Mario Lanza
acteur américain
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Mario Lanza, né le à Philadelphie aux États-Unis et mort le à Rome en Italie, est un acteur et un ténor américain d'origine italienne.
| Naissance | |
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| Décès | |
| Sépulture | |
| Nom de naissance |
Alfred Arnold Cocozza |
| Pseudonyme |
Mario Lanza |
| Nationalité | |
| Formation |
South Philadelphia High School (en) |
| Activités |
Artiste lyrique, acteur, musicien, artiste d'enregistrement |
| Période d'activité |
- |
| Conflit | |
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| Tessiture | |
| Label | |
| Maître |
Enrico Rosati (d) |
| Genre artistique | |
| Influencé par | |
| Site web | |
| Distinction | |
| Discographie |
Discographie de Mario Lanza (en) |
Biographie
Famille
Il naît Alfredo Arnoldo Cocozza, à Philadelphie dans le Quartier Italien de South Philadelphia. Il prendra comme pseudonyme le nom de jeune fille de sa mère, Lanza, et son prénom, Maria, masculinisé.
Début
Les enregistrements d'Enrico Caruso lui font découvrir sa voix[1].
Mario Lanza est découvert par le chef d'orchestre Serge Koussevitsky en 1942.
En 1943, il chante le rôle de Pinkerton dans Madame Butterfly à 22 ans, à l'Opéra de la Nouvelle-Orléans. La critique est très positive.
Il donne un concert au Hollywood Bowl, avec Kathryn Grayson comme partenaire. L'enregistrement est disponible dans le commerce.
Il choisit une carrière cinématographique et signe avec la MGM pour plusieurs films, en exigeant de conserver toutes les options : disque, radio, film et concert.
Il commence sa carrière à Hollywood en 1944, avec Winged Victory de George Cukor.
De 1947 à 1949, Lanza effectue une tournée mondiale avec la soprano Frances Yeend (en) et le baryton George London, dans le Belcanto-trio.
En 1949, il joue le rôle d'un ténor pris dans un triangle amoureux, dans Le Baiser de minuit (That midnight kiss), de Norman Taurog. Il y interprète plusieurs airs du répertoire. Kathryn Grayson, sa partenaire, va le rester dans plusieurs autres films : Le Chant de la Louisiane (The Toast of New Orleans) (1950) de Norman Taurog.
Grayson et Lanza devinrent célèbres avec la chanson Be my love, classée à la première place du hit-parade américain en [2].
Il tourne Le Grand Caruso (The Great Caruso) en 1951, de Richard Thorpe, et Serenade (1956) d'Anthony Mann, et devient une star[3].
Devenu une star, Mario Lanza continue les concerts, tout en enregistrant avec le label d'opéra RCA RED LABEL, dirigé par Richard Mohr.
En 1957, il tourne à Rome le film Les Sept Collines de Rome et décide de s'y installer.
Mort
Il meurt en octobre 1959, d'une crise cardiaque, à son domicile romain, à l'âge de 38 ans[4].
Il n'y eut pas d'ordonnance d'autopsie, en raison de ses régimes alimentaires excessifs, son alcoolisme, une santé dégradée (phlébite, pneumonie et hypertension).
Lanza eut trois cérémonies de deuil : en Italie, dans sa ville natale de Philadelphie, et à Hollywood.
Vie privée
Sa femme, Betty, meurt d'une overdose de médicaments à Hollywood cinq mois plus tard[5].
Postérité
Les ténors de référence, José Carreras, Placido Domingo et Luciano Pavarotti le citent comme une de leurs références[6].
En 1961, Elvis Presley interprète It's Now or Never (chanson) (O Sole Mio) et Surrender (Torna a Surriento). Dans les années 1970, il sera surnommé le « Mario Lanza du rock ».
Le Baker's Dictionary of Opera lui consacre une rubrique. Lawrence Tibbett dira de lui : « Dans cinquante ans, on comprendra quel grand artiste il fut. »
Son agent, Breslin, en parle dans son autobiographie, écrite en collaboration avec Anne Midgette, Le Roi et Moi, publiée en français par Citadelle (2005).
Voix
La puissance de la voix de Mario Lanza saturait les appareils d'enregistrement des années « cinquante » et ceux qui l'ont entendu en concert disent que le disque ne rendait pas suffisamment justice à la beauté et à la puissance de sa voix.
