Lymphome

cancer du système lymphatique From Wikipedia, the free encyclopedia

Un lymphome, aussi plus rigoureusement appelé lymphome malin est un cancer du système lymphatique qui se développe aux dépens des lymphocytes. Il est caractérisé par des proliférations cellulaires malignes (ou cancers) ayant pris naissance dans un organe lymphoïde secondaire : nœuds lymphatiques, rate ou tissus lymphoïdes associés aux muqueuses (digestives et respiratoires notamment). Les lymphomes, comme les leucémies, font partie des hémopathies malignes.

Lymphome gastrique du MALT.

Les lymphomes sont souvent révélés par la découverte d'une adénopathie. Ils peuvent s'étendre à n'importe quelle partie du système lymphatique, qui comprend la moelle osseuse, la rate, le thymus, les nœuds lymphatiques et les vaisseaux lymphatiques, et qui assure normalement la défense immunitaire de l'organisme contre les bactéries, parasites, toxines, corps étrangers, etc.

Épidémiologie

Mortalité ajustée à l'âge (avec ajustement standardisé) par lymphomes et myélomes multiples pour 100 000 habitants en 2004[1].
  • inconnue
  • inf. à 1.8
  • 1.8-3.6
  • 3.6-5.4
  • 5.4-7.2
  • 7.2-9
  • 9-10.8
  • 10.8-12.6
  • 12.6-14.4
  • 14.4-16.2
  • 16.2-18
  • 18-19.8
  • sup. à 19.8

Pris conjointement, les lymphomes représentent 5,3 % de tous les cancers (hors cancer des cellules basales de la peau) aux États-Unis et 55,6 % de tous les cancers du sang[2].

Selon le National Institute of Health, les lymphomes représentent environ 5% de tous les cas de cancer aux États-Unis, et le lymphome de Hodgkin en particulier intervient dans moins de un pour cent des cas. Étant donné que l'ensemble du système lymphatique fait partie du système immunitaire du corps, les patients chez qui le système immunitaire est affaibli, comme dans le cas d'une infection par le VIH ou par l'usage de certaines drogues ou médicaments sont également exposés à un risque accru de développer un lymphome.

En France, les lymphomes représentent les deux tiers des cancers hématopoïétiques, avec une estimation de 28 000 nouveaux cas en 2018 dont 2 000 lymphomes hodgkiniens et 26 000 lymphomes non hodgkiniens [3]. Les tendances d’incidence au cours des 30 dernières années montrent une augmentation pour la plupart des sous-types de lymphomes (le lymphome folliculaire, le lymphome diffus à grandes cellules B, le lymphome de la zone marginale ou encore le lymphome T mature non cutané) [3]. Cette augmentation peut s’expliquer en partie par le vieillissement et la croissance de la population générale, ainsi que par un meilleur accès au diagnostic et au traitement. Cependant, d’autres facteurs de risque sont suspectés d’être impliqués dans cette hausse de l’incidence [3]. Les études épidémiologiques ont identifié divers facteurs associés à l’apparition des lymphomes, notamment des facteurs sociodémographiques, le statut vis-à-vis de certaines maladies infectieuses, les antécédents familiaux et médicaux, le mode de vie, ainsi que les expositions professionnelles.

Une étude menée sur des enfants atteints de graves pathologies immunologiques (leucémie lymphoblastique aigüe, lymphome) a démontré leurs graves carences en zinc ainsi qu'en magnésium mais n'en donne pas les causes[4].

C'est un cancer en très forte et rapide augmentation partout dans le monde. En France, où le taux d'incidence est intermédiaire entre des pays à forte incidence comme les États-Unis et l'Australie, et des pays moins touchés en Asie, l'augmentation du taux annuel moyen d'incidence a été respectivement de 3,8 % chez l'homme et de 3,5 % chez la femme. Toutefois, le taux de mortalité est en plus fort accroissement chez la femme (+ 5,1 %) que chez l'homme (+ 3,9 %). C'est l'hémopathie maligne la plus fréquente, et la 8e cause de cancer en Europe. Globalement, le nombre de cas rapporté à 100 000 habitants a été multiplié par deux en trente ans. La recherche des causes de cette augmentation a donné lieu à de nombreuses études. Certaines ont conclu à des résultats probants sur l'influence des facteurs étudiés (agents infectieux de type virus associés à certaines formes  virus d'Epstein-Barr, HHV8, HIV, HTLV-1, hépatite C  ou bactérie  Helicobacter pylori  obésité et alimentation trop riche en graisses et viandes, dioxine incorporée aux pesticides ou issue de rejets environnementaux), pour d'autres cette influence est limitée ou non probante voire nulle (tabac, nitrates, radiations ionisantes) ou encore contestée (exposition au soleil)[5].

