Mer des Sargasses

mer de l'Océan Atlantique From Wikipedia, the free encyclopedia

La mer des Sargasses est une zone de l’océan Atlantique nord. Contrairement à toutes les autres mers du globe, qui sont définies au moins en partie par des côtes, la mer des Sargasses est définie uniquement par des courants océanique et n'a pas de côtes à l'exception de celles des Bermudes[1],[2]. Elle est bordée par le Gulf Stream à l'ouest et au nord-ouest, la dérive nord atlantique au nord, le courant des Canaries à l'est et le courant nord équatorial au sud, lesquels forment ensemble le gyre de l'Atlantique Nord[1]. Cette zone étant définie par des courants, ses frontières sont dynamiques et correspondent approximativement au centre de haute pression des Açores pour chaque saison[1].

Pays côtiersDrapeau du Royaume-Uni Royaume-Uni
Subdivisions
territoriales
Drapeau des Bermudes Bermudes
TypeMer
LocalisationOcéan Atlantique
Faits en bref Géographie humaine, Pays côtiers ...
Mer des Sargasses
Image illustrative de l’article Mer des Sargasses
Géographie humaine
Pays côtiers Drapeau du Royaume-Uni Royaume-Uni
Subdivisions
territoriales
Drapeau des Bermudes Bermudes
Géographie physique
Type Mer
Localisation Océan Atlantique
Coordonnées 26° nord, 65° ouest
Subdivisions Aucune
Superficie 3 000 000 km2
Longueur 3 200 km
Largeur
· Maximale 1 100 km
Profondeur
· Maximale 7 000 m
Géolocalisation sur la carte : océan Atlantique (Nord)
(Voir situation sur carte : océan Atlantique (Nord))
Mer des Sargasses
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Géographie

Elle a une largeur de 1 100 km, et une longueur de 3 200 km environ. Elle s'étend à peu près de 70 à 40 degrés ouest de longitude et de 25 à 35 degrés nord de latitude. La mer des Sargasses a la particularité d'être une zone calme, sans vent ni vague. Elle n'est bordée par aucune côte à l'exception de celle des Bermudes.

Écosystème

Elle tient son nom des algues dites Sargassum[3],[4] qui ont la particularité d'y former des radeaux flottants, et s'y accumuler en surface. Le mot même de « sargasse » vient du mot espagnol sargazo qui correspond au varech. En effet, la zone fut découverte par Christophe Colomb, qui y nota l'abondance de végétaux en surface, signe pour lui de la proximité d'un continent. Écosystème emblématique de haute mer, elle procure nourriture, habitat, refuge et zone de reproduction à de nombreuses espèces marines[5].

Malgré la prolifération de l'algue du genre Sargassum, cette mer est souvent considérée comme sans vie. Elle est en effet, très salée, et sous sa surface, le milieu est pauvre, et la région n'est pas riche en chlorophylle[6]. Suivant les sources, elle est surnommée « jungle flottante » ou « désert flottant ».

La mer des Sargasses joue également un rôle important dans la migration de l'anguille européenne et de l'anguille américaine : les larves des deux espèces y croissent, pour se diriger ensuite vers les côtes de l'Europe et de l'est de l'Amérique du Nord. Une vingtaine d'années plus tard, elles essayent d'y retourner pondre leurs œufs.

Les anguilles peuvent parcourir cinq mille kilomètres afin de s’y reproduire. Selon les témoignages anciens, les thons étaient très abondants dans « la mer herbeuse ». On a même imaginé dans les années 1870 d'aller y exploiter les algues (en les brûlant sur place et en ramenant les cendres pour remplacer le goémon difficile à collecter en Bretagne)[7] tout en y pêchant le thon pour compenser l'effondrement déjà constaté des pêcheries européennes.

