Martin Drölling

peintre français de portraits et de scènes de genre From Wikipedia, the free encyclopedia

Martin Drölling[1], né le à Oberhergheim (Haut-Rhin), et mort à Paris le , est un peintre français de portraits et de scènes de genre.

Naissance

Oberhergheim (Haut-Rhin)
Décès
(à 64 ans)
Paris
Nom de naissance
Martin Drölling
Nationalité
Faits en bref Naissance, Décès ...
Martin Drölling
Naissance

Oberhergheim (Haut-Rhin)
Décès
(à 64 ans)
Paris
Nom de naissance
Martin Drölling
Nationalité
Activité
Formation
Élève
Lieux de travail
Enfants
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Biographie

Intérieur d'une cuisine (1815), détail, musée du Louvre, Paris.

D'origine alsacienne, Martin Drölling naît dans une famille nombreuse dont le père, Martin Drölling, clerc du tabellion local, a épousé Catherine Schobler. Il découvre la peinture par hasard et décide d'en faire l'apprentissage. Malgré quelques réticences, son père signe le contrat pour quatre années avec un peintre local. Un conflit éclate bientôt entre le maître et l'élève qui n'a plus rien à apprendre de son patron. Il le quitte pour poursuivre son apprentissage à Strasbourg où il partage l'atelier avec le peintre Maratti.

Il s'installe à Paris, où il entre à l'école des beaux-arts le [2]. Il obtient un contrat chez un marchand qui lui offre 30 sous par tableau. Lorsqu'il achève sa formation artistique vers 1780, il épouse Madeleine Welker, qui meurt peu après[3].

Il se remarie le avec Louise Elisabeth Belot[4], fille d'un marchand de couleurs pour peintres, avec laquelle il a trois enfants. L'aîné, Michel Martin Drölling, naît en 1789 et sera également peintre. Le deuxième, Marius, naît le . Sa benjamine, Louise-Adéone Drölling, dite « Madame Joubert », naît en 1797[5] et deviendra elle aussi peintre.

Le couple emménage rue de Seine. Il reçoit les conseils d'Élisabeth Vigée Le Brun qui l'emploie comme assistant pour la peinture d'objets dans ses toiles. Elle le présente à Jean-Baptiste Greuze. Il montre de l'habileté pour les scènes d'intérieur, les copies et les portraits.

Il commence par travailler à la manufacture de Dihl et Guérhard, dite aussi manufacture du duc d'Angoulême, au 22 rue de Bondy (actuelle rue René-Boulanger) à Paris 10e arrondissement[6], dans l'ancien Hôtel de la marquise de Ferrières. C'est là qu'il rencontre Alexandre Brongniart, nommé directeur de la manufacture nationale de Sèvres en 1800.

De 1802 à 1813, il œuvre en qualité de peintre-décorateur à la Manufacture nationale de Sèvres. Son épouse meurt en , il élèvera seul Michel-Martin et Louise-Adéone, alors âgés de 14 et 6 ans.

Il lutte toute sa vie contre la pauvreté. En 1816, il met un tableau en loterie pour payer son logeur[7]. Il meurt à Paris le , à quelques jours de l'ouverture du Salon qui verra la foule se presser - enfin ! - devant ses tableaux.

L'usage des « cœurs des rois »

Le 16 octobre 1793, les révolutionnaires vident les urnes de la chapelle Sainte-Anne de l'abbaye du Val-de-Grâce comportant 45 cœurs de la famille royale (princes et princesses, Louis XIII et Louis XIV)[8].

Ceux-ci sont confiés à l'architecte Louis-François Petit-Radel, chargé de les disperser[9]. Il les met en vente, attirant l'attention de peintres désireux d'en employer les pigments pour réaliser du brun momie. Parmi eux, Drölling se porte acquéreur[10]. Il utilisera cette couleur pour l'Intérieur d'une cuisine (musée du Louvre), « Le marchand forain » ainsi que « La maîtresse d’école ».

En 2023 une succession d'analyses sur Vue de Caen d'Alexandre Pau de Saint-Martin montre que la pratique a bien existé : le balayage au microscope électronique sur les pigments bruns confirme la présence de tissus, l'analyse protéomique identifie des protéines cardiaques, et l'examen au micro-CT-scanner confirme qu'il s'agit de restes de Louis XIV. Une éventuelle vérification similaire pour Intérieur d'une cuisine est en attente d'une autorisation du musée du Louvre[11].

Œuvres

Dessins, aquarelles

  • Portrait de sa femme et de son fils Michel-Martin, dessin, musée Magnin, Dijon

Peintures

Portrait de la fille de l'artiste, musée Magnin, Dijon.

Peintures sur porcelaine

  • Vers 1800, Une nymphe et un Amour, assiette en porcelaine, montée en tableau connue par l'inventaire après décès de Dilh qui l'avait chez lui.
  • 1800, Portrait de Dihl, peinture sur porcelaine dure, production de la manufacture de porcelaine Dihl et Guerhard[19], musée national de Sèvres.
  • Avant 1812, Service à thé qui figure sur le portrait qu'il a fait de sa fille en 1812 conservé au musée des beaux-arts de Strasbourg.
  • 1812, Barbier Égyptien, assiette en porcelaine, datée de 1812 mettant en scène trois personnages (deux hommes et un enfant), sujet copié d'après une œuvre de Dominique Vivant Denon, musée national de Sèvres.

Salons

Collections publiques

Correspondance

Une partie de sa correspondance, est conservée au département des arts graphiques du Musée du Louvre, principalement les lettres qu'il adresse à son fils Michel-Martin et à sa fille Louise Adéone soit vingt-huit lettres autographes à son fils Michel-Martin et trente-sept lettres de Michel-Martin à son père au cours de son séjour à Rome entre 1811 et 1816. Cette correspondance, augmentée de plusieurs lettres conservées par les descendants du peintre, a été déchiffrée par Carole Blumenfeld et publiée en 2009 dans le Bulletin de la Société de l'Histoire de l'Art français.

Élèves

Référence dans la littérature

Balzac le mentionne pour illustrer le raffinement du corsaire qui a enlevé la fille du Marquis d'Aiglemont dans La Femme de trente ans : « on voyait çà et là des tableaux de petite dimension, mais dus aux meilleurs peintres : […]un Gérard Dow éclipsait un Drolling »[16],[20].

La légende des "cœurs des rois" est également reprise dans un roman d'Isabelle Duquesnoy, L'Embaumeur Ou l'Odieuse confession de Victor Renard - Édition La Martinière (ISBN 978-2-7324-8354-2).

Notes et références

Annexes

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