M8 Greyhound
automitrailleuse produite par les États-Unis
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Le M8 Light Armored Car, surnommé Greyhound par les Britanniques, est un véhicule blindé à roues produit par la Ford Motor Company et utilisé par les Alliés au cours de la Seconde Guerre mondiale. Développé dans l’urgence entre 1941 et 1942, le M8 doit initialement servir de chasseur de chars léger, mais l’obsolescence de son armement pour ce type de mission apparaît avant même la fin de sa conception et il est redirigé vers le rôle de véhicule blindé de reconnaissance. Par souci de standardisation de son matériel, l’United States Army fait du M8 son modèle unique d’automitrailleuse en , mais des retards liés à la négociation du contrat avec Ford repoussent sa mise en production au mois de . Celle-ci s’achève en sur un total de 8 634 exemplaires construits. Une variante sans tourelle, le M20, a également été produite afin de servir de poste de commandement mobile ou de véhicule logistique légèrement blindé.
| Light Armored Car, M8 | |
M8 exposé à l'Eurosatory en 2012. | |
| Caractéristiques de service | |
|---|---|
| Type | Véhicule blindé de reconnaissance |
| Utilisateurs | > 40 pays (Liste) |
| Production | |
| Concepteur | Ford |
| Année de conception | 1941-1942 |
| Constructeur | Ford |
| Production | - |
| Unités produites | 8 634 |
| Caractéristiques générales | |
| Équipage | 4 |
| Longueur | 5 m |
| Largeur | 2,54 m |
| Hauteur | 2,25 m |
| Masse au combat | 7,9 t |
| Armement | |
| Armement principal | 1 canon M6 de 37 mm |
| Armement secondaire | 1 mitrailleuse Browning M2 de 12,7 mm 1 mitrailleuse Browning 1919 de 7,62 mm |
| Mobilité | |
| Moteur | Hercules JXD 6 cylindres |
| Puissance | 110 hp à 3 200 tr/min |
| Suspension | Ressorts à lames |
| Vitesse sur route | 89 km/h |
| Autonomie | Env. 563 km |
| modifier |
|
Le bilan du M8 est assez mitigé : disposant de capacités de franchissement limitées, il peine à évoluer hors route, en particulier en présence de relief ou de couvert forestier, même léger. Ce problème est d’autant plus aigu qu’il est faiblement blindé et que, par conséquent, la vitesse et la manœuvrabilité sont vitales à sa survie. Le fait d’être fortement dépendant des routes réduit par ailleurs son intérêt comme véhicule de reconnaissance et le rend vulnérable aux mines, contre lesquelles il est peu protégé. Le M8 se montre en revanche bien plus efficace sur les terrains ouverts dotés d’un minimum d’infrastructure routière, où sa vitesse et son endurance constituent un avantage.
Le M8 est retiré du service dans l’armée des États-Unis peu après la fin de la Seconde Guerre mondiale, mais reste utilisé tout au long de la deuxième moitié du XXe siècle par de nombreux pays, notamment pour la lutte contre les insurrections et le maintien de l’ordre. L’armée française en déploie ainsi plusieurs centaines pendant les guerres d’Indochine et d’Algérie. Du fait de cette large utilisation, de nombreuses variations locales ont été introduites, notamment liées au remplacement de la motorisation et de l’armement d’origine. Il figure encore à l’inventaire des armées de quelques pays d’Afrique et d’Amérique latine dans la deuxième décennie du XXIe siècle.
Développement

En 1940, à la suite des résultats obtenus par les blindés allemands pendant la campagne de France, l’armée américaine fait de la lutte antichar un élément clé de sa doctrine et crée le Tank Destroyer Command. Elle cherche alors à se procurer un canon antichar mobile, mais le premier véhicule réalisé, le M6 Gun Motor Carriage, se révèle peu satisfaisant. L’Ordnance Department lance donc en un appel d’offres pour un chasseur de char léger, dont l’aspect est déjà défini dans les grandes lignes : un camion 6 × 4 disposant d’une tourelle armée d’un canon de 37 mm et d’une mitrailleuse de 7,62 mm, une autre mitrailleuse de même calibre en proue et un blindage capable de résister à des balles de 12,7 mm à l’avant et 7,62 mm sur les côtés, pour un poids maximal de cinq tonnes[1].
