Maria Lopez

chanteuse et meneuse de revue française From Wikipedia, the free encyclopedia

Andrée Hausammann[1], née le à Dijon, connue en France dans les années 1950 sous le nom de scène Maria Lopez, est une cantatrice d'opéra, divette d'opérette et chanteuse de variétés française.

Naissance
(97 ans)
DijonVoir et modifier les données sur Wikidata
Nom de naissance
Andrée Hausammann
Pseudonymes
Maria Lopez, Maria André, Marlène, Maria MarlèneVoir et modifier les données sur Wikidata
Nationalité
Faits en bref Naissance, Nom de naissance ...
Maria Lopez
Maria Lopez en 1955 (Studio Harcourt).
Biographie
Naissance
(97 ans)
DijonVoir et modifier les données sur Wikidata
Nom de naissance
Andrée Hausammann
Pseudonymes
Maria Lopez, Maria André, Marlène, Maria MarlèneVoir et modifier les données sur Wikidata
Nationalité
Formation
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Eugène Foveau (grand-oncle)Voir et modifier les données sur Wikidata
Autres informations
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Dans les années 1960-70, la chanteuse s'exporte en Amérique du Nord sous le nom de scène Maria André[2] puis devient meneuse de revue, brièvement comme Marlène[3] avant de devenir Maria Marlène[4], se produisant à Las Vegas, Reno, Miami, Montréal, Chicago, San Juan, New York ou encore Saint-Louis.

Biographie

Origines familiales

Maria Lopez, née sous le nom d'Andrée Suzanne Henriette Hausammann le à Dijon[5], est la fille du mécanicien Georges Henri Aglaé Hausammann (1900-1974)[6] et d'Hélène Marchionatti (1899-1993)[7].

Du côté paternel, elle est la petite-fille du bisontin Rodolphe Henri Auguste Hausammann (1874-1926), patron d'un atelier de réparation automobile[8],[9], lui-même fils d'un horloger Suisse[10] et de la dijonnaise Eugénie Foveau (1879-1958)[11], fille d'Aglaé Foveau (1841-1912)[12], entrepreneur de bals et conseiller municipal de Dijon originaire du Nord[13] à qui Gaston Gérard attribue la paternité du Kir[14].

Sa grand-mère Eugénie dite « Caroline »[15] est également la sœur du musicien Eugène Foveau et d'Henri Foveau (1888-1954)[16], clarinettiste[17] lauréat du premier prix au conservatoire de Dijon[18], entrepreneur de bals[19] dont il dirige l'orchestre[20],[21] et directeur du dancing l'Eden à Dijon[22].

Du côté maternelle, elle est la petite-fille d'un cordonnier italien de Lombardore, Francesco Antonio francisé « Antoine François » Marchionatti (1874-1922)[23] et d'une lorraine d'origine piémontaise par son père[24],[25], Marie Louise Victorine Anglesio (1879-1922)[26].

Lorsque ses parents Georges et Hélène se sont mariés à Besançon le 28 juin 1921[27], sa mère vit à Dijon au no 7 de la rue Victor Dumay et son père est négociant, soldat au 32e régiment d'aviation d'observation (R.A.O.) de Dijon et domicilié au no 1 rue du général Rolland à Besançon.

Son frère Henri Louis Aglaé Hausammann (1921-1945)[28] et sa sœur Jeannine Henriette Caroline Hausammann (1923-2015)[29] sont tous les deux nés à Besançon où la famille réside à la même adresse quartier des Chaprais.

À la suite du décès de Rodolphe Hausammann en 1926, la famille revient vivre à Dijon au no 61 de la rue d'Auxonne[5], puis au no 165 de la même rue accompagnés de la grand-mère veuve Hausammann, ainsi que d'une domestique[15],[30],[31].

En 1945, son frère sergent-mécanicien du groupe Béarn, membre du Maquis de Saussy[32], meurt à Djedeida et est inhumé provisoirement à Tunis[33] avant que le corps ne soit rapatrié à Dijon en 1949, mort pour la France et cité à l'ordre de l'Aviation française[34].

Formation à Dijon puis Paris

Elle entre au Conservatoire de Dijon dès l'âge de 8 ans[35] puis intègre à 14 ans la classe de maitre Borel qui témoignera qu'elle « adorait la comédie » et que son « jeu de scène, sa voix, sa diction, faisaient d'elle une vraie comédienne » mais que le chant lui « ouvrait une carrière » possédant « dans l'interprétation du lyrique, une voix naturelle d'un timbre particulier » et conclut « qu'un tel organe ne s'est pas manifesté sur nos grandes scènes depuis vingt ans »[36].