Symptômes

Lymphome diffus à grande cellule de la muqueuse buccale.

Le lymphome peut présenter certains symptômes non spécifiques :

Types de lymphomes

Cellule de Reed-Sternberg.

Il existe trois types de lymphome : lymphome hodgkinien, les lymphomes non hodgkiniens et le groupe leucémie lymphoïde chronique/Lymphome à petits lymphocytes[8].

L'habitude de séparer les lymphomes en deux types : lymphome hodgkinien et lymphome non hodgkinien remonte à la découverte par première fois par Dorothy Reed en 1898, et indépendamment par Carl Sternberg en 1898-1902. de cellules très caractéristiques dans le sang après coloration par coloration à l'hématoxyline colorant le noyau en bleu/violet et éosine colorant le cytoplasme en rose. Il suffit de voir une seule fois ces cellules pour les reconnaître. L'habitude fut donc prise de différencier les lymphomes en hodgkinien et non hodgkinien en fonction de la technologie disponible à l'époque.

Classification actuelle

Les classifications actuelles ont pour premier critère le type de lymphocyte impliquée :

Le deuxième critère est la taille de la cellule anormale : on parle alors de lymphome à grande cellule (plus du double d'une cellule normale); Il existe aussi des lymphomes à petites cellules.

En 2025, les lymphomes sont classées en fonction de critères morphologiques (examen au microscope) , phénotypique (recherche des protéines membranaires par immunohistochimie), génétique (recherche d'anomalie génétique et chromosomique par la cytométrie en flux) et moléculaire (recherche de gène de fusion par séquençage)

Classification historique

Lymphome hodgkinien

La maladie de Hodgkin, dans sa forme classique ou lymphome de Hodgkin, est un lymphome caractérisé par la présence de grosses cellules atypiques, les cellules de Reed-Sternberg. Il représente 10% des lymphomes

Lymphomes non hodgkiniens

Il représente 90% des lymphomes.

On distingue la plupart des lymphomes non hodgkiniens selon leur degré de malignité :

  • les lymphomes non hodgkiniens indolents (évolution lente ) ;
  • les lymphomes non hodgkiniens agressifs (évolution rapide ) ;
  • autres lymphomes.

Leucémie lymphoïde chronique/Lymphome à petits lymphocytes

Mécanismes moléculaires

Schéma conceptuel du développement des lymphomes B matures à petites cellules
(A) Événements précoces déclencheurs:
(B) Relation avec le centre germinatif (GC)

Le schéma ci-contre illustre le rapport entre les anomalies chromosomiques et leurs conséquences moléculaires dans le développement d'un lymphome. Il illustre aussi la localisation des cellules cancéreuses dans le centre germinatif d'un ganglion.
Événements précoces déclencheurs:

  • Lymphome folliculaire (FL) : Translocation t(14;18)(q32;q21) donnant le gène de fusion IGH::BCL2 qui survient dans les pré-lymphocytes B précoces de la moelle osseuse (BM). Ces cellules réintègrent ensuite le centre germinatif d'un ganglion et se transforment en cellule maligne
  • Lymphome du manteau (MCL) : Lymphocyte B de la zone du manteau avec translocation t(11;14)(q13;q32) entraînant la surexpression de la cycline D1
  • Lymphomes de la zone marginale (MZL : MALT, ganglionnaires, spléniques):Lymphocytes B de la zone marginale déclenchés par une stimulation antigénique chronique (infection ou auto-immunité)
  • Leucémie/lymphome lymphoïde chronique (CLL/SLL):Événement déclencheur moins bien défini altérations fréquentes : del(13q), del(11q), del(17p), trisomie 12 et mutation ou non du gène IGHV

