Mamers

commune française du département de la Sarthe From Wikipedia, the free encyclopedia

Mamers [mamɛʁs] Écouter est une commune française, située dans le département de la Sarthe en région Pays de la Loire, peuplée de 4 996 habitants[Note 1].

Faits en bref Administration, Pays ...
Mamers
Mamers
La place Carnot, au centre de la ville.
Blason de Mamers
Blason
Image illustrative de l’article Mamers
Logo
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Pays de la Loire
Département Sarthe
(sous-préfecture)
Arrondissement Mamers
(chef-lieu)
Intercommunalité Communauté de communes Maine Saosnois
Maire
Mandat
Frédéric Beauchef (LR)
2020-2026
Code postal 72600
Code commune 72180
Démographie
Gentilé Mamertin
Population
municipale
4 996 hab. (2023 en évolution de −5,72 % par rapport à 2017)
Densité 989 hab./km2
Population
unité urbaine
5 802 hab. (2017)
Géographie
Coordonnées 48° 20′ 58″ nord, 0° 22′ 10″ est
Altitude Min. 105 m
Max. 172 m
Superficie 5,05 km2
Type Bourg rural
Unité urbaine Mamers
(ville-centre)
Aire d'attraction Mamers
(commune-centre)
Élections
Départementales Canton de Mamers
(bureau centralisateur)
Législatives Cinquième circonscription
Localisation
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Mamers
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Mamers
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Mamers
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Mamers
Liens
Site web mairie-mamers.fr
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    La commune fait partie de la province historique du Maine[1], et se situe dans le Saosnois dont elle est la principale ville.

    Géographie

    Localisation

    Mamers est située dans le Saosnois, à la limite du Perche, à 46 km au nord-est du Mans et à la limite de l'Orne et de la Sarthe (Alençon et Mortagne-au-Perche à 25 km).

    Les communes limitrophes sont Marollette, Origny-le-Roux, Saint-Longis, Saint-Rémy-des-Monts et Suré.

    Hydrographie

    La ville est baignée par la Dive (ou le Dive si on en croit la toponymie, moulin du Dive) qui prend naissance à Marollette au lieu-dit le Haut Dive et se jette 25 km plus loin dans l'Orne saosnoise au niveau de l'ancienne abbaye de Tironneau sur la commune de Saint-Aignan. Sur les 2,5 km dans la ville elle irrigue les deux plans d'eau du parc de loisirs. Elle a joué un rôle important pour la meunerie et la tannerie comme à l'ancien moulin de Barutel près de l'église Notre-Dame[2]. Le , une crue fait 17 morts, deux plaques marquent la hauteur de la vague destructrice à la porte et à l'intérieur de l'église Notre-Dame[3].

    Climat

    Plusieurs études ont été menées afin de caractériser les types climatiques auxquels est exposé le territoire national. Les zonages obtenus diffèrent selon les méthodes utilisées, la nature et le nombre des paramètres pris en compte, le maillage territorial des données et la période de référence. En 2010, le climat de la commune était ainsi de type climat océanique dégradé des plaines du Centre et du Nord, selon une étude du Centre national de la recherche scientifique (CNRS) s'appuyant sur une méthode combinant données climatiques et facteurs de milieu (topographie, occupation des sols, etc.) et des données couvrant la période 1971-2000[4]. En 2020, le climat prédominant est classé Csb, selon la classification de Köppen-Geiger, pour la période 1988-2017, à savoir un climat tempéré à été frais et sec[5]. Par ailleurs Météo-France publie en 2020 une nouvelle typologie des climats de la France métropolitaine dans laquelle la commune est exposée à un climat océanique altéré[6] et est dans la région climatique Normandie (Cotentin, Orne), caractérisée par une pluviométrie relativement élevée (850 mm/a) et un été frais (15,5 °C) et venté[7]. Elle est en outre dans la zone H2b au titre de la réglementation environnementale 2020 des constructions neuves[8],[9].

