Martin de Vertou
moine et saint chrétien
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Martin de Vertou[2], né vers 527 à Nantes et mort vers 601[3] à Vertou, est un homme d'Église chrétien, ermite puis abbé, actif dans la région nantaise à l'époque mérovingienne, évangélisateur de la région située au sud-est de Nantes et fondateur de l'abbaye bénédictine de Vertou (aujourd'hui disparue).
| Martin de Vertou | |
Statue de saint Martin de Vertou (XIXe siècle), église Saint-Martin du Lion-d'Angers. | |
| Saint, ermite, abbé | |
|---|---|
| Date de naissance | v. 527 |
| Lieu de naissance | Nantes |
| Date de décès | v. 601[1] |
| Lieu de décès | Vertou |
| Activité | Archidiacre, ermite, abbé |
| Ordre religieux | Bénédictin |
| Vénéré à | Abbaye Saint-Martin de Vertou |
| Vénéré par | Église catholique |
| Fête | 24 octobre |
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Vénéré comme saint par l'Église catholique-romaine et par l’Église Orthodoxe, il est fêté le 24 octobre[4].
Biographie
Au VIe siècle, la région située au sud de Nantes est encore majoritairement païenne. Nantes en revanche est le centre d'un diocèse, dont l'évêque dans le troisième quart du siècle (vers 550-580) est Félix de Nantes (futur saint Félix), qui construit la première cathédrale.
Ordonné prêtre, Martin effectue un pèlerinage sur le tombeau des apôtres à Rome.
Revenu dans sa région d'origine, il se retire dans une zone inhabitée sur la rive droite de la Sèvre nantaise, à quelques kilomètres de son confluent avec la Loire. Ce lieu, Vertou, est situé au sud-est de Nantes, à environ 5 km de la cathédrale.
L'existence solitaire et vertueuse de Martin attire à lui des disciples. Nommé archidiacre par saint Félix, il est chargé de travailler à la conversion au christianisme des païens vivant entre la Goulaine et le lac de Grand-Lieu. Martin bâtit l'église de Vertou et agrandit son ermitage, qui devient le monastère de Vertou, dont il est le fondateur et le premier abbé[5].
Hagiographie
La légende raconte que saint Martin de Vertou planta son bâton de pèlerin au milieu de ce qui allait devenir la cour de l'abbaye et que celui-ci prit racine, devenant un if qui apparaît sur le blason de la commune de Vertou.
Sa Vita, la Vita et miracula sancti Martini Vertavensis, est attribuée à l'hagiographe Létald de Micy[6],[7],[8].
L'hagiographie de Martin de Vertou est racontée par les vitraux du chœur de l'église Saint-Marin-de-Vertou, réalisés après mai 1887 par le vitrailliste nantais Antoine Meuret. Ils retracent la légende du saint, dont l'iconographie est rare. Ils représentent, de gauche à droite[5] :
- l'envoi en mission par Félix de Nantes de son jeune diacre Martin au pays d'Herbauges ;
- Martin annonce la Bonne Nouvelle[n 1] aux habitants d'Herbauges ;
- Martin condamne les habitants d'Herbauges réticents au christianisme. Il les fait engloutir par les eaux du lac de Grand-Lieu ;
- Martin ermite en forêt de Dumen (qui deviendra la forêt de Touffou) ;
- Martin voyageur accueilli par un prince anglais qui lui demande la guérison de sa fille ;
- Martin bénissant Vertou. Il tient son bâton qui a déjà verdi. Selon la légende, ce bâton fleurit et devient un if ;
- Martin consacre la première église de Vertou ;
- en route vers Durinum (Saint-Georges-de-Montaigu). Martin s'endort dans une clairière et est averti en songe qu'il doit retourner à Vertou ;
- Martin dit adieu à ses moines ;
- mort de Martin à Durinum, le 24 octobre 601 ;
- enlèvement du corps de Martin par les moines de Vertou suivis par ceux de Durinum[5].
- If de saint Martin apparaissant sur le blason de la commune de Vertou.
La Pierre Saint-Martin (Cheix-en-Retz)
La Pierre Saint-Martin, également appelée « Pierre Tremblante », est située à Cheix-en-Retz, sur une rive de l'Acheneau, affluent de la Loire et émissaire du lac de Grand-Lieu.
C'est une grande dalle de gneiss de 6,30 m de long, 4,40 m de large et 0,50 m d'épaisseur extraite à une époque inconnue d'un affleurement situé à quelques dizaines de mètres plus à l'ouest[9]. Elle repose en équilibre sur plusieurs autres roches.
Selon la tradition, elle bouge lorsque l'on monte à un endroit précis, d'où son appellation de « Pierre Tremblante ».
Elle aurait servi de chaire à Martin de Vertou pour évangéliser la population du lieu, d'où sa dénomination de « Pierre Saint-Martin ». Emporté par sa foi, Martin aurait inscrit dans la roche l'empreinte de son pied droit.
Selon une autre légende, certains habitants du pays d'Herbauges auraient refusé de suivre le moine après l'engloutissement de leur ville par les eaux du lac de Grand-Lieu et seraient retournés aux dieux païens, provoquant la colère de l'évangélisateur, qui les aurait transformés en pierres. La Pierre Tremblante serait l'un d'eux[10].
- Pierre Tremblante de Cheix-en-Retz.
Hommages
Une des chapelles de la cathédrale Saint-Pierre-et-Saint-Paul de Nantes est dédiée à saint Martin de Vertou.
- Chapelle dédiée à saint Martin de Vertou, dans la cathédrale de Nantes.
En 1993, afin de marquer la reconnaissance de saint Martin comme patron de la paroisse de Vertou (lettre du du Vatican), une statue de saint Martin est réalisée par le sculpteur Jean Guitteny, inspirée de celle qui ornait l'église précédente de Vertou (la troisième église, de style roman). Saint Blaise devient également le patron secondaire de la paroisse[5].
- Statue de Martin de Vertou réalisée par Jean Guitteny en 1993. Elle est exposée à l'entrée de l'église Saint-Martin-de-Vertou à Vertou.
- Bas-relief du retable de la Vierge dans cette même église représentant saint Martin de Vertou (1888).