Trois offres sont retenues pour la poursuite du développement : d’abord, en , le T22 de Ford et le T23 de Fargo, une filiale de Chrysler, puis, le , le T43, renommé ultérieurement T21, de Studebaker[1]. Les Américains réalisent cependant pendant cette période que le canon de 37 mm n’est pas adapté au combat contre les chars modernes et le programme est réorienté vers la production d’une automitrailleuse de reconnaissance à la place d’un chasseur de char léger[2],[3].
Ford est le premier à livrer un prototype, dont les essais débutent le à Aberdeen, avant de se poursuivre à Fort Knox à partir du [a]. Ces derniers étant satisfaisants et le besoin d’un nouveau véhicule urgent, le T22 est accepté le , sans attendre la livraison des T21 et T23[2],[3]. Les tests ayant toutefois mis en évidence un certain nombre de défauts, une nouvelle version, dite T22E2[b], est mise au point dans les mois qui suivent, celle-ci prenant le la désignation officielle « Light Armored Car, M8 »[4]. Dans l’intervalle, les essais réalisés sur le T21 le se révèlent peu satisfaisants, confirmant le choix du T22 et entraînant l’abandon de ce projet[5].

Le choix du M8 ne fait pas l’unanimité. La cavalerie notamment, l’un de ses principaux destinataires, le trouve trop lourd, trop lent et trop peu performant en tout-terrain[3]. L’insatisfaction augmente encore en , lorsque, suivant les recommandations de la Palmer Board — une commission de rationalisation des programmes de développement des blindés — l’état-major décide d’imposer le M8 comme unique automitrailleuse pour l’ensemble des forces armées. Cette décision permet de faciliter la logistique, mais suscite la grogne des forces blindées, qui trouvent le M8 trop léger, et partagent l’avis de la cavalerie sur la faiblesse du véhicule en tout-terrain[6]. La presse finit par s’emparer de ces controverses et le M8 fait l’objet à partir de d’articles hostiles, notamment dans le New York Times[7]. De leur côté, les Britanniques, à qui le M8 a été proposé dans le cadre du prêt-bail, montrent initialement de l’intérêt, mais préfèrent finalement se tourner vers d’autres modèles, comme le Staghound, dès [5],[4].
Production et améliorations
Bien qu’une commande de cinq mille M8 ait été passée dès le , avant même la fin des essais du T22E2, il faut près d’un an avant que la production puisse débuter, en raison de désaccords entre Ford et le gouvernement américain sur les termes du contrat[8]. De fait, la production ne débute qu’en , d’abord à l’usine Ford de Saint-Paul, puis à celle de Chicago à partir du mois de mai. À cette date, le M8 n’est cependant pas encore accepté pour le service et ce n’est que le que l’Armored Force Board, après avoir passé l’été à tester le véhicule, le reconnaît apte à entrer en service[9].
En cours de production, les ingénieurs de Ford cherchent une solution aux problèmes récurrents de suspension rencontrés par le M8. À cette fin, des modifications sont effectuées sur deux exemplaires à partir de et aboutissent en au M8E1, dont les suspensions à ressorts à lames sont remplacées par des barres de torsion. Cette modification n’est finalement pas retenue, mais les recherches effectuées permettent d’introduire au cours de 1943 quelques améliorations au niveau des suspensions[9].