    Pour la période 1971-2000, la température annuelle moyenne est de 10,9 °C, avec une amplitude thermique annuelle de 13,9 °C. Le cumul annuel moyen de précipitations est de 712 mm, avec 11,8 jours de précipitations en janvier et 7,4 jours en juillet[4]. Pour la période 1991-2020, la température moyenne annuelle observée sur la station météorologique de Météo-France la plus proche, sur la commune de Commerveil à 4 km à vol d'oiseau[10], est de 11,9 °C et le cumul annuel moyen de précipitations est de 712,2 mm[11],[12]. La température maximale relevée sur cette station est de 40,3 °C, atteinte le  ; la température minimale est de −13,1 °C, atteinte le [Note 2].

    Davantage d’informations Mois, jan. ...
    Statistiques 1991-2020 et records station COMMERVEIL_SAPC (72) - alt : 105 m, lat : 48°18'55"N, lon : 0°21'13"E
    Records établis sur la période du au
    Mois jan. fév. mars avril mai juin jui. août sep. oct. nov. déc. année
    Température minimale moyenne (°C) 2,1 2 3,9 5,7 8,7 12,2 13,5 13,3 11 8,5 5,6 2,7 7,4
    Température moyenne (°C) 4,7 5,5 8,1 11 14 17,3 19,4 19,1 16,4 12,6 8,6 5,5 11,9
    Température maximale moyenne (°C) 7,4 8,9 12,4 16,3 19,4 22,5 25,4 24,9 21,8 16,6 11,6 8,4 16,3
    Record de froid (°C)
    date du record
    −13,1
    08.01.10
    −11,9
    12.02.12
    −7,6
    13.03.13
    −3,9
    07.04.21
    −0,8
    06.05.19
    2,5
    01.06.11
    5,5
    30.07.15
    5
    21.08.14
    2,2
    30.09.21
    −2,1
    21.10.10
    −5,4
    30.11.10
    −10,4
    19.12.09
    −13,1
    2010
    Record de chaleur (°C)
    date du record
    15,6
    24.01.24
    21,7
    27.02.19
    24,8
    31.03.21
    28,3
    20.04.18
    30,7
    30.05.25
    36,8
    18.06.22
    40,3
    25.07.19
    37,5
    07.08.20
    34,4
    14.09.20
    28,9
    02.10.23
    22,6
    01.11.15
    15,4
    30.12.22
    40,3
    2019
    Précipitations (mm) 63,4 51 58,3 50,5 64,8 69,2 35,3 60,6 40,6 68,6 72,3 77,6 712,2
    Record de pluie en 24 h (mm)
    date du record
    21,5
    08.01.25
    17,7
    12.02.14
    22,2
    01.03.20
    28,4
    28.04.12
    38
    10.05.19
    51,7
    21.06.22
    31,4
    31.07.23
    53,1
    20.08.25
    28,2
    13.09.17
    61,3
    02.10.21
    33,7
    03.11.14
    29,5
    12.12.14
    61,3
    2021
    Fermer
    Source : « Fiche 72086001 » [PDF], sur object.files.data.gouv.fr/meteofrance/data, 2025-10-06 dans l'état de la base (consulté le )
    Diagramme climatique
    JFMAMJJASOND
     
     
     
    7,4
    2,1
    63,4
     
     
     
    8,9
    2
    51
     
     
     
    12,4
    3,9
    58,3
     
     
     
    16,3
    5,7
    50,5
     
     
     
    19,4
    8,7
    64,8
     
     
     
    22,5
    12,2
    69,2
     
     
     
    25,4
    13,5
    35,3
     
     
     
    24,9
    13,3
    60,6
     
     
     
    21,8
    11
    40,6
     
     
     
    16,6
    8,5
    68,6
     
     
     
    11,6
    5,6
    72,3
     
     
     
    8,4
    2,7
    77,6
    Moyennes : • Temp. maxi et mini °C • Précipitation mm

    Urbanisme

    Typologie

    Au , Mamers est catégorisée bourg rural, selon la nouvelle grille communale de densité à sept niveaux définie par l'Insee en 2022[13]. Elle appartient à l'unité urbaine de Mamers[Note 3],une agglomération intra-départementale regroupant deux communes, dont elle est ville-centre[Note 4],[14],[15]. Par ailleurs la commune fait partie de l'aire d'attraction de Mamers, dont elle est la commune-centre[Note 5],[15]. Cette aire, qui regroupe 21 communes, est catégorisée dans les aires de moins de 50 000 habitants[16],[17].

