Lumbres

commune française du département du Pas-de-Calais From Wikipedia, the free encyclopedia

Lumbres est une commune française située dans le département du Pas-de-Calais en région Hauts-de-France. Ses habitants sont appelés les Lumbrois. La commune est le siège de la communauté de communes du Pays de Lumbres.

Faits en bref Administration, Pays ...
Lumbres
Lumbres
La mairie.
Blason de Lumbres
Blason
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Hauts-de-France
Département Pas-de-Calais
Arrondissement Saint-Omer
Intercommunalité Communauté de communes du Pays de Lumbres
(siège)
Maire
Mandat
Joëlle Delrue
2020-2026
Code postal 62380
Code commune 62534
Démographie
Gentilé Lumbrois
Population
municipale
3 579 hab. (2023 en évolution de −1,3 % par rapport à 2017)
Densité 362 hab./km2
Géographie
Coordonnées 50° 42′ 21″ nord, 2° 07′ 18″ est
Altitude Min. 35 m
Max. 133 m
Superficie 9,9 km2
Type Bourg rural
Unité urbaine Lumbres
(ville-centre)
Aire d'attraction Saint-Omer
(commune de la couronne)
Élections
Départementales Canton de Lumbres
(bureau centralisateur)
Législatives Sixième circonscription
Localisation
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Lumbres
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Lumbres
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Lumbres
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Lumbres
Liens
Site web villedelumbres.fr
    Fermer

    La commune de Lumbres (nom officiel depuis 1801), traversée par l'Aa et le Bléquin, est située dans le nord-est du département du Pas-de-Calais à 11 km, à vol d'oiseau, au sud-ouest de la commune de Saint-Omer. C’est une commune de type bourg rural avec une population de 3 579 habitants au dernier recensement de 2023, elle a connu un pic de population en 1982 avec 4 107 habitants.

    Située dans le parc naturel régional des Caps et Marais d'Opale et inscrite dans les « paysages des hauts plateaux artésiens » tels qu'ils sont définis dans l'atlas de paysages, Guînes dispose d'un riche patrimoine naturel avec trois espaces protégés et gérés, huit ZNIEFF et un site Natura 2000, les pelouses, bois acides à neutrocalcicoles, landes nord-atlantiques du plateau d'Helfaut et le système alluvial de la moyenne vallée de l'Aa.

    À la suite des destructions subies pendant la Seconde Guerre mondiale, la commune est décorée de la croix de guerre 1939-1945.

    Dans son premier ouvrage Sous le soleil de Satan, l'écrivain Georges Bernanos a créé un personnage qui est curé de Lumbres.

    Géographie

    Localisation

    Localisée dans le nord-est du département du Pas-de-Calais, Lumbres est une commune traversée par l’Aa et le Bléquin et qui est située, à vol d'oiseau, à 11 km au sud-ouest de la commune de Saint-Omer (aire d'attraction et chef-lieu d'arrondissement)[1].

    Le territoire de la commune est limitrophe de ceux de six communes. Les communes limitrophes sont Acquin-Westbécourt, Affringues, Bayenghem-lès-Seninghem, Elnes, Quelmes et Setques.

    Géologie et relief

    La superficie de la commune est de 9,9 km2 ; son altitude varie de 35 à 133 m[2].

    La géomorphologie explique le paysage lumbrois, les coteaux calcaires en particulier. Plusieurs carrières locales dont celles de la cimenterie de Lumbres ont livré de nombreux fossiles de poissons, d'ammonites

    Hydrographie

    Le territoire de la commune est situé dans le bassin Artois-Picardie[3].

    Lumbres a, pour partie, été construite sur un ancien marais, à la croisée des vallées de l’Aa et du Bléquin.

    Elle est drainée par deux cours d'eau :

    Et par cinq plus petits cours d'eau :
    • le ruisseau d'Acquin, d'une longueur de 5,76 km[6]
    • l'Urne-à-l'Eau, d'une longueur de 5,12 km[7]
    • La Becque, d'une longueur de 2,16 km[8]
    • le ruisseau la Becque, d'une longueur de 0,72 km[9]
    • le fleuve l'Aa, d'une longueur de 0,2 km[10].
    Carte en couleur présentant le réseau hydrographique de la commune
    Réseau hydrographique de Lumbres[Note 1].

    Climat

    Plusieurs études ont été menées afin de caractériser les types climatiques auxquels est exposé le territoire national. Les zonages obtenus diffèrent selon les méthodes utilisées, la nature et le nombre des paramètres pris en compte, le maillage territorial des données et la période de référence. En 2010, le climat de la commune était ainsi de type climat océanique altéré, selon une étude du Centre national de la recherche scientifique (CNRS) s'appuyant sur une méthode combinant données climatiques et facteurs de milieu (topographie, occupation des sols, etc.) et des données couvrant la période 1971-2000[11]. En 2020, le climat prédominant est classé Cfb, selon la classification de Köppen-Geiger, pour la période 1988-2017, à savoir un climat tempéré à été frais sans saison sèche[12]. Par ailleurs Météo-France publie en 2020 une nouvelle typologie des climats de la France métropolitaine dans laquelle la commune est exposée à un climat océanique[13] et est dans la région climatique Côtes de la Manche orientale, caractérisée par un faible ensoleillement (1 550 h/an) ; forte humidité de l’air (plus de 20 h/jour avec humidité relative > 80 % en hiver), vents forts fréquents[14]. Elle est en outre dans la zone H1a au titre de la réglementation environnementale 2020 des constructions neuves[15],[16].

