Marcus Aper
orateur romain d'origine gauloise
From Wikipedia, the free encyclopedia
Biographie
Tout ce que nous savons d'Aper provient du dialogue De Oratoribus de Tacite. Aper y précise qu'il est originaire de Gaule[3], c'est-à-dire d'une des trois provinces de l'ancienne Gaule chevelue[4]. Sa cité d'origine était peu prestigieuse[5]. Son gentilice est inconnu. Selon Ronald Syme, son gentilice devait être Iulius, ou peut-être Flavius s'il faut le lier au Flavius Aper connu par la correspondance de Pline le Jeune[4],[6]. Un Iulius Aper est aussi connu dans la famille du sénateur Pompeius Falco[4].
Aper participe sans doute en 43 à l'expédition de Claude en Bretagne[7], peut-être comme officier équestre[8]. À Rome, il acquiert un grand renom d'orateur. Il devient alors questeur, sénateur, tribun de la plèbe et préteur[9]. Si pour Ronald Syme, Aper fut questeur avant 48[8], selon André Chastagnol, c'est seulement sous Néron que Marcus Aper aurait reçu le laticlave et il devint prêteur avant 75[10].
Aper est un interlocuteur du dialogue De Oratoribus de Tacite, un ouvrage qui analyse l'évolution de l'éloquence romaine au cours du siècle qui a suivi Cicéron. Contre l'opinion d'un déclin de cette éloquence, Aper affirme que l'art oratoire a évolué et suit l'évolution du goût, qui n'admet plus les lourdeurs et les digressions et préfère les formules brèves et brillantes, l'ornementation du style et l'allure poétique[11],[12]. Dans le dialogue, Aper occupe une place importante, selon Ronald Syme, son personnage, vigoureux et même agressif, est celui dont le portrait est le plus vivace et le plus complet[13].
L'Histoire littéraire de la France lui consacre un chapitre[14].
Utilisation dans la fiction
Marcus Aper est le personnage principal d'une série de romans policiers écrits par Anne de Leseleuc et se déroulant dans la Rome antique.
Bibliographie
- Yves Burnand, Primores galliarum II : prosopographie, Latomus, Bruxelles, 2006, n°92S18.
- André Chastagnol, « Les modes d'accès au Sénat romain au début de l'Empire : remarques à propos de la Table claudienne de Lyon », Bulletin de la Société Nationale des Antiquaires de France, no 1971, , p. 282-310 (lire en ligne).
- Marc Fumaroli, L'âge de l'éloquence, Droz, 2002, p.65.
- Ronald Syme, Tacitus, Oxford, , p.107-109.