Relation avec le centre germinatif

  • Lymphome folliculaire : dérive directement des lymphocytes B du centre germinatif, en interaction avec les cellules dendritiques folliculaires (FDC)
  • Lymphome du manteau : dérive des lymphocytes B de la zone du manteau (en périphérie du centre germinatif)
  • Lymphomes de la zone marginale : dérive des lymphocytes B de la zone marginale (post-centre germinatif), présents dans la muqueuse , les glandes salivaires (SG), ou la rate
  • Leucémie/lymphome lymphoïde chronique : UM-CLL : origine pré-centre germinatif (lymphocytes B naïfs) M-CLL : origine post-centre germinatif (lymphocytes B mémoire)

Classification actuelle des lymphomes

La cinquième classification de l'OMS paru en 2022 distingue les lymphomes selon l'origine cellulaire du lymphome : lymphocyte B et lymphocyte T ou NK. La classification regroupe les proliférations non cancéreuses des lymphocytes avec les proliférations cancéreuses. Beaucoup des proliférations non cancéreuses correspondent à un risque de lymphome ou de leucémie d'autres se transforment à un rythme lent en lymphome ou leucémie. Depuis la parution de la 3ᵉ édition de la classification de l’OMS des tumeurs lymphoïdes en 2001 [9], celle-ci constitue la référence mondiale établissant les principes de base pour le diagnostic des tumeurs lymphoïdes. Les volumes successifs de l’OMS publiés en 2008 [10] et 2017 [10] ont élargi et affiné les connaissances existantes sur ce type de néoplasme toujours complexe.

Proliférations lymphocytaires B et des lymphomes

Base de la classification

Différents types de lymphome B selon leur origine dans le follicule ganglionnaire et leurs mutations.

Le schéma représente un follicule présent dans la zone corticale d'un ganglion lymphatique. Au centre du follicule se trouve le centre germinatif qui est entouré de plusieurs couches :

  • Zone marginale ;
  • Zone du manteau ;
  • Centre germinatif séparé en deux parties la zone sombre et la zone claire : le centroblaste est le nom du lymphocyte B dans le centre germinatif mais ne possédant encore de récepteur des cellules B. Quand il possède ce récepteur, il devient un centrocyte.

Les lymphomes B sont décrits d'après leur appartenance à une de ces couches.

Au dessus, du follicule sont schématisés les différents types de lymphome B et leurs mutation génétiques principales.

La partie en dessous du follicule (la barre commençant par les lettres GCB) ne concerne qu'un seul type de lymphome mais qui est aussi le plus fréquent de tous les lymphomes : le lymphome à grandes cellules B dont il existe de nombreux sous types.