En parallèle, le développement d’un remplaçant commence dès 1943, avec une proposition de Studebaker, le T27, et une de Chevrolet, le T28. Les deux prototypes sont livrés à l’automne 1943 et testés jusqu’à l’été 1944. Ces essais montrent qu’ils sont tous deux supérieurs au M8, avec un net avantage pour le T28, qui est adopté sous le nom de « Light Armored Car, M38 » en . Toutefois, l’U.S. Army considère à cette date qu’elle n’a plus besoin d’un tel véhicule et ne commande aucun exemplaire du M38, qui ne sera ainsi pas produit[10]. De son côté, la production du M8 prend fin en après que 8 634 unités aient été assemblées[11].
La diffusion du M8 dans de nombreuses armées à partir des années 1960 entraîne l’apparition d’un grand nombre de variantes basées soit sur des modifications locales, soit sur des kits vendus par des entreprises d’armement. La firme américaine NAPCO propose ainsi une autre motorisation avec un moteur Diesel ou le remplacement du canon de 37 mm par un lance-missiles TOW. De son côté, l’entreprise française EFAB met sur le marché un kit de remplacement de la tourelle d’origine par celle de l’AML 90[12].
Histoire opérationnelle
Seconde Guerre mondiale
Les premiers M8 arrivent sur le théâtre italien à l’automne 1943[13]. Les premières unités à en être équipées sont le 81st Armored Reconnaissance Battalion et le 91st Cavalry Reconnaissance Squadron. Ce dernier est également le premier à les employer au combat le , lors de la bataille de la rivière Rapido. Quelques jours plus tard, le , les M8 du 81st ARB sont avec les éléments débarqués à Anzio, où les premières pertes sont enregistrées à la fin du mois. Au total, cent onze M8 et soixante-douze M20 sont perdus sur le front italien, principalement à cause des mines[14]. Le terrain très montagneux met également en évidence les limites du véhicule en matière de franchissement et les utilisateurs se plaignent qu’il est peu utilisable hors route, ce qui en réduit considérablement l’utilité en tant que véhicule de reconnaissance[15].
Le manque de manœuvrabilité et de capacité de franchissement est également un problème au cours de la bataille de Normandie : ne pouvant franchir les haies, le M8 est contraint de suivre les routes et chemins creux, qui sont fortifiés et minés et dans lesquels il a du mal à faire demi-tour[16]. En revanche, sa rapidité et son endurance le rendent très efficace sur les terrains ouverts de l’opération Cobra, pendant laquelle il sert à couvrir les flancs des divisions blindées[17]. Paradoxalement, ce terrain plus favorable entraîne davantage de pertes, du fait de l’usage plus intensif qui en est fait. Mal utilisée, la rapidité peut en effet constituer un danger : le , le 117th Reconnaissance Squadron est en grande partie détruit après s’être aventuré trop loin derrière les lignes allemandes, où il se retrouve seul face à un bataillon de la 11e Panzerdivision à Montrevel[18].
Après-guerre

Après la fin de la guerre, les M8 et M20 servent à assurer les missions de police dans la zone d’occupation américaine en Allemagne au sein de l’United States Constabulary (en), ainsi que pour des tâches similaires au Japon et en Corée[10]. Lorsque la guerre de Corée éclate en 1950, quelques dizaines de M8 sont en service dans l’armée de la Corée du Sud, dont il s’agit du seul véhicule blindé. Les Américains utilisent également de manière limitée les M8 et M20, qui sont alors encore employés par les unités de reconnaissance des divisions d’infanterie[19].
C’est toutefois la France qui se révèle être le plus gros utilisateur du M8 dans les décennies suivant la Seconde Guerre mondiale. Le véhicule est employé en grande quantité au sein des Groupes d’escadrons de reconnaissance (GER) et de la gendarmerie prévôtale pendant la guerre d’Indochine, au point que plusieurs centaines d’exemplaires supplémentaires sont achetés aux États-Unis. Le véhicule est également utilisé pendant la guerre d’Algérie[20]. Il ne commence à être retiré du service au profit de l’Engin blindé de reconnaissance (EBR) qu’en 1956[21].