    Occupation des sols

    Carte en couleurs présentant l'occupation des sols.
    Carte des infrastructures et de l'occupation des sols de la commune en 2018 (CLC).

    L'occupation des sols de la commune, telle qu'elle ressort de la base de données européenne d'occupation biophysique des sols Corine Land Cover (CLC), est marquée par l'importance des territoires artificialisés (64,4 % en 2018), en augmentation par rapport à 1990 (55,5 %). La répartition détaillée en 2018 est la suivante : zones urbanisées (51,4 %), terres arables (28,4 %), zones industrielles ou commerciales et réseaux de communication (10,5 %), zones agricoles hétérogènes (7,2 %), espaces verts artificialisés, non agricoles (2,5 %)[18]. L'évolution de l'occupation des sols de la commune et de ses infrastructures peut être observée sur les différentes représentations cartographiques du territoire : la carte de Cassini (XVIIIe siècle), la carte d'état-major (1820-1866) et les cartes ou photos aériennes de l'IGN pour la période actuelle (1950 à aujourd'hui)[Carte 1].

    Toponymie

    Le nom de Mamers remonte à l'époque gallo-romaine : Villa Mamertii, Mamertius étant le nom d'un particulier[19]. Ce nom est attesté sous les formes Mamertum au VIIIe siècle[20] ; Via Sancti Mammertis en 1045-1065 (S.-Vincent, 607) ; Memers vers 1060 (Marmoutier, II, 356) ; B. de Mammerto en 1067-1078 (S.-Vincent, 599) ; In mercatu Mammerti (sans date) ; B. de Mammerz en 1080-1102 (S.-Vincent, 584 et 593) ; Monachi de Mammertio en 1080 (S.-Vincent, 613) ; R. de Mammert vers 1093 (S.-Vincent, 606) ; Mameres vers 1098 (Cauvin, p. 391, d'après Bry) ; Burgensis Sancti Mammerti fin du XIe siècle (S.-Vincent, 770) ; Mammertum vers 1100 (S.-Vincent, 637) ; Mamercias ; castra, id est Mamerz XIIe siècle (Orderic Vital, III, 294 ; IV 40) ; Apud Mamertum en 1191 (Perseigne, 363) ; Memerz en 1202 (Marmoutier pour le Perche, 280) ; Memers en 1433 (Maucibot, p. 28) ; Mamers en 1665 (catal. des notaires, p. 26)[21].

    Les formes anciennes s'opposent à ce qu'on reconnaisse dans ce toponyme le nom de saint Mammès, explication suggérée par Albert Dauzat sur la base d'une forme peu ancienne et isolée, car il n'en connaissait pas d'autres. Il s'agit du nom de personne roman Mamercius, variante de Mamercus employé de manière absolue[20].

    Histoire

    Installée au bord de la Dive, Mamers est capitale du Saosnois depuis le Xe siècle.

    Le bourg de Mamers — mentionné pour la première fois aux VIe-VIle siècles dans les vies des ermites saint Rigomer et saint Longis — né d'une villa gallo-romaine, établie aux environs de l'actuelle place Carnot.

    Un temple gallo-romain dédié au dieu Mars aurait existé au niveau de l'actuelle église St Nicolas et détruit par saint Longis. Un prieuré dédié à la Vierge fondé au bord de la Dive (probablement situé à l'emplacement de l'actuel presbytère) par des moines christianisateurs à une époque inconnue, donné à l'abbaye Saint-Laumer de Corbion (aujourd'hui Moutiers-au-Perche) en 878, apparaît alors dans les textes comme un pôle secondaire de commandement où le moine franco-anglais Orderic Vital mentionne, vers 1088, l'existence d'un puissant château.