Des techniciens l'expliquent en jaquette de certains CD et ceux qui l'ont entendu au cours de ses innombrables concerts (plus de deux cents) le confirment et disent le ravissement qui fut le leur, des maestri Giacomo Spadoni, coach de Caruso trente cinq ans plus tôt et accompagnateur de Fédor Chaliapine, à Enrico Rosati, professeur de Caruso et de Gigli, sans parler de Koussevitsky, chef du Philharmonique de Philadelphie, qui lui donna sa première grande chance et l'invita à Tanglewood avec des « jeunes » comme Beverly Sills ou Leonard Bernstein, etc.
Avant sa grande gloire, il lui serait demandé de remplacer au pied levé pour une émission radiophonique d'opéra en direct Jan Peerce, co-ténor vedette du Met avec son beau-frère et concurrent Richard Tucker (autre admirateur de Lanza) ou de remplacer Ferruccio Tagliavini, etc. Lanza a donné plus de deux cents concerts dans les salles les plus prestigieuses ou en plein air comme au mythique Hollywood Bowl, ou dans des théâtres internationaux, comme à Londres lors du Gala Annuel de Charité du Variety Club en 1957 devant la Reine et la famille royale d'Angleterre (où il fut star no 1 devant les plus grands, comme Judy Garland ou Count Basie) et celui du Royal Albert Hall de Londres du , qui fut enregistré (Mario Lanza, Live From London, RCA-SONY BMG, véritable must de beauté et d'émotion, réactions du public, commentaires et humour de l'artiste, échange avec le public, éclats de rire, éclectisme du programme : Opéra, arie du XVIIIe siècle, chansons italiennes et grands standards américains)[7].
Au cours de ce concert, il chanta sans micro devant 8 000 personnes, dont le maestro Richard Bonynge, alors directeur de l'Opéra de Londres, et son épouse la soprano Joan Sutherland, tous deux surpris par la puissance, la dimension et la beauté de la voix au réel[8].
Également présent, le ténor suédois Nicolai Gedda estima que Mario Lanza avait la plus grande voix qu'il eût jamais entendue, faisant écho à la déclaration d'Arturo Toscanini en 1949 selon lequel Mario Lanza était la plus grande voix du XXe siècle (les différentes biographies rappellent ces déclarations et évènements). C'était également l'avis de Maria Margelli, accompagnatrice du baryton-basse Ezio Pinza, qui déclara avoir connu les plus belles voix mais que le jour où elle entendit Lanza elle sut qu'elle avait entendu la plus grande. Giuseppe Di Stefano, Carlo Bergonzi, Richard Tucker, Anna Moffo, Tito Schipa, Lawrence Tibbett rendirent également hommage à la voix de Mario Lanza.
Pour l'anecdote, et s'agissant de puissance de voix et de l'Albert Hall de Londres, il faut rappeler la mésaventure de Dietrich Fischer-Dieskau, que le grand baryton raconte lui-même avec humour dans un livre sur le chant : lors de son propre concert dans cette salle immense et prestigieuse, sa voix se perdit en raison de la rotondité et de l'énormité du théâtre, et son épouse Julia Varady, elle-même cantatrice de grand renom, lui dit qu'il lui avait fait l'effet d'un « poisson dans un bocal », aucun son ne semblant sortir de sa bouche.
À l'inverse, et pour évoquer la puissance vocale de Lanza, un de ses biographes rappelle que lors de sa présentation à sa future belle famille, alors qu'il était encore inconnu, il lui fut demandé de chanter et qu'il s'exécuta par courtoisie mais dut être interrompu par la maîtresse de maison inquiète pour sa vaisselle et sa verrerie de réception, tant la voix était puissante et grandes les vibrations.
Mais il n'y a pas que la puissance dans une voix.
Celle de Lanza, immédiatement reconnaissable comme toutes les « grandes voix », était d'une grand musicalité naturelle, avec non seulement les aigus étincelants, presque perçants parfois, si célèbres, mais aussi des tonalités chatoyantes et cuivrées si rares, surtout chez un très jeune chanteur, et des médiums somptueux, vecteurs d'émotion (ce qui ferait la beauté de la voix de Caruso mais seulement à l'âge mûr, Caruso que Lanza idolâtrait, et dont le timbre était différent du sien).
La voix de Lanza était, au naturel et sur le vif, d'une pureté supérieure à celle d'Enrico Caruso, si l'on en croit le Maestro Giacomo Spadoni, avis également partagé par Peter Herman Adler, qui dirigea les partitions musicales du film MGM Le Grand Caruso, auquel participèrent, en « appoint », Giuseppe Valdengo, Nicolas Moscona, Blanche Thebom, Dorothy Kirsten et Jarmila Novotna, gloires du Metropolitan, tous éblouis par la voix de Mario Lanza, tout comme la grande Licia Albanese.
