Maison George-Stephen

maison bourgeoise située à Montréal (Québec, Canada) From Wikipedia, the free encyclopedia

La maison George-Stephen (aussi connue sous le nom d’édifice du club Mount Stephen) est une maison bourgeoise située dans le quartier du Mille carré doré de l'arrondissement Ville-Marie à Montréal au Canada.

Situation1430-1440, rue Drummond
Montréal, H3B 1K1
Drapeau du Québec Québec
Drapeau du Canada Canada
TypeMaison bourgeoise
Faits en bref Localisation, Situation ...
Maison George-Stephen
Image illustrative de l’article Maison George-Stephen
Maison George-Stephen (1900)
Localisation
Situation 1430-1440, rue Drummond
Montréal, H3B 1K1
Drapeau du Québec Québec
Drapeau du Canada Canada
Coordonnées 45° 29′ 56″ nord, 73° 34′ 33″ ouest
Géolocalisation sur la carte : Montréal
(Voir situation sur carte : Montréal)
Maison George-Stephen
Géolocalisation sur la carte : Québec
(Voir situation sur carte : Québec)
Maison George-Stephen
Architecture
Type Maison bourgeoise
Style Style néorenaissance
Longueur 42,67 m
Largeur 45,72 m
Hauteur 13,26 m
Superficie 2 555 m2
Superficie du terrain 2 206 m2
Histoire
Architecte William Tutin Thomas
Commanditaire George Stephen
Date d'érection 1881-1883
Résidents notoires George Stephen

Robert Meighen

Club Mount Stephen

Le Mount Stephen

Propriétaire Groupe hôtelier et immobilier Tidan[note 1],[1]
Protection Lieu historique national du Canada (Fédéral-1971)

Immeuble patrimonial classé (Provincial-1975)

Air de protection (Provincial-1978)

Immeuble de valeur patrimoniale exceptionnelle (Municipal-2004)

Secteur de valeur patrimonial exceptionnel Guy-Drummond (Municipal-2004)

Fermer

Cette maison est successivement la résidence de George Stephen, 1er baron Mount Stephen, de 1883 à 1896, puis de son beau-frère Robert Meighen et sa succession de 1896 à 1925. De 1927 à 2011, cette maison bourgeoise accueille le club Mount Stephen, un Gentlemen's club réunissant l’élite montréalaise et internationale. En 2012, un projet d’hôtel de luxe, l’hôtel Le Mount Stephen, prend forme pour occuper en partie la résidence. Ce projet nécessite la construction d’une annexe contemporaine à l’arrière pouvant accueillir 90 chambres, des boutiques et un stationnement intérieur de 96 places. L’ouverture de cet hôtel, à l'origine prévue pour , a lieu le .

Construite entre 1881 et 1883, cette résidence est conçue et réalisée par l’architecte William Tutin Thomas dans une combinaison de styles architecturaux propre à l’architecture victorienne. Elle réunit ainsi les styles de la renaissance italienne, du baroque italien et du baroque anglais du XVIIe siècle. Le style de la renaissance italienne est cependant le style dominant de la façade avant. L'intérieur, conçu par le même architecte comme une œuvre totale, est principalement décoré par l'équipe du charpentier et menuisier Archibald McIntyre, le maître-verrier John C. Spence, ainsi que la compagnie d'ébénisterie et de décoration d'intérieurs Jacques & Hay de Toronto. L'ébéniste James Thomson a aussi produit quelques meubles pour la résidence.

Cette résidence fait aussi l’objet de quelques mesures de protection. Le , la résidence est déclarée lieu historique national du Canada par la commission des lieux et monuments historiques du Canada. Elle est également classée immeuble patrimonial par le ministère de la Culture et des Communications du Québec le . Le , le bâtiment est déclaré « immeuble de valeur patrimoniale exceptionnelle » par la Ville de Montréal. L’édifice est également déclaré être situé dans l’aire de protection de l’édifice du club Mount Stephen le et dans le secteur de valeur patrimonial exceptionnel « Guy-Drummond » le .

Localisation

La maison George-Stephen est située au 1430-1440 de la rue Drummond dans le quartier du Mille carré doré de l’arrondissement Ville-Marie de la ville de Montréal. Elle est localisée à environ 2,7 km du Vieux-Montréal. Le site est notamment desservi par la station de métro Peel de la ligne verte.

Histoire

Avant 1881 : achat du terrain et conception

De 1858 à 1863, George Stephen et son épouse, Annie Charlotte Kane, habitent une maison en rangée au Square Beaver Hall[aa 1],[aa 2],[a 1]. Le , George Stephen acquiert (sous le nom de son épouse, Annie Charlotte Kane) le terrain et la résidence de William Carter alors située au 213, rue de la Montagne[AN-36098 1],[f 1],[aa 3],[n 1]. La résidence se trouve sur un terrain (lot 1525) d'environ 44 mètres de largeur (145 pieds) sur environ 82 mètres de profondeur (270 pieds) qui borde au sud-ouest la rue de la Montagne et au nord-est la rue Drummond[f 1]. Le , George Stephen tente, mais sans succès, de vendre la partie de son terrain bordant la rue Drummond, probablement pour obtenir des capitaux supplémentaires nécessaires à la création de la compagnie du chemin de fer Canadien Pacifique[2].

La maison de William H. Vanderbilt de la Cinquième Avenue à New York.

