fait de Lucius un arrière petit-fils d'Arvirargus contemporain de l'empereur Claude il devait être âgé d'environ 70 ans. Le nom du roi Lucius est à rapprocher de son quasi-contemporain le général Lucius Artorius Castus.

Hagiographie et hypothèses

Peut d'éléments fiables sont connus sur ce saint honorés depuis le VIIIe siècle dans le diocèse de Coire en Suisse, et qui a donné lieu à la fondation d'une abbaye qui porte son nom. Une hypothèse est qu'un ermite aurait vécu proche de la ville de Coire au VIIe siècle ou au VIIIe siècle, et qui aurait ensuite amené à la fondation de l'abbaye Saint-Lucius qui possède toujours ses reliques[3].

Mais une légende le place cinq siècles plus tôt, comme roi de Bretagne, évangélisé par Timothée, compagnon de saint Paul (en mission d'évangélisation sur l'île de Bretagne), et qui après avoir été baptisé, par Timothée part à son tour évangéliser la Gaule romaine. Il passe par Augsbourg et descend s'installer en Rhétie avant de mourir dans la ville de Coire[3], peut-être même en martyr[4].

Cette histoire légendaire, rapportée par plusieurs textes anciens, est peut-être une déformation d'une autre histoire, celle du roi Abgar d'Édesse qui aurait écrit au Christ « afin de le connaître ». Le pays d'Édesse (aujourd'hui Urfa ou Şanlıurfa en Turquie) s'appelait « Britio Edessenorum » dans l'antiquité. Un scribe recopiant un manuscrit ancien aurait pu le confondre avec la Bretagne (Britannica) et ainsi déplacer géographiquement les personnages[3]. Les seules certitudes étant l’existence d'un évêché dans là ville de Coire à partir de 350[5], d'un culte local à « saint Lucius » attesté au VIIIe siècle[4], et de son titre de « patron du diocèse » depuis le XIIe siècle[5].

Notoriété et culte

Lucius est considéré comme saint par l'église catholique et sa fête est fixée au 3 décembre comme celle de saint Lucius de Coire à qui il est identifié dans sa légende dorée[6],[5],[4],[3].

Depuis le XIIe siècle, saint Lucius est le saint patron du diocèse de Coire. Il est également inscrit au calendrier des saints pour les diocèses de Lausanne, de Genève et de Fribourg[5].

Notes et références

Sources

Annexes

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