Classification

Davantage d’informations Désignation OMS, Abréviation ...
Proliférations lymphocytaires B et des lymphomes
Désignation OMS Abréviation Aggresivité
Lésions tumor-like à prédominance de cellules B
Proliférations lymphoïdes réactionnelles riches en cellules B pouvant mimer un lymphome
Maladies en rapport avec IgG4
Maladie de Castleman unicentrique
Maladie de Castleman multicentrique idiopathique
Maladie de Castleman multicentrique associée à KSHV/HHV8
Néoplasme des précurseurs des cellules B
Leucémie lymphoblastique et lymphome à précurseur B
Lymphome et leucémie lymphoblastique à précurseur B sans précision
Lymphome et leucémie lymphoblastique à précurseur B avec hyperdiploïdie
Lymphome et leucémie lymphoblastique à précurseur B avec hypodiploïdie
Lymphome et leucémie lymphoblastique à précurseur B avec iAMP21
Lymphome et leucémie lymphoblastique B avec fusion BCR::ABL1
Lymphome et leucémie lymphoblastique à précurseur B avec des caractéristiques BCR::ABL1
Lymphome et leucémie lymphoblastique à précurseur B avec réarrangement KMT2A
Lymphome et leucémie lymphoblastique à précurseur B avec fusion ETV6::RUNX1
Lymphome et leucémie lymphoblastique à précurseur B avec des caractéristiques ETV6::RUNX1
Lymphome et leucémie lymphoblastique à précurseur B avec fusion TCF3::PBX1
Lymphome et leucémie lymphoblastique à précurseur B avec fusion IGH::IL3
Lymphome et leucémie lymphoblastique à précurseur B avec fusion TCF3::HLF
Lymphome et leucémie lymphoblastique à précurseur B avec d'autres anomalies génétiques définies
Néoplasme des cellules B matures
Proliférations néoplasique et pré-néoplasique à petits lymphocyte
Lymphocytose monoclonale à cellule B
Leucémie lymphoïde chronique / lymphome à petit lymphocyte LLC/LLP
Leucémie et lymphome des cellules B de la rate
Leucémie à tricholeucocyte
Lymphome de la zone marginale de la rate
Lymphome splénique diffus de la pulpe rouge à petites cellules B
Lymphome/leucémie splénique à cellules B avec nucléoles proéminents
Lymphome lymphoplasmocytaire
Lymphome lymphoplasmocytaire
Lymphome de la zone marginale
Lymphome de la zone marginale extranodal du tissu lymphoïde associé aux muqueuses MALT
Lymphome cutané primitif de la zone marginale
Lymphome de la zone marginale ganglionnaire
Lymphome pédiatrique de la zone marginale
Lymphome de la zone folliculaire
Lymphome folliculaire in situ
Lymphome folliculaire
Lymphome folliculaire pédiatrique
Lymphome folliculaire duodénale
Lymphome cutané à centre folliculaire
Lymphome cutané primitif du centre folliculaire
Lymphome à cellule à manteau
Néoplasme in situ à cellule du manteau
Lymphome à cellules du manteau
Lymphome à cellules du manteau non ganglionaire
Transformation de lymphome B indolent
Transformation de lymphome indolent à cellule B
Lymphome à grande cellule B
Lymphome diffus à grande cellule B
Lymphome à grandes cellules B riche en cellules T/histiocytes THRLBCL
Lymphome à grandes cellules B avec réarrangements de MYC et BCL2
Lymphome à grandes cellules B ALK positif
Lymphome à grandes cellules B avec réarrangement IRF4
Lymphome de haut grade avec aberration 11q
Granulomatose lymphomatoïde
Lymphome diffus à grandes cellules B positif au virus Epstein-Barr
Lymphome diffus à grandes cellules B positif associée avec une inflammation chronique
Lymphome à grandes cellules B associée à la fibrine
Lymphome à grandes cellules B associée à une surcharge liquidienne
Lymphome plasmoblastique
Lymphome à grandes cellules B des sites immunitaires privilégiés IP-LBCL
Lymphome cutané à grandes cellules B de type jambe
Lymphome B à grandes cellules intravasculaires
Lymphome médiastinal à grandes cellules B
Lymphome de la zone grise GZL
Lymphome B de haut grade
Lymphome de Burkitt
Lymphome de Burkitt
Lymphome et prolifération lymphoïde de cellule B associés au KSHV/HHV8
Lymphome primitif des séreuses
Lymphome diffus à grandes cellules B (KSHV+/HHV8+ )
Lymphoprolifération germinotrope (HHV-8+/EBV+)
Lymphome et prolifération lymphoïde associé à un déficit immunitaire
Hyperplasies survenant dans un contexte de déficience ou de dérégulation immunitaire
Troubles lymphoprolifératifs polymorphes survenant dans un contexte de déficience ou de dérégulation immunitaire
Ulcére muco-cutanée EBV-positive
Lymphomes liés à un déficit ou une dérégulation immunitaire
Proliférations lymphoïdes et lymphomes liées aux erreurs innées de l’immunité
Lymphome de Hodgkin
Lymphome de Hodgkin classique
Lymphome de Hodgkin à prédominance lymphocytaire nodulaire
Néoplasme à cellule plasmocytaire et autres maladies avec une protéine anomale
Gammapathie monoclonale
Maladie des agglutinines froides
Gammapathie monoclonale de signification indéterminée de type IgM
Gammapathie monoclonale de signification indéterminée de type non IgM
Gammapathie monoclonale à signification rénale
Gammapathie avec dépôt d'immunoglobuline monoclonale
Amylose à chaînes légères d'immunoglobulines
Maladie des dépôts d'immunoglobuline monoclonale non-amyloïde
Maladies à chaînes lourdes
Maladie des chaînes lourdes mu
Maladie des chaînes lourdes gamma
Maladie des chaînes lourdes alpha
Néoplasme plasmocytaire
Plasmocytome
Myélome
Néoplasmes à cellules plasmocytaire avec syndrome paranéoplasique associé:
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Proliférations lymphocytaires T ou NK et lymphomes