Vers 1880, George Stephen décide de se faire construire une nouvelle résidence sur une partie de son terrain qui borde la rue Drummond. Il fait alors appel à l'architecte William Tutin Thomas pour la conception et la réalisation de sa future maison[f 1],[3]. Ce dernier conçoit la maison comme un palazzo italien dans le style néorenaissance ou style italianisant. Aucune information n'indique cependant pourquoi ce style a été choisi, ni s'il s'agit d'une préférence de l'architecte ou du commanditaire. Par contre, l'architecte se serait inspiré des plans de la maison de William H. Vanderbilt de la Cinquième Avenue à New York, alors en cours de construction (1880-1882)[4],[5]. L'architecte William Tutin Thomas conçoit cette résidence comme une œuvre totale, c'est-à-dire qu'il dessine aussi tous les décors intérieurs de même que l'ensemble du mobilier qu'il fait produire sur mesure[6].

1881 à 1883 : la construction

La construction de la nouvelle résidence de George Stephen débute en 1881[3]. La superintendance du chantier est confié à un certain « F. Casey » (possiblement Félix Casey de la Wm. Rutherford & Co.), qui a aussi possiblement exécuté certains ouvrages en bois tels la charpente ou les fenêtres de l'édifice[7],[8],[9]. J. H. Hutchison exécute les travaux de maçonnerie[10],[e 1],[11]. Les ouvrages en bois des intérieurs (ébénisterie, décors en bois, etc.) sont réalisés par l'équipe du charpentier et menuisier Archibald McIntyre[6]. L'entreprise de Robert Mitchell s'occupe de l'installation de la plomberie ainsi que des systèmes de chauffage et d'éclairage au gaz[7]. L'entreprise Jacques & Hay de Toronto exécute la majeure parie du mobilier selon les dessins de l'architecte William Tutin Thomas[12]. L'ébéniste James Thomson contribue également à la production de quelques meubles[12]. George Stephen pouvait de chez lui observer attentivement les travaux de construction de sa nouvelle résidence[d 1].

Photographie prise en 1912 permettant de visualiser l'étendue d'origine du domaine de George Stephen.

Le , le quotidien The daily witness mentionne que les travaux de construction de la maison « arrivent bientôt à leur terme »[13]. Les travaux se prolonge toutefois jusqu'en fin mai 1883. D'ailleurs, compte tenu du terrain argileux du site, les fondations reposent sur cinq cents pieux de bois[7]. George Stephen et son épouse, Annie Charlotte Kane, emménagent dans leur nouvelle résidence en juin 1883[14]. Cependant, la décoration et l'ameublement des intérieurs, de même que l'aménagement paysager de l'extérieur ne sont pas terminés. Par exemple, les décors du grand salon (lambris, cheminée ou tentures) ne sont toujours pas installés[7], de même que certains vitraux, dont ceux de la cage d'escalier[6]. À l'extérieur, l'écurie n'est toujours pas construite[7].

Au courant de l'été 1883, le maître-verrier John C. Spence termine l'installation des vitraux[15]. Le décor et l'ameublement du grand salon sont aussi progressivement achevés pendant cette période[16]. Une nouvelle écurie donnant sur la rue de la Montagne est construite[7]. Le , George Stephen vend aux enchères l'ensemble du mobilier de sa précédente résidence du 339, rue de la Montagne[17],[18]. Vers la fin de 1883 ou au début de 1884, le précédent domicile de George Stephen est détruit, de même que ses dépendances[f 1]. Par conséquent, l'aménagement paysager du domaine a probablement été achevé au courant de l'été 1884.

1883 à 1896 : George Stephen, 1er baron Mount Stephen

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George Stephen, baron Mount Stephen
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Annie Charlotte Kane, baronne Mount Stephen

Le , George Stephen inaugure sa nouvelle résidence par une réception offerte en l'honneur de Lord Carnarvon, alors de passage à Montréal[29],[30]. Parmi les invités, le lieutenant-gouverneur du Québec, Théodore Robitaille, le lieutenant-gouverneur de l'Ontario, John Beverley Robinson, Sir Samuel Leonard Tilley, Sir Hector-Louis Langevin ainsi que l'Honorable Edward Blake[29].

Encore, le , George Stephen reçoit pour une visite « de quelques jours » le gouverneur-général du Canada, John Campbell, marquis de Lorne, et son épouse, la princesse Louise[31],[32].

En plus de la construction d'une nouvelle résidence à Montréal, George Stephen fait l'acquisition vers octobre 1883 d'une maison de maître sur Park Lane à Londres[33].

Au courant de l'été 1884, George Stephen se fait livrer un piano conçu spécialement pour sa résidence par l'architecte William Tutin Thomas, et fabriqué par la compagnie Decker Brothers de New York[34].

Le , George Stephen reçoit à sa résidence Lord et Lady Lansdowne[35]. Ces derniers séjournent à nouveau à la maison de George Stephen le [36].

En mars 1885, le jardinier de George Stephen, J. Stanford, gagne le premier prix de la Société d'horticulture de Montréal pour les serres les mieux entretenues de la ville[37]. Il gagne à nouveau le premier prix en mars 1886[38].

En janvier 1886, George Stephen est élevé au rang de baronnet[39].

En août 1886, une délégation de la United Caledonian Association of North America (Association calédonienne unie d'Amérique du Nord) visite, entres d'autres résidences, la maison de George Stephen. Parmi les membres de cette délégation, est présent le maire de Philadelphie, William Burns Smith[40].

En octobre 1886, George Stephen achète du juge U. J. Tessier la rivière et la seigneurie de Métis pour 20 000 CAD. Il demande alors à son architecte William Tutin Thomas de lui réaliser une résidence secondaire à Métis. Le contrat général de construction est confié à Simon Peters de Québec[41],[42],[43],[44].

Le , George Stephen organise un « déjeuner des millionnaires », réunissant Calvin S. Bryce, J. H. Shaw, Col. Payne, H. L. Terril et J. G. Moore[45].