En 1943, elle interprète L'École des femmes et Les Fourberies de Scapin lors des auditions au conservatoire, dans la même promotion que Guy Kerner[37], également élève du professeur Borel[38].

L'année suivante, elle obtient un 1er Prix de Comédie pour son interprétation dans L'Aiglon[36] puis joue le personnage de Monique dans l'œuvre Stellus de Louis Dumas, d'après le poème de son frère Charles Dumas au théâtre municipal de Dijon[39].

Elle chantera également à Dijon au Gala des prisonniers de guerre et le journal Le Bien public publiera : « Nous avons particulièrement remarqué Mlle Andrée Hausamann, qui possède en puissance des dons magnifiques de déclamation et de chant »[40].

Son grand oncle Eugène Foveau[41], professeur au Conservatoire national de Paris, la présentera ensuite à la directrice d'une classe de chant madame Cesbron-Viseur qui, après l'avoir entendue, lui conseille de se présenter au concours d'admission[42],[43].

Elle entre ainsi au Conservatoire national de Paris en 1945[44] mais ne sera pas autorisée par le directeur Claude Delvincourt d'entrer dans une classe de scène à cause de son jeune âge[43].

Andrée participe dès 1947 au concours de chant et Bernard Gavoty écrira dans le journal Le Figaro, sous le pseudonyme Clarendon, qu'« Une débutante, Mlle Hausamann, a l'étoffe d'une excellente chanteuse »[45] tandis que le journal Libération publiera que « Benjamine des épreuves, Andrée Hausamann ouvrit le feu féminin avec le charme de ses dix-huit ans. Une voix très vivante, un séduisant sourire, un jolie physique »[46].

En mai 1948, elle chante pour la première fois à la Radio en interprétant Jeanne d'Arc au bûcher[36] et se fait remarquer par Hélène Jourdan-Morhange qui déclare « quelle adorable voix naturelle est celle de Mlle Hausamann »[47] puis elle est repérée par Maurice Lehmann[48] au concours de chant[49] où elle obtient un 1er Prix sur des airs de Der Freischütz[50] en juin 1948.

L'année suivante, elle chante une seconde fois en mai à la Radio en interprétant Jeanne dans Les Saisons[51] puis obtient en juin deux 1er Prix : un au concours d'Opéra pour son interprétation de Rozenn dans Le Roi d'Ys[42] et un au concours d'Opéra-Comique[52],[53].

Elle aura réussi à obtenir, chose rare, trois premiers prix et suivra également le Cours Simon[42],[36],[43].

Carrière française

Débuts d'« Andrée Hausamann » à l'Opéra

L'Opéra de Paris.

Elle se fait remarquer à la Radio dès septembre 1949 en incarnant Mimi de La Bohème sur la chaine nationale[42],[43] puis fait sa première apparition à la télévision avec L'Enfant prodigue dans l'émission Télé-Paris[54] le mois suivant.

Engagée à l'Opéra de Paris par Georges Hirsch, qui juge que son nom n'est pas assez euphonique, elle refusera d'utiliser un nom de scène[55],[56].

Elle retourne dans sa ville natale à la fin de l'année 1949 pour chanter à un Gala de Variétés au théâtre municipal de Dijon[57] et y rencontre le compositeur Francis Lopez lors d'une représentation de l'opérette Andalousie, alors en tournée en province[58],[59].

Le journal Le Bien public rédigera pour l'évènement : « En grande manchette, notre compatriote Andrée Hausamann. Nature, physique et tempérament de théâtre », elle « tient solidement la scène» et « a de l'ascendant sur la public, lequel lui rend aisément la confiance qu'elle lui témoigne. Bon phrasé, notes piquées bien détachées, aigus facile qu'un peu de souffle prolongera » ... « À coup sûr, une très grande artiste à laquelle la place, vacante chez nous, de Marcelle Demougeot, était due »[60].

À Paris, elle occupera des rôles secondaires dans La Flûte enchantée, Faust ou encore Roméo et Juliette[61] tout en faisant de la radio en interprétant Anita dans sa première opérette Les Linottes[62] et en participant aux feuilletons radiophoniques de l'émission On dîne présentée par Anne-Marie Duverney et Georges Lourrier[63],[64],[65].

En juin 1950, elle devient la fiancée de Francis Lopez[66] et quitte l'Opéra de Paris, prend son patronyme pour son nom de scène Maria Lopez[67], voyage avec lui au Pays basque qu'elle ne connait pas[58] et rencontre Pierre Benoit à Saint-Jean-de-Luz pour la préparation d'une opérette inspirée d'un de ses romans[68].

