Mathilde Delattre
peintre française
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Mathilde Delattre, née Casajeus le au Caire et morte le à Levallois-Perret, est une peintre française. Spécialisée dans l’aquarelle, notamment les paysages et les fleurs, son œuvre se distingue par une atmosphère poétique. Elle expose au Salon dès 1889, où elle est médaille d'or en 1930. Elle forme de nombreuses élèves et, célibataire et dépourvue de fortune personnelle, sociétaire active de l'Union des femmes peintres et sculpteurs, représente un exemple d’émancipation féminine dans la société de l'époque.
| Naissance | |
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| Décès | |
| Nom de naissance |
Mathilde Henriette Casajeus |
| Nationalité | |
| Activités |
Peintre, dessinatrice, peintre florale, aquarelliste, graveuse |
| Membre de | |
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| Maître | |
| Genres artistiques |
Peinture de fleurs (d), portrait, paysage, nature morte, scène de genre |
| Influencée par | |
| Site web | |
| Distinction |
1er prix de l'Union des femmes peintres et sculpteurs (1903), Médaille d'or au Salon des Artistes Français (1930), Officier d'Académie (1899), Officier de l'Instruction publique (1905) |
Biographie
Origines et formation

Petite-fille d'Alexandre Casajeus dit Crillon[n 1], photographe à Paris, Mathilde Henriette Casajeus nait au Caire en 1871. Sa mère Clémentine y séjourne en effet à partir de 1868 auprès du Khédive Ismaïl Pacha, pour les fêtes d'inauguration du Canal de Suez[1] ; de retour en France elle épouse en mai 1874 à Paris[3] son cousin germain Paul Louis Delattre, originaire de Crespin (Nord), qui légitime la fillette de trois ans[3], officiellement née de père inconnu. La famille habite 3 rue Pergolèse dans le 16e arrondissement ; son frère Georges naît en 1875 ; Paul Delattre, employé de commerce, y décède en 1886[4],[1].
« Comme poussée par une vocation »[5], et après une seule année d'étude auprès de l'aquarelliste Madame Leroux, Mathilde Delattre est admise au Salon de 1889. C'est l'époque de la scission des salons, et les deux années suivantes elle accroche à la Société Nationale des Beaux-Arts[5], où ses envois sont remarqués[6]. L'école des Beaux-Arts étant toujours interdite aux femmes, elle complète alors sa formation auprès du peintre académique Henry-Eugène Delacroix, originaire de Valenciennes, qui ouvre en 1891 un atelier dans le 9e arrondissement de Paris. Elle sera sensible à la poétique des paysages d'H.-E. Delacroix, mais également au style floral de Pauline Delacroix-Garnier qui enseigne avec son mari à partir de 1893[7]. Elle étudie dans le même temps auprès du peintre orientaliste Gaston Casimir Saint-Pierre, portraitiste réputé[8],[n 2]. En 1897, élève en modelage et en aquarelle à la Société pour l'instruction élémentaire, elle y est nommée adjointe au cours d'aquarelle la même année, puis professeur de dessin en 1898 et 1899, sous la direction de Gaston Gérard (1849-1929)[9],[n 3].
Les « grandes floraisons », la reconnaissance et les élèves

Mathilde Delattre expose très régulièrement à partir de 1895, année où elle déménage au 17 rue Duperré dans le 9e arrondissement, dans les salons de province, au Salon des artistes français[11], à la Société des amis des arts de Seine-et-Oise, au Salon de l'Union des femmes peintres et sculpteurs, à la Société nationale d'horticulture de France, etc. Elle est nommée Officier d'Académie le [12]. Elle fréquente l'atelier du maître Ferdinand Humbert, responsable du premier cours pour femmes aux Beaux-Arts en 1900[n 4].