En août 1888, George Stephen annonce sa démission au poste de président du conseil d'administration du Canadien Pacifique. Il explique sa décision comme telle : « Depuis le moment où j'ai signé le contrat avec le gouvernement fédéral pour la construction du chemin de fer Canadien Pacifique et accepté le poste de président de la Compagnie, j'ai toujours eu l'intention de céder la direction opérationnelle de la Compagnie dès que la tâche que j'avais alors entreprise serait accomplie. Cette tâche était pratiquement terminée lorsque la ligne a été ouverte au trafic jusqu'à l'océan Pacifique il y a plus de deux ans. [...] J'ai consenti à rester en fonction pendant un certain temps. Cependant, mon état de santé m'a averti : constatant que la lourde et constante tension que j'ai dû supporter au cours des huit dernières années ne me permet plus d'assumer les fonctions continues et ardues d'une charge de travail [...]. »[46]. Malgré sa démission, il reste cependant un des principaux actionnaires de la Canadien Pacifique[46].

Le , George Stephen acquiert pour 49 000 CAD de William Laurier les lots 1524-12 à 1524-23 au sud-est de son domaine, permettant ainsi d’agrandir celui-ci « jusqu’à la ruelle » vers la rue Sainte-Catherine[AN-116483 1],[47].

Le , après avoir séjournés quelques mois au Royaume-Uni, George Stephen et son épouse revienne au Canada[48].

Le , le couple Stephen organise un dîner en l'honneur de l'artiste soprano Emma Albani, alors de passage à Montréal[49].

Les 2 et , George Stephen et son épouse reçoivent à leur résidence le duc et la duchesse de Connaught et Strathearn lors de leur passage à Montréal. Le 2 juin, ils organisent un dîner de 24 convives en leur honneur, et le 3 juin, plus de deux cents soixante-dix invités sont conviés au bal organisé en leur honneur à la résidence[50],[51],[52],[c 1]. George Stephen est élevé au rang de baron en 1891, sous le nom « Mount Stephen »[53],[54].

En avril 1892, Lord Mount Stephen décide de mettre en vente sa résidence de la rue Drummond, puisqu'il « passe désormais la plupart de son temps en Angleterre et en Écosse et il se contentera probablement d'un hébergement à l'hôtel lors de ses visites à Montréal »[55],[56]. William Christopher Macdonald affiche son intérêt pendant un temps, mais ne l'achète finalement pas[56]. Certains millionaires de la métropole proposent d'en faire le siège d'un nouveau club privé, mais l'idée ne se concrétise pas[57]. En novembre 1893, certains proposent d'en faire de la résidence du gouverneur-général du Canada à Montréal, mais là encore, l'idée ne se concrétise pas[58],[59]. En février 1896, les journaux annoncent que la résidence a été « acquise » par Robert Meighen, directeur général de la Lake of the Woods Miling Compagny, et beau-frère de George Stephen[60],[61],[62],[63]. Le type de transaction n'est cependant pas expliqué dans les journaux car la propriété n'est officiellement transféré à Robert Meighen que le [AN-134267 1]. Entre-temps, lorsque Quant à Lord et Lady Mount-Stephen, ils s’installent à Brocket Hall dans le comté de Herefordshire en Angleterre[54].

Au décès d'Annie Charlotte Kane le , la résidence du 140 Drummond devient la propriété de George Stephen[AN-131156 1],[AN-134267 1]. Lord Mount Stephen meurt quant à lui en 1921 et est inhumé dans la petite chapelle de Brocket Hall, situé près de la grille d’entrée du domaine[c 1]. On peut lire sur son monument funéraire : « Sage de ses charités, d’intégrité incorruptible » [note 3],[c 1].

1896 à 1925 : Robert Meighen et Elsie Stephen

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Robert Meighen
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Elsie Stephen

En mars 1896, Robert Meighen et Elsie Stephen emménage dans leur nouvelle résidence de la rue Drummond. Le , ils vont inaugurer leur résidence avec un évènement funèbre : les funérailles du frère de Elsie Stephen et Lord Mount-Stephen, John Stephen qui s'était établie à Guelph en Ontario[64],[aa 4],[aa 5].

Le , Robert Meighen et Elsie Stephen vont organiser un bal des débutantes en l'honneur de leur fille, Margaret Meighen. Plus de deux cents personnes sont invitées[65],[66].

Le , la résidence devient officiellement la propriété de Robert Meighen, qu'il a acheté pour 100 000 CAD[AN-134267 1],[67].

Entre 1901 et 1903, Robert Meighen apporte quelques modifications à la résidence. Par exemple, il remplace le muret de pierre bordant le trottoir de la rue Drummond par une clôture en fer forgé rythmée par des pilastres en pierre[22],[23]. Il est aussi possible que les tapisseries de raphia de la cage d'escalier aient été exécutées à la même période[68]. Vers 1905, Robert Meighen dépense 1 600 CAD pour faire refaire le trottoir bordant sa résidence sur la rue Drummond[69].

Réception en plein air en l’honneur du Field Marshal britannique et 1er comte de Roberts, Frederick Roberts (1908)

En 1907, Robert Meighen reçoit Lord Northcote, ancien gouverneur général d’Australie, ainsi que son épouse, Alice Stephen, dite Lady Northcote[c 1],[note 4].

À l’occasion du tricentenaire de la ville de Québec en 1908, Meighen organise une réception en plein air en l’honneur du Field Marshal britannique et 1er comte de Roberts, Frederick Roberts, et son épouse Nora Henrietta Bews, comtesse de Roberts, lors de leur passage à Montréal le [c 1]. Huit cents personnes sont alors conviées à la réception[70],[71],[72].

Le , Robert Meighen décède à sa résidence suite à un problème au cœur[73]. Quant à Elsie Stephen, elle décède le [74]. À la mort de Robert Meighen, la résidence devient la propriété de leur fille, Margaret Meighen (devenue Margaret Harley)[75].