Premier succès d'opérette sous le nom de « Maria Lopez »

Théâtre du Châtelet, Paris.

À partir de décembre 1950 et jusqu'à l'hiver 1951, elle connait un vif succès[69] au théâtre du Châtelet lorsqu'elle interprète Allegria, aux côtés de Georges Guétary, dans l'opérette Pour don Carlos[70]. Ce dernier déclara que « nous n'avions plus eu de chanteuse de cette qualité depuis Yvonne Printemps »[71] et Maurice Chevalier verra en elle « la Jeanette MacDonald française »[72].

Le journaliste Henri de Montfort écrira dans Ici Paris que « Maria Lopez a su conquérir tous les spectateurs et Georges Guétary toutes les spectatrices »[73] et d'après André Boll « La force d'un semblable spectacle » est dû au « choix d'interprètes choyés du public, tels Georges Guétary et Maria Lopez »[74].

Les deux protagonistes de Pour don Carlos seront ainsi photographiés par Boris Lipnitzky[75], caricaturés par Jan Mara[76] ou André Lebon qui ajoutera que « Maria Lopez joue juste et a une jolie voix bien timbrée »[77] et Maurice Lehmann dira qu'ils « forment un couple idéal. Ils accaparent la première page des journaux »[78].

L'écrivain Tristan Rémy relatera dans le quotidien L'Humanité que « Maria Lopez comprend son rôle et le chante à ravir »[79], le poète Maurice Brillant la décrira comme une « artiste excellente » dans L'Aube[80] tandis que le critique dramatique Jean Gandrey-Réty écrira au journal Libération : « Je l'avais remarqué il y a deux ans, à ses éclatants mérites, lors des concours du conservatoire. Elle chante à ravir et elle est aussi belle que mélodieuse et qu'adroite comédienne »[81].

Elle distribue alors autographes ou dédicaces[82],[83],[84] et côtoie le Tout-Paris en participant à des évènements comme le Gala de l'Union des artistes au Cirque d'Hiver, entourée de plus de 200 artistes dont Michèle Morgan, Martine Carol, Arletty, Danièle Delorme et Mistinguett[85] ou encore La Journée des Artistes en compagnie de François Périer, Aimé Barelli, Vincent Scotto et Simone Renant[86].

Pendant l'interprétation de son rôle d'Allegria au Châtelet, la divette d'opérette se prive de grenouilles à l'ail qu'elle adore[87], perd beaucoup de poids[88] et apprend avec acharnement l'anglais dans l'éventualité d'une tournée à Londres et New York[89],[90],[91].

Elle multiplie également ses apparitions à la Radio[92],[93],[94],[95],[96],[97] et à la télévision[98],[99], puis est en pourparlers pour jouer au cinéma lorsqu'elle rend visite à sa famille et amis fin mai à Dijon[90],[91].

Elle est ainsi pressentie pour interpréter son premier grand rôle au cinéma en jouant une princesse aux côtés de Georges Guétary dans l'œuvre cinématographique Czardas de Jean Stelli[100], rôle alors refusé par Lily Pons et Marta Eggerth[101] mais le film ne verra pas le jour.

Elle sera ensuite annoncée pour jouer dans le film musical Au pays du soleil[102],[103],[104] aux côtés de Tino Rossi mais sera remplacée au pied levé par Véra Norman à la suite de la rupture de ses fiançailles avec Francis Lopez (qui l'autorisera néanmoins à conserver son nom de scène[105]) en août 1951[106].

Son personnage d'Allegria devant être initialement relayé en alternance durant ce tournage[107], elle profita de cette pause pour accompagner Georges Guétary sur le film Une fille sur la route[108] de Jean Stelli mais la Presse ne cessera de supposer une idylle entre eux[109],[110] et Maria, épuisée, sera contrainte au repos par ordre médical[111].

En octobre 1951, elle enregistre des extraits de Pour don Carlos sous le label La Voix de son maître, dans le même studio et avec le même orchestre que Georges Guétary, lui sous le label Pathé[112],[113], elle sera envisagée en novembre pour jouer Eva Marchal dans Le Chanteur de Mexico aux côtés de Luis Mariano et Lilo[114] avant d'être remplacée par Jacqueline Chambard et continuera la Radio jusqu'à la fin de l'année[115],[116].