Elle présente natures mortes, paysages et portraits, et s'adonne également à la gravure et à la céramique[n 5]. En 1901 à l'Union, ses toiles sont remarquées : « deux intérieurs bretons d'une bonne composition et d'une belle harmonie, Vieille fileuse et Surveillant la bouillie : la lumière est très bien distribuée ; bref deux toiles excellentes »[14]. Mais c'est surtout à l'aquarelle, où elle se signale dans les grands formats, que sa sensibilité s'exprime le plus intensément. Son aquarelle Pour la procession est remarquée au Salon en 1902[15](« Véritable triomphe de tons blancs et roses, cet ensemble de fleurs, réunies avec un art savant, apparaît enrichi des teintes les plus merveilleuses, orné des nuances les plus savoureuses »[16], où elle est récompensée d'une mention honorable, et reçoit une troisième médaille en 1905 pour son aquarelle Chez la fleuriste. Elle obtient le premier prix du Salon de l'Union des femmes peintres et sculpteurs en 1903 pour son aquarelle Dans un coin du parc, où la critique relève « une prestesse et une fraicheur qui achèvent de classer l’artiste au premier rang des peintres de fleurs »[17]. Elle y dépasse la simple étude florale et le souci décoratif, pour proposer une vision poétique, et cette aquarelle illustre son évolution vers une peinture plus libre et baignée de lumière, préfigurant ses recherches ultérieures de plein air. La critique distingue souvent son travail de celui de ses grandes contemporaines aquarellistes Eugénie Faux-Froidure ou Blanche Odin, qui recherchent une plus grande exactitude de dessin et de coloris. « Mlle Delattre est une travailleuse, une chercheuse, qui ne s'est jamais cantonnée dans un genre […] ; de plus en plus éprise de plein air, elle étudie la fleur dans son véritable milieu, sur pied, là où elle a tout son charme. Elle affectionne particulièrement l'heure chaude et atténuée du couchant, et que ses fleurs s'enlèvent sur des ciels dorés, sur des prairies ou sur des eaux glauques, elle sait en pénétrer toute la poésie et le pittoresque »[5]. Elle est nommée Officier de l'Instruction publique le [18]. Elle témoigne de son attachement au groupe de Marlotte, artistes du siècle précédent qui souhaitaient peindre sur le motif, en exposant en 1907 sa toile Le chemin des chardons. Souvenir de Marlotte[19]. En 1911, sa grande toile Veille de fête au cloître est remarquée par Guillaume Apollinaire[20].

Elle est associée à partir de 1900 à l'expérience des « XII », regroupement de femmes artistes françaises et étrangères qui exposent conjointement au théâtre de la Bodinière, initiative audacieuse pour l'époque. Elle est la plus jeune de ce collectif où elle va côtoyer, outre des artistes réputées de l'Union des femmes peintres et sculpteurs, Julia Beck et Maria Slavona[21],[22]. Elle ouvre vers 1904 son propre atelier et reçoit de nombreuses élèves au 17, rue Duperré à Paris (9e), et enseigne également au cours spécial d'aquarelle pour jeunes filles du 17e arrondissement de la Ville de Paris[n 6]. Elle est Sociétaire des artistes français en 1902, et membre du comité en 1912. Elle est sociétaire à la Société Nationale d'Horticulture de France en 1902, et membre en 1910 du comité[23] et du jury de l'Union des Femmes peintres et sculpteurs. Elle introduit ses élèves dans de nombreux salons et expositions ; au salon de 1914 de l'Union, on dénombre ainsi dix-huit de ses élèves parmi les exposantes.
Le parcours artistique après 1914 : vers le « plein air »
Le « moment » breton

Durant la Première guerre mondiale, l'activité des Salons — et donc, en conséquence, l'enseignement dans les ateliers — chute drastiquement. Le village de Crespin où Mathilde Delattre se ressourçait jusqu'alors étant en zone interdite, l'artiste retrouve alors souvent sa famille parisienne à Perros-Guirec[1], où elle réalise une série de petits « paysages bretons », huiles sur panneaux saisies sur le vif, dans un style impressionniste tardif. Souvent l'heure de la « prise de vue » est consciencieusement notée[1], en vue du travail ultérieur sur toile, comme pour Marine : La pointe de Ploumanach au soleil, peinture, qu'elle expose à l'Union en 1916, et que la presse qualifie de « lumineuse »[24]. Mais elle n'est pas attendue avec ce style dans les salons qu'elle fréquente, et après la guerre elle reprend majoritairement son travail à l'aquarelle.