Leur fils, le colonel Frank Stephen Meighen, habite la résidence après la mort de ses parents et continue la tradition hospitalière de la famille. Ce dernier y organise en 1919 un bal en l’honneur d’Édouard Windsor, prince de Galles[c 1].

Lors de la Première Guerre mondiale, l'arrivée de l'impôt sur le revenu pour financer l'effort de guerre et la Grande Dépression vont contraindre plusieurs propriétaires à abandonner leurs maisons cossues du Mille carré doré. La famille Stephen-Meighen n'est pas exclue et décide en 1925 de mettre en vente la résidence[76],[f 1], ainsi que tous les terrains qui l'entourent qui font l'objet d'un lotissement[75]. Quant au mobilier, il est, selon les dernières volontés de Robert Meighen, réparti entre ses enfants[AN-151528 1].

1926 à 2011 : Club Mount Stephen

Le , la société Don Mar Realty Limited se porte acquéreur de la maison George-Stephen. Cette société la revend le au club Mount Stephen[AN-157679 1], un Gentlemen's club fondé en 1926 par Noah Timmins, J. H. Maher et J. S. Dohan[c 2]. Ces derniers sont les premiers défenseurs de la sauvegarde de la maison George-Stephen et ils mettent tout en œuvre pour protéger cette maison bourgeoise de la démolition et préserver les décors intérieurs originaux[c 2],[d 2]. D’ailleurs, cet objectif est l’élément clé de la préservation presque intégrale de cette résidence jusqu’en 2015. À cette époque, tous ajouts, modifications ou travaux de modernisation de l’ancienne résidence devaient respecter cet objectif de préservation[c 2],[d 2]. De plus, ils attribuent au club le nom « Mount Stephen » en l’honneur du premier propriétaire de la résidence, George Stephen[f 1],[d 2].

La conversion de la résidence en club privé amène cependant le nouveau propriétaire à apporter certaines modifications. La plus notable est le remplacement en 1927 des parois de verre de la serre par des murs en pierre de taille[e 1]. La même année, la nouvelle vocation de l’immeuble amène également le club à apporter des modifications aux cuisines, à certains équipements et aux salles du sous-sol[d 2]. Le club ouvre officiellement le [77].

Club Mount Stephen (vers 1934-1935)

En 1937, l'escalier extérieur est reconstruit sur de nouvelles fondations[e 1],[Permis 2]. À cette occasion, le petit balcon supporté par trois élégantes consoles décorées de fleurs est supprimé.

Par la suite, le club procède à une série d’agrandissements par la construction d’annexes ainsi qu’à des modifications intérieures pour mieux répondre aux besoins du club et de sa clientèle. En 1948, le club agrandit le côté sud de la serre[e 2],[Permis 3]. En 1953, l’institution construit une annexe à l’arrière. Elle procède aussi à des modifications intérieures de 1956 à 1958 et en 1962 (cuisines)[e 2],[Permis 4],[Permis 5],[Permis 6],[Permis 7].

Le , la résidence est déclarée lieu historique national du Canada par la commission des lieux et monuments historiques du Canada[78]. Elle est également classée immeuble patrimonial par le ministère de la Culture et des Communications du Québec le [79]. L’édifice est également déclaré être situé dans l’aire de protection de l’édifice du club Mount Stephen le [76] et dans le secteur de valeur patrimonial exceptionnel « Guy-Drummond » le [REG-04-047 1],[80]. Le , le bâtiment est déclaré « immeuble de valeur patrimoniale exceptionnelle » par la Ville de Montréal[76].

En 2004, le club procède à des travaux d’urgence de deux millions de dollars visant à corriger des problèmes de structure identifiés depuis 2001 dus à la construction de plusieurs gratte-ciels avec garages souterrains à proximité. Le ministère de la Culture et des Communications a d’ailleurs donné 50 000$ au club pour cette opération[28].

En 2005, un projet d’hôtel voit le jour : l’hôtel "Le Cristofe Alexandre". Conçue par l’architecte Karl Fischer, une tour de vingt-et-un (21) étages aurait été érigée au coin de la rue Drummond et du boulevard de Maisonneuve, adjacente à la maison George-Stephen, mais reliée à cette dernière par une entrée commune moderne. L’ouverture de cet hôtel était à l’origine prévue pour 2008. Cependant, ce projet est annulé[81].

En 2006, le nom « club Mount Stephen » passe entre les mains du groupe hôtelier et immobilier Tidan[82]. Le , ce même groupe rachète la résidence au prix de 4 millions de dollars (4 000 000 $) à l’ancien club Mount Stephen constitué en 1926[83]. Cette dernière entité juridique est définitivement radiée d’office le [82]. Dès 2006, la nouvelle direction du club tente d’améliorer l’accueil et les services offerts à ses quatre cents membres[84]. D’abord, elle investit près de 4 millions de dollars (4 000 000 $) notamment dans l’ajout d’un système de climatisation centrale, l’agrandissement de certaines salles de réception et l’ajout de nouvelles salles de réunion[24],[85]. Elle tente également d’adopter une nouvelle stratégie marketing afin de convaincre les jeunes montréalais de devenir membre[84]. Puis, elle ouvre le club au grand public pour des soupers musicaux le samedi et des brunchs musicaux le dimanche[25]. Malgré toutes tentatives de revitaliser le club, le groupe Tidan ne réussit pas à rentabiliser l’institution, et ce, même si leurs investissements passés avaient permis d’augmenter les revenus[85]. Le , la direction prend la décision de fermer définitivement le club[24],[86], causant la perte de 70 emplois à temps plein ou à temps partiel[86]. La fermeture du club incite alors Héritage Montréal à mettre dès 2012 la maison George-Stephen sous observation sur sa liste des sites emblématiques menacés de Montréal[87].