Carrière interrompue et mariage

Au début de l'année 1952, elle a progressé en technique de l'enregistrement[117] avec deux nouvelles chansons à son répertoire, Tu ne savais pas et Bali[118], s'accorde du bon temps à Megève[119], fait du ski à Saint-Gervais-les-Bains[120] puis se consacre à la radio, en chantant notamment avec Darcelys[121] ou Félix Leclerc[122], en attendant de créer une nouvelle opérette[123].

Elle sera ainsi projetée dans La Route fleurie de Francis Lopez et C'est écrit dans les étoiles de Marc-Gilbert Sauvajon, avant que les rôles ne reviennent respectivement à Claude Arvelle et Colette Fleuriot[124],[125], sa carrière étant interrompue, contrainte à un long repos pour des raisons de santé[126],[127],[128],[129].

Pendant cette période, Maria retournera à Dijon[130] et fera quelques apparitions publiques comme : accompagnatrice et amie du parachutiste italien Salvatore Cannarozzo lors de sa venue au journal Le Bien public[131], citoyenne d'honneur de la commune libre Maladière-Varennes[132],[133] ou encore spectatrice de catch rue de l'Ile aux côtés de l'ancien maire Gaston Gérard[134].

Passionnée d'automobile, elle sera surtout supportrice des pilotes de rallye dijonnais Claude Bourillot, Gilbert Jallu[135] et Henri Perroud[136],[137],[138] et projettera de courir son premier rallye au printemps 1953[123].

Propriétaire d'une « deux chevaux », Maria évoquera son goût pour l'esthétique des voitures en déclarant :

« J'ai horreur des teintes trop vives ou bonbons, des carrosseries deux tons. Pour moi, la voiture idéale est celle qui a le moins de chromes possible. Peut-être parce que je vois trop de clinquant au Théâtre, mais je préfère ce qui est sobre, lignes et couleurs. Tenez, mon rêve : une carrosserie noire avec des coussins d'un vert le moins criard possible »[123].

En 1954, Maria ne reprend pas immédiatement sa carrière[139] mais sera aperçue au mois de mai au festival de la Gamma-Film à Lausanne pour la présentation des films Une fille nommée Madeleine et Pain, Amour et Fantaisie, aux côtés de Nicole Courcel, Brigitte Auber et Yvonne Sanson[140],[141].

En août de la même année, elle se marie dans le 17e arrondissement de Paris avec Jean-Charles Boillin[5], un ancien pilote de l'armée de l'air travaillant pour la compagnie U.A.T. avant d'intégrer Air France[142] puis, elle sera invitée à la Soirée de l'Opérette, organisée par Francis Lopez en compagnie d'un parterre de vedette : Luis Mariano, André Dassary, Tilda Thamar, Georges Guétary, Annie Cordy, Bourvil, Andrex, Jacques Morel ou encore Maurice Baquet[143].

Débuts aux cabarets et cinéma puis retour à l'opérette

L'ABC au n°11 Boulevard Poissonnière, devenu un magasin Aubert.

Au réveillon de la Saint-Sylvestre 1954, elle remonte sur scène et se produit au cabaret L'Aiglon, situé au no 11 rue de Berri, aux côtés du duo Charpini et Brocanto, Lona Rita et Maggy Sarragne[144].

À partir de novembre 1955, elle fait partie des vedettes du nouveau cabaret Au Windsor, situé au no 68 rue Pierre-Charron et créé par Geneviève Guitry[145], aux côtés de Marguerite Cassan, François Deguelt, Nicole Riche ou encore Brigitte Sabouraud[146],[147],[148].

En tournage pour deux films en 1955, elle apparaitra en 1956 sous les traits de la marquise de Las Marismas dans le film Si Paris nous était conté de Sacha Guitry puis comme danseuse de cabaret en interprétant Amanda dans le film Gervaise de René Clément.

Elle participe également à l'émission de télévision La Joie de vivre en chantant en direct du Théâtre de la Gaîté-Lyrique la chanson Veux-tu Savoir, accompagnée de l'orchestre de Jacques-Henry Rys[149].

En 1957, elle chante des chansons composées par Yvan Pastoric et écrites par Paule-Andrée Leroy[150] puis retravaille avec Francis Lopez jusqu'en 1959 dans l'Opérette Tête de Linotte à l'ABC aux côtés d'Annie Cordy qui racontera dans son livre Nini la chance ː

« Une de nos partenaires, la fort belle Maria Lopez » ... « avait une vie sentimentale agitée » ... « Elle entretenait à l'époque une relation avec un homme au sang chaud et à la jalousie maladive, le bras droit de Pierrot le Fou, pour le situer. De quoi la soupçonnait-il ? On ne l'a jamais su, mais il la poursuivait dans les coulisses », si bien qu'un soir au beau milieu d'une représentation « Maria est partie en courant. Ils sont allés régler leurs comptes dans la rue, tandis qu'on baissait le rideau avant d'annoncer aux spectateurs qu'une comédienne venait d'avoir un léger malaise ... Peu de temps après, Maria revenue, on a repris la représentation »[151].