La lumière des « Coins de jardin »

Elle acquiert dans les années 1920 une petite maison dotée d'un grand parc et entretient un jardin fleuri aux Andelys (Eure)[1] : « … de ma petite galerie en plein soleil tamisé par un rideau de fleurs, volubilis & grands pétunias de toutes couleurs, polygonum encore en neige & de brillants géraniums […] je crois n'avoir jamais vu si doux & si bel automne […] cela avec les phlox & les capucines & les feuillages rouges de la vigne vierge & celui des vignes qui ne le sont plus, c'est un véritable enchantement. » Elle en fera le sujet de nombreux « coins de jardins » ou autres « jardins dans une lumière transparente », thèmes sur lesquels elle multiplie alors les variations. Ses compositions — où elle a toujours le souci de créer un cadre, une « circonstance » aux fleurs, et qui dégagent, selon la critique, une atmosphère très subtilement poétique —[25],[26] vont jouer de plus en plus avec la lumière[27],[28]. Elle continue à produire également de très classiques aquarelles florales, qu'elle vend plus facilement.
L'exposition particulière de fleurs, et l'Or au Salon
Le marché de l'art s'est déplacé des salons vers les galeries, et Mathilde Delattre présente en 1927, tardivement mais avec succès, une première exposition particulière à la galerie Georges Petit à Paris, tout en exprimant une certaine réticence envers les prix excessifs des « marchands »[1]. En 1925, elle est réélue au Comité de l'Union. En 1927, elle remporte au Salon une médaille d'argent, mais aussi le prix Pillini, créé l'année précédente « pour récompenser des artistes peintres non favorisés par la fortune ». Femme célibataire, Mathilde Delattre vit en effet de son seul travail artistique[1]. Sa correspondance redécouverte dans les années 2020 révèle sa constante énergie comme son indépendance[1]. Elle obtient au Salon une médaille d'or en 1930 avec son aquarelle Fin de jour, de composition plus moderniste et où se joue une lumière douce. Elle jouit d'une certaine notoriété, María de las Mercedes de Borbón y Orleans[n 7] prenant par exemple des cours à son atelier en 1936[1].
Elle est membre d'une société spiritualiste, pour les congrès annuels de laquelle son directeur lui demande des œuvres en prêt[26].

En 1937, elle est admise par le jury, à côté d'artistes plus célèbres invitées, à l'exposition Les femmes artistes d'Europe exposent au Jeu de Paume, initiative de sociétés professionnelles de femmes artistes. En 1938, elle est élue membre du comité de la Société amicale des peintres et sculpteurs français[29], et est également secrétaire-archiviste de la Société des aquarellistes.
Les difficultés des dernières années
Le décès en 1931 de sa mère, qui régentait l'activité de l'atelier[1], diminue sa production et inaugure une période de difficultés financières, aggravée par des accidents et des problèmes de santé qui l'immobilisent fréquemment. Son frère, qui habitait avec elle rue Duperré depuis 1925, décède en 1938. En 1942, tout en conservant une mansarde rue de Douai à Paris, elle doit se résigner, ne pouvant plus en honorer le loyer, à quitter son atelier de la rue Duperré (9e). Elle enseigne jusqu'en 1942 au moins à la mairie du 17e arrondissement, et expose une dernière fois en 1943 au Salon des artistes français, Contre-jour. Sa santé la contraint en 1949 à quitter son refuge de verdure du Grand Andely, et elle finit ses jours à la résidence pour dames de la fondation Greffulhe[n 8] à Levallois-Perret, où elle meurt en 1950[31],[1].
