Majorisation

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En mathématiques, on désigne par majorisation un certain préordre sur les éléments de l'espace vectoriel de dimension d sur les nombres réels. Ce préordre a de nombreuses applications dans diverses branches des mathématiques.

Définition

Pour un vecteur , on note le vecteur de qui a les mêmes composantes, mais rangées en ordre décroissant. Par exemple, .

Soient x et y deux vecteurs de . On dit que y majorise ou domine x, et l'on note , ou encore , si

pour et de plus

Par définition, la majorisation ne dépend pas de l’ordre des composantes des deux vecteurs, et ce n'est donc pas une relation d'ordre, puisque et n'implique pas que y = x, mais seulement que [1].

Une fonction est dite convexe au sens de Schur si implique .

La majorisation, comme définie ici, peut être étendue en un ordre appelé ordre de Lorenz, qui est un ordre partiel sur des fonctions de répartition.

Exemples

  • Comme l'ordre des entrées n'influe par sur la majorisation, on a tout comme .
  • De même, .
  • Plus intéressante est la séquence suivante de vecteurs de  :

Conditions équivalentes

Figure 1. Exemple de majorisation dans le plan.
Figure 2. Exemple de majorisation dans l'espace.

Pour , les propriétés suivantes sont équivalentes à .

  • Il existe une suite finie de vecteurs dont le premier est y, le dernier est x et le successeur b de chaque vecteur a est une combinaison convexe de a et de l'un de ses transposés, ce qui revient à dire qu'on passe de a à b par un « transfert de Robin des Bois[2],[3] » : en ne modifiant que deux composantes uv, augmentant u d'au plus v – u et diminuant v d'autant.
  • x est dans l'enveloppe convexe de tous les vecteurs obtenus en permutant les coordonnées de y, c'est-à-dire des d! vecteursσ parcourt le groupe symétrique Sd.
    La figure 1 montre l'enveloppe convexe, en bleu, pour le vecteur y = (3, 1) ; c'est le segment de droite joignant (3, 1) à (1, 3). Parmi tous les vecteurs x sur ce segment, celui pour lequel la première composante de est la plus petite est le vecteur x = (2, 2). La figure 2 montre une enveloppe convexe en 3D, qui est ici un polygone plan. Son centre est le « plus petit » vecteur x tel que .
  • On a x = Ay pour une matrice bistochastique A[4].
  • Pour toute fonction convexe , on a[5] (inégalité de Karamata (en)).
  • Pour tout nombre réel , on a [6].
  • Il existe une matrice hermitienne dont l'« ensemble » des valeurs propres est y et la suite des entrées diagonales est x (théorème de Schur-Horn).

Emploi du terme dans d'autres contextes

  • Si H et H' sont deux matrices hermitiennes, on dit que H majorise H' si l'ensemble des valeurs propres de H majorise celui de H'.
  • Étant donné deux suites d'entiers naturels , on dit que f majorise g si f(k) ≥ g(k) pour tout k. Si l'on a seulement f(k) ≥ g(k) pour tout k > n pour un certain n, on dit que f majorise ultimement[réf. souhaitée] g.
  • Diverses autres applications et généralisations sont discutées dans l'ouvrage de référence Marshall, Olkin et Arnold 2011.

Voir aussi

Notes et références

Références

Liens externes

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