Marcel Brion

juriste, producteur audiovisuel et écrivain français From Wikipedia, the free encyclopedia

Marcel Brion, né le à Marseille et mort le à Paris 7e[1], est un romancier, essayiste, biographe, critique littéraire et historien de l'art français. Spécialiste de la Renaissance italienne et de l'Allemagne romantique, il est élu à l'Académie française en 1964.

Nom de naissance
Marcel Marius Gabriel BrionVoir et modifier les données sur Wikidata
Faits en bref Fauteuil 33 de l'Académie française, 13 mars 1964 - 23 octobre 1984 ...
Marcel Brion
Fonction
Fauteuil 33 de l'Académie française
-
Biographie
Naissance
Décès
Sépulture
Nom de naissance
Marcel Marius Gabriel BrionVoir et modifier les données sur Wikidata
Nationalité
Formation
Activités
Rédacteur à
Conjoint
Enfant
Autres informations
Membre de
Conflit
Distinctions
Plaque au n° 32 rue du Bac (Paris).
Vue de la sépulture.
Fermer

Biographie

Fils de l'avocat marseillais Raoul Brion (1870-1957), Marcel Brion a pour condisciples, dans sa classe de sixième du lycée Thiers de Marseille, Marcel Pagnol et Albert Cohen[2],[3],[4]. Après avoir achevé ses études secondaires au collège Champittet, en Suisse, il suit des études de droit à la faculté d'Aix-en-Provence. Avocat au barreau de Marseille entre 1920 et 1924, il abandonne très tôt sa carrière de juriste pour se tourner vers la littérature[5].

Issu d'une famille d'origine provençale et irlandaise, son nom « Brion » est une francisation de « O'Brion ».

Collaborateur régulier pour la Revue des deux Mondes et Les Nouvelles littéraires[5], Marcel Brion dirige pendant vingt ans la rubrique « Littérature étrangère » du quotidien Le Monde. Il contribue à faire connaître au public français des auteurs tels que Rainer Maria Rilke, James Joyce ou encore Dino Buzzati. À cet égard, Marcel Schneider aura ce commentaire :

« Marcel Brion, c'était l'Europe avant la lettre. Il connaissait sept des langues principales parlées en Occident, et il les connaissait en découvreur de talents. Il a su choisir et il ne s'est pas trompé » (Le Figaro, ).

En 1964, il est élu à l'Académie française au fauteuil de Jean-Louis Vaudoyer dont il était un ami proche[5].

Il meurt le , à son domicile 32, rue du Bac à Paris, où il vécut près de quarante ans et écrivit la plus grande partie de son œuvre. Marcel Brion laisse près de cent ouvrages. Il est enterré au cimetière des Longs Réages à Meudon.

Son épouse Liliane Brion-Guerry fut directrice du département esthétique au CNRS. Son fils, Patrick Brion, critique et historien du cinéma, est la « voix » du Cinéma de minuit de France 3. Sa fille, Agnès Brion, s'efforce de poursuivre l'œuvre de son père en assurant les rééditions des ouvrages de Marcel Brion et en publiant des œuvres inédites

Distinctions et prix littéraires

Parmi les nombreux prix littéraires décernés à Marcel Brion :

Œuvre

Essais

À travers son activité d'historien de l'art, Marcel Brion s'est intéressé avant tout aux différents aspects de la civilisation européenne : la musique, avec en particulier son Mozart, la peinture, la sculpture, les icônes. Cette multiplicité des thèmes et des cultures lui vaut d'être aujourd'hui traduit en Allemagne, en Espagne, au Portugal, en Italie et en Russie, pays dont l'héritage lui a inspiré des articles et des livres qu'il considérait lui-même comme autant de « voyages » dans un sens presque initiatique, de ces voyages dont il écrit, dans son essai sur Novalis : « La durée du voyage ignore toutes les limites que le temps met à l'activité de l'homme ».

Il s'est illustré avec une série d'ouvrages sur l'art de la Renaissance italienne : Giotto (1928), Botticelli (1932), Michel-Ange (1939) ou Léonard de Vinci (1952).

En tant qu'historien, il aborde dans ses biographies des personnages aussi divers que Frédéric II du Saint-Empire (Frédéric II de Hohenstaufen, 1948), Laurent le Magnifique (1937), Machiavel (1948), Las Casas (1928) ou Rudyard Kipling (1929).

Toutefois, l'autre grand versant de son travail de critique et d'historien concerne l'Allemagne et le romantisme, avec les quatre volumes de son Allemagne romantique, où il analyse notamment l'œuvre de Heinrich von Kleist, Brentano, Hoffmann, Eichendorff, Hölderlin, Schiller et Achim von Arnim ; ses ouvrages sur Goethe ou sur Robert Schumann et l'âme romantique ; de même, sa synthèse sur le fantastique (Art fantastique, 1961). Enfin, à partir des années 1950, Marcel Brion consacre plusieurs textes à la peinture contemporaine : Art abstrait (1956), Braque (1963).

Un recueil posthume, publié en 1994 aux éditions José Corti, Les Labyrinthes du temps : Rencontres et choix d'un Européen, rassemble des articles de Marcel Brion sur Huysmans, James Joyce, Hofmannsthal, Thomas Mann, Robert Walser, Hermann Hesse et d'autres auteurs.

