Michelade

massacre de 80 à 90 catholiques par des émeutiers protestants le 29 septembre 1567 à Nîmes From Wikipedia, the free encyclopedia

Le nom de Michelade est donné aux événements survenus à Nîmes les 29 et 30 septembre 1567, en relation avec le problème des relations entre catholiques et protestants sous le règne de Charles IX, marqué par le début des guerres de Religion dans le royaume de France.

Michelade à Nîmes les et . Franz Hogenberg (1535-1590)

Le 29 septembre, jour de la Saint-Michel où se tient à Nîmes une foire appelée la Michelade, un incident mineur aboutit à une émeute protestante et à l'incarcération de plusieurs membres du clergé catholique. Le lendemain, ces prisonniers sont massacrés par les émeutiers. On compte au total quatre-vingts à quatre-vingt-dix[réf. nécessaire][1] victimes catholiques.

Cet épisode tragique a lieu au début de la deuxième guerre de Religion (1567-1568). Avec le massacre de Wassy perpétré contre des civils protestants le par les troupes du duc François de Guise, ce massacre préfigure, à une échelle moindre, le massacre des protestants lors de la Saint-Barthélemy (à partir du ), où cinq à dix mille protestants sont tués à travers toute la France.

Contexte

Les guerres de Religion en France (depuis 1562)

Après la période de calme qui suit la première guerre de Religion (1562-1563), marquée notamment par le grand tour de France de Charles IX (1564-1566), les tensions interreligieuses réapparaissent à la fin de 1566 et se développent au cours de l'année 1567.

Le 28 septembre 1567 a lieu non loin de Paris l'affaire de la « surprise de Meaux » : la famille royale, menacée par une unité protestante commandée par le prince Louis de Condé, réussit à s'échapper en regagnant Paris. C'est le début de la deuxième guerre de Religion.

Les tensions religieuses à Nîmes en 1567

Le , les délégués de la province du Languedoc[réf. nécessaire], réunis à Nîmes sous la présidence de Guillaume Pellicier, évêque de Montpellier, s'opposent à l'installation du capitaine La Grille[réf. nécessaire] comme sénéchal parce qu'il est protestant. Ils exigent que les consuls de Nîmes ainsi que les professeurs du collège de la ville soient catholiques.

Cette exigence entraîne la rupture du pacte de réconciliation élaboré quelques mois auparavant.[pas clair] Des troupes sont rassemblées au château royal de Nîmes.[Par qui ?]

Ce conflit est amplifié par l'opposition entre les deux familles les plus influentes de la ville : les Albenas (catholiques) et les Calvières (protestants).

Déroulement de la Michelade

L'émeute du 29 septembre

En arrivant près de la ville pour se rendre à la foire de la Michelade, une marchande de légumes protestante aurait été insultée par quelques soldats et ses légumes piétinés.[réf. nécessaire] Cet incident entraîne un attroupement de paysans et de soldats des compagnies protestantes en formation. Les insultes et les menaces échangées transforment cet attroupement en émeute.

Le premier consul Guy Rochette, catholique, nommé de façon très contestée[réf. nécessaire], tente en vain d'apaiser les émeutiers et est contraint de se réfugier chez l'évêque Bernard d'Elbène.

Le vicaire général et une vingtaine[2] de moines ou clercs sont incarcérés.

Le massacre du 30 septembre

Le , ils sont enlevés, massacrés et jetés dans un puits de la cour de l'évêché[3].

Les émeutiers pillent également les églises de la ville et tentent de démolir le clocher de la cathédrale en le sapant à sa base. Le premier consul est arrêté.

L'évêque réussit à s'échapper et se rend pendant la nuit à Tarascon, grâce à un soldat protestant, Jacques Coussinal[réf. nécessaire].

Le consistoire protestant s'oppose catégoriquement à ces actions et donne l'ordre aux troupes de mettre fin aux violences. Un blâme est adressé aux meneurs, notamment Servas et Vigier. Le calme revient assez rapidement.

Suites

Le Parlement de Toulouse, cour de justice compétente pour le Languedoc, décide que « cent chefs de famille seront promenés sur un tombereau dans toutes les rues et carrefours de la ville », que « leurs biens seront confisqués » et qu'ils subiront « une mort infamante ». La plupart des condamnés émigrent alors à l'étranger.[réf. nécessaire]

Des ordonnances comminatoires parviennent de Paris, et interdisent tous les prêches et la simple pratique de la religion protestante sous quelque forme que ce soit.[réf. nécessaire]

En représailles, au cours de la deuxième guerre de Religion, des catholiques incendient en 1568 le grand temple de la Calade, construit deux ans auparavant avec l'autorisation du pouvoir royal (l'édifice reconstruit en 1595 sera de nouveau détruit en 1686, après la révocation de l'édit de Nantes par Louis XIV).

Cent trente-six ans plus tard, en 1703, au cours de la guerre des Camisards, un autre massacre a lieu à Nîmes, perpétré contre les protestants par les troupes de Louis XIV : le massacre du moulin de l'Agau.

La Michelade dans les arts et la littérature

Notes et références

Voir aussi

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