Base de la classification

Différents types de lymphome T et leur mutation

Le schéma représente un ganglion lymphatique. Le follicule est représenté en jaune. On divise les lymphomes à cellules T et NK en forme ganglionnaire (nodal) et extra ganglionnaire (extra nodal) selon ou non qu’ils se développent dans le ganglion.

Les lymphomes à cellules T forment un groupe hétérogène de néoplasies rares, généralement agressives, dérivées des lymphocytes T ou des cellules tueuses naturelles. Ils représentent environ 5 à 10 % de l’ensemble des lymphomes dans les pays occidentaux, avec une incidence globale de 0,5 à 2 cas pour 100 000 habitants par an [11]. Selon le sous-type histologique, les lymphomes à cellules T peuvent se présenter sous une forme ganglionnaire ou extraganglionnaire [12],[13].

Classification

Davantage d’informations Désignation OMS, Abréviation ...
Proliférations lymphocytaires T/NK et des lymphomes OMS 2022
Désignation OMS Abréviation Agressivitè
Lésions pseudo-tumorales à prédominance T
Maladie de Kikuchi-Fujimoto
Prolifération indolente lymphoblastique à cellules T
Syndrome lymphoprolifératif auto-immun
Néoplasme des précurseurs des cellules T
Leucémie lymphoblastique ou lymphome à cellule T sans précision
Leucémie lymphoblastique ou lymphome à précurseur des cellules T
Néoplasme des cellules T et des cellules NK
Leucémies des cellules T /NK matures
Leucémie prolymphocytaire à cellules T T-PLL
Leucémie à grands lymphocytes granuleux T T-LGL
Leucémie à grands lymphocytes granuleux NK NK-LGL
Leucémie ou lymphome à cellule T de l'adulte
Syndrome de Sézary
Leucémie agressive à cellule NK ANKL
Lymphomes T primaires cutanés
Trouble lymphoprolifératif cutané primaire à petites ou moyennes cellules T CD4-positives
Trouble lymphoprolifératif cutané des extrémitèes à cellules T CD8-positives
Mycosis fongoïde
Papulose lymphomatoïde
Lymphome cutané primitif anaplasique à grandes cellules pcALCL
Lymphome T sous-cutané type panniculite
Lymphome T cutané primitif de phénotype TCR gamma/delta PCGDTCL
Lymphome T cytotoxique épidermotrope agressif primitif cutané CD8-positif.
Lymphome T périphérique primitif cutané sans précision
Prolifération lymphoïde et lymphome intestinal à cellules T/NK
Lymphome indolent T du tractus gastro-intestinal
Prolifération lymphoproliférative indolente NK du tractus gastro-intestinal
Lymphome T associé à une entéropathie
Lymphome T intestinal epithéliotrope monomorphe
Lymphome T intestinal sans précision
Lymphome T/NK hépato-splénique
Lymphome T/NK hépato-splénique
Lymphome anaplasique à grandes cellules
Lymphome anaplasique à grandes cellules ALK + ALK+ALCL
Lymphome anaplasique à grandes cellules ALK - ALK-ALCL
Lymphome anaplasique à grandes cellules associé aux implants mammaires BIA-ALCL
Lymphome ganglionnaire à cellule T auxiliaire
Lymphome ganglionnaire à cellule T auxiliaire type immunoangioblastique nTFHL-AI
Lymphome ganglionnaire à cellule T auxiliaire type folliculaire nTFHL-F
Lymphome ganglionnaire à cellule T auxiliaire sans précision nTFHL-NOS
Autres lymphomes périphériques à cellules T
Lymphome T périphérique sans précision
Lymphomes à cellules T/NK EBV positif
Lymphome ganglionnaire à cellules T/NK EBV+
Lymphome extra-ganglionnaire à cellules T/NK EBV+ ENKTL
Prolifération lymphoïde et lymphome à cellules T/ NK EBV + de l'enfance
Allergie sévère à la piqûre de moustique
Trouble lymphoprolifératif de type hydroa vacciniforme. LHV-L
Maladie systémique chronique active liée au virus d’Epstein-Barr CAEBV
Lymphome T systémique de l’enfant EBV + SEBVTCL
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Causes

