Modularité de l'esprit
une théorie selon laquelle l'esprit humain comprend un certain nombre de modules spécialisés dans l'exécution de certaines fonctions cognitives
From Wikipedia, the free encyclopedia
La modularité de l'esprit est une théorie du philosophe Jerry Fodor sur le traitement du langage, inspirée des travaux de Noam Chomsky. Elle a été reprise et généralisée dans une version contestée par les psychologues évolutionnistes.
Contenu initial
Selon cette thèse, l'esprit humain comprend un certain nombre de modules spécialisés dans l'exécution de certaines fonctions cognitives, au niveau de la perception[1]. Pour Fodor ces modules fonctionnent automatiquement, inconsciemment, rapidement, parallèlement et indépendamment les uns des autres, s'opposant en cela au système central conscient, contrôlé mais aussi lent et séquentiel. Le fonctionnement de ces modules est également inné, tout au plus influencé par quelques paramètres mais en aucun cas résultant d'un apprentissage.
Chez Fodor ces modules concernent essentiellement le traitement du langage[2], à l’intérieur duquel il existe des sous-modules (sémantique, syntaxe, morphologie…) indépendants les uns des autres. Cette encapsulation au sein même du module du langage expliquerait pourquoi nous sommes capables de parler tout en faisant autre chose ou encore de juger valide syntaxiquement la célèbre phrase proposée par Noam Chomsky, « D'incolores idées vertes dorment furieusement », alors même que nous ne lui trouvons aucun sens.
Cette théorie fait l'objet d'une intense controverse portant notamment sur la définition opérationnelle de tels modules[1], sur l'étendue de leur spécialisation ou sur leur indépendance.
Interprétation en psychologie évolutionniste : la modularité massive
Cette théorie, circonscrite à la perception et au seul langage par Fodor, a été étendue par les psychologues évolutionnistes qui postulent l'existence de modules spécialisés pour chaque domaine de connaissance, et qui rejettent l'idée de Fodor selon laquelle il doit exister un système non modulaire responsable de l'intégration des sorties modulaires. Ils soutiennent au contraire que l'esprit n'est rien d'autre qu'un ensemble de systèmes modulaires[2],[1]. Cette évolution est désapprouvée par Chomsky et dénoncée par Fodor[1] dans un livre récent (L'esprit, cela ne marche pas comme ça).