L’armée vietnamienne récupère une partie des engins français en 1954 et les utilise pendant la guerre du Viêt Nam, des exemplaires supplémentaires étant encore fournis par les États-Unis[20]. La disponibilité et le faible coût du M8 l’amènent enfin à entrer dans l’inventaire des armées de nombreux pays dans le monde entier dans les années 1960 et 1970. Il se retrouve ainsi souvent dans des conflits de basse intensité et des guerres civiles, notamment en Afrique et en Amérique du Sud[22]. Le M8 est encore en service à la fin des années 1990, principalement dans des unités de police[23]. Il figure encore en faibles quantités à l’inventaire des armées de quelques pays d’Afrique et d’Amérique latine dans la deuxième décennie du XXIe siècle[24].
Caractéristiques
Mobilité
Le M8 est propulsé par un moteur Hercules JXD de six cylindres en ligne développant 110 hp. Ce moteur fonctionne à l’essence 70 octane[25]. Le système de direction et la transmission sont similaires à ceux d’une automobile, ce qui facilite la formation des conducteurs et la maintenance. La direction utilise ainsi un volant et la boîte de vitesses Warner Gear Co. fonctionne avec une pédale d’embrayage classique[25].
Alors que les spécifications initiales ne demandaient qu’un 6 × 4, le M8 est un véhicule 6 × 6, les trois essieux Timken servant à la propulsion. Dans l’ensemble, le train de roulement est d’une conception assez classique et réutilise des composants issus de véhicules civils au lieu de pièces spécifiquement conçues pour le véhicule[25]. Si ce système présente l’avantage de faciliter la production, il est dans l’ensemble moins robuste et efficace lors des opérations hors routes. Les suspensions, qui utilisent des ressorts à lames, sont notamment un des points noirs du M8. Ainsi, sur l’essieu avant, la suspension compte à l’origine onze lames, mais du fait des casses fréquentes en tout-terrain, le nombre de lames est alors porté à treize, avec pour effet de rendre la suspension plus dure et d’entraîner des ruptures de l’essieu. La tentative d’installer une suspension à barres de torsion sur l’essieu avant ayant échoué, les problèmes de suspension persistent tout au long de l’existence du véhicule[26].
Protection
Les spécifications de l’appel à projet attendent un blindage suffisant pour résister à des projectiles de 12,7 mm à l’avant et 7,62 mm sur les côtés ; il n’y a aucune exigence de protection du plancher ou du toit[1]. Ford s’en tient à ces exigences et le M8 est ainsi juste assez protégé pour résister aux armes légères, avec notamment un blindage du plancher et du toit limités à 0,25 po (6,35 mm). Le toit de tourelle est par ailleurs largement ouvert, rendant l’équipage très vulnérable à l’artillerie ainsi qu’aux attaques rapprochées à la grenade, en particulier en milieu urbain[27].
Dès , les essais du Desert Warfare Board mettent en outre en évidence que le M8 était particulièrement vulnérable aux mines. Il est décidé en d’augmenter le blindage du plancher et de fournir un kit de surblindage pour les véhicules déjà produits. La mise au point de celui-ci dure jusqu’en , ce qui conduit la plupart des unités à effectuer leurs propres modifications dans l’intervalle[28]. La faiblesse du blindage à l’arrière suscitant également de l’inquiétude, les M8 envoyés au front sont par ailleurs rééquipés avec des réservoirs de carburant auto-obturants afin de réduire le risque d’incendie[5].
Armement et équipement
Armement principal
L’armement principal du M8 est un canon M6 de 37 mm disposé en tourelle et couplé à un viseur télescopique M70D[25]. L’ajustement en azimut se fait manuellement par l’intermédiaire d’un volant à une vitesse sur les mille cent premiers exemplaires et à deux vitesses sur ceux produits à partir de la fin du mois d’[29]. Le tir est commandé par une pédale[30].