Œuvres de fiction

« La substance du rêve est la conscience d'un manque », écrit Marcel Brion dans le roman Algues (1976). Dans une ambiance incertaine de « passage », de « traversée », où se mêlent l'errance et le doute, la nostalgie et l'envoûtement, l'œuvre de fiction, inaugurée dès 1929 par Le Caprice espagnol, culmine avec des romans comme Château d'ombres (1943), L'Enchanteur (1965), La Fête de la tour des Âmes (1974) ou le recueil de nouvelles Les Escales de la haute nuit (1942). Au milieu d'un univers où les frontières tendent à se dissoudre entre le réel et l'imaginaire, l'auteur laisse surgir, comme malgré lui, des personnages mystérieux, tragiques, tel le « Maréchal de la Peur », qui donnent au lecteur la sensation de pénétrer dans un clair-obscur à la fois fantasmatique et étrangement familier. Ces thèmes du songe, de la magie, du hasard, de l'inconnu, se retrouvent dans chacun de ses romans ou nouvelles.

Nombre de ces textes sont aujourd'hui disponibles, réédités chez leur éditeur d'origine ou publiés en édition de poche.

Choix bibliographique

Arts et littérature

  • Giotto, Rieder, 1928
  • Turner, Rieder, 1929
  • Botticelli, Crès, 1932
  • Bosch, 1938
  • Klee, Somogy, 1955
  • Art abstrait, Albin Michel, 1959
  • Kandinsky, Somogy, 1960
  • L'Œuvre de Balzac, 16 volumes, Classiques-CFL, 1950-1953
  • Fabrizio Clerici, Milan, Electra Editrice, 1955
  • L'Allemagne romantique, 4 vol., Albin Michel :
  • Venise, Albin Michel 1962
  • L'Art romantique, Hachette, 1963
  • L'Âge d'or de la peinture hollandaise, Elsevier, 1964
  • L'Œil, l'esprit et la main du peintre, Plon, 1966
  • Peinture romantique, Albin Michel, 1967
  • La Grande Aventure de la peinture religieuse, Perrin, 1968
  • Rembrandt, Albin Michel, 1969
  • Titien, Somogy, 1971
  • Guardi, Henri Scrépel, 1976
  • Goethe, Albin Michel, 1982
  • Schumann et l'âme romantique, Albin Michel, 1954
  • Raymond Biaussat, Imprimerie Arts graphiques d'Aquitaine, 1986.
  • Paul Cézanne, Bordas, 1988
  • Art fantastique, Albin Michel 1989
  • Michel-Ange, Albin Michel, 1995
  • Léonard de Vinci, Albin Michel, 1995
  • Mozart, Le Livre Contemporain Amiot Dumont, 1955, Perrin, 1982
  • Le Théâtre des esprits, préface d'Agnès Brion et note liminaire de Patrick Brion, La tour verte, 2011

Biographies

  • Bartolomé de Las Casas, Père des Indiens, Plon, 1928
  • La Vie d'Attila, Gallimard, 1928
  • Rudyard Kipling, Éditions de la Nouvelle Revue critique, 1929
  • La vie d'Alaric, Gallimard, 1930
  • Théodoric, roi des Ostrogoths, Payot, 1935 ; 1979
  • Frédégonde et Brunehaut, Les éditions de France, 1935
  • La reine Jeanne, (Jeanne Ire de Naples) Société des Bibliophiles de Provence, 1936; 1944 (Robert Laffont)
  • Laurent le Magnifique, Albin Michel, 1937
  • Blanche de Castille, Les éditions de France, 1939
  • Machiavel, Albin Michel, 1948
  • Frédéric II de Hohenstaufen, Tallandier, 1948
  • Le Pape et le Prince - Les Borgia, Hachette, 1953
  • Tamerlan, Albin Michel, 1963
  • Charles le Téméraire, grand-duc d'Occident, Hachette, 1947. Réédition : Tallandier, 2006, [compte rendu en ligne].
  • Les Amantes courts essais sur Diotima - Alcoforado - Frédérique Brion - Charlotte Stieglitz et Louise Labé, Albin Michel, 1941
  • Bernard Vigneron, Henri Bosco et Marcel Brion, approches, les Editions du Panthéon, Paris, 2023.

Histoire

  • Les Mondes antiques, Arthème Fayard, 1954 ; Tallandier, 1977. 9 volumes : L'Égypte (1 et 2), L'Orient (3), Les Hébreux (4), La Grèce (5 et 6), Rome (7 à 9)

Romans et nouvelles

  • Le Caprice espagnol (Gallimard nrf, 1929)
  • La Folie Céladon (Éditions Correa, 1935, Albin Michel 1963, et livre de Poche, 1989)
  • Les Escales de la haute nuit, nouvelles, (Laffont, 1942 et 1966, réédition bibliothèque Marabout, 1971, puis Albin Michel, 1986)[6]
  • Un enfant de la terre et du ciel (Albin Michel, 1943)
  • Château d'ombre (Luf, 1943, puis Albin Michel, 1960)[7]
  • L’Enchanteur (Luf, 1947)
  • La Chanson de l'Oiseau étranger (Albin Michel, 1958)
  • La Ville de sable, (Albin Michel, 1959)
  • La Rose de cire (Albin MIchel, 1964)
  • De l'autre côté de la forêt (Albin Michel, 1966)
  • Les Miroirs et les gouffres (Albin Michel, 1968)
  • L’Ombre d’un arbre mort (Albin Michel, 1970)
  • Nous avons traversé la montagne (Albin Michel, 1972)
  • La Fête de la tour des âmes (Albin Michel, 1974)
  • Algues - fragment d'un journal intime (Albin Michel, 1976)
  • Les Vaines Montagnes (Albin Michel, 1985)
  • Le Journal d’un visiteur (Albin Michel, 1980)
  • Villa des hasards (Albin Michel, 1984)
  • Ivre d’un rêve héroïque et brutal (de Fallois, 2014)

Notes et références

Voir aussi

Related Articles

Wikiwand AI