    Pour la période 1971-2000, la température annuelle moyenne est de 10,3 °C, avec une amplitude thermique annuelle de 13,7 °C. Le cumul annuel moyen de précipitations est de 905 mm, avec 13,1 jours de précipitations en janvier et 8,3 jours en juillet[11]. Pour la période 1991-2020, la température moyenne annuelle observée sur la station météorologique de Météo-France la plus proche, sur la commune de Nielles-lès-Bléquin à 7 km à vol d'oiseau[17], est de 10,6 °C et le cumul annuel moyen de précipitations est de 976,9 mm[18],[19]. La température maximale relevée sur cette station est de 40,8 °C, atteinte le  ; la température minimale est de −14,4 °C, atteinte le [Note 2].

    Paysages

    La commune s'inscrit dans les « paysages des hauts plateaux artésiens » tels qu'ils sont définis dans l'atlas de paysages de la région Nord-Pas-de-Calais, conçu par la direction régionale de l'Environnement, de l'Aménagement et du Logement (DREAL)[Note 3],[20]. Ces paysages, qui concernent 77 communes du Pas-de-Calais, se situent à l'extrémité ouest des collines de l'Artois qui traversent le Pas-de-Calais d'Arras au Boulonnais. L'altitude de ces paysages dépassent les 180 mètres. Ces dimensions sont modestes, d'une quinzaine de kilomètres du sud-est au nord-ouest et d'une vingtaine de kilomètres dans sa dimension la plus grande[21].

    Les « paysages des hauts plateaux artésiens », appelés aussi « Haut Artois », se caractérisent par trois ensembles écopaysagers :

    • l'ensemble mésophile ouvert du plateau artésien calcaire ;
    • l'ensemble alluvial des fonds de vallée de la Lys et de l'Aa ;
    • l'ensemble calcicole des versants calcaires des vallées[21].

    Le « Haut Artois » dispose d'une importante densité de corridors biologiques bien interconnectés[21].

    Dans le « Haut Artois », pas de villes, c'est une des rares terres rurales de la région, les communes les plus importantes sont, du nord au sud, Lumbres, Fauquembergues et Fruges. Le « Haut Artois », drainé par l'Aa et la Lys, constitue le sommet de l'anticlinal artésien, paysage ventée, froid et aux précipitations importantes qui en font le château d'eau régional[21].

    Leș cultures représentent 59,66 % des sols, les prairies 29,96 %, les forêts et milieux semi-naturels de 6,81 %, les espaces artificialisés 6,09 % avec les communes principales de Lumbres, Fruges et Fauquembergues, les espaces industriels 0,41 % et les cours d'eau et plans d'eau 0,08 %[21].

    Milieux naturels et biodiversité

    Problème de gestion des berges.

    Un contrat de rivière et diverses aides de l'Agence de l'eau ont aidé à traiter certaines pollutions industrielles de l'Aa, mais le boisement (peupleraies) et le comblement ou drainage du marais en aval de la poudrerie d'Esquerdes, ainsi que l'urbanisation et une gestion des berges peu respectueuse de l'environnement ont dégradé le patrimoine des zones humides communales.

    Environnement : Si le castor a déserté la vallée depuis plusieurs siècles et la loutre depuis quelques décennies, la commune abrite encore quelques richesses naturelles qui sont principalement, outre un fond alluvial et quelques reliques de zones humides ornées d'orchidées et d'autres espèces intéressantes, des coteaux calcaires et un petit massif forestier (sur la montagne – ou colline – de Lumbres). Le paysage est toutefois marqué par les vastes carrières et la cheminée de la cimenterie. L'autoroute proche A 26 (dite « autoroute des Anglais ») et l'élargissement de la nationale 42 constituent un facteur important de fragmentation écopaysagère d'un réseau écologique dont la réalité est visible sur les images satellites.

    Espaces protégés et gérés

    La protection réglementaire est le mode d’intervention le plus fort pour préserver des espaces naturels remarquables et leur biodiversité associée[22].

    Dans ce cadre, la commune fait partie de trois espaces protégés et gérés :

    • le parc naturel régional des Caps et Marais d'Opale, d’une superficie de 132 499 ha réparties sur 154 communes, géré par le syndicat mixte d'aménagement et de gestion du parc naturel régional des Caps et Marais d'Opale[23] ;
    • les espaces réhabilités de la carrière de Lumbres, terrain géré (location, convention de gestion) par le Conservatoire d'espaces naturels des Hauts-de-France, d'une superficie de 44,646 ha[24] ;
    • les coteaux du mont de Quelmes, terrain géré (location, convention de gestion) par le Conservatoire d'espaces naturels des Hauts-de-France, d'une superficie de 17,455 ha[25].

    Zones naturelles d'intérêt écologique, faunistique et floristique

    L’inventaire des zones naturelles d'intérêt écologique, faunistique et floristique (ZNIEFF) a pour objectif de réaliser une couverture des zones les plus intéressantes sur le plan écologique, essentiellement dans la perspective d’améliorer la connaissance du patrimoine naturel national et de fournir aux différents décideurs un outil d’aide à la prise en compte de l’environnement dans l’aménagement du territoire.

    Le territoire communal comprend six ZNIEFF de type 1[Note 4] :

    • le réservoir biologique de l’Aa. Cette ZNIEFF doit être considéré comme étant un milieu pépinière à l’échelle de l’hydrosystème Aa rivière[26] ;
    • la montagne de Lumbres, d’une superficie de 294 ha et d'une altitude variant de 36 à 143 m. Ce site, situé sur le versant droit de la vallée de l’Aa, au sud-est de Lumbres, est un vaste promontoire boisé[27] ;
    • la Vallée de l'Aa entre Lumbres et Wizernes, d’une superficie de 168 ha et d'une altitude variant de 25 à 36 m. Ce site se rattache à l'ensemble écologique constitué par la moyenne vallée de l’Aa et ses versants entre Remilly-Wirquin et Wizernes (ZNIEFF de type 2)[28] ;
    • la haute Aa et ses végétations alluviales entre Remilly-Wirquin et Wicquinghem, d’une superficie de 564 ha et d'une altitude variant de 40 à 118 m[29] ;
    • la vallée du Bléquin de Nielles à Affringues. Site formé par des coteaux crayeux, constitués d’une craie marneuse datant d’environ 90 millions d’années. L’érosion du plateau crayeux a donné naissance à cette vallée[30] ;
    • les coteaux d’Acquin-Westbécourt, du val de Lumbres et au nord de Setques, d’une superficie de 140 ha et d'une altitude variant de 70 à 100 mètres[31].

