Maison de Nevers
dynastie de la noblesse du Moyen Âge
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La maison de Nevers est une dynastie de la noblesse du Moyen Âge fondée par Landry de Monceaux. Elle a détenu les comtés de Nevers, d'Auxerre, de Tonnerre et de Vendôme.
| Maison de Nevers | ||
Armes de la famille | ||
| Blasonnement | d'azur semé de billettes d'or au lion du même, armé et lampassé de gueules, brochant sur le tout. | |
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| Période | Xe – XIIe siècles | |
| Origine | ||
| Allégeance | ||
| Fiefs tenus | Comtés de Nevers, d'Auxerre, de Tonnerre et de Vendôme | |
| Titres obtenus | comtes | |
| Demeures | château de Vendôme | |
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Histoire
Origines
Les premières mentions du surnom toponymique Nevers remontent au VIIIe siècle avec Séguin, vers 720, et Rodolphe, vers 769[1]. Toutefois, aucun lien de filiation n'est établi avec la présente famille.
Le premier membre de la famille remonte à Landri/Landry Ier, mentionné en 875, qui est un chevalier, probablement originaire du Poitou[2],[3],[1], selon la Gallia Christiana, qui a fait sienne d'Hugues de Poitiers, moine de l'Vézelay[4],[5]. Malgré les doutes du médiéviste Ferdinand Lotqui avançait une probable origine mâconnaise, l'hypothèse poitevine reste privilégiée[6]. Sur le leitname (de), ou nom de lignée, des premiers degrés, l'archiviste Mirot (1945) souligne qu'« On ne peut pas tirer argument du nom héréditaire de Landri pour préciser et déterminer cette origine », de même pour Augier et Bouin[6].
Il est considéré comme le frère d'Adalgaire/Augier († v. ), chapelain de Charles le Chauve et évêque d'Autun[2],[1],[7]. Le site Internet de généalogie Medieval Lands (M.L.), citant Bouchard (1987), avance une autre hypothèse où le prélat sera le frère d'Hildesinde, femme de Landri/Landry Ier[8].
Landri/Landry Ier semble possessionné en Mâconnais-Autunois, dès le milieu du IXe siècle[3]. Il obtient à la faveur de son frère l'église de Saint-Albain, en Mâconnais, qu'il abandonne avec sa femme, en 868, à l'évêque de Mâcon, Bernard (Bernoud)[2]. Landri/Landry II, fidèle du duc de Bourgogne, Richard II le Justicier, obtient le château de Maers (nom ancien de l'actuelle commune de Metz-le-Comte), à la suite de l'expulsion des anciens seigneurs[9],[3].
Les fils de Landri/Landry II, Landri/Landry III et Bonin/Bodon/Bouin, obtiennent respectivement les terres de Maers et de Monceaux[3]. Mirot (1945) indique que le second frère est celui qui accroît les possessions familiales et qui obtient d'un seigneur voisin et son parrain la terre appelée par la suite Monceaux[5].
Landri/Landry [IV] hérite de son père Monceaux et de son oncle la terre de Maers[5],[3].
Naissance de la dynastie comtale
Landri/Landry [IV] (Landricus) est considéré comme le fondateur de la dynastie comtale de Nevers[10],[11],[7]. Il est un fidèle du duc de Bourgogne, Eudes/Henri Ier le Grand et d'Otte-Guillaume, comte de Bourgogne[12],[11]. Il obtient du comte, et avec l'assentiment du duc, avant , l'administration du comté de Nevers par dévolution[12], où il était déjà implanté[11], dès 986[3]. Il est ainsi mentionné dans un acte de 986 de l'évêque de Nevers, Roclène, où il est qualifié de gloriosus miles (Cartulaire de Saint-Cyr de Nevers)[12],[11].
Il est considéré comme exerçant les fonctions liées d'un comte. Il est mentionné comme tel lors de la bataille contre Archambaud de Bourbon, le (Chronique de Vézelay et Annales Nivernenses)[12]
Fidèle du comte Otte-Guillaume, il épouse la fille de ce dernier, Mathilde/Mahaut[12],[11]. Le roi de France Robert II le fait sénéchal[13].
À la mort du duc de Bourgogne, en 1001/1002, il se range aux côtés de son beau-père lors de la succession[3]. Il défend ainsi la cité d'Auxerre contre les troupes royales[13]. Otte-Guillaume se réconciliant avec le roi, en 1005, il fait lui aussi la paix[13],[3]. Il obtient le comté d'Auxerre et la main d'Advise/Havoise/Adélaïs, fille du roi pour son fils[13],[3]. Il associe vers cette date ou plus tard son fils à la gestion du comté[3].
Filiation
Le tableau généalogique repose sur les sources mentionnées en « Bibliographie », notamment Dictionnaire biographique, généalogique et historique de l'Yonne (D.B.G.H.Y.)[14] et le site Internet de généalogie Medieval Lands (M.L.).. Les premiers degrés — deLandry Ier à Landry IV — correspondent à la tradition.
