Malaco Records

label discographique américain From Wikipedia, the free encyclopedia

Malaco Records est un label discographique indépendant américain basé à Jackson, dans le Mississippi[1]. Il accueille plusieurs grands noms du blues, de la soul et du gospel, tels que Johnnie Taylor, Bobby Blue Bland, Z. Z. Hill, Denise LaSalle, Little Milton, Dorothy Moore (en) et Tyrone Davis. La Mississippi Blues Commission lui attribue un panneau historique pour commémorer son importance sur le Mississippi Blues Trail[2].

Fondation 1967
Fondateur Tommy Couch,
Gerald Stephenson,
Mitchell Malouf
Pays d'origine Drapeau des États-Unis États-Unis
Faits en bref Fondation, Fondateur ...
Malaco
Fondation 1967
Fondateur Tommy Couch,
Gerald Stephenson,
Mitchell Malouf
Genre Blues, rhythm and blues, soul, funk, gospel, americana
Pays d'origine Drapeau des États-Unis États-Unis
Siège Jackson, Mississippi
Site web malaco.com
Fermer

Le , une tornade détruit une grande partie du bâtiment principal et du studio de la société, situés au 3023 West Northside Drive à Jackson. Ces bâtiments sont depuis reconstruits[3].

Le slogan de Malco Records est « The Last Soul Company »[4].

Les débuts : 1962–1975

Au début des années 1960, Tommy Couch et Gerald "Wolf" Stephenson, deux étudiants en pharmacie à Ole Miss, l’Université du Mississippi située à Oxford, sont responsables d’une association étudiante et, à ce titre, organisent des concerts. Une fois leurs diplômes obtenus, ils gagnent Jackson, Mississippi, et décident d'y poursuivre leur activité d’organisateurs de concerts. Ils sont rejoints par Mitchell Malouf, beau-frère de Tommy Couch et fondent Malaco Inc. en 1962, d'après les noms « MAlouf And COuch »[5]. Ils louent un local désaffecté à Johnny Vincent, patron d’Ace Records, au 3023 W. Northside Drive à Jackson. Cet entrepôt est transformé en studio d’enregistrement en 1967[5]. Expérimentant avec des auteurs-compositeurs et artistes locaux, la société commence à produire des enregistrements originaux. Malaco est cependant contraint d'obtenir des licences auprès de labels reconnus pour une distribution nationale. Entre 1968 et 1970, Capitol Records publie six singles et un album de Fred McDowell nommé aux Grammy Awards. Les revenus issus des sorties de disques sont cependant minimes, et Malaco survit en enregistrant des jingles, en programmant des groupes, en promouvant des concerts et en louant le studio pour des projets sur mesure[6].

En , le producteur et arrangeur Wardell Quezergue, qui s'est imposé auprès des piliers de La Nouvelle-Orléans comme Fats Domino ou Professor Longhair, change le destin de la compagnie en difficulté. Il propose à Malaco de fournir des artistes en échange de temps et de musiciens de studio[6]. Il emmène cinq artistes à Jackson dans un bus scolaire emprunté pour une session d'enregistrement marathon qui donne naissance à deux tubes : Groove Me de King Floyd et Mr. Big Stuff de Jean Knight. Mais les morceaux sont refusés par les maisons de disques Stax et Atlantic[7]. Frustré, Malaco publie les titres de King Floyd sur son propre label, Chimneyville Records. Lorsque Groove Me commence à être diffusé en radio et à se vendre, Atlantic le reprend finalement pour distribution, offrant à Malaco un contrat pour les futurs produits de Chimneyville[6]. Groove Me se hisse à la 1re place du classement R&B américain du magazine Billboard et à la 6e place du Billboard Hot 100. En 1971, Chimneyville marque à nouveau avec Baby Let Me Kiss You de King Floyd (no 5 R&B et no 29 pop). Pendant ce temps, Stax Records publie Mr. Big Stuff, qui se vend à plus de deux millions d'exemplaires, atteignant la 1re place du classement R&B et la 2e place du Hot 100[8], devenant ainsi la meilleure vente de Stax[7].

Ces deux tubes assurent la gloire du studio Malaco, devenu label discographique par nécessité[5]. Le batteur James Stroud, le bassiste Vernie Robbins et le guitariste Jerry Puckett forment le noyau de la section rythmique de Malaco, rejoints plus tard par le claviériste Carson Whitsett. Diverses maisons de disques envoient leurs artistes enregistrer à Jackson, notamment les Pointer Sisters pour Atlantic et Rufus Thomas pour Stax. En , Paul Simon y enregistre Learn How to Fall pour son album There Goes Rhymin' Simon. La même année, Malaco sort son premier disque de gospel, Gospel Train, des Golden Nuggets, sur le label Cotillion d'Atlantic.

Cependant, lorsque Dorothy Moore enregistre Misty Blue en 1973, une chanson du répertoire country, Malaco ne parvient pas à vendre le master à d'autres labels. Deux ans plus tard, la firme est au bord de la faillite et se résout, à nouveau, à distribuer le disque elle-même[6].