    et deux ZNIEFF de type 2[Note 5] :

    • la vallée du Bléquin et les vallées sèches adjacentes au ruisseau d’Acquin. Cette ZNIEFF se situe sur les marges septentrionales du Haut-Pays d’Artois, en bordure des cuestas du Boulonnais et du pays de Licques[32] ;
    • la moyenne vallée de l’Aa et ses versants entre Remilly-Wirquin et Wizernes. La moyenne vallée de l’Aa et ses versants représentent un remarquable ensemble écologique associant des habitats très différents constituant des complexes de végétations souvent complémentaires[33].

    Site Natura 2000

    Le réseau Natura 2000 est un réseau écologique européen de sites naturels d’intérêt écologique élaboré à partir des directives « habitats » et « oiseaux ». Ce réseau est constitué de zones spéciales de conservation (ZSC) et de zones de protection spéciale (ZPS). Dans les zones de ce réseau, les États Membres s'engagent à maintenir dans un état de conservation favorable les types d'habitats et d'espèces concernés, par le biais de mesures réglementaires, administratives ou contractuelles[34].

    Sur la commune, un site Natura 2000 de type B est défini en site d'importance communautaire (SIC) : les pelouses, bois acides à neutrocalcicoles, landes nord-atlantiques du plateau d'Helfaut et le système alluvial de la moyenne vallée de l'Aa d'une superficie de 389 ha et répartis sur 14 communes[35].

    Espèces faunistiques et floristiques

    L’Inventaire national du patrimoine naturel (INPN) recense plusieurs espèces faunistiques et floristiques sur le territoire de la commune dont certaines sont protégées et d’autres menacées et quasi-menacées[36].

    Urbanisme

    Typologie

    Au , Lumbres est catégorisée bourg rural, selon la nouvelle grille communale de densité à sept niveaux définie par l'Insee en 2022[37]. Elle appartient à l'unité urbaine de Lumbres[Note 6], une agglomération intra-départementale regroupant huit communes, dont elle est ville-centre[Note 7],[38],[39]. Par ailleurs la commune fait partie de l'aire d'attraction de Saint-Omer, dont elle est une commune de la couronne[Note 8],[39]. Cette aire, qui regroupe 79 communes, est catégorisée dans les aires de 50 000 à moins de 200 000 habitants[40],[41].

    Occupation des sols

    L'occupation des sols de la commune, telle qu'elle ressort de la base de données européenne d’occupation biophysique des sols Corine Land Cover (CLC), est marquée par l'importance des territoires agricoles (52,4 % en 2018), en diminution par rapport à 1990 (57,4 %). La répartition détaillée en 2018 est la suivante : terres arables (31,4 %), forêts (19 %), zones urbanisées (17,7 %), prairies (15,6 %), mines, décharges et chantiers (10,3 %), zones agricoles hétérogènes (5,4 %), espaces verts artificialisés, non agricoles (0,6 %)[42]. L'évolution de l’occupation des sols de la commune et de ses infrastructures peut être observée sur les différentes représentations cartographiques du territoire : la carte de Cassini (XVIIIe siècle), la carte d'état-major (1820-1866) et les cartes ou photos aériennes de l'IGN pour la période actuelle (1950 à aujourd'hui)[Carte 1].

    Carte en couleurs présentant l'occupation des sols.
    Carte des infrastructures et de l'occupation des sols de la commune en 2018 (CLC).

    Voies de communication et transports

    La commune est située à proximité de la RN 42 et de l'A26 ; le train et le TGV sont accessibles depuis les gares de Saint Omer et Calais-Fréthun, cette dernière étant également desservie par l'Eurostar.

    La commune disposait d'une gare située sur l'ancienne ligne de Saint-Omer à Hesdigneul.

    Risques naturels et technologiques

    Risque inondation

    À la suite du passage des tempêtes Ciarán, Domingos et Elisa et des inondations et coulées de boue qui se sont produites, la commune est reconnue, par arrêté du , en état de catastrophe naturelle pour inondations et coulées de boue sur la période du au , comme 179 autres communes du département[43].

    Toponymie

    D'après l'historien Auguste de Loisne, le nom de la localité est attesté sous les formes Laurentia en 1040 ; Lumerez en 1183 ; Lumera en 1189 ; Lumbres en 1220 ; Lumers en 1227 ; Lumeres en 1228 ; Lunbres en 1238 ; Laurentia sive Lumbrae vers 1512[44] ; Lumbres en 1793 ; Lambres et Lumbres depuis 1801[2].

    Selon le toponymiste Ernest Nègre, le toponyme viendrait de l'anthroponyme roman Laurentius suivi du suffixe -a, substitué par la suite par celui germanique de Lumarus + -as[45].

    La forme flamande est Lumeres[46] et la forme picarde, Linme.

    Histoire

    La vallée a connu une occupation préhistorique, dont sur la « montagne de Lumbres », au moins au néolithique[47]. Le docteur Pontier et le chanoine Collet (abbaye de Wisques) ont été parmi les premiers à étudier scientifiquement les vestiges préhistoriques locaux (Arques, Lumbres, Elnes et Wavrans).

    Parmi les hameaux de Lumbres, figure celui de Samettes, siège d'une seigneurie avant la Révolution française[48].

    Au XVIIe siècle, Lumbres est un comté appartenant à Maximilien de Fiennes, comte de Lumbres, chef de la maison de Fiennes[49].