L'œuvre

L'artiste utilise dans ses aquarelles une palette dominante de blancs nacrés et de tons pastel. Les ombres et les feuilles sont traitées en tons atténués de violet et de brun, donnant une atmosphère feutrée et délicate. La lumière est diffuse, presque poudrée. Le lavis, le jeu des réserves et le fondu propres à l’aquarelle participent à cette impression de rêve et de légèreté. Le thème de la vanité florale discrète, méditation visuelle sur l’éphémère, abondance de vie et imminence de la fanaison, est central dans l'œuvre de Mathilde Delattre.
L'artiste, « reléguée », dans sa reconnaissance, à l’aquarelle, évolue dans ce médium de l’intime, de la sensibilité ; elle y travaille un héritage des natures mortes flamandes du XVIIe siècle et du romantisme floral du XIXe, en y intégrant une touche impressionniste par l’usage de tons clairs et atmosphériques, fusionnant étude botanique et poésie picturale dans une invitation à la contemplation. Son style de plein air d'après-guerre évoquera parfois le luminisme belge[1].
Principales expositions
À Paris
- en 1889 puis de 1897 à 1943, au Salon de la Société des artistes français (mention honorable en 1902, médaille de bronze en 1905, médaille d'argent en 1927 et médaille d'or en 1930[32]).
- de 1890 à 1891, au Salon de la Société nationale des Beaux-Arts[33].
- de 1895 à 1900, à la Société des Amis des arts de la Seine & Oise, au château de Versailles (médaille d'argent en 1897[34]).
- de 1897 à 1939, au Salon de l'Union des femmes peintres et sculpteurs[35] (1er prix de l'Union en 1903).
- de 1898 à 1914, puis de 1927 à 1938, aux expositions Beaux-Arts de la Société Nationale d'Horticulture de France[36].
- de 1899 à 1902[37], à l'Exposition des « XII » à la Bodinière[n 9].
- en 1908, 1909 et 1912, à l'Exposition du Syndicat des Artistes Femmes (à Enghien-les-Bains[39] puis aux galeries Allard).
- de 1909 à 1934, à la Galerie Georges Petit, dont une exposition particulière Fleurs en 1927[40] avec Renée Férin, Zabeth, Émile Coulon et Henry Tenré[41], et une autre en 1930 avec Marguerite de Bayser, E. Delaporte, Amalia Claugmann, Charles Picart Le Doux et Louis Rodolphe Defontaine[42].
- en 1926, à la Galerie Drouant, avec Marius Hubert-Robert, Madeleine Vaury, Marie-Louise Charliat et Chaud[43].
- en 1930, à la Galerie J. Gautier, « Dix aquarellistes », avec Louise Saint, Henri Jourdain, Nicolas Markovitch, etc[44].
- en 1942, au 24 rue de la Paix à Paris, Art français, Les Fleurs, avec Jeanne Lauvernay-Petitjean, Germaine Lantoine-Neveux, Camille Pascau-Vignal, Deluermoz, Guillonnet, Etcheverry, etc.[45]
En province et à l'étranger
- Salons de Roubaix-Tourcoing (1896 et 1900), Angers (1896[46] à 1905), Le Havre (1899), Amiens (1899), Dijon (1900), Bordeaux (1901), Toulouse (1906), Cannes (1912), Les Andelys (autour de Marthe Lucas et René Sautin, 1927)[47].
- Exposition Universelle de Turin (1911, diplôme d'honneur)[48] ; Exposition internationale de Gand (1913)[36] ; Exposition internationale d'Horticulture de Saint Pétersbourg (1914, médaille d'argent)[36].