Au cours de son existence, le club Mount Stephen a reçu l’élite montréalaise et internationale. Nombre de dignitaires, politiciens et célébrités se sont succédé au club, dont notamment la princesse Benedikte de Danemark, la princesse Margaret, comtesse de Snowdon, le général français de l’armée de l'air Edmond Jouhaud, le Field-Marshal et 1er comte Wavell Archibald Wavell, John Diefenbaker, Percival Molson, Edgar Miles Bronfman, Pierre-Elliott Trudeau, Brian Mulroney, René Lévesque, Lucien Bouchard, Louise Harel, Sarto Fournier et Pierre Bourque[c 3],[25],[i 1].

2012 à nos jours : Hôtel Le Mount Stephen

En 2012, un projet d’hôtel de luxe, l’hôtel Le Mount Stephen, prend forme pour occuper en partie l’ancienne résidence. Ce projet nécessite la construction d’une annexe contemporaine à l’arrière au coût de 25 millions de dollars[27]. Conçue par la firme Lemay / Leclerc Architectes, cette nouvelle annexe de onze étages est pourvue notamment de 80 chambres, de salles de réception et de réunion, d’un spa, d’un jacuzzi, d’un sauna, d’une salle de massage et d’entrainement, d’un restaurant, de boutiques et d’un stationnement intérieur souterrain comptant près de 96 places[26].

Cette firme d’architectes reçoit la même année un prix d’excellence décerné par le Canadian Architect Awards of Excellence pour la conception de l’édifice de l'hôtel Le Mount Stephen[27]. La construction de cet hôtel débute en 2012 par la destruction des annexes ouest et nord[27]. Son ouverture est alors prévue pour [1].

Le , le ministère de la Culture et des Communications du Québec approuve le projet, sans aucune mise en garde relative aux problèmes éventuels de structure advenant la construction d’un gratte-ciel à proximité. D’ailleurs, les plans de l’hôtel sont approuvés par le ministère le [28].

Le , le quotidien The Montreal Gazette révèle que la maison souffre d’un « important problème de structure » qui s’est développé au cours de la construction de l’hôtel situé à l’arrière. D’ailleurs, plusieurs fissures sont apparues sur les façades Est (façade avant) et Nord, obligeant l’équipe de construction à ériger des poutres de support temporaires afin d’éviter que la façade ne s’écroule. Les dommages sont si « sérieux » que Franz Knoll, un ingénieur civil engagé par l’hôtel, annonce que la façade Est doit être déconstruite pour être reconstruite une fois la structure renforcée[88].

Selon Pieter Sijpkes de l’Université McGill, des mesures auraient dû être prises dès le départ pour renforcer la structure avant de procéder à l’excavation du stationnement souterrain. Selon lui, Montréal est bâti sur un sol argileux qui s’affaisse lorsqu’il perd son humidité. Ainsi, lorsqu’une équipe de construction excave un site, il y pompe l’eau et, par conséquent, y affecte l’humidité du sol[88].

De plus, le quotidien révèle que le ministère de la Culture et des Communications du Québec poursuit en justice les propriétaires de la maison[note 5] pour avoir modifié sans autorisation des éléments architecturaux historiques de l’édifice, tels que la démolition de trois cheminées (construites en 1883), la destruction de la clôture en fer forgé (construite entre 1900 et 1903) ou le recouvrement de pierres de taille par du ciment[88].

Le , The Montreal Gazette révèle qu’aucun inspecteur en bâtiment de l’arrondissement Ville-Marie n’est venu visité la maison George-Stephen durant 15 mois pendant la construction de l’hôtel, c’est-à-dire du au [89].

Le dernier rapport d’inspection produit en affirme notamment qu’un nouveau mur de béton ainsi que des colonnes de béton ont été installés sans autorisation. De plus, l’inspecteur a été avisé que les propriétaires ont besoin d’installer 16 nouveaux piliers sous les fondations afin de supporter la structure du bâtiment historique[89].

En , le même inspecteur en bâtiment écrit que lui et un architecte ont inspecté les piliers de fondations ainsi que les nombreuses fissures. Il constate que l’équipe en construction a érigé des poutres de support sur la façade Est. Peu de temps après, la firme spécialisée en structure de bâtiment rend son rapport qui préconise le démantèlement de la façade Est, une solution encore sous étude en [89].

Le , The Montreal Gazette révèle que l’arrondissement Ville-Marie a finalement accordé un permis qui autorise le démantèlement et la reconstruction de la façade Est[90]. Cette opération dure 8 mois, d’avril à . Sur cette partie de la façade, la structure, à l’origine composée de briques rouges, est notamment remplacée par des blocs de béton. Afin de dissimuler la structure de béton armé qui soutient la maison, on rajoute sur la portion Nord de la façade Est des pierres bossagées.

Le , The Montreal Gazette révèle que le ministère de la Culture et des Communications du Québec connaissait depuis plus de 15 ans les risques de problèmes de structure du bâtiment historique dans l’éventualité de la construction d’un gratte-ciel à proximité, selon des documents obtenus par la loi d’accès à l’information[28]. De plus, ces mêmes documents révèlent que cela a pris trois semaines aux fonctionnaires du ministère pour assurer le suivi d’une plainte d’un citoyen sur la destruction d’éléments d’architecture historiques du bâtiment[28].

Encore, le quotidien révèle que ce n’est pas que la façade qui doit être démantelée, mais aussi, à l’intérieur de la résidence, les parquets, lambris et même les plafonds à caissons, qui, eux aussi, ont « souffert de dommages importants »[28].

Le , l'hôtel Le Mount Stephen, occupant en partie la maison George-Stephen, ouvre officiellement au public[91].

