Meule (agriculture)
amas (ou pile) de foin, de paille ou de céréales avant battage
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Une meule, en agriculture, désigne un amas (ou pile) de foin[1], de paille ou de céréales avant battage (tiges plus épis) dressé en extérieur de telle façon qu'il puisse résister aux intempéries. Cette méthode était très utilisée avant son quasi-abandon au profit du stockage en balles avec la mécanisation de l'agriculture.


Typologie
Il faut distinguer les petites meules (ou meulons), les grandes meules, et des types intermédiaires. Les petites meules servent au séchage au pré du foin en vrac. Après séchage, elles peuvent être utilisées sur place ou ramenées à la ferme. Les gerbes de céréales en meulons continuaient aussi à sécher avant leur transport à la ferme. Les grandes meules, elles, servent de stockage définitif pour le foin et la paille et d'entreposage avant battage pour les gerbes de céréales, le plus souvent près de la ferme mais pas trop près des bâtiments.
À ses débuts, l'ensilage est parfois réalisé en meules qui étaient alors chargées par un matériau imperméable. Au Québec, un « silo-meule » est l'équivalent d'un silo-taupinière en France[2].
Histoire
Les meules d'abord utilisées pour le foin en vrac, probablement depuis les débuts de l'élevage au Néolithique, l'ont été à partir des années 1860 pour les gerbes de céréales puis pour les bottes basses densités de foin ou de paille.
Lors de la révolution industrielle, le travail à bras d'homme est remplacé par celui des machines, et les meules par les bottes, balles et ballots stockés en fenil, et aussi à même le champ.
Caractéristiques
Les meules traditionnelles présentaient cependant l'inconvénient de pouvoir laisser moisir les parties exposées à la pluie, en cas d'intempéries, au risque de rendre malades les animaux. Bien dresser les meules était une tâche requérant de l'habileté.
Meules destinées au séchage
Après l'andainage, le foin est rassemblé en petites meules ou meulons à la fourche, sur des zones plutôt surélevées pour éviter l'eau stagnante, éventuellement sur du vieux foin ou de la paille (le « soutrait ») pour éviter les moisissures. Ces zones peuvent comporter un pôle central en bois ou siccateur autour duquel on dépose le foin en tuiles par anneaux successifs (les « lits ») pour se prémunir contre la pluie.
Lorsque le foin est sec, on peut entourer la meule d'une clôture pour empêcher les animaux de l'approcher.
On dispose le foin autour de la meule pour que les animaux se nourrissent lorsque l'herbe sur pied vient à manquer.
Dans certaines régions à climat pluvieux, on disposait le foin sur une base en bois et on ajoutait un chapeau formant une toiture de hauteur réglable qui était redescendu au fur et à mesure de l'utilisation. Ce principe avait été modernisé dans les années 1970 avec la tour à foin, sans succès[3].
Grandes meules
Elles servent au stockage définitif en extérieur, à proximité de la ferme. Elles sont dressées selon le même principe : lits successifs se tuilant et se terminant par le chapeau conique.
« Meule de paille » peut aussi se dire « pailler » et « meule de gerbes » « gerbier ».
Meules modernes sous bâches
Les meules traditionnelles ont disparu avec la mise en bottes moyenne densité mais aujourd'hui les bottes de foin sec ou de paille sont parfois mises en meules en extérieur et recouvertes d'un film de polyéthylène parfois ensuite chargé avec des bottes de paille. Par rapport à un hangar, c'est une méthode de stockage (à ne pas confondre avec un tunnel de stockage) moins sûre, le foin doit être parfaitement sec, mais économique[4] puisqu'il n'y a pas de construction de bâtiment. Le principal inconvénient reste le travail supplémentaire difficilement réalisable par une personne seule[5].
Combustion spontanée
Les meules de foin peuvent produire de la chaleur interne due à la fermentation lactique. Si le foin est empilé avec l'herbe humide, la chaleur produite peut être suffisante pour enflammer la pile de foin. Les agriculteurs sont attentifs aux niveaux d'humidité pour éviter cette combustion spontanée, le feu se propageant ensuite très rapidement aux masses de fourrages secs.
Les maires pouvaient imposer une distance minimum entre la meule et les habitations à cause de ce risque[6].
Galerie
- Meule de foin, Roumanie, .
- Grande meule de foin, achèvement du chapeau , Maine-et-Loire, 1944.
- Meule avec toit à hauteur variable, Pays-Bas.
- Meules de foin traditionnelles au pré, avec leurs clôtures, 1860.
- Grande meule, Temsamane, Maroc, 1978.
- Foin (ou ensilage) en meule coiffée d'une bâche, Cantabrie, Espagne, 2006).
- The Haystack (La Meule), photographie reprise dans The Pencil of Nature (1844) de William Henry Fox Talbot.
- Chargement de gerbes de blé préalablement mises en meulons, Pays-Bas, 1960, Archives nationales des Pays-Bas (Anefo).