La dotation standard est de quatre-vingts obus, dont seize sont disposés à portée de main sur les murs intérieurs de la tourelle, le reste se trouvant dans un casier situé le long du côté droit de la caisse. Cet emplacement étant toutefois occupé par une deuxième radio sur les véhicules de la cavalerie, ceux-ci n’emportent en principe que les seize obus de la tourelle, bien qu’il ait été fréquent que les unités modifient sur le terrain les véhicules pour emporter davantage de munitions. Trois types d’obus sont employés : le M63 explosif, la boîte à mitraille M2 et le M51B1 ou B2 perforant. Ce dernier est toutefois peu utilisé du fait que lorsque le M8 arrive dans les unités en 1943, son canon de 37 mm est déjà largement inutile contre la plupart des véhicules blindés allemands[30].
Armement secondaire
Le M8 est armé d’une mitrailleuse coaxiale M1919A4 actionnée par une pédale[25]. Cette mitrailleuse peut être démontée et un trépied pour celle-ci est stocké à bord, afin d’augmenter la capacité défensive de l’équipage dans le cas où celui-ci serait contraint d’abandonner le véhicule[31]. Une deuxième mitrailleuse de 7,62 mm est initialement prévue en proue, mais l’idée est abandonnée dès le printemps 1942, aucun des utilisateurs envisagés du M8 n’ayant exprimé d’intérêt pour une telle disposition[4].
Le premier véhicule de production est également armé d’une mitrailleuse Browning M2 de 12,7 mm et d’une de 7,62 mm montées sur pivot sur le toit de la tourelle dans le but d’assurer la défense antiaérienne. Toutefois, si la cavalerie exprime le besoin d’un tel armement, le Tank Destroyer Command de son côté le considère inutile et il n’est pas incorporé à la production définitive. Un débat houleux s’ensuit entre les différents utilisateurs, auxquels se joignent les services du train, puis à la question de l’armement s’ajoute celle de l’affût. Pendant plusieurs mois des dispositions sont discutées, négociées, adoptées puis annulées, avec pour effet qu’en les M8 sont toujours produits sans cet armement[32]. Le besoin de celui-ci étant important sur le terrain, les unités de cavalerie entreprennent cependant de monter elles-mêmes une mitrailleuse M2 en utilisant divers types d’affût, en fonction du matériel disponible[33].

Pour sa défense, l’équipage dispose également de carabines M1 et de douze grenades. Des supports situés sur les côtés extérieurs permettent d’emporter six mines antichars M1A1. Ils sont toutefois peu utilisés, les équipages appréciant peu la perspective de transporter des mines non protégées sur les flancs de leur véhicule[31]. Ces emplacements sont finalement remplacés par des casiers fermés pour stocker du matériel[26].
Équipement radio
En principe tous les M8 auraient dû être équipés du nouveau modèle de radio SCR-508 (en), mais ces nouveaux équipements étant peu nombreux, les premiers véhicules reçurent souvent un émetteur SCR-193 (en) et un récepteur SCR-312 à la place. La SCR-508 est installée dans un renfoncement de la caisse à la gauche du tireur. C’est une radio courte portée conçue pour être assez simple d’emploi, afin de pouvoir être utilisée pour la communication entre les véhicules d’une même troupe sans avoir besoin d’un spécialiste pour la manipuler[34].
Les véhicules de cavalerie emportent une deuxième radio installée à la place du casier à obus, à droite du chef de char. Il s’agit d’une SCR-506 FM destinée à communiquer avec l’échelon supérieur. De même, certains véhicules opérant avec les bataillons de chasseurs de chars sont équipés de SCR-608 et 610 pour une meilleure compatibilité, ces unités employant généralement ce type de radio[31].
L’usage ayant montré que les radios vidaient trop rapidement les batteries lorsque le moteur était éteint, un générateur auxiliaire Little Joe est installé à partir d’ pour permettre l’utilisation des radios sans devoir laisser tourner le moteur en permanence[35].