    Antoine François de Gennevières, descendant d'une famille détenant les seigneuries de Vaudricourt et Courchelettes, est seigneur de Samettes en avril 1763. À cette date, il reçoit des lettres venant de Versailles, le déclarant chevalier héréditaire et l'autorisant à décorer ses armes d'une couronne de comte. Il est le 1er gentilhomme de la Cour de Cassel (domaine royal sur Cassel) et président de l'assemblée des magistrats des chefs collèges de la Flandre maritime, représentant les titres de la province. Il a trois filles aux abbayes de Messines, Avennes, Étrun. Il a rendu au roi de grands services dans les dernières guerres, surtout en procurant au roi une partie des secours dont les armées avaient besoin pendant le siège de Douai, le siège du Quesnoy, le siège de Bouchain etc[48].

    Le Dr Georges Pontier.
    Squelette de mammouth reconstitué dans le cabinet d'histoire naturelle du Dr Pontier à Lumbres au début du XXe siècle, à partir d'ossements trouvés en à Arques. Il a ensuite été transféré au musée d'histoire naturelle de Boulogne-sur-Mer.

    Le docteur Georges Pontier, érudit naturaliste et spécialiste local de la préhistoire et de la paléontologie, a marqué l'histoire culturelle de la commune et de la région audomaroise en ayant mis au jour et étudié de nombreuses traces de la grande faune préhistorique, des hommes préhistoriques et d'espèces animales antérieures.

    Une société savante  appelée désormais le « Groupe Pontier »  a poursuivi son œuvre.

    Au XIXe siècle, Lumbres, autrefois bourg agricole, devient une petite ville industrielle. Elle s'est principalement développée autour d'une cimenterie et d'une papeterie, située sur l'emplacement d'un ancien moulin à eau, dans une vallée qui fut l'une des plus industrieuses de la région et de France au haut Moyen Âge.

    Lors de la Première Guerre mondiale, c'est une des communes qui ont été retenues par le préfet du Pas-de-Calais, le ministère de la guerre et les autorités alliées pour regrouper des réfugiés de la région nord de Saint-Omer afin de les évacuer vers le sud. En 1918, le préfet du Pas-de-Calais pour préparer l'évacuation des populations du sud d'Arras et de Béthune a demandé aux alliés anglais d'y dresser cent tentes pour accueillir les réfugiés avant de pouvoir les transférer vers Rouen[50]. Selon les archives départementales, le centre de Lumbres a vu passer 15 000 réfugiés en 1918. Les Anglais qui avaient dû quitter le centre d'Ebblinghem à la suite des pilonnages allemands y ont installé un hôpital pour blessés civils, contagieux et tuberculeux, femmes en couche, avec le concours du préfet et de l'armée française, sous la direction de Mme Liouville, infirmière major[50]. Les Américains ont participé pour 2/3 dans le prix de journée des malades. Cet hôpital a aussi reçu des patients ne pouvant être traités ailleurs, la plupart des hôpitaux du département ne fonctionnant plus à cause de la guerre. Si nécessaire le préfet était prêt à faire de même à Desvres, en spécialisant ce nouveau centre pour les vieillards et infirmes. Des dizaines de milliers de réfugiés ont ainsi été regroupés, et transportés en train, ravitaillés avec boissons chaudes, conserves et pain dans les gares de Boulogne, Pont-de-Brique et par la mairie d'Hesdigneul[50]. Le préfet prévoyait de réutiliser ces mêmes centres pour la réception des réfugiés à leur retour[50]. De 1914 à 1918, par ailleurs, environ un peu plus de 200 Lumbrois ont été mobilisés, dans les armes et les régiments les plus divers, en fonction de leur âge, de leurs aptitudes et de leur état de santé.

    La gare, au début du XXe siècle.
    Rame du Chemin de fer d'Anvin à Calais, rue Saint-Pierre.

    Les usines se sont agrandies au XXe siècle grâce à une desserte par deux voies ferrées, celle à voie normale Boulogne - Saint-Omer (sur laquelle circule aujourd'hui le chemin de fer touristique de la vallée de l'Aa), et la ligne de chemin de fer secondaire à voie métrique d'Anvin à Calais, exploitée à partir de 1919 par la Compagnie générale de voies ferrées d'intérêt local. Celles-ci ont souvent remplacé d'anciens moulins à eau.

    Pour cette raison, et à cause de la proximité de la Coupole d'Helfaut, Lumbres et la vallée ont été des cibles militaires lors des deux guerres mondiales. Créée en 2015, une association locale appelée N'oublions jamais - Lumbres [51] perpétue le souvenir et la mémoire des deux conflits mondiaux dans la commune.

    La commune est décorée de la croix de guerre 1939-1945, avec étoile de bronze, le , distinction également attribuée à 28 autres communes du Pas-de-Calais[52].

    Politique et administration

    Découpage territorial

    La commune se trouve dans l'arrondissement de Saint-Omer du département du Pas-de-Calais[53].

    Commune et intercommunalités

    La commune est le siège de la communauté de communes du Pays de Lumbres qui regroupe 36 communes et compte 24 135 habitants en 2022[53].

    Circonscriptions administratives

    La commune est rattachée au canton de Lumbres[53].

    Circonscriptions électorales

    Pour l'élection des députés, la commune fait partie de la sixième circonscription du Pas-de-Calais[54].