Albanese chanta avec lui le grand duo d'Otello, de Verdi, pour le film de Warner Bros Serenade.
Depuis, cette très grande artiste a dit l'immense admiration qu'elle avait pour la plus belle des voix, celle de Lanza. Et la diva n'a pas cessé d'accompagner la Fondation Mario Lanza, année après année, de donner des interviews sur lui et de présider, quand sa santé le lui permet, le Grand Concours Mario Lanza de Bel Canto (Mario Lanza Annual Ball) qui se tient tous les ans le premier week-end de novembre dans sa ville natale de Philadelphie (et qui a donné, notamment, des lauréats comme Juan Diego Florez, Joyce Di Donato, etc.).
C'est la même expérience que firent, à l'audition réelle de Mario Lanza, les musiciens de l'Opéra de Rome, où il enregistra des extraits d'opéra de son dernier film, et qui, d'abord curieux, et un brin sceptiques avant de l'entendre dans un grand théâtre « en direct », se levèrent de leur pupitre pour lui faire une ovation debout et lui faire signer, le lendemain, les disques achetés en hâte la veille après l'avoir entendu en live...
Maria Callas, enfin, dira son regret de ne pas avoir eu l'occasion de chanter avec la plus belle voix qu'elle eut jamais entendue, cependant que Renata Tebaldi, tout aussi admirative, alla le rencontrer sur le tournage de Serenade, où elle se faisait photographier avec lui.
C'était toujours l'émotion qui conduisait Lanza l'affectif, dans l'usage de sa voix unique, et on peut dire sans hésitation (l'expérience le montre chaque fois que la comparaison est faite sur pièces, à l'aveugle, sans dire les noms) que, plus que tout autre, il chantait de toute son âme et se consumait dans le chant. Jussi Björling et Renata Tebaldi disaient même, immense hommage, ne pouvoir l'écouter sans avoir les larmes aux yeux, et certains titres, chantés par lui, ne doivent pas être écoutés dans les périodes de dépression de l'auditeur tant l'émotion peut être forte.
La voix de Mario Lanza avait, en effet, ceci d'unique qu'elle communiquait et communique une immense émotion, teintée de tristesse, dans toutes ses interprétations, dans tous styles : arie antiche (airs anciens) du XVIIIe siècle (Lasciatemi morire (« Laissez-moi mourir »), Già il sole dal Gange (« Déjà le soleil du Gange »), Pietà Signore (« Pitié Seigneur »), etc. repris par Pavarotti, Renato Bruson...), grandes mélodies italiennes (Dicitencello vuie (« Dites-le lui, vous », en napolitain), Passione (« Passion »), Na sera'e maggio (« Un soir de mai »), etc.), airs d'opéra, grands standards américains de Richard Rodgers, Lorenz Hart, Oscar Hammerstein, jazz, le tout servi par une diction parfaite, un respect de la langue et du sens des mots.
Il faut entendre ses commentaires de présentation avant certains titres pour comprendre son respect des textes et des poèmes (par exemple, les poèmes de d'Annunzio, mis en musique par Tosti) ou encore son émotion dans les textes religieux, comme le fameux The Lord's Prayer (version du Notre Père): l'ancien enfant de chœur de l'église italienne de Philadelphie, Santa Magdalena Dei Pazzi (où son corps serait un jour exposé pour ses secondes funérailles et où est célébrée une messe annuelle en sa mémoire) demande, avant d'entonner la prière chantée, qu'il n'y ait pas d'applaudissements compte tenu du caractère sacré de l'œuvre.
Filmographie partielle
- 1944 : Winged Victory de George Cukor : chorus member
- 1949 : Le Baiser de minuit (That Midnight Kiss) de Norman Taurog : Johnny Donnetti
- 1950 : Le Chant de la Louisiane (The Toast of New Orleans) de Norman Taurog : Pepe Abellard Duvalle
- 1951 : Le Grand Caruso (The Great Caruso) de Richard Thorpe : Enrico Caruso
- 1952 : Tu es à moi (Because You're Mine) d'Alexander Hall : Renaldo Rossano
- 1956 : Serenade d'Anthony Mann : Damon Vincenti
- 1957 : Les Sept collines de Rome (Arrivederci Roma) de Roy Rowland : Marc Revere
- 1959 : La Fille de Capri (For the First Time) de Rudolph Maté : Tonio Costa