Équipage
L’équipage standard est de quatre personnes, mais le M8 peut opérer avec seulement trois membres d’équipage. Le copilote, situé à l’avant-droit, n’a en effet que peu de tâches spécifiques et il n’est pas rare que ce poste soit laissé vacant. Dans l’ensemble, le véhicule est peu confortable : l’intérieur est peu spacieux et la tourelle ouverte expose ses occupants aux intempéries[25].
Le conducteur est placé à l’avant-gauche. Sa tâche est facilitée par les contrôles similaires à ceux d’une automobile, mais compliquée par le manque de visibilité lorsque les trappes sont fermées. Sa vision est limitée dans ces conditions à une mince fente dans le volet blindé et à un épiscope, qui ne permettent de ne voir que vers l’avant. Le tireur prend place sur un siège fixé à l’anneau de tourelle à gauche du canon[25]. Le chef du véhicule prend place à droite du canon et doit, en plus de ses fonctions de commandement, assurer le chargement du canon et de la mitrailleuse coaxiale[30].
Variantes
M20

Dès le mois de , des variantes du M8 sont prévues. Parmi celles-ci se trouvent notamment le véhicule blindé de commandement T26 et le transport de troupe T20. Finalement, les spécifications pour ces deux véhicules étant similaires, ils sont fusionnés en un seul sous la dénomination de Armored Utility Car T26[35]. Le T26 est reconnu bon pour le service le sous le nom de M10. Toutefois, ce code étant déjà utilisé par le M10 Wolverine, il fut changé en M20 lorsque le véhicule fut accepté comme standard le et la production débuta en à l’usine Ford de Chicago[36]. La production du M20 s’achève en avec un total de 3 680 exemplaires produits[11].
Le M20 se présente sous la forme d’un M8 sans tourelle, le dessus de la caisse étant entièrement ouvert, le bord de celle-ci étant simplement surélevé par un parapet de 38 cm. Cette configuration lui permet d’embarquer de cinq à sept hommes assis, ou environ 1 360 kg de matériel une fois les sièges retirés. Les premiers exemplaires sont dotés d’une mitrailleuse M2 de 12,7 mm montée sur tourelleau, mais, peu d’unités en ayant le besoin, celle-ci est retirée du modèle standard en , les troupes pouvant en installer une sur le terrain si nécessaire[36].
T69 Multiple Guns Motor Carriage

En plus du T20 et du T26, une troisième version est prévue dès pour remplir le rôle de véhicule anti-aérien. Le T69 est ainsi un M8 dont la tourelle d’origine est remplacée par une tourelle électrique développée par Maxson Corporation et armée de quatre mitrailleuses M2 de 12,7 mm. Les essais ne fournissent cependant pas les résultats escomptés et l’Antiaircraft Board lui préfère finalement le M16 MGMC[36].