    Robert II Talvas, seigneur de Bellême, fortement responsable des désordres qui ravagent alors la région, le fait restaurer en même temps qu'il édifie, avec de nouvelles forteresses, une ligne de fortifications qui, sur une frontière féodale et seize kilomètres de Saosnes à Saint-Remy-du-Plain (aujourd'hui du-Val), barre les routes qui conduisent vers les possessions des comtes du Maine. Vaincu politiquement et militairement par le roi d'Angleterre, il meurt dans ses prisons vers 1130. Son fils et successeur Guillaume III Talvas, qui ne semble pas avoir perdu le Saosnois, y fonde, dans la première moitié du XIIe siècle, une nouvelle localité, Neufchâtel (en-Saosnois), détachée du vieux château de Lurçon et de la paroisse Saint-Maurille aujourd'hui disparue. Animé de motivations religieuses, que confirme sa participation à la croisade aux côtés de Louis VII le Jeune, il établit tout près, à l'orée de la forêt, l'abbaye cistercienne de Perseigne dont on consacre l'église en 1145. L'installation d'une nécropole familiale manifeste sa volonté d'établir là, au cœur de la seigneurie, une capitale. L'échec de ce projet profite à Mamers, bourg castraI et marchand tout proche, où il crée un nouveau quartier (le vicus des Cinq Ans) et augmente les biens du prieuré de Notre-Dame.

    Après son décès en 1171, le Saosnois, jamais réuni au Comté du Maine, passe dans les mains de Jean 1er, comte d'Alençon, puis, par les mariages, dans celles des familles de Châtellerault, d'Harcourt, d'Alençon - alors qu'il subit la crise des XIVe et XVe siècles, les combats de la Guerre de Cent Ans et la destruction de Mamers par l'armée du comte de Salisbury. La fin des hostilités autorise la reprise économique et les débuts des reconstructions dont celle de l'église Notre-Dame. Le Saosnois revient alors à Charles IV; duc d'Alençon, qui meurt sans enfant après le désastre de Pavie. Sa veuve l'apporte à Henri d'Albret, roi de Navarre, son second mari. Leur fille unique, Françoise d'Alençon, épouse en secondes noces Charles de Bourbon, duc de Vendôme puis, devenue veuve, obtient de François 1er l'érection de sa vicomté de Beaumont, dont relève la baronnie du Saosnois, en duché. Leur fils, Antoine de Bourbon, duc de Vendôme et roi de Navarre, en hérite.

    La Réforme et les luttes religieuses de la seconde moitié du XVIe siècle provoquent un nouveau déferlement de violences et de ruines. Après l'assassinat d'Henri III le Saosnois, comme l'ensemble du duché de Beaumont, demeure fidèle à Henri IV son dernier seigneur qui, devenu roi de France, unit son patrimoine a la couronne en Juillet 1607. Absent des institutions ecclésiastiques et de l'organisation administrative le Saosnois, malgré son caractère fiscale, n'est plus dès lors qu'une survivance du passé. Mamers, siège d'un bailliage royal - qui ne recouvre pas totalement le Saosnois - devient, au sein de cette riche région agricole, un centre administratif et économique avec son marché et sa manufacture de toiles qui se développent.

    Pendant les Guerres de Religion, elle a payé un lourd tribut : en 1650 alors qu'elle est devenue un siège important de la religion réformée, Mamers est assiégée puis incendiée.

    Aujourd'hui encore, elle conserve un patrimoine architectural de qualité, parfois insolite[22].

    À découvrir en centre-ville le théâtre (créé en 1818 et qui servait de halles aux toiles) et les halles aux grains en face. Après la chute de l'industrie du chanvre, les halles furent désaffectées et un théâtre y fut aménagé en 1851.

    Non loin, le visiteur peut admirer l'église Saint-Nicolas, une des premières constructions de la ville (début 13e siècle). Elle s'appuie sur l'un des contreforts du château (disparu). Le portail encadré de colonnes est inscrit aux Monuments Historiques.

    Autre patrimoine historique de Mamers : le couvent de la Visitation et son cloître, abritant aujourd'hui la mairie et la sous-préfecture. Son histoire est liée à la famille Davoust quand en 1630 Marie-Augustine décide d'entrer en religion. Après des agrandissements successifs, la Ville récupère le bâtiment en 1792 pour y loger l'Hôtel de ville et les prisons d'État contre les royalistes (les cellules sont toujours visibles).