Entre temps, elle enregistre en 1958 sous le label Teppaz trois Extended play dont la chanson Un certain sourire, adaptée par Hubert Ithier et André Salvet, qui connait un grand succès en France[152] puis multiplie les apparitions à la télévision jusqu'en août 1959[153],[154],[155] en interprétant notamment au Casino d'hiver de Cannes la chanson C'est plus fort que moi, composée et écrite par Paul Guiot[156] et accompagnée par l'orchestre du Palm Beach de Benny Vasseur et André Paquinet[157].

Carrière américaine

Débuts du music-hall aux États-Unis

Elle redirige ensuite sa carrière Outre-Atlantique, en route pour Las Vegas depuis Paris mais fait un arrêt avant à New York fin novembre 1959, sélectionnée avec six autres artistes de la troupe pour donner un aperçu du futur spectacle au Sheraton-Atlantic Hotel[158].

Quelques jours après début décembre sort l'Album de Carmen sous le label américain Epic et dans lequel elle interprète le personnage de Fraquista, accompagnée par l'orchestre de Pierre-Michel Le Conte[159].

Elle fait ainsi partie des vedettes de la 1re édition des Folies Bergère au Tropicana Las Vegas, inaugurée le et dont la programmation comprend des artistes comme Colette Riedinger, Georgette Longet, Patricia Ellis, Lillian Roth ou encore Mona Arvidsson[160],[161]. Elle s'y produira jusqu'en décembre 1960[162],[163] puis rentrera brièvement en France pour faire une apparition aux Folies Bergère de Paris[164].

Le journal Las Vegas Sun publiera que « Lors de la première des fabuleuses et sensationnelles Folies Bergère de Paul Derval à l'hôtel Tropicana, un parterre de vedettes parisiennes, Maria Lopez, était l'un des atouts les plus remarquables du spectacle »[160], de son côté le Los Angeles Times précisera que « Maria Lopez, chanteuse et danseuse pleine de vie » est surnommée « la Dinah Shore française »[165] tandis que Variety écrira que « Maria Lopez et Gina Genardi captivent avec leurs chants et la musique arrangée pour ce passage par Ray Sinatra est exceptionnelle »[166].

Chanteuse lounge sous le nom de « Maria André »

En préparation depuis octobre 1960, la chanteuse se produit en résidence au Lounge du Tropicana Las Vegas en 1961[167],[163], elle est accompagnée d'un groupe de quatre musiciens surnommé « Al de Paulis 4 » et change son nom de scène en « Maria André »[168].

Maria justifiera la raison de cette évolution : « J'ai changé mon nom parce que beaucoup pensent que je suis espagnole avec le nom Lopez ... Mais je suis bien française »[169].

C'est également fin 1961 que la chanteuse rencontre le producteur de Music-hall Barry Ashton pour qui elle travaille dans la revue « Bonjour Paris » au Deauville Hotel de Miami Beach en Floride puis au Chase hotel de Saint-Louis dans le Missouri[170],[171],[172].

Elle se produit ensuite en résidence au Lounge du Thunderbird Hotel[173],[174],[175] de Las Vegas à partir de fin juin 1962, sous le nom de groupe « Maria André Trio », accompagnée par le pianiste Bill Kane, le guitariste Bob Baker et le joueur de batterie Hank Nanni[176].

Maria exportera ainsi le « French Twist » et interprétera des chansons de variétés en italien, en français avec Un certain sourire[170] et en anglais avec Never on Sunday, Bill Bailey (Won't You Come Home), My Funny Valentine ou encore Make Someone Happy[177].

Elle retravaille ensuite fin de l'année 1962 avec Barry Ashton dans la revue « Vive les girls » au Riverside Hotel de Reno[178],[179].

Elle retourne au Tropicana Las Vegas en 1963 et fait partie de la programmation de la 4e édition des Folies Bergère[180],[181] puis de la 5e édition en 1964[182],[183] sous le nom de « Maria André ».