Hydrologie

Le Gulf Stream et sa circulation dans l'Atlantique Nord.
Carte des courants marins du monde, dont ceux constituant le gyre de l'Atlantique Nord.
Ligne de sargasse dans la mer du même nom ; ces lignes peuvent s'étirer sur plusieurs kilomètres.
  • La mer des Sargasses, avec les principaux courants marins.
  • La grande ceinture de sargasses de l'Atlantique est une prolifération algale s'étendant sur plus de 8 000 km à travers l'océan Atlantique[8] et qui s'est accélérée depuis 2011[9].
  • Échouements de sargasses à Oistins à la Barbade.

    La force de Coriolis crée, au niveau des océans, de grandes formes tourbillonnaires : vortex de vents, de vagues et de courants.

    La mer de Sargasses est décrite de cette manière dans le roman de Jules Verne, Vingt mille lieues sous les mers (tome 2, chapitre XI) : « Au niveau de l'Atlantique Nord, cette force « enroule » le bras sud du Gulf Stream. Vers le quarante-quatrième degré de latitude nord, ce courant chaud se divise en deux bras, le principal se porte vers les côtes d'Irlande et de Norvège, tandis que le second fléchit vers le sud à la hauteur des Açores ; puis heurtant les rivages africains, et décrivant un ovale allongé, il revient vers les Antilles. Ce second bras entoure de ses anneaux d'eau chaude cette portion froide de l'océan qu'est la mer des Sargasses, tranquille, immobile, véritable lac en plein Atlantique. Les eaux du grand courant ne mettent pas moins de trois ans à en faire le tour, elles charrient aussi vers cette zone une foule d'objets flottants : herbages, algues et fucus. »

    Dans cette zone a été découvert en 2010 un vortex de déchets, portés par les eaux depuis les rivages de l'Europe et de l'Amérique. Cette accumulation de déchets plastiques a été explorée en mai-juin 2014 par l'expédition 7e continent dirigée par Patrick Deixonne, qui avait pour but « d'étudier, de cartographier et de médiatiser cette pollution marine dangereuse »[10].

    Histoire

    La mer des Sargasses aurait pu être connue des Carthaginois[11],[12].

    Il semble que le Portugais Diogo de Teive aurait atteint la mer des Sargasses vers 1452. Elle sera mentionnée sous le nom de mer de Baga dans une carte italienne de l'époque[Laquelle ?][13].

    Christophe Colomb a décrit cette étendue d'eau[14].

    Les marins qui sillonnaient l'Atlantique nord aux XVe et XVIe siècles, craignaient la mer des Sargasses. En effet, cette zone de calme plat, sans vent, s'opposait à la progression des voiliers, il était difficile d'en sortir. De plus, la présence en grande concentration à la surface des algues sargasses, de grande taille, donnait l'impression d'être « en panne » sur une sorte d'immense prairie marine d'algues gigantesques. Jean de Léry fait dans son Histoire d'un voyage faict en la terre de Brésil (1578), le récit (chapitre XXI) de cette difficile traversée et décrit la bizarrerie de cette mer « herbeuse » et de ces herbes marines « flottans sur mer sans aucunes racines […], de couleur blafarde ou blanchastre comme foin fené ». Ces histoires sont à l'origine d'une légende du triangle des Bermudes qui prend sa source au cœur de la mer des Sargasses frôlant la partie orientale du triangle : les bateaux pouvaient rester enserrés dans ces populations denses d'algues constituant des radeaux flottants et immobilisés pendant des mois dans cette mer calme, ce qui a donné naissance à des récits sur cette mer peuplée de vaisseaux fantômes avec un trésor maudit, englués dans ces prairies marines et abandonnés par leur équipage[15].

    Dans la culture

    La mer des Sargasses est mentionnée dans le chant traditionnel À une quette (casquette). Depuis 1904, ce chant des bordaches (élèves) de l'École navale la décrit comme le lieu de rendez-vous « des quettes mouillées quand on passe sur la ligne Mengam-Minou" à différentes occasions, telles que le "Midship-ça ! »[16].

    Notes et références

    Annexes

    Related Articles

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