Lycalopex
genre de mammifères
From Wikipedia, the free encyclopedia
Renards d’Amérique du Sud
Répartition géographique
- Canis Molina 1782 (Protonyme)
- Procyon G. Fischer, 1814
- Vulpes W.C.L. Martin, 1837
- Pseudalopex Burmeister, 1856
- Pseudolycos R.A. Philippi, 1903
- Eunothocyon J.A. Allen, 1905
- Angusticeps Hilzheimer, 1906
- Viverriceps Hilzheimer, 1906
- Microcyon Trouessart, 1906
- Pseudalopex Burmeister, 1856
- Canis (Pseudalopex) Allen, 1895
Lycalopex, est un genre de mammifères carnivores de la famille des canidés, dont toutes les espèces sont originaires d’Amérique du Sud. Bien qu’ils soient désignés sous le nom vernaculaire de « Renards d’Amérique du Sud » en raison à leur apparence comparable, dû à un phénomène de convergence évolutive, ils sont phylogénétique très éloignés des canidés vulpoïdes (Vulpini) et des « vrais renards » (Vulpes), mais plus proche des Loups et des Chacals (Canina) au sein de la tribu des Canini.
L'espèce la plus commune est sans aucun doute le Chilla ou Renard gris d’Argentine (Lycalopex griseus). Ces animaux sont chassés en Argentine pour leur fourrure, et également du fait de leur réputation de « tueurs d'agneaux », réputation largement exagérée.
Le Culpeau (Lycalopex culpaeus), également désigné sous les appellations successives de « Chien », « Loup », « Chacal » puis « Renard de Magellan », est connu comme ayant fait l’objet d’un processus de domestication indépendant de celui du chien domestique, chez les populations autochtones de la terre de feu, aboutissant à la naissance du Chien des Fuégiens, aujourd’hui disparu.
Noms et étymologies
Le nom actuellement privilégié, Lycalopex, vient du grec λύκος / lúkos, « loup » et alopex « renard », soit littéralement « loup renard ».
Celui donné auparavant à ce genre, Pseudalopex, venait aussi du grec : pseudo et alopex, littéralement « faux renard ». En 1895, Allen classa Pseudalopex comme un sous-genre du genre Canis, établissant la combinaison Canis (Pseudalopex), un nom encore utilisé dans le registre fossile.
L’anglais courant désigne ces différentes espèces sous la dénomination espagnole de « zorro » (renard), mais même dans cette langue, il existe encore quelques réserves quant à la pertinence du mot « renard » pour des raisons taxonomiques. Dans les langues occidentales d’Amérique du Sud que sont l’espagnol, le portugais et l’italien, les espèces de ce genre disposent de dénominations alternatives propres, issues des langues autochtones locales (ex : Culpeo, Jaguapitango, Chilla, Aguarachay…), qui se retrouvent parfois dans la littérature francophone.
Liste des espèces
Le genre compte six espèces selon la majorité des auteurs. Selon Mammal Diversity Database (5 octobre 2025)[1], ITIS (15 déc. 2012)[2], Catalogue of Life (15 déc. 2012)[3] et NCBI (15 déc. 2012)[4] En 1914, Oldfield Thomas établit le genre Dusicyon, dans lequel il inclut ces espèces. Ils furent ensuite reclassés dans le genre Lycalopex (par l’intermédiaire de Pseudalopex) par Langguth en 1975[5]
| Espèce (nom binominal, nom vernaculaire et auteur) | Répartition géographique | Statut UICN mondial |
|---|---|---|
| Lycalopex culpaeus |
Équateur et Pérou jusqu’au sud de la Patagonie et la Terre de Feu |
|
| Lycalopex fulvipes |
Parc national Nahuelbuta (Région d’Araucanie), Cordillère côtière de Valdivia (Région des Fleuves) et Île de Chiloé (Chili) |
|
| Lycalopex griseus |
Argentine et Chili |
|
| Lycalopex gymnocercus | Nord et centre de l’Argentine, Uruguay, est de la Bolivie, Paraguay et sud du Brésil |
|
| Lycalopex sechurae |
Centre-ouest et nord-ouest du Pérou, y compris le désert de Sechura, et sud-ouest de l’Équateur |
|
| Lycalopex vetulus |
Centre-sud du Brésil |
|
| †Canis (Pseudalopex) australis |
Formation de Vorohué, Argentine (Uquien–Ensenadien) | — |
Phylogénie
Le cladogramme suivant illustre les relations évolutives entre les différentes espèces de Lycalopex, d’après une analyse moléculaire des séquences de la région de contrôle de l’ADN mitochondrial[6].
| Cerdocyonina |
| |||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||
Description
Physionomie
Les membres de ce genre sont généralement de taille moyenne, mesurant de 53 à 120 cm de longueur corporelle et pesant de 4 à 13 kg. La plus grande espèce est le Culpeau (L. culpaeus), tandis que la plus petite est le renard de Sechura (L. sechurae). Le pelage est dense, avec un sous-poil fourni et de longs poils de garde. La coloration est généralement d’un gris agouti, avec des nuances d'ocre et de fauve sur le dos, tandis que la tête, le cou et les oreilles sont roussâtres. L’abdomen et la poitrine sont souvent plus clairs, et la queue est longue et fournie, terminée par une pointe noire. Les molaires sont bien développées, mais les carnassières sont relativement courtes[7],[8]. Ils se distinguent des vrais renards, auxquels ils ressemblent superficiellement, par leurs pupilles circulaires (et non elliptiques) et leurs queues très longues, touchent le sol[9].
Comportement
Ces canidés sont principalement nocturnes. Leurs vocalisations sont décrites comme des hurlements ou des aboiements, audibles surtout la nuit pendant la saison des amours. Les Lycalopex sont monogames et donnent naissance, après une gestation de 55 à 60 jours, à quatre ou cinq petits par portée. Le mâle participe aux soins parentaux[7].
Écologie
Les Lycalopex occupent une grande variété d’habitats : L. sechurae vit dans les vastes déserts de sable, le chilla (L. griseus) dans les plaines et bosquets, l’Aguarachay (L. gymnocercus) dans les pampas, les collines, les déserts et les forêts ouvertes, et L. culpaeus dans les zones montagneuses jusqu’à 4 500 mètres d’altitude. Leurs tanières se trouvent généralement entre les rochers, sous les arbres, dans les buissons ou dans des terriers creusés par d’autres animaux tels que les tatous ou les viscaches des montagnes. Ils ont un régime alimentaire omnivore : leur régime alimentaire comprend des rongeurs, des lagomorphes, des oiseaux, des lézards, des grenouilles, des insectes, des fruits et de la canne à sucre[7].
Relations avec l’Homme
Les renards d’Amériques du sud sont chassés en Argentine pour leur fourrure douce et résistante. Ils sont également souvent accusés d’être des « tueurs d’agneaux » : dans son journal relatant son célèbre voyage de 1952 avec le jeune Che Guevara Alberto Granado mentionne des discussions avec des ouvriers saisonniers employés dans de vastes exploitations ovines. Ceux-ci lui racontèrent qu’une campagne d’extermination des renards avait été menée avec succès par les propriétaires terriens, ces derniers accusant les animaux de s’en prendre aux agneaux. Les éleveurs offraient une prime d’un peso pour le corps d’un renard mâle mort, et jusqu’à cinq pesos pour une femelle, une somme importante pour des travailleurs pauvres au début des années 1950. En quelques années, les renards devinrent pratiquement éteints dans une grande partie de l’Argentine[10].