Au début du mois de juillet 1964, la chanteuse est invitée à un cocktail organisé par Line Renaud dans sa résidence de Las Vegas en l'honneur de Maurice Chevalier et est entourée de George Burns, Ella Fitzgerald ou encore Beryl Davis[184] puis, après sa dernière représentation comme vedette au Tropicana Las Vegas quelques jours suivants, organise chez elle une réception pour célébrer la fête nationale française sous un feu d'artifice[185].

Succès « Les femmes de Paris » sous le nom de « Marlène »

Elle devient en septembre 1964 la star de Barry Ashton lorsqu'elle intègre la revue Les Femmes de Paris, pour laquelle elle se teint les cheveux en blond, d'abord sous le nom de « Maria André »[186] puis adopte le pseudonyme de « Marlène »[187].

Elle en est la meuneuse de revue, chante et danse tout le long du spectacle[188] aux côtés de l'artiste Jacques Kayal au Golden Casino de Reno[189],[190], puis l'hiver suivant aux Americana Hotel de Bal Harbour en Floride[191] et de San Juan à Porto Rico avec le chanteur canadien Michel Dary[192].

Le journal Santa Cruz Sentinel publiera qu'elle « enchante le public par sa beauté, sa personnalité et sa voix chantante. Ancienne star des Folies Bergère à Paris et à Las Vegas, Maria fait vibrer la salle avec ses interprétations de Love for Sale et Zou bisou bisou»[193] tandis que le Photo Journal écrira « Dans la revue Les femmes de Paris, Michel Dary remporte un véritable triomphe » et « partage la vedette du spectacle avec Maria Lopez »[192].

De son côté, le Nevada State Journal rédigera que Maria André « continue de fasciner le public avec sa voix magnifique, sa personnalité magnétique et sa beauté continentale » et qu'elle « fait preuve d'une incroyable polyvalence, passant de la tristesse au drame et à la comédie endiablée tout au long de ce charmant spectacle entièrement français. Son numéro Love for Sale émeut profondément et à contrario, sa version de Zou bisou bisou à laquelle participe le public, déclenche des éclats de rire. Mademoiselle André a connu une ascension fulgurante depuis les Folies Bergère à Paris et Las Vegas et était faite pour le rôle principal. Ses interprétations vocales sont si captivantes que même les chansons familières sont imprégnées d'une saveur et d'une atmosphère françaises »[194].

Elle intègre ensuite la programmation de la 6e édition du Lido entre Paris et le Stardust de Las Vegas[195], période durant laquelle le cabaret présente la revue « Quelle nuit ! » produite par Donn Arden puis rejoint fin d'année Jack Carter pour partager l'affiche d'un concert du réveillon de la Saint-Sylvestre, accompagnés par l'orchestre de Lee Evans au Royal Box de l'Americana Hotel de New York[196],[197],[198].

Début 1966, elle travaille une nouvelle fois pour Barry Ashton dans la revue La Parisienne au Golden Casino de Reno[199] et le journal Santa Cruz Sentinel la décrira comme ayant « une silhouette magnifique, une voix provocante et une personnalité magnétique »[200] tandis que le journal Reno Evening Gazette publiera que « Marlène, vedette des Folies Bergère, est tout simplement brillante dans le rôle principal. Cette magnifique blonde possède un talent exceptionnel, sa silhouette et son visage parfaits n'ont d'égal que sa voix puissante et sa personnalité magnétique. Arrivée au Golden Casino directement depuis la boite à musique de l'Americana Hotel de New York, Marlène domine la scène et captive le public à chaque numéro. Son charmant accent français, particulièrement envoûtant, ajoute une touche de piquant et de saveur à chaque chanson »[201].

Elle partage alors la vedette avec le chanteur québécois Michel Dary, qui décrira dans Photo Journal son lien avec la troupe « Ce sont tous de bons camarades, mais je ne les vois pas beaucoup ... La seule que je vois de temps en temps, avec qui je prends un verre, et même dîne, c'est Marlène, la chanteuse de la revue » et lorsque le journaliste lui demande si elle est française, il lui répond « Oui, c'est l'ex-femme de Francis Lopez, tiens ! C'est une charmante camarade que j'aime beaucoup »[202].

Meneuse de revue « Maria Marlène »

Elle intègre de mars à mai 1967 la revue Paris Champagne de Barry Ashton à l'Americana Hotel de Bal Harbour[204] et le journal The Miami Herald publiera tout un article à son sujet, racontant qu'« elle a été présentée sous le nom de Marlène dans les revues d'Ahston ici, ainsi qu'à New York, Reno, Las Vegas et San Juan. Elle fut néanmoins plus connue dans son pays natal, la France, sous le nom de Maria Lopez. C'est sous ce nom qu'elle a reçu sa première offre américaine pour rejoindre les Folies Bergère à Las Vegas ».