L'âge d'or (1976–1985)

En 1976, Misty Blue de Dorothy Moore devient rapidement disque d'or, avec un million et demi de disques vendus en quelques semaines. Elle atteint la 2e place du classement R&B et le no 3 pop aux États-Unis, ainsi que la 5e place du classement des singles au Royaume-Uni[6]. Dorothy Moore enregistre ensuite 13 albums pour Malaco et est nommée quatre fois aux Grammy Awards. Parmi les autres signatures sur le label figurent des groupes de funk tels que Freedom, Natural High et Sho-Nuff. Toujours en 1976, Malaco ajoute le marché du gospel à son répertoire avec les Jackson Southernaires, les Angelic Gospel Singers, Robert Blair, les Soul Stirrers[1]

En 1977, des artistes, des auteurs-compositeurs et des producteurs du défunt Stax Records frappent aux portes de Malaco, notamment Eddie Floyd, The Fiestas et David Porter[6]. En 1982, Z. Z. Hill, un vétéran de la scène soul, enregistre Downhome Blues, une composition de George Jackson. L'album Down Home se vend à plus de 500 000 exemplaires[9] et le single Cheating in the Next Room atteint la 19e place du classement R&B[10]. Malheureusement Z.Z. Hill meurt subitement le [1].

Les enregistrements de Johnnie Taylor, Denise LaSalle, Little Milton, Bobby Blue Bland et Bobby Rush, stars du Chitlin' Circuit[5], établissent Malaco comme une référence du blues sudiste contemporain[2]. En 1985, les dirigeants de Malaco rachètent les Muscle Shoals Sound Studios de Sheffield, Alabama[9].

1986–2010 : gospel et le Malaco Music Group

Malaco rachète la division gospel de Savoy Records en 1986. Malaco est alors le label de gospel noir le plus important d'Amérique du Nord[9]. L'acquisition de Savoy lui permet d'obtenir un vaste catalogue d'enregistrements, incluant des albums de Shirley Caesar (en), du révérend James Cleveland, d'Albertina Walker, The Caravans et d'Inez Andrews. Les labels gospel de Malaco, dirigés par Jerry Mannery, et de Savoy Records, dirigé par Milton Biggham, remportent de nombreuses distinctions, notamment les titres de « Meilleur label » et « Meilleur distributeur de gospel » par Billboard. La société domine également les classements gospel de Billboard, se classant no 1 avec des titres de Keith Pringle, Walter Hawkins, Rev. James Moore, le Mississippi Mass Choir et Dorothy Norwood.

Panneau du Mississippi Blues Trail commémorant l'importance de Malaco Records pour le blues.

L'album à succès de Bobby Bland, Midnight Run, se classe au palmarès soul américain en 1989. Johnnie Taylor inscrit son dernier tube au palmarès R&B en 1990. Le marché de Malaco s'élargit considérablement en 1995. L'auteur-compositeur-interprète Rich Cason enregistre Good Love avec Johnnie Taylor. En 1996, le 8e album de Taylor pour Malaco, Good Love!, atteint la 15e place du classement R&B. Cette année là, le label signe avec Tyrone Davis, chanteur soul originaire de Chicago, près de 30 ans après son premier grand succès Can I Change My Mind[6].

En 1997, Malaco, sans contrat de distribution, créée Malaco Music Group, qui comprend Malaco Records et ses filiales. La société poursuit son expansion régulière et prudente, rachetant la moitié du distributeur Select-O-Hits basé à Memphis et se lançant également sur les marchés de l'urban, du hip-hop et de la musique chrétienne contemporaine. A l'occasion de son 30e  anniversaire, en 1999, Malaco sort un coffret rétrospectif intitulé The Last Soul Company[9].

En 2005, les propriétaires décident de revendre le studio de Sheffield, rencontrant des difficultés à le réserver. Le bâtiment est racheté par une société de production cinématographique et télévisuelle[11].

En 2016, Tommy Couch et Wolf Stephenson sont distingués au Blues Hall of Fame dans la catégorie Performer et Individual: Business - Production - Media or Academic.

Le studio Malaco détruit

Le , une tornade frappe une partie de Jackson (Mississippi). Les locaux de Malaco Records, situés au 3023 W. Northside Drive, loin du centre-ville, subissent d'importants dégâts et destructions. Wolf Stephenson (le directeur) et une quinzaine d’employés présents sont heureusement indemnes[5]. Des milliers de bandes originales des sessions d'enregistrement restent intactes, protégées dans un coffre-fort en béton séparé. La société décide de reconstruire les bureaux et le studio d'enregistrement endommagés sur le même site, et les nouveaux bâtiments ouvrent à l'automne 2012[3]. Cette tempête survient six ans après le passage de l'ouragan Katrina, qui a déjà endommagé les locaux de Malaco.

Labels

Labels appartenant ou ayant appartenu à Malaco :

  • 601 Records
  • Apollo Records
  • Atlanta International Records
  • Chimneyville Records
  • Freedom Records
  • Gospel Savoy Records
  • J-Town Records
  • Jambalaya Music
  • Juana Records
  • Mainstreet Records
  • Malaco Jazz Records
  • Muscle Shoals Sound Gospel
  • Muscle Shoals Sound Studios (M.S.S.S.)
  • Onyx Records
  • Savoy Records
  • Shurfine Records
  • Waldoxy Records

Artistes

Quelques artistes du catalogue de Malaco Music Group et des labels associés[12] :

Notes et références

Liens externes

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