Annexes
Liste des utilisateurs
| Pays | Nombre d’exemplaires | Commentaire |
|---|---|---|
| nd | Véhicules capturés réutilisées en nombre limité par l’armée allemande[37]. | |
| nd | En service jusqu’à la fin des années 1950 puis transférés aux gardes-frontières, qui retirent le canon[21]. | |
| nd | Obtenus auprès de la France[12]. | |
| nd | ||
| nd | Obtenus des États-Unis dans le cadre du programme d’assistance militaire[21]. | |
| nd | ||
| 7 M8 à l’inventaire en 2025[24]. | Obtenus auprès de la France[12]. | |
| 20 M8 reçus pendant la Seconde Guerre mondiale[37]. | Tentative de modernisation avortée appelée CRR Brasileiro avec un moteur Mercedes-Benz OM-321 et conversion en 4x4[12]. | |
| 8 M8 à l’inventaire en 2021[38]. | Retirés du service entre 2022 et 2025[24]. | |
| 8 M8 à l’inventaire en 2025[24]. | Obtenus auprès de la France. Moteur et transmission modernisés à la fin des années 1960 par NAPCO[12]. | |
| nd | Obtenus auprès de la Grèce. Moteur et transmission modernisés à la fin des années 1960 par NAPCO[12]. | |
| nd | Armement modifié par NAPCO : mitrailleuse de 12,7 mm à la place du canon et lance-missile antichar TOW[12]. | |
| nd | Anciens véhicules belges utilisés par la Force publique[12]. | |
| 37 M8 | Livrés en . | |
| nd | Obtenus auprès de la France[12]. | |
| nd | Moteur et transmission modernisés à la fin des années 1960 par NAPCO[12]. | |
| nd | Retirés du service après la guerre de Corée, quelques exemplaires transmis à diverses forces de police où ils furent utilisés jusque dans les années 1990[20]. | |
| nd | Moteur et transmission modernisés à la fin des années 1960 par NAPCO[12]. | |
| 689 M8 et 205 M20 reçus pendant la Seconde Guerre mondiale[37] 347 M8 et M20 supplémentaires reçus pendant la guerre d’Indochine[20]. |
Utilisés dans l’armée jusqu’à la fin des années 1950, certains exemplaires étant ensuite transmis à la gendarmerie[21]. | |
| 207 au total[12] | ||
| 7 M8 en réserve en 2025[24]. | Moteur et transmission modernisés à la fin des années 1960 par NAPCO[12]. | |
| nd | Moteur et transmission modernisés à la fin des années 1960 par NAPCO[12]. | |
| nd | Obtenus auprès de la France[12]. | |
| nd | ||
| nd | Moteur et transmission modernisés à la fin des années 1960 par NAPCO[12]. | |
| nd | ||
| 8 M8 à l’inventaire en 2025[24]. | Obtenus auprès de la France[12]. | |
| nd | Une partie obtenue auprès de la France et une autre des États-Unis[40]. | |
| 40 M8 à l’inventaire en 2025[24]. | ||
| nd | Obtenus auprès de la France[12]. | |
| nd | ||
| nd | ||
| nd | ||
| 10 M8 à l’inventaire en 2021[38]. | Obtenus auprès de la France[12]. | |
| nd | Obtenus auprès de la France[20]. | |
| nd | ||
| nd | ||
| 6 M8 à l’inventaire en 2025[24]. | Obtenus auprès de la France[12]. | |
| nd | ||
| nd | ||
| nd | Moteur et transmission modernisés à la fin des années 1960 par NAPCO[12]. | |
| nd | Obtenus des États-Unis dans le cadre du programme d’assistance militaire[21]. | |
| nd | Moteur et transmission modernisés à la fin des années 1960 par NAPCO[12]. |
Données techniques
| Modèle | M8[27] | M20[41] | T69[42] |
|---|---|---|---|
| Équipage | 4 | 2-6[43] | 3 |
| Longueur | 197 po (5 m) | ||
| Largeur | 100 po (2,54 m) | ||
| Hauteur | 88,5 po (2,25 m) | 91 po (2,31 m) | 85 po (2,16 m) |
| Garde au sol | 11,5 po (0,29 m) | ||