Le journaliste George Bourke y précise que « le nom de Maria lui a été donné par ses parents qui vivaient dans la région viticole de Dijon », que celui de Lopez provient de son ancien fiancé le « compositeur Francis Lopez » et que son « mariage - avec un pilote de ligne - a été rompu ». Il confie que « bien qu'elle envisage de devenir citoyenne américaine, elle garde une affection particulière pour Dijon » où « sa famille vit toujours. D'ailleurs, la belle Française leur a rendu visite l'été dernier ».

Concernant sa ville natale, la chanteuse déclare qu'elle est située « dans le triangle formé par Paris et Nancy. Nous sommes réputés pour notre bonne cuisine et nos bons produits. Il faut absolument y aller en voiture et visiter tous les châteaux célèbres. Vous connaissez les cigarettes Gauloises ? Elles viennent de Dijon ».

L'article révèle également que « la voluptueuse Marlène, chanteuse (elle étudia l'opéra), danseuse et vedette de la nuit sur deux continents était une pilote automobile de haut niveau en France et en Italie avant de venir aux États-Unis » mais qu'elle « a toutefois abandonné la course » expliquant que « ce ne serait pas judicieux de ma part de risquer de me blesser » du moins « pas tant je travaille. Ce ne serait pas correct envers Barry (le producteur) ».

Enfin et au sujet du spectacle, le journaliste indique que « Marlène, star de la revue Paris Champagne à l'Americana hotel, attire tous les regards » et qu'« elle est, dans l'univers du regretté Oscar Hammerstein II, généreuse là où une fille doit l'être et bien proportionnée » puis conclu que « c'est ironique » car « Francis Lopez a composé la chanson qui sert de thème à « Paris Champagne ». Marlène la chante deux fois par soir »[205].

Après le Nevada, la Floride et Porto Rico, la tournée Les femmes de Paris la conduira en septembre 1967 dans l'Illinois, au Sherman Hotel de Chicago sous le nom de scène de Maria Marlène, encore une fois aux côté du chanteur Michel Dary[206],[207],[208].

En septembre 1968, elle part brièvement pour le Canada, engagée par Tibor Rudas comme vedette de la revue Quelle nuit ! avec pour partenaire le comédien anglais Freddie Sales, au Caf'Conc' de l'Hôtel Le Château Champlain à Montréal[209],[210].

Pour promouvoir le spectacle, l'affiche de la revue indique sous son nom « vedette des Folies Bergère, une chanteuse qui peut vous faire passer du rire aux larmes »[211] tandis que le quotidien québécois La Presse présente l'artiste et précise que « Maria Marlène s'est produite avec les Folies Bergère au Tropicana» avant d'ajouter qu'elle « est née à Dijon, en France, et a fait plusieurs apparitions au réseau ABC-TV. Dernièrement, elle était de la revue Femmes de Paris à l'hôtel Americana de Miami »[212].

De fin octobre à décembre de la même année, la meuneuse de revue rejoint la troupe « Les femmes de Paris » au Melodyland Theatre d'Anaheim en Californie[213],[214], aux côtés de Jacques Jourdan et avec l'arrivée d'une nouvelle vedette, la comédienne et chanteuse Rusty Warren, avant de poursuivre la revue pendant un an à l'Americana Hotel de San Juan à Porto Rico[215].

Maria Marlène fait son retour en tête d'affiche de la revue Vive Paris Vive ! de Barry Ashton à l'Americana Hotel de Bal Harbour de janvier à juillet 1969[216],[217] puis au Sherman House Hotel de Chicago de décembre 1969 à avril 1970[218],[219].

Elle sera une nouvelle fois la vedette de Tibor Rudas pour son extravaganza « Fiesta Latine », programmée fin septembre 1971 au Caf'Conc' de l'Hôtel Le Château Champlain à Montréal[220],[221].

Elle fait ensuite partie des artistes de la revue Pariscope, considérée alors comme la meilleure du producteur Donn Arden, comme meuneuse de revue[222] lors de la 10e édition du Lido de Paris au Stardust de Las Vegas entre les mois de décembre 1972 et 1973[223],[224] et se produit entre temps au Club Gigi de l'hôtel Fontainebleau Miami Beach début février 1973[225],[226].