Sauf mention contraire, les dates correspondent aux premières et aux dernières mentions dans la documentation. Les personnalités précédées d'un (?) ne font pas clairement attestées.
- Landry Ier (875), chevalier, ∞ Hildesinde.
- Landry II, seigneur de Maers (Metz-le-Comte), ∞ (1) Ada, ∞ (2) Emma/Emme (selon M.L.).
- (1 ou 2) Landry III, seigneur de Maers (certains auteurs ont considéré qu'il pouvait être le père de Landry IV).
- (1 ou 2) Bonin/Bodon/Bouin (Bodonem), seigneur de Monceaux.
- Landry IV († )[13], seigneur de Maers et de Monceaux, comte de Nevers (v. 990), comte d'Auxerre (1005), ∞ Mathilde/Mahaut, fille d'Otte-Guillaume, comte de Bourgogne, et d'Ermentrude de Roucy.
- Renaud Ier († ), comte de Nevers, comte d'Auxerre, ∞ Advise/Havoise/Adélaïs, fille de Robert II, roi de France et de Constance d'Arles[15].
- Guillaume Ier († ), comte d'Auxerre et de Nevers, ∞ (1) Ermengarde de Tonnerre, héritière du comté de Tonnerre[16], ∞ (2) Mathilde.
- (1) Rainard/Renaud II († ), comte d'Auxerre, de Nevers et de Tonnerre, ∞ (1) Ide Raymonde de Forez, fille d'Arnaud V, comte de Lyon et de Forez, ∞ (2) Agnès de Beaugency, fille de Lancelin[17].
- (1) Guillaume II († ), comte d'Auxerre, de Nevers et de Tonnerre, ∞ Adélaïde/Alix.
- Guillaume III († ), comte d'Auxerre, de Nevers et de Tonnerre, croisé, ∞ Ide/Ida de Sponheim (de Carinthie), fille d'Angilbert/Engelbert de Sponheim, duc de Carinthie.
- Guillaume IV († ), comte d'Auxerre, de Nevers et de Tonnerre, ∞ Eléonore de Vermandois, sans postérité.
- Gui/Guy († ), comte d'Auxerre, de Nevers et de Tonnerre.
- Agnès Ire († , ∞ (1184) Pierre II († apr. ), seigneur de Courtenay.
- Héritière de son frère, les comtés de Nevers et d'Auxerre passent à la Maison capétienne de Courtenay.
- Guillaume V (v. 1171 † ), héritier des titres de comte de Nevers, d'Auxerre et de Tonnerre, placé sous la régence de sa mère et la tutelle du roi. Sans postérité.
- (?) Ida (v. 1171/1175 † av. ).
- Agnès Ire († , ∞ (1184) Pierre II († apr. ), seigneur de Courtenay.
- Adèle (1145-1195), ∞ Renard IV, comte de Joigny.
- Renaud, vicomte de Decize.
- Renaud († ), comte de Tonnerre.
- (?) Robert († apr. ).
- Anne, ∞ Guillaume VIII le Vieux, comte d'Auvergne.
- Guillaume III († ), comte d'Auxerre, de Nevers et de Tonnerre, croisé, ∞ Ide/Ida de Sponheim (de Carinthie), fille d'Angilbert/Engelbert de Sponheim, duc de Carinthie.
- (1) Robert († apr. ), vicomte de Ligny-le-Châtel.
- (2) Ermengarde, ∞ Miles de Courtenay, seigneur de Courtenay.
- (1) Guillaume II († ), comte d'Auxerre, de Nevers et de Tonnerre, ∞ Adélaïde/Alix.
- Guillaume († apr. ), associé à son père à la tête du comté de Tonnerre (v. 1100), ∞ N.N., fille de Hugues de Huban, sans postérité.
- Robert († ), comte et évêque d'Auxerre (1076-1084).
- Yolande/Sybille († ), ∞ (considérée comme l'épouse ?) Hugues Ier, duc de Bourgogne.
- Ermengarde, ∞ Hubert de Beaumont-au-Maine, vicomte du Maine seigneur de Beaumont et Sainte-Suzanne.
- Helvise/Héloïse, ∞ Guillaume, comte d'Évreux.
- (1) Rainard/Renaud II († ), comte d'Auxerre, de Nevers et de Tonnerre, ∞ (1) Ide Raymonde de Forez, fille d'Arnaud V, comte de Lyon et de Forez, ∞ (2) Agnès de Beaugency, fille de Lancelin[17].
- Henri.
- Gui, archevêque (?), moine de la Chaise-Dieu.
- Robert dit le Bourguignon (1035 † ), seigneur de Craon, ∞ Havoise/Avoie, dite Blanche du Maine, héritière de Geoffroi, seigneur de Sablé (Famille de Sablé).
- auteur de la seconde maison de Craon.
- Guillaume Ier († ), comte d'Auxerre et de Nevers, ∞ (1) Ermengarde de Tonnerre, héritière du comté de Tonnerre[16], ∞ (2) Mathilde.
- Bodon/Eudes/Bouin († v. ), comte de Vendôme ∞ Aläis/Adèle, comtesse de Vendôme[15].