Maison

Le domaine de la maison George-Stephen est d’une superficie d’environ 2 206 m2[e 1]. Il est délimité par une clôture en fer forgé à l’est, par le Drummond Medical Building au sud, par des édifices commerciaux de style néo-Tudor au nord (1448 Rue Drummond/1230 Boulevard de Maisonneuve Ouest) et par un stationnement à l’ouest.

À l’origine, cette résidence faisait partie d’un domaine qui comprenait la maison, une serre, des écuries et un jardin.

Extérieur

Maison George-Stephen (2011)

Conçue par l'architecte William Tutin Thomas, la maison George-Stephen est construite dans une combinaison de styles architecturaux propre à l’architecture victorienne. Elle réunit ainsi les styles de la renaissance italienne, du baroque italien et du baroque anglais du XVIIe siècle[d 3].

La résidence est composée d’un corps principal de forme rectangulaire à quatre étages, incluant le sous-sol et l’étage d’attique[79]. La maçonnerie, incluant le décor sculpté, est la réalisation de l'entreprise de J. H. Hutchison[10]. La façade avant, composée de pierres en calcaire gris de Montréal[25],[d 3], présente un ressaut central qui divise le décor sculpté en deux, l’un étant le miroir de l’autre[79]. Cette façade est en premier lieu caractérisée par cet escalier à deux volées (flanqués de deux lampadaires) qui se rejoignent au pied de la troisième volée qui, elle, mène à l’étage noble[79]. Cet escalier, reconstruit en 1937 sur de nouvelles fondations, ne comporte plus à la jonction des deux premières volées le petit balcon supporté par trois consoles décorées de fleurs qui est supprimé[e 1],[Permis 2]. L’escalier mène à l’entrée d’apparat qui est encadrée d'un porche à colonnes et pilastres. Les chapiteaux d’ordre ionique de ces colonnes sont couronnés d’un abaque mouluré supporté par quatre petits enroulements et présentant en son centre une fleur. Leurs échines sont agrémentées d’oves et dards, de perles et pirouettes. Les volutes, ornées de feuilles, sont liées par des guirlandes.

La porte d’entrée à double battant de treize centimètres d'épaisseur est en acajou de Cuba et ses poignées sont plaquées d’or vingt-deux carats[79],[c 2]. Elle est surmontée d'une imposte vitrée et d'un arc surbaissé[79]. Cet arc à clé de voute, représentée par un écusson vide, est orné d’une moulure d’entrelacs[g 1].

Détail des colonnes (2013)

Le porche est ensuite surmonté d'un balcon entouré d’une balustrade en fer forgé soutenue par des piliers en pierre[79]. La porte-fenêtre du second étage donnant accès au balcon est à double battant et est prolongée d’une imposte rectangulaire. De chaque côté de cette porte-fenêtre, se trouve successivement une paire de colonnes puis de pilastres d’ordre ionique[79]. Leurs chapiteaux sont couronnés d’un abaque mouluré supporté par quatre petits enroulements et présentant en son centre une feuille d’acanthe. Leurs échines sont agrémentées d’oves et dards, de perles et pirouettes. Les volutes, agrémentées de feuilles d’acanthe, sont ornées d’une chute de grappes de raisin ou de baie. La base des colonnes et pilastres semble être décorée par des branches de gui. Ces colonnes supportent une architrave surmontée d’une frise dominée par une moulure d’oves et dards qui soutient un fronton à arc surbaissé interrompu ou brisé en son centre et où se trouve une urne[79],[f 2].

Les fenêtres du sous-sol, de l’étage noble et du second étage de la façade ont été jumelées et sont disposées symétriquement de part et d’autre du ressaut. Au sous-sol, les fenêtres sont percées dans le socle de pierres à chanfrein[79]. Ces fenêtres sont protégées par des grilles en fer forgé. Elles sont également séparées des fenêtres du premier étage par une tablette supportée par trois consoles de tailles irrégulières où étaient disposés autrefois des pots de fleurs ou de plantes qui étaient protégés par une rampe en fer forgé[a 2].

Détail du porche à gauche

À l’étage noble, les fenêtres sont entourées de pilastres d’ordre dorique romain qui sont agrémentés d’éléments sculptés de la renaissance italienne. Ces derniers supportent leur arc en plein cintre qui épouse la forme des fenêtres et qui présente en son centre une fausse clé de voute[79]. Ces arcs supportent une frise dominée par une corniche à modillons qui supporte les colonnes d’ordre ionique qui entourent les fenêtres du second étage. Au second étage, les colonnes bordant les fenêtres présentent le même décor que celles entourant la porte-fenêtre donnant accès au balcon. Elles supportent une frise dominée par une corniche à modillons. Elles entourent cependant des fenêtres prolongées d’une imposte rectangulaire, contrairement à celles du premier étage[79].

La façade avant présente au niveau du sous-sol et de l’étage noble un mur de pierres à chanfrein alors qu’elle présente un mur de pierres de taille au second étage[79]. Le mur de la façade avant est de plus souligné par des chaînes d'angle de pierre de chanfrein à l’étage noble et au second étage[79]. La façade est finalement couronnée d’une frise de fleurs puis d’une succession de corniches à modillons qui supportent un parapet en pierre orné d’éléments décoratifs qui dissimule le toit en terrasse[79].

Quant au mur sud, il présente en premier lieu un oriel circulaire s’érigeant sur toute la hauteur de la résidence[f 3]. On remarque également au sud-ouest du mur la présence d’une tourelle[f 3]. Cette tourelle et l’oriel encadrent ensemble une partie centrale rythmée d’une paire de fenêtres rectangulaires prolongées d’une imposte. Cette façade présente un décor beaucoup moins chargé que celle à l’avant. À l’étage noble, une ouverture donne accès à l’ancienne serre qui a été entièrement murée en 1927[79]. D’ailleurs, un escalier droit est installé la même année permettant d’accéder à l’aile sud directement depuis la rue Drummond[79]. Une partie de la clôture avant n’existe plus de nos jours afin de pouvoir y avoir accès.