| Masse à vide | 14 500 lb (6 577 kg) | 12 800 lb (5 806 kg) | 15 300 lb (6 940 kg) |
| Masse en ordre de combat | 17 400 lb (7 893 kg) | 15 650 lb (7 099 kg) | 17 140 lb (7 775 kg) |
| Pression au sol | 13,6 psi[43] | 12,7 psi[43] | |
| Modèle | M8[27] | M20[41] | T69[42] |
|---|---|---|---|
| Motorisation | Hercules JXD 6 cylindres en ligne 320 po3 (5 243,86 cm3) | ||
| Refroidissement | Liquide | ||
| Puissance | 110 hp à 3200 tr/min | ||
| Couple net maximum | 220 ft-lb (298 N m) à 1 150 tr/min | ||
| Puissance massique (hp/t) | 12,6 | 14,1 | 12,8 |
| Transmission | Boîte synchronisé (4 vitesses avant, 1 vitesse arrière) | ||
| Suspension | Ressorts à lame sur 6 roues | ||
| Type de carburant | Essence 72 octane | ||
| Contenance des réservoirs de carburant | 56 gallons (212 L) | ||
| Vitesse maximale sur route | 89 km/h | ||
| Autonomie sur route | Env. 563 km | ||
| Franchissement hauteur | 12 po (0,3 m) | ||
| Franchissement largeur | 1,5 pi (0,46 m) | ||
| Franchissement profondeur | 24 po (0,61 m) | ||
| Franchissement pente | 60 % | ||
| Rayon de braquage | 28 pi (8,53 m) | ||
| Modèle | M8[27] | M20[41] | T69[42] |
|---|---|---|---|
| Caisse avant | 19,1 mm à 45° | ||
| Caisse côtés | 9,5 mm à 22° | ||
| Caisse arrière | 9,5 mm à 0° | ||
| Caisse plancher | 6,4 mm à 90° | ||
| Tourelle avant | 19,1 mm à 15° | - | 9,5 mm |
| Tourelle côtés | 19,1 mm à 18° | - | 9,5 mm |
| Tourelle arrière | 19,1 mm à 17° | - | 9,5 mm |
| Tourelle toit | 6,4 mm à 90° (mais la majeure partie de la tourelle est ouverte) | - | Ouvert |
| Mantelet | 25.4 mm à 0-60° | - | - |
| Modèle | M8[27] | M20[41] | T69[42] |
|---|---|---|---|
| Armement principal | 1 canon M6 de 37 avec monture M23A1 en tourelle | - | 4 mitrailleuses Browning M2 de 12,7 mm en tourelle |
| Azimut armement principal | 360 ° (manuel) | - | 360° (électrique) |
| Élévation armement principal | +20° à -10° (manuel) | - | +85° à -10° (électrique) |
| Cadence de tir armement principal | 30 coups par minute | - | 1800-2300 coups par minute |
| Conduite de tir | Visée télescopique M70D | - | Viseur Navy Mark IX illuminé |
| Munitions armement principal | 80 obus (limité à 16 sur les véhicules emportant deux radios) | - | 3800 cartouches |
| Armement secondaire 1 | 1 mitrailleuse Browning M2 de 12,7 mm à usage antiaérien montée sur la tourelle | 1 mitrailleuse Browning M2 de 12,7 mm avec monture M49 ou M66 | - |
| Munitions armement secondaire 1 | 400 cartouches | 1000 cartouches | - |
| Armement secondaire 2 | 1 mitrailleuse Browning M1919A4 coaxiale | - | - |
| Munitions armement secondaire 2 | 1500 cartouches | - | - |
| Autre armement | 4 carabines M1 (400 cartouches), 12 grenades, 6 mines antichars M1A1, 4 pots fumigènes M1 ou M2 | 5 carabines M1 (500 cartouches), 12 grenades, 1 lance-roquettes antichars M9A1 (10 roquettes), 3 mines antichars M1A1, 4 pots fumigènes M1 ou M2 | 3 carabines M1 (300 cartouches) |
| Radio | 1 ou 2 radios SCR-506, 508, 510, 608 ou 610 | SCR 593 | |
Bibliographie
- (en) Chris Ellis et Peter Chamberlain, American Armoured Cars 1940-1945, Londres, Almarks Publications, .
- (en) R.P. Hunnicutt, Armored Car : A History of American Wheeled Vehicles, Novato, Presidio, (ISBN 978-0-89141-777-4).
- (en) Steven J. Zaloga, M8 Greyhound Light Armored Car 1941-91, vol. 53, Oxford, Osprey Publishing, coll. « New Vanguard », (ISBN 978-1-84176-468-9).