María Orosa
chimiste philippine
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María Orosa e Ylagan[1] née le à Taal et morte le à Manille est une chimiste pharmaceutique et génie alimentaire philippine. Elle mène des expériences sur les aliments traditionnels des Philippines et, pendant la Seconde Guerre mondiale, met au point le Soyalac (une boisson nutritive à base de soja) et le darak (des biscuits à base de son de riz, riches en vitamine B1, qui prévient le béribéri). Elle contribue à les faire entrer clandestinement dans les camps d'internement japonais, sauvant ainsi la vie de milliers de Philippins, d'Américains et d'autres ressortissants. Elle est également à l'origine du ketchup de bananes.
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Église San Agustin (depuis le ) |
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Centro Escolar University (en) |
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Biographie
María Orosa naît le 29 novembre 1893 à Taal dans une famille de huit enfants[2]. Bien que son père soit décédé alors qu'elle était encore jeune (et qu'elle aidât sa mère dans l'épicerie familiale) les frères et sœurs se sont distingués[pas clair][3].
Après des études à l'Université des Philippines, Orosa obtient une bourse du gouvernement et est envoyée en 1916 aux États-Unis[4],[5]. Elle s'inscrit à l'Université de Washington à Seattle[4], où elle obtient une licence et une maîtrise en chimie pharmaceutique, ainsi qu'un diplôme supplémentaire en chimie alimentaire[6]. Durant ses vacances d'été universitaires, elle travaille dans des conserveries de poisson en Alaska[6]. Elle y découvre des techniques de mise en conserve industrielle[4].
Bien qu'elle se soit vu offrir un poste d'assistante chimiste par le gouvernement de l'État de Washington, Orosa retourne aux Philippines en 1922[7]. Elle enseigne d'abord l'économie domestique à l'Université Centro Escolar (en), puis rejoint la division de la conservation des aliments du Bureau philippin des sciences. À partir de 1926, Orosa se rend en Chine, au Japon, à Hawaï, en Grande-Bretagne, aux Pays-Bas, en France, en Allemagne, en Italie et en Espagne pour mener des recherches sur les technologies et la conservation des aliments. Elle visite plus de 50 conserveries. À son retour aux Philippines, elle est nommée à la tête de la division de la conservation des aliments, puis de la division de l'économie domestique du Bureau des sciences. En 1934, Orosa dirige la division de l'utilisation des plantes au Bureau de l'industrie végétale[2],[4].
Travaux
Orosa souhaite contribuer à l'autosuffisance des Philippines et à l'émancipation des familles philippines[4]. Elle organise l'équivalent philippin des clubs d'agriculture 4-H dans les îles[8] (ils comptaient plus de 22 000 membres en 1924)[4]. Elle se rend dans les barrios (Philippines) (en) pour enseigner aux femmes comment élever des poulets, conserver les produits locaux et préparer des repas sains. Grâce à cette organisation, avec de nombreux militants et militantes, les groupes visitèrent diverses communautés à travers les Philippines afin d'éduquer les femmes aux méthodes innovantes de préparation et de conservation des aliments[4]. Orosa invente le four palayók (en) pour permettre aux familles sans accès à l'électricité de faire cuire leurs aliments[6]. Elle met au point des recettes à base de produits locaux, notamment le manioc, les bananes et la noix de coco. Le ketchup de tomates importé, introduit par les Américains, était populaire mais cher. Orosa invente un ketchup à base de bananes et d'autres ingrédients locaux, en remplacement des tomates[4],[6]. Le ketchup de banane devient un condiment et un ingrédient culinaire très apprécié dans l'archipel[2],[9]. Grâce à ses connaissances locales et techniques, Orosa contribue à la gastronomie et enseigne des méthodes de conservation appropriées pour des plats traditionnels.
Durant la Seconde Guerre mondiale, Orosa met à profit ses connaissances en sciences alimentaires pour inventer le Soyalac (une poudre de soja riche en protéines) et le Darák (une poudre de son de riz riche en thiamine et autres vitamines, également efficace contre le béribéri)[6]. Elle devient également capitaine des guérilleros de Marking[2], un groupe de guérilla philippin organisé par Marcos « Marking » V. Augustín. Ces guérilleros aidèrent les forces américaines à combattre les troupes d'occupation japonaises et employèrent des charpentiers pour insérer le Soyalac et le Darák dans des bâtonnets de bambou creux, qui étaient ensuite introduits clandestinement auprès des civils emprisonnés à l'université de Santo Tomas et dans les camps de prisonniers de guerre japonais de Capas, Tarlac et Corregidor. Ces poudres sauvèrent la vie de nombreux guérilleros et soldats américains affamés[2],[4],[6]. Ses biscuits « Tiki-Tiki » (également fabriqués à partir de Darák) ont sauvé de nombreuses vies civiles pendant les pénuries alimentaires en temps de guerre.
Fin de vie

Alors que les forces américaines et philippines affrontent les troupes japonaises lors de la bataille de Manille, sa famille l'exhorte à fuir mais Orosa refuse et insiste sur le fait qu'en tant que soldate, elle doit rester à son poste[4]. Le 13 février 1945, Orosa est blessée par des éclats d'obus dans son bureau gouvernemental lors d'un bombardement américain. L'hôpital Remedios, où elle est transportée, est également bombardé par la suite ; un éclat d'obus lui transperce le cœur et la tue sur le coup[2],[4],[6].
Le 8 février 2020, la pierre tombale d'Orosa est découverte à l'école catholique de Malate (en), site de l'hôpital Remedios pendant la Seconde Guerre mondiale[4],[10],[11]. Ses restes sont inhumés dans la crypte de l'église San Agustín à Intramuros dans le cadre des commémorations du 80e anniversaire de la bataille de Manille le 13 février 2025[12].
Distinction
La Croix-Rouge américaine lui décerne à titre posthume une médaille humanitaire pour ses efforts de contrebande de nourriture[4],[13].
Hommages

Les Philippines ont officiellement reconnu les contributions d'Orosa. Sa province natale, Batangas, a érigé un buste et une plaque commémorative en son honneur[4]. Une rue d'Ermita, à Manille où se trouve aujourd'hui la Cour d'appel des Philippines (en), porte son nom[2], de même qu'un bâtiment du Bureau de l'industrie végétale. Lors du 65e anniversaire de l'Institut des sciences et technologies, elle est l'une des 19 scientifiques à recevoir une distinction spéciale. Le 29 novembre 1983, l'Institut national d'histoire installe une plaque commémorative en son honneur au Bureau de l'industrie végétale de Malate, à Manille[2]. Pour le centenaire de sa naissance, la Société postale philippine (en) émet un timbre à son effigie. Sa ville natale de Taal, à Batangas a également célébré le 125e anniversaire de sa naissance le 29 novembre 2018. Le 29 novembre 2019, Google a célébré son 126e anniversaire avec un Doodle[14].

Publications
- (en) Preservation of Philippine foods,
- (en) Roselle recipes,
- (en) Rice bran: a health food and how to cook it,
- (en) Soy beans as a component of a balanced diet and how to prepare them,
- (en) Preserve the national culture in local food,
- (en) The Recipes of Maria Y. Orosa,