Les façades nord et ouest sont, quant à elles, totalement dénuées d’ornementation. Toutefois, un porche s'élevait autrefois sur deux étages à l'arrière, sur le mur ouest[a 2]. Contrairement aux façades nord, sud et est, la corniche à modillons ne supporte à l’ouest aucun parapet. Les fenêtres étaient à l’origine couvertes de persiennes durant l’été.

Située au-devant de l’édifice et bordant la rue Drummond, la clôture en fer forgé est ornée notamment de dragons, de fleurs diverses et d’une fleur de lys. Elle est soutenue par des piliers en pierre[79].

Intérieur

L’intérieur de la résidence occupe une superficie de 2 555 m2[e 1]. L’architecte William Tutin Thomas conçoit cette résidence comme une œuvre totale, c'est-à-dire qu'il dessine aussi tous les décors ainsi que la quasi-totalités des meubles de la maison qu'il fait construire sur mesure.

Le décor sculpté et autres ouvrages en bois
L'équipe du charpentier et menuisier Archibald McIntyre réalise tous les ouvrages sur bois à l'intérieur de l'édifice, selon les dessin de l'architecte William Tutin Thomas[7]. Peu d'information existe cependant pour identifier les artisans qui ont contribué à la sculpture ornementale sur bois incorporée au bâtiment. Quant aux essences de bois utilisées pour le décor sculpté, il y a notamment l’acajou cubain, le chêne de Burley, l’érable, le pin rigide, le noyer anglais et français, le bois de cerisier ou encore, le bois de satin de Ceylan[7],[12]. Les planchers de la maison sont en chêne décorés d’ornementations en noyer[f 4].
Le mobilier
Pour meubler la résidence, l’architecte William Tutin Thomas ait fait appel à la compagnie d'ébénisterie et de décoration d'intérieurs Jacques & Hay de Toronto qui réalisent la quasi-totalité du mobilier intérieur selon les dessins de l'architecte[7]. Plusieurs essences de bois sont utilisées dont le bois de rose, le noyer noir canadien, l'acajou, le bois satiné, le bois de cerisier, le bois moucheté et le chêne[7],[12].
L'ébéniste James Thomson réalise également quelques meubles pour la résidence[7],[12].
La compagnie new-yorkaise Decker Brothers réalise en 1884 le piano à queue du grand salon, selon les dessins de l’architecte William Tutin Thomas[34].
La compagnie Robert Mitchell & Co. installe toutes les appliques murales, plafonniers et grilles de radiateur qui sont tous plaqués d'or vingt-deux carats[7],[79],[85]. Les sources taisent cependant le fabriquant de ces dernières. Le chandelier en bronze de la chambre nord-ouest à l’étage est ultérieur à la construction : il a été offert au club Mount Stephen par Stephen Vaughan, vice-consul américain à Berlin lors de la Seconde Guerre mondiale[c 4].
Pour les ouvrages en onyx mexicain ou en marbre importé d’Italie ou de Vienne, dont les manteaux de cheminée, aucune source connue ne mentionnent les artisans[7]. Il est possible cependant qu'ils proviennent en partie des ateliers de Robert Forsyth de Montréal[92]. Quant au manteau de cheminée du grand salon, composé entièrement d'onyx mexicain, certaines sources du club Mount Stephen mentionnent qu'il aurait été exposé à l'exposition universelle de Chicago en 1893[c 5], mais comme ce dernier apparaît déjà installé dans le grand salon en 1884, cette affirmation est improbable[image 2]. Si un modèle similaire du même fabricant a été exposé à cette exposition, il peut donc avoir été fabriqué par S. Kabler & Co. de New York, R. G. Leding de Philadelphie ou encore, la Eureka Onyx Company de Indianapolis, parmi d'autres[h 1],[h 2].
Collection de vitraux
La maison possède une collection de vitraux de la manufacture « Gibbs de Londres » (possiblement, la maison Walter Gibbs & Sons) et de la Edmundson & Son de Manchester, selon les dessins de l'artiste Henry Holiday[15]. Ces vitraux ont été commandés, adaptés et installés par le maître-verrier John C. Spence de Montréal qui a eu « carte-blanche » pour la confection des vitraux[15], mais une collaboration avec l'architecte et George Stephen est probable sur les thèmes de ces vitraux.
Dans les impostes des fenêtres du grand salon, sont illustrées des figures allégoriques représentant la poésie, la musique, la broderie et la littérature par la manufacture « Gibbs de Londres »[15]. Dans la salle à manger, les vitraux illustrent des poissons, de la viande, de la volaille, des fruits et des oiseaux[15]. Dans la serre, les vitraux illustrent des figures allégoriques représentant Pomona (fruits), Flora (fleurs) et Ceres (céréales)[15]. Le vitrail de l'imposte d'une fenêtre du couloir représente l'« industrie domestique »[15]. Dans la cage d'escalier, sont représentés des personnages ou des scènes shakespeariens par la manufacture Edmundson & Son de Manchester[15]. À gauche de la composition, se trouvent deux scènes shakespeariennes des pièces de théâtre Henri IV et Henri V. À droite de la composition, se trouvent deux scènes shakespeariennes des pièces de théâtre La Nuit des rois et La Mégère apprivoisée. Au centre, on retrouve des scènes shakespeariennes de pièce de théâtre Comme il vous plaira[15]. Au plafond de la cage d’escalier, les vitraux illustrent les points cardinaux et les signes du zodiaque[f 4]. Dans la porte à double battant et ses panneaux latéraux, qui séparent le vestibule du grand hall, les vitraux illustrent des figures allégoriques représentant les quatre saisons couronnées de la devise «True friendship’s laws are by this rule exprest, Welcome the coming, speed the parting guest » de l'Odyssée d'Homère[15]. Cette devise est surmontée du monogramme de George Stephen[15]. Dans l’antichambre et la salle de lecture, les deux vitraux illustrent les muses de la musique et de la poésie ainsi que de la comédie et de la tragédie[c 5]. À l'étage, les vitraux des impostes des fenêtres illustrent notamment des figures allégoriques représentant la nuit, l'aurore, ou encore chacune des quatre saisons[15].
Tapisseries
Dans la cage d’escalier, une série de peintures sur toiles tissées de fils de raphia illustre dans le style grotesque des personnages de la mythologie romaine dont Vénus, Junon et Minerve[c 2],[c 5]. Il est possible que leur thème soit inspiré de tapisseries de la manufacture des Gobelins, selon les dessins de Claude Audran III, illustrant les douze mois de l'année, et destinées au Château de Meudon[93]. Cependant, aucune source connue ne mentionne l'artiste de ces toiles ni quand elles ont été installées. D'après des photos d'époque, ces tapisseries ont été installées entre 1884 et 1927[image 4],[77]. Il est possible que ces tapisseries aient été installées entre 1900 et 1906 par la famille Meighen. En effet, d'une part, elles pourraient faire partie des modifications apportées par la famille Meighen à cette période : après l'acquisition de la résidence par Robert Meighen le , celui-ci fait par exemple modifier vers 1903 la clôture et le trottoir à l'avant du domaine. D'ailleurs, à ce propos, Robert Meighen mentionne en 1906 lors d'une réunion d'un comité municipal qu'il a « dépensé des sommes considérables pour embellir la propriété »[69]. D'autre part, l'emploi du fils de raphia dans les arts décoratifs semble surtout populaire au tout début du XXe siècle[68],[94],[95]. Finalement, le style grotesque de ces tapisseries (tiré du classicisme français et qui semble inspiré du style de Simon Vouet[SV 1]) tranche avec le reste des décors intérieurs de style néo-renaissance de l'architecte William Tutin Thomas.
Collection de tableaux
George Stephen et Robert Meighen exposent à la résidence leur collection de tableaux comportant des œuvres d’artistes canadiens et étrangers tels que des œuvres d’Otto Reinhold Jacobi, d’Allan Aaron Edson, du portraitiste anglais John Hoppner et des paysagistes français Adolphe Monticelli et Léon Augustin Lhermitte[74]