Vie personnelle

La vedette de la chanson et de la radio s'est fiancée à Francis Lopez le 12 juin 1950 à l'hôtel Carlton de Cannes[66], il lui offrira pour l'occasion une bague sertie d'un brillant central autour duquel s'ajoute « une couronne de notes de musique figurées par des minuscules rubis »[227],[228].

Maria décrira son futur mari comme « un homme énergique » et appréciera « son esprit de décision et son cran »[229].

Les fiancés ayant tous deux une grand-mère qui s'appelait Maria elle décide, bien avant le mariage, d'utiliser comme nom de scène Maria Lopez[66].

Le couple rompra finalement leurs fiançailles en août 1951[106], période où naitra une supposée idylle entre Maria et le chanteur Georges Guétary[109],[110] jusqu'au début de l'année 1952[119].

La chanteuse, artiste peintre en amatrice[48], se mariera plusieurs fois :

Lorsque sa carrière s'exporte aux États-Unis, elle déclara que « L'homme Américain assume ses responsabilités envers une femme. Il lui offre un foyer paisible, une famille et du respect. Il est très fiable et facile à vivre. Mais bien sûr, il existe des hommes bien dans tous les pays »[234].

Dans les années 1960, la meuneuse de revue dira : « J'aime Las Vegas et j'ai décidé de rester vivre ici, c'est fait pour moi »[177]. Depuis les années 1970, elle est domiciliée en Californie, d'abord à Fullerton et Laguna Hills dans le Comté d'Orange puis Escondido dans le Comté de San Diego[232].

Spectacles

Ouverture

Opéras

Opérettes

Cabarets

Concerts

Spectacles en résidence

  • 1962 : Au Lounge du Thunderbird Hotel de Las Vegas accompagnée du pianiste Bill Kane, du guitariste Bob Baker et du joueur de batterie Hank Nanni[173],[174],[176].

Music-hall

  • 1962 : Revue « Vive les girls » de Barry Ashton au Riverside hotel de Reno[178],[179]
  • 1966 : Revue «La Parisienne» de Barry Ashton au Golden Casino de Reno[199]
  • 1967 : Revue «Paris Champagne» de Barry Ashton à l'Americana Hotel de Bal Harbour[205]
  • 1967-1968 : Revue «Les femmes de Paris» de Barry Ashton au Sherman House Hotel de Chicago[208] puis à l'Americana Hotel de Bal Harbour[212]
  • 1968-1969 : Revue «Les femmes de Paris» de Barry Ashton au Melodyland Theatre d'Anaheim[213] puis à l'Americana Hotel de San Juan[215]

Radio

Créations radiophoniques

Oratorio
Opéra
Opérettes

Feuilletons radiophoniques

Dans l'émission On dîne, présentée par Anne-Marie Duverney et Georges Lourrier :

Émissions de radio

Télévision

Spectacle TV

Émissions de variétés

Émissions de télévision

  • 1958 : Avant-premières, interview de l'interprète de Dans le bleu du ciel bleu[153].

Filmographie

Cinéma

Musique de film

La Chanson d'Amanda, du film Gervaise de René Clément, paroles de Raymond Queneau, musique de Georges Auric, éditée par les éditions musicales Warner Chappell Music France[247],[248],[249]

Discographie

Singles

Extended play

Album Studio

Compilations

Activités annexes

Evénements

Humanitaire

Distinctions

De par le nombre important de prix décerné pendant sa formation, Claude Delvincourt disait d'elle : « Je ne vous présente pas une chanteuse, je vous présente un palmarès »[36]

Au Conservatoire de Dijon ː

  • En 1938 : 1re médaille de solfège (classe de monsieur Brille)[294]
  • En 1939 : 2e médaille de solfège (classe de monsieur Déon)[295]
  • En 1942 : 2e médaille de solfège (classe de monsieur Déon)[296]
  • En 1943 : Seconde médaille de solfège (classe de monsieur Déon)[297]
  • En 1943 : 1er accessit à l'unanimité de Tragédie (classe de monsieur Borel)[298]
  • En 1943 : 1er accessit de Comédie (classe de monsieur Borel)[298] pour son interprétation dans L'École des femmes et Les Fourberies de Scapin[37]
  • En 1944 : 1er accessit de Solfège (classe de monsieur Déon)[299]
  • En 1944 : 2e Prix de Tragédie (classe de monsieur Borel)[44]
  • En 1944 : 1er Prix de Comédie (classe de monsieur Borel)[44] pour son interprétation dans L'Aiglon[36]

Au Conservatoire national de Paris[53] ː

Notes et références

Liens externes

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