Toxicologie

On connait plusieurs facteurs environnementaux de risques :

  • l'exposition aux solvants ; selon une étude américaine de 2008 ayant porté sur 1 318 femmes salariées du Connecticut (dont 601 atteintes d'un lymphome de 1996 à 2000), l'exposition des femmes aux solvants chlorés provoque une hausse de 40 % du risque de lymphome non hodgkinien (LNH) et de plus de 100 % dans le cas du tétrachlorométhane[14]. Être exposée à tout solvant organique augmente le risque de développer un LNH selon cette étude ;
  • l'exposition aux pesticides, chez les agriculteurs en particulier : une étude de 2009, portant sur la population masculine française, a montré que l'incidence des lymphomes était deux à trois fois plus élevée parmi les agriculteurs[15] ;
  • l'exposition aux antidépresseurs tricycliques : une publication étudiant 2 768 cas et 22 177 témoins, montre une augmentation de 1,2 fois le risque en cas d'utilisation prolongée, avec un faible niveau de preuve statistique, tant de façon globale que pour un sous-type particulier de LNH[16].

Prédispositions génétiques ou caractère mutagène des pesticides ?

En cherchant des biomarqueurs prédictifs de lymphomes chez des personnes exposées aux pesticides, à partir de la base de données Agrican de l'INSERM, des chercheurs marseillais ont trouvé[17] dans le sang de participants à l'étude Agrican des cellules anormales qui semblent être les précurseurs des cellules tumorales constituant les lymphomes folliculaires. Selon Bertrand Nadel, ces biomarqueurs « témoignent d'un lien moléculaire entre l'exposition des agriculteurs aux pesticides, une anomalie génétique et la prolifération de ces cellules, qui sont des précurseurs de cancer », et « cet effet est fonction de la dose et du temps d'exposition[18][source insuffisante]. » Cette anomalie génétique ferait qu'un fragment du chromosome 14 s'en détacherait pour aller activer un oncogène situé sur le chromosome 18. L'expression de cet oncogène n'étant plus inhibée, des cellules qui auraient dû mourir vont proliférer.

Les personnes davantage exposées aux pesticides étant plus nombreuses que la moyenne à présenter dans leurs lymphocytes sanguins cette anomalie génétique, il semble que les pesticides puissent être responsables de cassures et mutation délétères de l'ADN. D'autres effets sont associés à cette anomalie, dont une instabilité générale du génome : deux gènes sont exprimés en même temps alors que normalement ils ne le sont pas, ce qui permet aux cellules anormales de résister aux mécanismes de mort cellulaire programmée, ajoute Bertrand Nadel. Environ 50 % de la population française porte la translocation, soit environ 30 millions de Français, mais moins d'une personne sur 17 000 déclare ce type de cancer[17]. Chez les agriculteurs ou les individus exposés aux pesticides, le sang présente « 100 à 1 000 fois plus de cellules "transloquées" » que la moyenne[17].

Recherche

La lignée cellulaire Jurkat, utilisée en recherche, est issue de ce type de lymphome[19].

Sources

  • Alaggio, R., Amador, C., Anagnostopoulos, I. et al. The 5th edition of the World Health Organization Classification of Haematolymphoid Tumours: Lymphoid Neoplasms. Leukemia 36, 1720–1748 (2022). https://doi.org/10.1038/s41375-022-01620-2 paru sous license Creative Commons Attribution 4.0 International
  • Sánchez-Beato, M., Méndez, M., Guirado, M. et al. A genetic profiling guideline to support diagnosis and clinical management of lymphomas. Clin Transl Oncol 26, 1043–1062 (2024). https://doi.org/10.1007/s12094-023-03307-1 paru sous license Creative Commons Attribution 4.0 International

Notes et références

Voir aussi

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