    Place de la République, une plaque rend hommage à un illustre personnage : Joseph Caillaux. Précisément au n° 33. Grande figure de la 3e République, la carrière de Joseph Caillaux s'étend de l'affaire Dreyfus (dont il sera un ardent défenseur) à la débâcle de 1940. À ses états de service, la création de l'impôt sur le revenu (il a été Ministre des finances sous Georges Clemenceau de 1906 à 1909), ainsi que Président du Conseil des ministres français et ministre de l'Intérieur.

    Mais c'est dans la rubrique des faits divers que Joseph Caillaux fera la Une des journaux quelques années plus tard : Gaston Calmette, directeur du Figaro, engage une violente campagne de presse contre la politique Joseph Caillaux, opposé à l'entrée en guerre de la France face à l'Allemagne . À la suite de la publication de lettres intimes et excédée, son épouse, Henriette Caillaux, tuera Gaston Calmette de quatre balles de revolver. Ce qui contraint Joseph Caillaux à démissionner.

    Un temps éloigné du Gouvernement (des accusations d'intelligence avec l'ennemi ont été lancées), il revient dans les années 1920. Il retrouve en juillet 1925 son siège de conseiller général du canton de Mamers et, en septembre suivant, la présidence du conseil général de la Sarthe (qu'il conserve jusqu'en 1940), et il se fait élire le 12 juillet 1925 sénateur. La même année, puis à nouveau en 1935, il est nommé Ministre des finances.

    Après avoir voté les pleins pouvoirs au maréchal Pétain le 10 juillet 1940, il se retire dans sa propriété de Mamers où il meurt le 21 novembre 1944.

    Non loin, au n° 26 place de la République, il suffit de lever les yeux vers le ciel pour se croire dans une autre capitale… Une réplique de la tour Eiffel est représentée au 1/100e. Réalisée en 1889, la petite histoire raconte que la terrasse sur le toit de l'hôtel du Cygne accueillait les officiers du 115e RI. Un ami du propriétaire, travaillant à Paris avec Gustave Eiffel, lui aurait proposé d'agrémenter sa terrasse d'une réplique du symbole parisien.

    Le protestantisme à Mamers

    Une église protestante avait été établie à Mamers, dès 1561, par Honoré Du Colombier. Ses efforts furent tels qu'un vaste temple fut construit la même année. Le , Boisjourdan et Préaux, sicaires de Charles d'Angennes, évêque du Mans, s'y transportèrent à la tête d'une centaine de soldats. Ils se saisirent de quatre protestants logés dans l'hôtellerie d'Étienne Valette, déjà exécuté au Mans, et les tuèrent à coups d'épée ou d'arquebuse. Les noms de trois de ces victimes est connu : il s'agit de Guy Goveuret, diacre de l'église de Bellême, de Bodier, de Saint-Germain et d'Yves Husson de Bellême. Le soir, Macé Loiseau, vieillard de 60 ans, qui avait beaucoup contribué à propager à Mamers la réforme protestante, fut découvert dans une cachette, dont il fut tiré et égorgé. Presque tous les protestants de cette ville ayant eu le temps de fuir, les égorgeurs durent se contenter de piller leurs maisons, avant de retourner au Mans, emmenant avec eux Pierre Le Fèvre, surveillant de l'église, qui fut livré aux juges de l'évêque et décapité. Mécontents de leur première expédition qui ne leur avait livré que six victimes, les égorgeurs retournèrent à Mamers le premier vendredi du carême, et tuèrent encore quatre huguenots, le bonnetier Savary et Denis Gilbert, qui n'opposèrent aucune résistance, Félix Mollet, qui fut arquebusé parce qu'il avait cuit le pain de la Cène, et Nicolas Hamart, qui se défendit vaillamment, avant de succomber sous le nombre. L'évêque d'Angennes fut récompensé de son zèle par le pape Pie V en 1570 par un cardinalat[23]. Durant les guerres de religion, les catholiques détruisirent le temple de Mamers, tuèrent ou dispersèrent les protestants.

