Marcel Belline

médium français From Wikipedia, the free encyclopedia

Marcel Belline ou simplement Belline, pseudonyme de Marcel Forget, né le à Paris dans le 12e arrondissement et mort le à Colombes, est un voyant, médium, cartomancien et nécromancien français. Il est notamment connu pour avoir édité l'oracle portant son nom.

Nom de naissance Marcel Forget
Alias
Le Prince des Voyants
Naissance
Paris
Décès (à 76 ans)
Colombes
Faits en bref Nom de naissance, Alias ...
Marcel Belline
Nom de naissance Marcel Forget
Alias
Le Prince des Voyants
Naissance
Paris
Décès (à 76 ans)
Colombes
Profession
Autres activités
écrivain
Signature de Marcel Belline
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Choix du pseudonyme

Selon le sociologue et auteur de science-fiction Arnaud Esquerre, le nom de Belline renverrait à Balînus, nom arabe donné au IXe siècle de l'auteur de la Table d'émeraude, traité d'alchimie et évoquant concernant le mage, « un passé lointain, avec ces mages chaldéens » censés voyager sur les rives de la Méditerranée et propager la science astronomique babylonienne[1].

Biographie

Débuts et apprentissage

Fils d'un antiquaire, Marcel Forget est né le dans le 12e arrondissement de Paris[2]. Il reprend un temps l'affaire de son père, mais décide en 1954 de s'établir comme voyant[3]. Installé au 45, rue de la Fontaine Saint-Georges, dans le 9e arrondissement de Paris[4], il fait commerce jusque dans les années 1980[5]. Interrogé en 1972 par L'Express, il déclare un revenu annuel de 150 000 à 170 000 francs, similaire à celui d'un professeur de médecine, le prix d'une consultation pouvant s'élever jusqu'à 300 francs[6], bien qu'il puisse occasionnellement travailler gratuitement[3].

Marcel Belline affirme que ses dons de voyance se seraient manifestés dès l'adolescence. Étant hospitalisé dans un sanatorium dans les Alpes et déclarant ressentir la douleur d'un autre patient, il alerte le personnel pour cette personne souffrant d'une occlusion intestinale[7]. Juste avant le déclenchement de la guerre d'Espagne, « il aurait eu une vision de fleuves de sang et de taureaux égorgés qui avertissait de la tragédie espagnole à venir »[7]. Pour l'anthropologue française Marie-Christine Pouchelle, la manifestation des dons de voyance de Marcel Belline serait principalement liée à sa « compassion d'une part et au fait de traverser une situation difficile, d'autre part »[7].

Surnommé le « prince de la voyance », il gagne une certaine réputation[8], considéré par certains comme l'oracle des grandes figures parisiennes[1]. Parmi ses moyens de voyance, Belline exploite jeux de cartes, oracle, tarot et horoscope, intitulés sous son patronyme. Marcel Belline prétend réussir de nombreuses prédictions relayées par les médias, évoquées par Le Nouvel Observateur ou Le Figaro[9], parmi lesquelles on interprète ses révélations présumées pour le vaccin antipoliomyélitique, la mort d'Albert Einstein, la maladie d’Eisenhower, le naufrage de l'Andrea Doria, l’incendie du journal L’Humanité, l’affaire de Suez, le suicide de Marilyn Monroe[8], la fin de John Kennedy[8], ou encore les barricades de Mai 1968[réf. nécessaire]. En 1964, il prédit dans le quotidiien France-Soir que le coureur cycliste Jacques Anquetil va subir une chute mortelle à Andorre, lors de la quatorzième étape tour de France. Le sportif traverse toutefois l'étape sans encombre et au contraire, remporte son cinquième titre[10],[11],[8].

Oracle Belline, publications et ésotérisme

Document d'archives du Mage Edmond.
Cartes de l'oracle Belline exposées au Mucem à Marseille.

Une de ses relations lui fait découvrir un jeu de cartes et un manuscrit datant du XIXe siècle, attribués à Jules Charles Ernest Billaudot (1829–1881) dit le « Mage Edmond ». Belline analyse, utilise puis commercialise ce jeu divinatoire[12]. Il le fait publier sous son propre nom, l'Oracle Belline, au tout début des années 1960. Il publie plusieurs ouvrages notamment chez Robert Laffont et chez J'ai lu, dans la collection « L'Aventure mystérieuse ». Après avoir tenté 20 mois durant[13], il prétend communiquer avec l’esprit de son fils unique mort en 1969[14], expérience relatée dans La Troisième Oreille, publié en 1972[15].

Marcel Belline meurt le [2]. Il repose au cimetière de Bagneux dans les Hauts-de-Seine, avec son fils et son épouse.

Fonds d'archives

En 1977, Marcel Belline prend contact avec le Ministère de la Culture, afin de faire don à l'État français de l’ensemble du mobilier de son cabinet de voyance et ses archives, qu'il espérait léguer à son fils, décédé en 1969[14],[16]. Sa demande est transmise au Musée national des Arts et Traditions populaires, qui installe en 1978 le cabinet que Belline réservait aux gens du commun dans sa galerie permanente[3]. Le cabinet destiné aux personnalités, qui se trouvait au dessus du premier cabinet, est quant à lui démonté et placé dans les réserves du musée[17]. À l'occasion d'une exposition en 2025 au MuCEM, le décor du cabinet du voyant est reconstitué[18]. Le Musée des civilisations de l'Europe et de la Méditerranée (MuCEM) possède un ensemble de documents relatifs au travail mené par Belline sur la vie après la mort ainsi que des témoignages de diverses célébrités : scientifiques, hommes politiques et artistes de l'époque[4].