    Élections municipales et communautaires

    Liste des maires

    Davantage d’informations Période, Identité ...
    Liste des maires successifs depuis 1944
    Période Identité Étiquette Qualité
    1944 octobre 1947 Henri Jules Leriche Rad. Boucher
    octobre 1947 mars 1981
    (démission)
    Bernard Chochoy SFIO puis PS Instituteur
    Sénateur du Pas-de-Calais (1946 → 1967 puis 1974 → 1981)
    Député du Pas-de-Calais (8e circ.) (1967 → 1968)
    Conseiller général de Lumbres (1937 → 1940 puis 1945 → 1979)
    Président du conseil général du Pas-de-Calais (1966 → 1978)
    mars 1981 mars 1989 Jean-Claude Quenon PS Directeur d'école
    Conseiller général de Lumbres (1979 → 1983)
    Député suppléant de Dominique Dupilet (1978 → 1986)
    mars 1989 mars 2001 Jean-Claude Leroy PS Attaché parlementaire
    Conseiller général de Lumbres (1988 → 2015)
    Vice-président du conseil général du Pas-de-Calais (1994 → 2001)
    Président de la CC du Pays de Lumbres (1997 → 2001)
    mars 2001 mars 2008 Jean-Pierre Decobert PS Commerçant
    mars 2008 en cours
    (au 25 mars 2022)
    Joëlle Delrue PS Retraitée
    Première adjointe au maire (2001 → 2008)
    1re vice-présidente de la CC du Pays de Lumbres[56] (2020 → )
    Chevalier de l'Ordre national du Mérite (2024)
    Réélue pour le mandat 2014-2020[57],[58],[59],[60]
    Réélue pour le mandat 2020-2026[61],[62]
    Fermer

    Équipements et services publics

    Enseignement

    La commune est située dans l'académie de Lille et dépend, pour les vacances scolaires, de la zone B.

    Elle administre l'école maternelle Suzanne-Lacore et l'école élémentaire Roger-Salengro, le département gère le collège Albert-Camus et la région, le lycée professionnel Bernard-Chochoy. Sur le territoire communal se trouvent également deux établissements privés : l'école primaire Notre-Dame et le collège Notre-Dame[63].

    Santé

    En 2024, la commune de Lumbres dispose de trois médecins généralistes, de deux chirurgiens-dentistes, de dix masseurs-kinésithérapeutes, de quatorze infirmiers, d'aucun psychologue et de deux pharmacies[Insee 1].

    Elle est équipée de deux laboratoires d'analyse médicale, d'un centre d'auto-dialyse et d'une clinique vétérinaire. Une maison Alzheimer se situe à Esquerdes à 5 kilomètres. Le centre hospitalier de la région de Saint-Omer se situe à Helfaut à 10 km.

    Depuis septembre 2022 est ouverte la maison de santé du Pays de Lumbres regroupant ostéopathe, podologue-pédicure, diététicienne, sophrologue-psychologue et médecins généralistes[64].

    Population et société

    Démographie

    Les habitants sont appelés les Lumbrois[65].

    Évolution démographique

    L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. Pour les communes de moins de 10 000 habitants, une enquête de recensement portant sur toute la population est réalisée tous les cinq ans, les populations de référence des années intermédiaires étant quant à elles estimées par interpolation ou extrapolation[66]. Pour la commune, le premier recensement exhaustif entrant dans le cadre du nouveau dispositif a été réalisé en 2007[67].

    En 2023, la commune comptait 3 579 habitants[Note 9], en évolution de −1,3 % par rapport à 2017 (Pas-de-Calais : −0,69 %, France hors Mayotte : +2,36 %).

    Évolution de la population  [modifier]
    1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851
    484510533685802863908928941
    1856 1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896
    9189219289671 0361 1391 3741 3491 382
    1901 1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954
    1 4281 5681 8332 0312 2232 3952 5522 6462 686
    1962 1968 1975 1982 1990 1999 2006 2007 2012
    3 2073 5993 8034 1073 9443 8733 7633 7443 802
    Davantage d’informations - ...
    2017 2022 2023 - - - - - -
    3 6263 5773 579------
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    De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
    (Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[2] puis Insee à partir de 2006[68].)
    Histogramme de l'évolution démographique

    Pyramide des âges

    En 2018, le taux de personnes d'un âge inférieur à 30 ans s'élève à 36,2 %, soit en dessous de la moyenne départementale (36,7 %). À l'inverse, le taux de personnes d'âge supérieur à 60 ans est de 26,9 % la même année, alors qu'il est de 24,9 % au niveau départemental.

    En 2018, la commune comptait 1 768 hommes pour 1 839 femmes, soit un taux de 50,98 % de femmes, légèrement inférieur au taux départemental (51,50 %).

    Les pyramides des âges de la commune et du département s'établissent comme suit.

    Davantage d’informations Hommes, Classe d’âge ...
    Pyramide des âges de la commune en 2018 en pourcentage[69]
    HommesClasse d’âgeFemmes
    0,5 
    90 ou +
    1,2 
    6,4 
    75-89 ans
    10,1 
    16,9 
    60-74 ans
    18,6 
    21,2 
    45-59 ans
    19,0 
    16,5 
    30-44 ans
    17,2 
    19,7 
    15-29 ans
    17,1 
    18,8 
    0-14 ans
    16,8 
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    Davantage d’informations Hommes, Classe d’âge ...
    Pyramide des âges du département du Pas-de-Calais en 2022 en pourcentage[70]
    HommesClasse d’âgeFemmes
    0,5 
    90 ou +
    1,6 
    5,9 
    75-89 ans
    9,1 
    17 
    60-74 ans
    18,4 
    20 
    45-59 ans
    19,1 
    18,9 
    30-44 ans
    18 
    18,2 
    15-29 ans
    16,2 
    19,5 
    0-14 ans
    17,5 
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    Sports et loisirs

    La commune réalise en 2010-2011 une piste de BMX aux normes olympiques[71]. Elle est par ailleurs dotée d'un stade, d'une piscine intercommunale, de salles de sport…

    Après la liaison douce, créée à l'initiative de la communauté de communes du Pays de Lumbres et inaugurée en 2021, le long de l’Aa, entre Lumbres et Remilly-Wirquin, via Wavrans-sur-l'Aa et Elnes, en 2023, un nouveau tronçon est ouvert entre Acquin-Westbécourt et Lumbres, long de 4,9 km[72],[73].