    Le protestantisme, qui semblait complètement disparu du pays revint à Mamers avec la proclamation de la Deuxième République en 1848. Un colporteur, du nom de Prunier, entreprit de prêcher le pays. Devant le succès de son entreprise, la Société évangélique de Genève envoya de nouveaux ministres de l'Église réformée à Mamers. Ceux-ci se rendirent à l'hôtellerie de la Tête Noire, où, trois siècles plus tôt, certains témoins de l'Évangile avaient été abattus. L'auberge n'avait pas changé de nom, et les propriétaires, qui étaient protestants, reçurent avec sympathie les évangélistes, et leur montrèrent, dans la cour, le lieu où les chrétiens avait souffert le martyre au XVIe siècle. En 1850, la Société évangélique de Genève envoya à Mamers le pasteur Porchat. La même année, plus de 600 auditeurs seront présents lors de l'inauguration d'une chapelle. En 1853, les autorités le sommèrent de fermer ce temple protestant qu'elles considèrent comme contraire à l'ordre public, mais Porchat reste à Mamers et continue le culte en privé. Ce n'est que quelque temps après sa mort, survenue en 1866, que le culte protestant est définitivement restauré[24],[25].

    Sortie de la messe à l'église Notre-Dame vers 1906.

    Vie militaire

    Listes des unités militaires ayant tenu garnison à Mamers :

    Politique et administration

    Rattachements administratifs et électoraux

    Circonscriptions de rattachement

    Mamers est le chef-lieu de l'arrondissement et du canton de Mamers depuis leur création. Le redécoupage cantonal de 2014 a modifié sa composition puisqu'il englobe désormais les cantons de La Fresnaye-sur-Chédouet et de Marolles-les-Braults ainsi qu'une partie de celui de Saint-Paterne.

    Pour l'élection des députés, la commune fait partie de la cinquième circonscription de la Sarthe, représentée depuis par Jean-Carles Grelier (RE). Mamers est rattachée à cette circonscription depuis la création de la Ve République et appartenait auparavant à la circonscription de Mamers.

    Intercommunalité

    Depuis le , date de sa création, la commune appartient à la communauté de communes Maine Saosnois et en est la principale ville ainsi que le siège. Cette structure, créée par fusion de trois anciennes intercommunalités, a succédé à la Communauté de communes du Saosnois, fondée en décembre 1994 et issue de la transformation du SIPAEC du Saosnois.

    L'entrée de la sous-préfecture et de l'hôtel de ville se fait par le même bâtiment.

    Administration municipale

    Le nombre d'habitants au dernier recensement étant compris entre 5 000 et 9 999, le nombre de membres du conseil municipal est de 29[26].

    Tendances politiques et résultats

    Liste des maires

    Davantage d’informations Période, Identité ...
    Liste des maires successifs
    Période Identité Étiquette Qualité
    octobre 1947 mars 1971 Robert Chevalier RPF
    puis UNR
    Notaire
    Sénateur de la Sarthe (1948 → 1968)
    mars 1971 mars 1989 Henri Courant[30] (1928-2020) DVD Agent général d'assurance
    mars 1989 juin 1995 Philippe Chevreul UDF-PR
    puis DL
    Médecin du sport puis praticien hospitalier, maire honoraire
    Adjoint au maire (1983 → 1989)
    Conseiller régional des Pays de la Loire (1983 → 2010)
    Vice-président du conseil régional (1998 → 2004)
    juin 1995 mars 2014 Michel Corbin PS Dessinateur industriel
    mars 2014[31] en cours Frédéric Beauchef[32] UMP-LR Juriste
    Conseiller départemental de Mamers (2015 → )
    Vice-président du conseil départemental (2015 → )
    Président de la CC Maine Saosnois (2017 → )
    Fermer

    Population et société

    Démographie

    L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. Pour les communes de moins de 10 000 habitants, une enquête de recensement portant sur toute la population est réalisée tous les cinq ans, les populations de référence des années intermédiaires étant quant à elles estimées par interpolation ou extrapolation[33]. Pour la commune, le premier recensement exhaustif entrant dans le cadre du nouveau dispositif a été réalisé en 2005[34].

    En 2023, la commune comptait 4 996 habitants[Note 6], en évolution de −5,72 % par rapport à 2017 (Sarthe : +0,04 %, France hors Mayotte : +2,36 %).