- Bouchard II de Vendôme, dite le Chauve, comte de Vendôme.
- Foulques de Vendôme († v. ), dit l'Oison, comte de Vendôme, ∞ Pétronille, fille de Renaud II, seigneur de Château-Gontier.
- Bouchard III le jeune († ), comte de Vendôme, sans alliance.
- Euphrosine, ∞ Geoffroy III de Preuilly.
- le comté de Vendôme passe à la maison de Preuilly.
- Agathe, ∞ Raoul Payen.
- Geoffroy.
- Landri[15], seigneur de Monceaux.
- Robert[15].
- Gui[15].
- Bernon, archidiacre de Langres (mentionné par le D.B.G.H.Y., mais absent de Mirot).
- (?) Mathilde (mentionnée par le D.B.G.H.Y., mais absent de Mirot).
- Gui/Guy († av. ).
- Renaud Ier († ), comte de Nevers, comte d'Auxerre, ∞ Advise/Havoise/Adélaïs, fille de Robert II, roi de France et de Constance d'Arles[15].
- Landry IV († )[13], seigneur de Maers et de Monceaux, comte de Nevers (v. 990), comte d'Auxerre (1005), ∞ Mathilde/Mahaut, fille d'Otte-Guillaume, comte de Bourgogne, et d'Ermentrude de Roucy.
- (2) Adalgardis (ajoutée par M.L.), (?) ∞ Miles [II], comte de Tonnerre (famille comtale de Tonnerre).
- Landry II, seigneur de Maers (Metz-le-Comte), ∞ (1) Ada, ∞ (2) Emma/Emme (selon M.L.).
Personnalités
- Comtes de Nevers, titre détenu de 990 à 1193.
- Comtes d'Auxerre, titre détenu de 1005 à 1193.
- Comtes de Tonnerre, titre détenu de 1045 à 1192.
- Comtes de Vendôme, titre détenu de 1052 à 1085.
- Robert († ), comte-évêque d'Auxerre (1076–1084).
- Renaud, évêque de Nevers (1223-1230).
Armoiries et sceaux
Les armes de la maison de Nevers se blasonnent ainsi : D'azur, semé de billettes d'or, au lion de même, armée et lampassé de gueules, brochant sur le tout.[18]
Ces armes pourraient avoir été portées pour la première fois par Guillaume IV de Nevers († ), comte de Nevers, d'Auxerre et de Tonnerre[18].
L'historien Georges Richard de Soultrait indiquait que ces armes sont présentes sur le contre-sceau de la comtesse Mahaut/Mathilde de Courtenay, fille de Pierre II de Courtenay et d'Agnès Ire de Nevers, dernière descendante de la dynastie comtale des Nevers[18]. Le contre-sceau porte ainsi un écu à un lion sur un champ billeté[18].
Voir aussi
Bibliographie
: document utilisé comme source pour la rédaction de cet article.
Ouvrages contemporains
- Alain Bataille, Pascal Dibie, Jean-Pierre Fontaine, Jean-Charles Guillaume, Jean-Paul Moreau, Ferdinand Pavy, Line Skorka, Gérard Taverdet et Marcel Vigreux (préf. Henri de Raincourt), Yonne, Paris, Editions Bonneton, , 428 p. (ISBN 2-86253-124-3).
. - Paul-Camille Dugenne, Dictionnaire biographique, généalogique et historique de l'Yonne, t. 5 : A-C / D-K / L-O / P-R / S-Z, Société généalogique de l'Yonne, 1996-2004.
. - Christian Settipani, « Les origines des comtes de Nevers », dans Onomastique et Parenté dans l'Occident médiéval, Oxford, Linacre College, Unit for Prosopographical Research, coll. « Prosopographica et Genealogica / 3 », , 310 p. (ISBN 1-900934-01-9), p. 85-112.
Ouvrages anciens
- « Ex origine et historia brevi Nivernensium Comitum » (Origine et brève histoire des comtes de Nevers), Recueil des historiens des Gaules et de la France, tome X, p.258 (lire en ligne sur Gallica).
- Jean Lebeuf, Mémoires concernant l'histoire ecclésiastique et civile d'Auxerre, Auxerre, Perriquet, , 923 p. (lire en ligne).
. - René de Lespinasse, Le Nivernais et les contes de Nevers, Paris, Librairie ancienne, H. Champion, éditeur, 1909-1914.
:
- Léon Mirot, Les origines des premiers comtes héréditaires de Nevers, t. XVII, , 7-15 p. (lire en ligne [PDF]), chap. 65.
(lire en ligne sur Gallica). - Georges Richard de Soultrait, Armorial historique et archéologique du Nivernais, Nevers, Michot Libraire, (lire en ligne).
.
Articles connexes
Liens externes
- (en) Charles Cawley, « Burgundy duchy - Nevers ch. 1 Comtes de Nevers », sur Medieval Lands, Foundation for Medieval Genealogy, 2006-2025.
- Hélène et Thierry Bianco, « Les comtes de Nevers », sur thierryhelene.bianco.free.fr, .