    Économie

    Revenus de la population et fiscalité

    En 2021[Note 10], la commune compte 1 589 ménages fiscaux[Note 11], regroupant 3 505 personnes[Insee 2].

    Le revenu fiscal médian par ménage, le taux de pauvreté des ménages et la part des ménages fiscaux imposés de la commune, du département du Pas-de-Calais et de la métropole sont les suivants :

    • le revenu fiscal médian par ménage de la commune est de 19 780 , inférieur à celui du département du Pas-de-Calais (20 720 ) et inférieur à celui de la France métropolitaine (23 080 )[Insee 2],[Insee 3],[Insee 4] ;
    • le taux de pauvreté des ménages de la commune est de 19 %, supérieur à celui du département du Pas-de-Calais (18,4 %) et supérieur à celui de la France métropolitaine (14,9 %) [Insee 5],[Insee 6],[Insee 7] ;
    • la part des ménages fiscaux imposés dans la commune est de 38 %, inférieur à celui du département du Pas-de-Calais (44,1 %) et inférieur à celui de la France métropolitaine (53,4 %)[Insee 2],[Insee 3],[Insee 4].

    Entreprises et commerces

    En 2024, la commune de Lumbres dispose de deux grandes surfaces (hypermarché et/ou supermarché), d'une épicerie ou supérette, de cinq boulangeries et/ou pâtisseries, de cinq salons de coiffure, de trois stations-service et de deux stations de recharge de véhicules électriques[Insee 8].

    Lumbres est un des pôles secondaires du parc naturel régional des Caps et Marais d'Opale, avec ses commerces et services.

    Industries

    L'économie de Lumbres, comme celle de toute la vallée de l'Aa était historiquement agricole puis a évolué vers l'industrie, avec notamment une grande papeterie (SICAL) et une cimenterie (EQIOM)[74] qui est l'un des 50 sites industriels français les plus émetteurs de dioxyde de carbone, avec une production de clinker émettant environ 600 kt de dioxyde de carbone chaque année, soit environ 6 % des émissions des cimenteries françaises, responsables de 55 % des émissions industrielles du pays, et de 12 % du total de ses émissions. Ce site a reçu des aides de l'État dans le cadre d'un contrat de transition écologique pour décarboner sa production[75].

    Papeterie

    En 1826 M. Delforge est autorisé à installer à Lumbres une papeterie au bord de l'Aa dans une zone non construite de champs et prairies, à la suite d'une demande qu'il a déposée en 1824[74]. Le projet prend du retard et le terrain n'est acheté par Hubert Gardien (papetier déjà propriétaire d'une autre usine à Lumbres) qu'en 1832[74]. La nouvelle usine est construite en 1833 puis achetée par deux propriétaires britanniques, et ensuite rachetée en 1876 par Emile Avot Loy, qui crée la société Avot fils et Cie, laquelle sera ensuite rebaptisée Papeteries de Lumbres[74]. L’usine produit des sacs et sachets destinés à emballer des denrées agroalimentaire et le ciment. En 1838, elle produit du papier en continu. Près de 40 ans plus tard (en 1875), elle assure ses besoins en énergie par deux roues à aubes complétées de deux machines à vapeur de 40 et 15 chevaux qui alimentent 8 piles, 2 « lessiveurs » rotatifs (boules d'acier riveté, tournant sur elles-mêmes dans lesquelles on fabriquait la pâte à papier), une machine en continu et 7 sécheurs à papier. Sa production atteint alors 600 kg de papier par jour[74].

    Vers 1900, la production est déjà de 3 tonnes/jour. L'activité croît et dans les années 1930 (après la crise de 29 l'usine employait près de 400 personnes[74].

    L'usine située non loin de la coupole d'Helfaut est gravement endommagée durant la Seconde Guerre mondiale, et ne redémarre qu'en 1949 (année où elle est achetée par le groupe Charfa qui crée la S.A.R.L des Papeteries de Lumbres. Peu avant 1960, le papier est utilisé pour produire du carton d’emballage (en papier recyclé) ce qui justifie un changement de nom : l'entreprise devient la Société industrielle des cartonneries de Lumbres. En 1964 14 400 tonnes de carton ondulé sortent de l'usine qui complétera son activité en 1968 avec une installation produisant un polystyrène expansé[74].

    En 1974, près de 700 employés travaillent dans l'usine dont les effluents industriels sont toujours rejetés dans l'Aa. Ce n'est qu'en 1975 que deux stations d’épuration sont créées[74].

    En 1984, la production s’élevait à 35 000 tonnes de carton, 15 000 t de papier d’emballage et 10 000 tonnes de polystyrène expansé[74] ; L'année suivante (1985) l'entreprise est rachetée par le groupe Rossmann (elle fonctionne alors avec 350 salariés)[74].

    En 1990, grâce aux progrès des machines à papier, le seuil de 40 000 t/an de carton ondulé est atteint alors que le nombre de salariés a été fortement réduit (presque divisé par deux depuis le milieu des années 1970 (360 personnes en 1990).

    De 2011 à 2017, des problèmes récurrents de pollutions sont signalés en aval des rejets de la papeterie-cartonnerie[76].

    Début 2018, sa capacité est de 45 000 t/an[77].

    Cimenterie de Lumbres (Holcim)

    L'« usine à ciment » ou l'« usine au ciment » de Lumbres été conçue et mise en construction à partir de 1884 pour être mise en service en 1888 par la société Goidin et Cie (MM Goidin et V. et F. Friscourt). Elle s'étendait alors sur 7 hectares et concassait et transformait en ciment le calcaire argileux local. En 1901, il en sortait environ 6 000 t/mois de ciment[74].

    En 1911, elle devient la Société anonyme des ciments Portland de Lumbres, ensuite rachetée par la société Fourmaintraux, Courquin et Cie qui la revend en 1913 à la société anonyme La Desvroise, qui entreprend de la moderniser pour une remise en marche en 1914. C'est alors que débute la Première Guerre mondiale après laquelle la cimenterie sera agrandie[74].