Sous-sol

À l’origine, le sous-sol comptait notamment ses pièces[a 3],[7]: une cuisine, un garde-manger (anglais : Larder), une salle réfrigérée (Butter room), une arrière-cuisine (Scullery), une salle des gens (Servant’s Hall), une buanderie (Laundry room), une cave à vin, des entrepôts divers (dont une salle à charbon sous la serre), une salle de bain, plusieurs chambres à coucher pour domestiques, une cage d'escalier et un couloir. Une pièce était également occupée par le système de chauffage de la résidence[a 3].

Rez-de-chaussée

À l’origine, l’étage noble ou rez-de-chaussée comptait notamment ses pièces[c 2],[c 5],[c 4] : un vestibule, un hall d’entrée, un escalier monumental, un cabinet de travail ou bibliothèque (Private Study), une antichambre ou salle de lecture (Waiting Room), une salle du petit déjeuner (Breakfast room), une salle à manger, un grand salon (Drawing room) et une serre contenant notamment une fontaine.

Étage

À l’origine, l’étage noble ou rez-de-chaussée comptait notamment ses pièces[c 4] : un escalier monumental, un escalier de service menant à l’attique, un couloir, une chambre principale (Master Bedroom), deux cabinets de toilette adjacents à la chambre principale (Dressing room), un boudoir (Sitting room), une chambre d’ami, un cabinet de toilette adjacent à chambre d’ami (Dressing room), un couloir menant à la cage d’escalier et une possible salle de bain[d 3].

Attique

À l’origine, l’étage d’attique comptait notamment ses pièces[26],[7]: une salle des majordomes (Butlers room), une salle des gouvernantes (Housekeepers room), des salles réservées aux domestiques de classes supérieures, un office (pantry), un hall (lobby) contenant le panneau électrique d'appel des domestiques (via des sonnettes électriques disposées dans toutes les pièces principales de la maison) et un escalier de service menant de l’étage à l’attique.

Parc ou jardin

Le vaste parc ou jardin de la maison George-Stephen était destiné à l’époque à mettre en valeur la résidence. Il s’étendait autrefois jusqu’à la rue de la Montagne à l’ouest et jusqu’à la ruelle au sud. Le jardin était aménagé à l’anglaise où de petites allées sinueuses s’ouvraient sur des points de vue « pittoresque ». Le parc était autrefois planté essentiellement de grands arbres feuillus qui cachaient le promeneur du Soleil. Le parc était également l’endroit où se tenaient des divertissements et rassemblements durant l’été[d 4],[d 3].

La maison et les arts

La maison au petit et grand écran

L’ancien hôtel particulier a été également utilisé comme lieu de tournage dans de nombreux films et téléséries, notamment dans Le Pacte du sang (2006), Killer Wave (en) (2007), La Momie : La Tombe de l'empereur Dragon (2008), Les Schtroumpfs 2 (2013), Warm Bodies (2013) ou encore, Bye Bye 2013. Alec Baldwin, Christopher Plummer, Eric Roberts, Pierre Nadeau, Brendan Fraser, Jennifer Love Hewitt et Richard Chamberlain sont tous des acteurs mis en vedette dans des films ayant été tournés dans cette résidence[25].

Notes et références

Sources

Voir aussi

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