Productions

Publications

  • Marcel Belline, Comment je suis devenu voyant, Paris, Pierre Horay, , 251 p.
  • Marcel Belline, Histoires Extraordinaires d'un voyant, Paris, La Pyramide d'or, , 248 p.
    Nouvelle éd. revue et complétée, J'ai lu, coll. « L'Aventure mystérieuse » n° 345, 1977, 219 p. ; François de Villac, 1989, 243 p. (ISBN 2-907625-05-5).
  • Marcel Belline, Le Dossier de William Bart, Paris, Éditions du Dauphin, , 211 p.
  • Marcel Belline (préf. Gabriel Marcel), La Troisième oreille : à l'écoute de l'au-delà, Paris, Robert Laffont, , 307 p. (lire en ligne Accès limité)
    Rééd. J'ai lu, coll. « L'Aventure mystérieuse » n° 342, 1977, 252 p. ; Famot-Beauval, 1981, 249 p. ; Robert Laffont, coll. « Les Énigmes de l'Univers », 1985, 307 p. (ISBN 2-221-01505-3) ; J'ai lu, coll. « L'Aventure secrète » n° 2015, 1986, 252 p. (ISBN 2-277-22015-9).
  • Marcel Belline (préf. Maryse Choisy), Un voyant à la recherche du temps futur, Paris, Robert Laffont, , 333 p.
    Rééd. J'ai lu, coll. « L'Aventure mystérieuse » n° 356, 1978, 316 p. (ISBN 2-277-51356-3) ; J'ai lu, coll. « L'Aventure mystérieuse » n° 2502, 1988, 310 p. (ISBN 2-277-22502-9).
  • Marcel Belline, Petite Encyclopédie des arts divinatoires, Paris, Robert Laffont, coll. « Les Énigmes de l'Univers », , 204 p. (ISBN 2-221-01503-7).
  • Marcel Belline (préf. Frédéric Royer), Anthologie de l'Au-delà, t. 1, Paris, Robert Laffont, coll. « Les Énigmes de l'Univers », , 388 p.
    Rééd. J'ai lu, coll. « L'Aventure mystérieuse » n° 397, 1982, 350 p. (ISBN 2-277-51397-0) ; Robert Laffont, coll. « Les Énigmes de l'Univers », 1992, 392 p. (ISBN 2-221-07370-3).
  • Monique Marx et Alexandra David-Néel, L'Infini sursis ou De l'autre côté de la vie..., Éditions Tchou, coll. « Les Pouvoirs inconnus de l'homme », , 314 p. (ISBN 2-7107-0153-7)
    Rééd. Sand, coll. « La Nuit des mondes », 1984, 314 p. (ISBN 2-7107-0291-6).
  • Marcel Belline, Anthologie de l'Au-delà, t. 2 : Domaine anglo-saxon, Robert Laffont, coll. « Les Énigmes de l'Univers », , 274 p. (ISBN 2-221-00640-2).
  • Marcel Belline, Les Grands Visionnaires de l'Histoire, Robert Laffont, coll. « Les Énigmes de l'Univers », , 284 p. (ISBN 2-221-01138-4).
  • Marcel Belline, Encyclopédie des arts divinatoires, Marabout, coll. « Marabout service » (no 697), , 224 p. (ISBN 2-501-00692-5).

Jeux divinatoires

  • L'Oracle Belline, la Ducale, 1960 ; Grimaud, 1961.
    Jeu de tarot conçu et dessiné par le Mage Edmond vers 1845, composé de 53 cartes, mêlant tarologie et astrologie. La méthode d'interprétation et les textes sont signés par Belline.
  • L'Horoscope de Belline, Jeux et lumière, 1964 ; France Cartes, 1989.
    Belline déclare avoir conçu et commercialisé ce jeu divinatoire pour les débutants souhaitant s'initier à la cartomancie. Il s'agit d’une version allégée de l'Oracle Belline. Sa structure de jeu en 53 cartes, conserve les thématiques principales de l'oracle, les planètes astrologiques en moins. Les illustrations sont colorées et le symbolisme est épuré.
  • Le Grand Tarot Belline, France Cartes, J.-M. Simon, 1966.
    Il ressemble en partie au Tarot de Marseille mais s'en distingue par son époque, sa conception et son symbolisme. Belline s'inspire des idées d'une série d'occultistes notoires des XVIIIe et XIXe siècles et il intègre certaines influences kabbalistiques, astrologiques et égyptiennes ainsi que les réflexions philosophiques du Mage Edmond.
  • Jeu des beaux voyages : Livre de questions, Impr. des Flandres, sd, 126 p.
  • L'Oracle Belline : les 52 cartes authentiques du mage Edmond / Maud Kristen & Raphaël Bories. Coéd. Animae-Éditions du Mucem, 2025. (ISBN 978-2-38564-188-7). Reproduit d'après les originaux du Mucem.

Dans la culture populaire

Marcel Belline apparaît comme personnage secondaire dans le roman de Nadine Monfils Les Folles Enquêtes de Magritte et Georgette, tome 4 : À Montmartre (Robert Laffont, 2024)[19].

Notes et références

Annexes

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