    En 1920, l'usine atteint 130 000 t/an de ciment[74].

    Après la Seconde Guerre mondiale, en 1950, l'exploitation de la carrière se modernise (chevaux, pelles et pioches sont remplacés par de gros engins de terrassement : gratteurs, pelles mécaniques, camions, bulls et scrapers)[74].

    En 1959, l'usine est vendue au groupe Ciments d'Origny - basé à Biache-Saint-Vaast (Pas-de-Calais - qui la restructure pour en faire sa 3e cimenterie dans la région[74].

    En 1984, la cimenterie est la 4e de France (avec 140 personnes et 200 000 t/an de ciment)[74].

    En 2017, c'est la dernière de celles qui existaient antérieurement dans le Nord-Pas-de-Calais et la Picardie. Et, vers 2020, sa capacité annuelle de production est d'environ 1 000 000 t/an de ciment et 700 000 t/an de clinker[78].

    L'usine est achetée et exploitée par Holcim France (filiale du groupe Holcim France Benelux créé en , qui emploie plus de 3 700 personnes et réalise un chiffre d’affaires de 977 millions d’euros, fusionné avec Lafarge en 2014). Elle appartient depuis 2015 à la société EQIOM (filiale du groupe Irlandais CRH) qui détient (en 2017) 2 autres cimenterie et 2115 centrales à béton[79] dont à proximité celles d'Arques, de Boulogne et de Calais), et quatre centres de broyage (dont un à Dannes). Le groupe annonçait en 2017 pour son usine de Lumbres une capacité de production de 750 000 tonnes/an via deux fours dits à « voie humide » : le four no 5 (qui traite 1 400 tonnes/jour de clinker et qui est équipé en 2017 d'un nouvel électrofiltre[80] (de 250 tonnes[80]) et le four no 4: (800 tonnes/jour de clinker) et 2 broyeurs à ciment ainsi qu'un broyeur à ciment ultra-fin ; 2800 à 4000 sacs de ciment peuvent ainsi être produits par heure. Le groupe détient aussi 100 hectares de carrière de craie, de marne, d'argile[79]. En 2017, l'usine faisait travailler 130 salariés[80]. Ce site industriel de 27,6 hectares, classé Seveso seuil haut est soumis à une surveillance environnementale renforcée en raison des risques chimiques et atmosphériques liés à ses activités qui incluent l’incinération in situ de déchets industriels, y compris toxiques ou à risque sanitaire. Cette fonction de co-incinération, exercée depuis plusieurs décennies, revêt une importance stratégique dans un contexte régional marqué par l’absence de décharge de classe 1. Des Commissions de Suivi de Site (CSS) doivent être régulièrement organisées, ouvertes aux acteurs locaux et au public, pour garantir le bon suivi des émissions et des substances dangereuses stockées ou utilisées. La configuration topographique du territoire, notamment la vallée de l’Aa, influe sur la dispersion des polluants notamment en cas d'inversion atmosphérique.
    Sur le plan des émissions, la cimenterie rejette environ 600 000 tonnes de dioxyde de carbone (CO₂) par an, soit près de 6 % des émissions françaises liées à la production de ciment. Elle est aussi source d’émissions significatives d’oxydes d’azote (NOx), de particules fines et ultrafines, de composés organiques volatils (COV), de dioxines et furanes organochlorés, en lien avec la co-incinération de déchets industriels. Une étude d’impact environnemental conduite en 2022/2023 par la Mission Régionale d’Autorité Environnementale (MRAe) a souligné la nécessité d’améliorer la qualité de l’évaluation des rejets et leur suivi sanitaire[81].

    Dans le cadre du projet de modification et modernisation de la cimenterie par la création d'un nouveau four K6 et d'autres installations qui remplaceront les deux lignes de cuisson (production de clinker par voie humide) existantes. Le Four K6 promet une production accrue, par voie sèche, avec une meilleure efficacité énergétique, des économies d’eau et d'émissions de gaz à effet de serre ; selon l'enquête publique, l'usine vise une production de 1 100 000 de t/an de clinker (3 500 t/jour) et environ 1 000 000 t/an de ciment[82],[81]. Un projet global de capture et séquestration du carbone associent notamment les sociétés Air Liquide, le fabricant de chaux Lhoist et le cimentier EQIOM et RTE qui tous doivent contribuer à capturer, purifier, transporter, liquéfier et séquestrer le carbone (projet devant faire l’objet d’une évaluation environnementale globale selon la MRAe). Ce programme se déploiera en deux phases. La première (en cours) doit remplacer les deux anciens fours par un four unique plus performant, en visant 80 % de substitution des combustibles fossiles par des combustibles alternatifs (déchets, biomasse, biogaz) d’ici 2027, pour une réduction espérée de 245 000 t/an de CO₂. La seconde phase prévoit l’installation d’une unité de captage cryogénique (Cryocap™ Oxy) qui filtrera les gaz de cuisson en réduisant jusqu’à 91 % des émissions de CO₂. Cette technologie, fonctionnant à l’électricité, serait implantée sur un terrain éloigné des habitations et présenterait un impact environnemental limité selon EQIOM. 1,5 million de tonnes de CO2 par an devrait être acheminé au port de Dunkerque où il sera densifié et liquéfié avant d'être conduit (par navire) en mer du Nord (Norvège) pour être injecté sous haute pression dans des couches géologiques sous-marines profondes. D’autres sociétés sont pressenties pour rejoindre le projet et hausser à 3,4 millions de t/an de CO2 capté[81]. Toutefois, elle pourrait générer des déchets toxiques supplémentaires avec des teneurs élevées en dioxines, oxydes d’azote et particules fines[81]. L’autorité environnementale recommande de nouvelles mesures de réduction des rejets pour rester sous les seuils acceptables pour la santé. Le projet bénéficie du soutien de l’État et de l’Union européenne dans le cadre du plan France Relance. Une concertation publique a été organisée pour débattre des nuisances et des impacts sanitaires, et la MRAe a formulé des recommandations visant à renforcer la transparence et la qualité des données environnementales[81].