Récompenses
- 1897 : Médaille d'argent à Versailles
- 1898 : Diplôme d'honneur à Vincennes
- 1901 : Médaille de vermeil à Charenton
- 1902 : Mention honorable au Salon des artistes français
- 1903 : Premier prix du salon de l'Union des femmes peintres et sculpteurs
- 1904 : Diplôme d'honneur à l'Exposition des Beaux-Arts du Palais de la Femme
- 1905 : 3è médaille au Salon des artistes français
- 1911 : Diplôme d'honneur à Turin
- 1914 : Médaille d'argent à Saint Petersburg
- 1927 : Médaille d'argent au Salon des artistes français
- 1927 : Prix Pillini au Salon des artistes français
- 1930 : Médaille d'or au Salon des artistes français
Œuvres
Toutes les œuvres actuellement connues de Mathilde Delattre sont présentées sur le projet de catalogue raisonné en ligne[49].
Œuvres principales
- Portrait de Jeanne Tournay, 1897 (huile sur toile), collections du musée du Gévaudan-ville de Mende.
- Pour la procession, 1902 (aquarelle), mention honorable au Salon[15], localisation inconnue.
- Dans un coin du parc, 1903 (aquarelle), premier prix du Salon de l'Union des femmes peintres et sculpteurs, Musée d'art et d'archéologie d'Aurillac.
- Le chemin des chardons, souvenirs de Marlotte, 1905 (huile sur toile), localisation inconnue, photographie au Fonds Druet-Vizzavona[19].
- Veille de fête au cloître, 1911 (huile sur toile), localisation inconnue[n 10].
- Les fleurs du mal, 1925 (aquarelle), localisation inconnue[n 11].
- Le déjeuner du matin, Salon des artistes français, 1925, localisation inconnue, reproduit dans The Studio magazine[50].
- Fin de jour, 1930 (aquarelle), médaille d'or au Salon des artistes français, coll. particulière.
- Fleurs dans les blés, 1938 (tempera), localisation inconnue.
Dans les collections publiques
- Les Andelys, Musée Nicolas-Poussin : Le collier gris, aquarelle (1928)[n 12]. Acquisition par l'État[52].
- Aurillac, musée d'art et d'archéologie : Dans un coin du parc, aquarelle (1903). Don de l'État[53].
- Mende, musée du Gévaudan : Portrait de Jeanne Tournay, huile sur toile (1897)[54].
- Paris, Centre national des arts plastiques (CNAP) FNAC 1663 : Chez la fleuriste, aquarelle (1905). Au Palais de l'Élysée de 1906 à 1911[52].
- Paris, Fonds d'art contemporain - Paris Collections : Roses, Plein Air, aquarelle (1932). Achat par la Ville de Paris[55].
- Pont-de-Roide (mairie, salle des mariages, dépôt de l'État) : Coin de table, aquarelle (1912). Au Ministère des Finances de 1913 à 1936.
- Riom, musée Francisque Mandet : Lilas, aquarelle (1899). Envoi de l'État (1903)[56].
- Semur-en-Auxois, musée municipal : Soleils, aquarelle, acquis par l'État en 1897, don à la Société des Sciences Historiques et Naturelles de Semur-en-Auxois en 1898, dépôt au musée en 2010[57].
- Saint-Seurin-sur-l'Isle, mairie (dépôt de l'État, localisation actuelle non confirmée) : Plein air, aquarelle (1931). Acquis par la mairie de Paris en 1933, Ambassade de France à Washington de 1934 à 1958.
- Fonds François Vizzavona, Grand Palais, Réunion des Musées Nationaux, Paris (photographies d'œuvres exposées au Salon)[58].
Galerie
- Chez la fleuriste, aquarelle, 1905, salon de l'Union des femmes peintres et sculpteurs, collection du CNAP.
- Nature morte à la corbeille de fruits, aquarelle miniature, entre 1899 et 1918, coll. particulière.
- Dans la serre, aquarelle 215 × 145 cm, salons de 1906, coll. particulière.
- Dans le parc, huile sur panneau, vers 1915, coll. particulière.