    Évolution de la population  [modifier]
    1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851
    6 2005 3825 6605 5835 8225 7045 7825 9846 017
    1856 1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896
    5 8845 8395 8325 3655 3426 0706 4786 0166 014
    1901 1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954
    6 0455 9245 6584 3804 6004 2604 7265 4075 086
    1962 1968 1975 1982 1990 1999 2005 2006 2010
    4 8695 7776 3926 4506 0716 0845 7845 6965 473
    Davantage d’informations - ...
    2015 2020 2023 - - - - - -
    5 3045 0824 996------
    Fermer
    De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
    (Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[35] puis Insee à partir de 2006[36].)
    Histogramme de l'évolution démographique

    Sports et loisirs

    Les Sports athlétiques mamertins sont un club de football fondé en 1920. Le club a disputé six saisons de Division 4 entre 1981 à 1987 et a remporté la Coupe du Maine en 1993 et 1996[37],[38],[39].

    Logo du club

    Économie

    Culture locale et patrimoine

    Lieux et monuments

    • Hôtel d'Espagne, des XVIIe et XVIIIe siècles, inscrit au titre des monuments historiques en 1988[40].
    • Halle aux grains du XIXe siècle, inscrite au titre des monuments historiques en 1973[41].
    • Église Saint-Nicolas, des XIIIe, XIVe, XVIe, XVIIe et XIXe siècles, inscrite au titre des monuments historiques en 1989, le portail est classé au même titre en 1992[42].
    • Église Notre-Dame, des XVe et XVIe siècles, classée au titre des monuments historiques en 1911[43].
    • Ancien presbytère de Mamers, rue du 115e-Régiment-d'Infanterie, construit entre 1852 et 1857, sur les plans de l'architecte Paul Lebart et décoré par Achille Oudinot de La Faverie.
    • Théâtre municipal à l'italienne et salle des fêtes "Louis Malle", édifiés en 1851, restaurés et agrandis en 1937, place Carnot[44].
    • Couvent de la Visitation, construit en 1630 il abrite aujourd'hui la mairie et les services de l'état. Des prisons d'état destinées initialement aux royalistes sont restées en service jusqu'au milieu du XXe siècle[45].
    • Deux plans d'eau (dont l'un est réservé à la pêche), promenade, petite plage de sable, pédalos, parc Jaillé avec arbres remarquables…

    Activité et manifestations

    • Foire aux collectionneurs, le 1er dimanche de juin, au gymnase rue Docteur-Godard (40e édition en 2022)[46].
    • Les trois jours de Mamers.
    • Festival Le Son des Cuivres[47] : le festival de cuivres de Mamers.
    • Festival de films européens Mamers en Mars : le festival Mamers en Mars tisse sa toile depuis 1990 et s'est affirmé comme la principale manifestation cinématographique sarthoise, et l'une des plus importantes des Pays de la Loire, en attirant près de 4 000 spectateurs par édition.
    • Festival Coup d'Parquet[48] : le festival de danses et musiques traditionnelles, weekend de la Toussaint; bal folk, fest-noz, musique irlandaise et sessions, ateliers de danse, cinéma, expositions.
    • Festi'rok, festival rock gratuit créé en 2016[49], organisé par l'association Festi Rok au cœur de la ville. Il a attiré 3 500 festivaliers lors de l'édition 2022[50].
    • Concours national des meilleures rillettes[51].
    • Festival annuel de reggae/rap.
    • Comices
    • Football, les Sports athlétiques mamertins.
    • Balade moto pour les Restos du Cœur (2e week-end de septembre en général).

    Jumelages

    La ville de Mamers est jumelée avec :

    Personnalités liées

    Une plaque posée sur la maison où est décédé Joseph Caillaux, le 22 novembre 1944.

    Héraldique

    Davantage d’informations Blason, Détails ...
    Blason de Mamers Blason
    Coupé: au 1er d'azur semé de fleurs de lis d'or au lion du même brochant, au 2e d'argent au léopard de sable.
    Détails
    (vers 1852) Coupé des armes de la famille de BEAUMONT-BRIENNE, et des armes de la Duchesse de BEAUVILLIERS[53].
    Le statut officiel du blason reste à déterminer.
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    Notes et références

    Voir aussi

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