    Agriculture

    La commune est dans le « Haut-pays d'Artois », une petite région agricole dans le département du Pas-de-Calais[83]. En 2020, l'orientation technico-économique de l'agriculture[Note 12] sur la commune est la culture de céréales et/ou d'oléo-protéagineux[Carte 2].

    1988200020102020
    Exploitations211665
    SAU[Note 13] (ha)4593185873

    Le nombre d'exploitations agricoles en activité et ayant leur siège dans la commune est passé de 21 lors du recensement agricole de 1988[Note 14] à 16 en 2000 puis à 6 en 2010[85] et enfin à 5 en 2020[Carte 3], soit une baisse de 76 % depuis 1988. La surface agricole utilisée sur la commune a également diminué, passant de 459 ha en 1988 à 73 ha en 2020[Carte 4]. Parallèlement la surface agricole utilisée moyenne par exploitation a baissé, passant de 22 à 15 ha[85],[Carte 4].

    Tourisme

    L'autorail touristique en gare de Lumbres.

    Depuis quelques années, la ville de Lumbres - autrefois plutôt industrielle - s'est ouverte au tourisme. L'office de tourisme propose de découvrir divers lieux et activités, dont avec un train touristique d’époque (Micheline).

    La voie ferrée, n'étant presque plus utilisée pour le transport marchand ou de passager, a été requalifiée, à l'initiative d'une association locale[86] pour recevoir le Chemin de fer touristique de la vallée de l'Aa[87] qui permet de découvrir la vallée de Lumbres à Arques avec un arrêt possible pour visiter le musée de la coupole d'Helfaut et l'ascenseur à bateaux des Fontinettes.

    Cette voie ferrée est par ailleurs localement aussi un élément important de la trame verte locale.

    Le camping Le Marais de la commune compte 50 emplacements[88].

    Culture locale et patrimoine

    Lieux et monuments

    L'église.

    Patrimoine culturel

    Une médiathèque est construite en 2012. Le cinéma le plus proche est à Saint-Omer. La commune est équipée d'une salle (Léo Lagrange).

    La fête du parc naturel régional des Caps et Marais d'Opale s'est déroulée à Lumbres en 2010. Elle a accueilli près de 15 000 visiteurs, ainsi que quelques personnalités politiques comme Jack Lang, Daniel Percheron

    Littérature

    Dans Sous le soleil de Satan de Georges Bernanos, l’abbé Donissan est nommé curé de Lumbres. Après avoir tenté de ressusciter un enfant, il est vénéré par la population qui le surnomme le « saint de Lumbres ».

    Personnalités liées à la commune

    • Robrecht Willaert (nl) (1840-1916), prêtre catholique belge, mort à Lumbres.
    • Lucien Bataille (1877-1953), acteur, né à Lumbres.
    • Léon Bence (1929-1987), médecin et chercheur français, a exercé à Lumbres[91],[92].
    • Guy Leclercq (1946-), écrivain, né à Lumbres.

    Héraldique

    Davantage d’informations Blason, Détails ...
    Blason de Lumbres Blason
    D'azur à la bande d'or chargée de trois lionceaux de gueules[93].
    Ornements extérieurs
    Croix de guerre 1939-1945
    Détails
    Inspiré des armes de la famille de Lumbres, qui donna les premiers seigneurs du lieu, dont les seules représentations connues (un sceau du XIVe siècle et la pierre tombale d'Antoine de Lumbres, située dans l'église de Longvilliers) sont sans couleurs.

    Adopté par la municipalité.
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    Pour approfondir

    Sur les autres projets Wikimedia :

    Bibliographie

    • René Lesage et Roger Dufay, la résistance à Lumbres et dans son canton – Études et documents – Tome 5 - CHHP -
    • Serge Dumanoir, Chroniques d'histoire locale no 1, Journaux de marche des troupes canadiennes dans le haut-pays d'Artois - 4 au et bulletin no 81 du haut-pays d'Artois, pages 199 à 219.
    • Serge Dumanoir et Guy Delannoy, le tunnel de la kriegsmarine à Lumbres, bulletin du haut-pays d'Artois no 80, pages 218 à 220
    • Serge Dumanoir - Dynamitage du château de la famille De Raismes, , chroniques d'histoire locale no 2,
    • Serge Dumanoir et Sœur Rozanne Philippe, Séjour des sœurs de la congrégation de la Sainte-Famille d'Ypres en 1914-1915 à Lumbres, chroniques d'histoire locale no 2,
    • Serge Dumanoir - Les exactions allemandes du à Lumbres et environs, bulletin n° 85 du haut-pays d'Artois, pages 237 à 243
    • Serge Dumanoir - Edith OK 17, espionne au service de l'abwehr de Lille, bulletin n° 86 du haut-pays d'Artois, pages 200 à 216
    • Serge Dumanoir - Erwin Streif, alias Marcel Stahl et Christiane Gorman, agents de l'abwehr III F de Lille, bulletin n° 89 du haut-pays d'Artois, pages 234 à 252

    Ouvrages consultables aux archives départementales du Pas-de-Calais[94] :

    • A. Collet, Les environs de Lumbres sous la Révolution. Wavrans, Elnes, Remilly, Wirquin, Ouve, Esquerdes, Cléty, Pihem, Wismes et autres lieux, Boulogne-sur-Mer, Imprimerie G. Hamain, 1922.
    • R. Lesage, Les soldats de Lumbres dans la Grande Guerre. Parcours de combattants, Fauquembergues. Comité d'histoire du Haut-Pays, 2010.

    Articles connexes

    Liens externes

    Notes et références

    Related Articles

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