- Le clocher de la Clarté vu de la route de Trestrignel, huile sur panneau, vers 1914, coll. particulière.
- Un « coin de jardin », aquarelle, vers 1925, coll. particulière.
- La Cigarette, aquarelle, 1927, exposition particulière à la galerie Georges Petit, coll. particulière.
- Coquelicots (sur la fenêtre), aquarelle, 1927, exposition particulière à la galerie Georges Petit, coll. particulière.
- Fin de jour, aquarelle, 1930, médaille d'or au Salon des artistes français, coll. particulière.
Élèves

Mathilde Delattre, à la Mairie de Paris (cours du 17e arrondissement) et/ou dans son propre atelier, forme de nombreuses élèves. Celles qui sont listées ci-après vont être admises à leur tour aux Salons, principalement à celui de la Société des artistes français et à celui de l'Union des femmes peintres et sculpteurs. Certaines, comme Louise Alix ou Yvonne Blanchon, et Hélène Marre, font ensuite évoluer leurs thèmes floraux dans un style plus moderniste, et fréquentent des salons moins académiques[1].
- Louise Alix ;
- Suzanne Andrée[n 13] ;
- Marguerite Bernard[n 14] ;
- Marie-Hélène Bernard[n 15] ;
- Yvonne Blanchon ;
- Zina Blondel-Weiss ;
- Germaine Boy ;
- Madeleine Caudel ;
- Marie-Louise Charliat ;
- Paule Collas-Primer ;
- Claude Marguerite Collet [n 16] ;
- Marie Defransure-d'Heilly ;
- Louise Denous-Dubois[n 17] ;
- Suzanne Ernault ;
- Thérèse Fortin[n 18] ;
- Marie Clotilde Gallien-Berthon ;
- Francine Gaudrion ;
- Jenny Giot-Rieger ;
- Élisabeth Girou de Buzareingues ;
- Germaine Gloria ;
- Renée Gloria ;
- Marcelle Marie Hilpert ;
- Louise Holfeld ;
- Marthe Huctin[60] ;
- Louise Jeanson ;
- Marie Lelavandier ;
- Louise Leroy ;
- Gisèle Maréchal[61] ;
- Hélène Marre (alors Hélène Aigner) ;
- Maria Mathis-Vissuzaine[62] ;
- Yvonne Meley ;
- Ysabel Minoggio ;
- Lucie Muller-Roux ;
- Camille Olivier ;
- Marie Pertué[n 19] ;
- Marthe Marie Rabier ;
- Lily Rossignol ;
- Marthe Roy[n 20] ;
- Geneviève Schmitt ;
- Élisabeth Tesse-Weyland ;
- Marguerite Vallancienne ;
- Valentine Verchere ;
- Jacqueline Vermandel[n 21].
Postérité
Mathilde Delattre fait partie, avec Eugénie Faux-Froidure, Blanche Odin, Jeanne Lauvernay-Petitjean, etc. de ces artistes « fleuristes » ayant une certaine notoriété de leur vivant, à la fin du XIXe et dans la première moitié du XXe siècle, puis oubliées. Célibataire et sans fortune personnelle, elle a vécu de sa profession d'artiste pendant plus de cinquante ans, exemple d'émancipation féminine dans la société d'alors.
En janvier 2023 est créée à l'initiative de sa famille l'association Atelier Mathilde Delattre[64] dont l'objectif est la promotion de la mémoire et de l’œuvre de l'artiste et de ses collègues femmes oubliées. L'association se mobilise pour une première exposition rétrospective, la seule exposition posthume connue incluant des œuvres de Mathilde Delattre étant Histoire de la peinture, lors des Journées du patrimoine 2022 à Crespin, au cours de laquelle sont accrochés les tout premiers portraits réalisés par l'artiste en 1894[65]. Des travaux universitaires débutent en 2025, avec une analyse des pratiques et de la professionnalisation de Mathilde Delattre et de quelques-unes de ses collègues[66].