Manufacture Samson
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La manufacture Samson est une manufacture de porcelaine créée à Paris par Edmé Samson puis qui s'est développée Montreuil à partir de 1871 et a fermé en 1979. Elle est réputée pour ses imitations et reproductions de grande qualité de céramiques anciennes, européennes comme asiatiques.
| Manufacture Samson | |
| Création | 1845 |
|---|---|
| Disparition | 1979 |
| Fondateurs | Edmé Samson |
| Personnages clés | Émile Samson, Léon Samson, Pierre Samson, François Samson |
| Siège social | Montreuil |
| Activité | Porcelaine, faïence, bronzes, émaux |
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Histoire
Originaire d'Alsace[1], c'est en 1845 qu'Edmé Samson (1810-1891) s'installerait à Paris dans le quartier du Temple[1]. En 1849, il participe à l'exposition industrielle nationale. En 1851, son atelier et son magasin sont installés au 38 rue de Saintonge avant de déménager en 1852 au 25 rue de Vendôme[1] (qui sera bientôt renommée Rue Béranger), il y décore des porcelaines blanches qu'il achète à d'autres manufactures parisiennes[2],[3] (comme Clauss ou la manufacture de Sèvres[1]) et qu'il monte en bronze[4]. De 1858 à 1861, Edmé Samson est associé avec Paul Bergkam et dispose d'une seconde boutique au 32 rue de Paradis-Poissonnière, puis son entreprise devient la maison Lévy et Samson toujours installée au 25 rue de Vendôme[1].
Son fils Émile (1837-1913) décore à son tour des porcelaines et réalise des reproductions et des imitations d'anciennes porcelaines[2]. Il est remarqué à l’exposition des beaux-arts appliqués à l’industrie de 1863 pour ses porcelaines dans le style du « vieux Japon »[1],[3] et s'installe au 7 rue Béranger[1]. Père et fils s'associent à partir de 1867 et participent à l'exposition universelle où ils exposent des reproduction de porcelaines d'extrême-orient et d'anciennes porcelaines européennes[1]. Ils sont installés au 7 et au 23 rue Béranger[1]. La production de la manufacture est appréciée par des collectionneurs et la bourgeoisie qui achètent ses reproductions de modèles authentiques[3],[5].
Dans les années 1870 (en 1871[6] ou en 1879[1]), les Samson construisent une usine à Montreuil, 17 rue de la Révolution[6],[1], avec leur fours pour fabriquer leur propre porcelaine. Ils gardent leur magasin à Paris rue Béranger (où ils continue à faire la décoration des pièces et où ils auront jusqu'à quarante salles d'exposition de leur production[1]) et en ouvrent un second 17 bis rue de Paradis, un autre magasin est ouvert en 1895 30 avenue de l'Opéra[1]. Samson conservera les locaux du 7 rue Béranger jusqu'à la fermeture de la manufacture.
À son tour, Émile Samson s’associe avec son fils Léon (1868-1928) en 1891, la manufacture prend le nom Samson & Fils[2],[3]. La manufacture se développe, deux fours ronds à globe et à flammes directes de 20 m3 chauffés au bois sont installés puis, vers 1912, un four à flammes renversées est acquis par la manufacture ; elle emploie 40 ouvriers en 1900 et 125 ouvriers et décorateurs en 1920[6]. En 1914, les soeurs de Léon Samson sont associées à la société[1]. Outre la porcelaine, la manufacture produit également des bronzes, des terres-cuites et des émaux[3].
À partir de 1928, c'est Pierre Samson (1892-1976) qui dirige la manufacture mais celle-ci commence à rencontrer difficultés économiques[3],[1] et, après-guerre, lorsque François Samson (1920-1992) prend la direction de la manufacture, elle ne compte plus que 25 employés[3] et achète les céramiques, pour effectuer ensuite le décor, à la maison Boulenger à Alençon puis à la maison Géo Martel à Desvres[1], la qualité et la diversité de la production ne sont plus celles d'avant-guerre[1]. François Samson modernise les fours et cesse la reproduction et l'imitation de modèles anciens[3]. À la fin des années 1960, toute la production de la manufacture est regroupée à Montreuil et les effectifs de la manufacture sont divisé par deux[1]. La manufacture cesse son activité en 1979[3] et ses bâtiments sont démolis en 1989 sauf ses fours qui sont protégés au titre des monuments historiques[6].
Production
Lors de l'exposition universelle de 1867, Samson présente des reproductions de porcelaine de Saxe, de Chine et du Japon[3],[1]. À l'exposition universelle de 1889 Samson propose des faïences et des porcelaines de grande taille reproduisant des pièces de grands musées comme le Louvre ou le Victoria and Albert Museum de Londres[2].

La maison Samson a reproduit des modèles des différentes manufactures européennes commes celles de Saxe, Sèvres, Rouen, Nevers, Sceaux, Marseille, Strasbourg ou Delft, ainsi que des porcelaines du Japon, de de Chine ou de la Compagnie des Indes[5]. Elle réalise des céramiques d’Iznik des XVIe et XVIIe siècles, des pièces persanes ou des céramiques chinoises de l’époque Ming mais également des émaux sur cuivre[7] et des terres-cuites[3]. Sa production est de grande qualité et réalisée avec des méthodes traditionnelles mettant en oeuvre les techniques de décor les plus difficiles[1]. Toutefois les pièces de Samson étaient produites en porcelaine dure, alors que les originaux étaient souvent faits d'une autre terre ou en porcelaine tendre[7],[1]. Pour obtenir cette qualité de fabrication, la réalisation des pièces coûtait cher : pour être rentable, la manufacture devait produire des pièces rares de modèles recherchés, afin que ses reproductions puissent être significativement moins chères que des pièces originales[1].
Pour réaliser ses reproductions la manufacture Samson disposait d'un très grand nombre de moules, près de 60 000[5],[1], et de 20 000 objets d'art (surtout des faïences anciennes) que les clients pouvaient choisir pour les faire reproduire par la manufacture[5]. Non seulement la manufacture reproduisait à l'identique des pièces existantes mais ses ouvriers réalisaient également des pièces originales s'inspirant de formes et de décors anciens[1]. Les ouvriers de Samson visitaient les musées pour reproduire les formes et les décors et de grand collectionneurs, tels Frédéric Spitzer (1815-1890) ou Gustave Dreyfus (1837-1914), partageaient leurs pièces pour que la manufacture puisse les reproduire[1].
La manufacture Samson ne cherchait pas à tromper[7] et signait distinctement ses copies[5]. Samson a utilisé plusieurs signatures, non seulement selon les époques mais aussi selon la couleur, la matière ou le style de la pièce[1]. La signature figurait généralement le S (initiale de Samson), souvent un double S[2],[5],[1]. Cependant, certaines pièces n'étaient pas signées, selon la demande de l'acheteur[1]. Si la manufacture Samson n'a jamais caché ne vendre que des reproductions, certains revendeurs ont cherché à les faire passer pour des pièces authentiques, en effaçant si besoin la signature Samson[1].