Camgirl
femme exposant son corps sur Internet de manière sexuellement explicite
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Une camgirl ou cam-girl est une femme exposant son corps sur Internet (sur une plateforme de sexcam) de manière sexuellement explicite par le biais d'une webcam, souvent pour gagner de l'argent et des cadeaux[1]. Le terme connexe correspondant aux hommes est « camboy » ou « cam-boy »[1].

Les camgirls qui font usage de leur webcam à des fins sexuelles et avec rétribution financière (pornographie sur Internet) sont parfois nommées camwhore[2],[3] de façon insultante ou dans le contexte de proxénétisme, assez fréquent[4],[5].
Objectifs
Il s'agit pour elles d'encourager les internautes à leur acheter des objets[6][réf. à confirmer]. Elles peuvent également gagner de l'argent en sponsorisant d'autres sites Internet et gagner des commissions en convainquant les internautes de s'abonner à des sites payants[3]. Les commissions qu'obtiennent les camgirls varient grandement selon les sites[3].
Impact social
Depuis 2015, l'engouement des internautes, de la presse et des médias ne cesse d'augmenter pour les camgirls[7], prenant le pas sur l'industrie du porno en berne[8]. Selon une enquête IFOP pour Camgirl.tv en 2016, les 18-24 ans seraient les plus grands consommateurs de sites de sexcam[9].
Personnes mineures
Les adolescent.es n’ont aucune difficulté à ouvrir un compte de caming à l'aide d’une fausse identité et à s’improviser acteurs ou actrices porno. Certain.es camgirls ou camboys sont des enfants prépubères manifestement exploités[10]. Les plateformes de caming comme OnlyFans, Mym ou Chaturbate participent à « la banalisation de la sexualité marchande » et jouent un rôle central dans le proxénétisme des mineur·es qui a explosé ces dernières années, dont les affaires judiciaires sont passées de 21 en 2015 à 192 affaires en 2022[4]. Les proxénètes utilisent les réseaux sociaux pour repérer un·e enfant dès 12-14 ans, le séduire en jouant les amoureux, en lui promettant du succès et l'amènent vers la prostitution en ligne ou dans la vraie vie[4],[11]. Ces plateformes sont devenus des espaces de recrutement, aussi bien pour les producteurs de films pornographiques que pour les proxénètes. Les mêmes techniques de rabattage en proxénétisme sont utilisées dans la pornographie : mise en confiance par la manipulation « love boy », promesses de fortune, emprise et viol d'abattage visant à casser les capacités de réaction et de résistance (choc traumatique qui sature le fonctionnement du cerveau et entraîne une décorporalisation extrême)[12], pour ensuite livrer la victime aux producteurs/proxénètes qui commettront des violences sexuelles, physiques, émotionnelles et psychiques filmées. Les abus de faiblesse peuvent devenir constants[4]. Ces sites de streaming live sont parfois utilisés pour commander des viols par webcam, des viols pédocriminels et des viols incestueux[13],[14].
Précarité
En 2016, Martin Fulop, le directeur de LiveJasmin, recense 2 millions de modèles depuis la création du site en 2001, dont 50 000 sont actifs, les camgirls.boys changeant en permanence. Sur le site il y a 10 000 femmes en Roumanie, autant en Colombie, et dans de nombreux pays pauvres[15]. En fonction des plateformes et des pays, elle peuvent laisser jusqu’à 70 % de leurs revenus à la plateforme et cumulent précarité et « mort sociale » liée à leur exposition en ligne et à l’impossibilité de faire disparaitre les vidéos du web[4],[16].
Modèle économique
Le , lors de son audition au Sénat, Ovidie décrypte l’économie de l’industrie pornographique : « le modèle économique principal des plateformes consiste à générer des millions de clics et à vendre de l’espace publicitaire. Sur ces sites, les vidéos sont dans des cases et sur le côté il y a des publicités pour des sites de live cam ou des produits aphrodisiaques. Lorsque l’on regarde les montages des multinationales, qui ont de nombreuses annexes à Chypre, au Panama, en Irlande ou au Luxembourg [des paradis fiscaux], on comprend qu’il y a une circulation de l’argent qui est trouble et fait aussi partie de leur modèle économique »[16].
Qualification de prostitution
En France, la Cour de cassation a estimé que tant qu’il n’y a aucun contact entre la camgirl ou le camboy et une tierce personne, leur activité ne peut pas être assimilées à des actes de prostitution[16]. En revanche, la commissaire divisionnaire de l’Office central pour la répression de la traite des êtres humains estime que dans certains cas, les trois critères de la jurisprudence de 1996[17] sont remplis puisque l’activité satisfait le besoin sexuel d’autrui, implique une rémunération ainsi qu’un contact physique. C’est le cas lorsqu’il y a effectivement contact sexuel physique entre au moins deux personnes filmées contre rémunération[16].
Liste chronologique des sites de camgirls notoires

LiveJasmin (en) est lancé par György Gattyán (en) en 2001[18], MyFreeCams (en) par Leonid Radvinsky en 2004[18], Chaturbate en 2011[19], BongaCams (en) en 2012[18], CamSoda (en) en 2014, et Stripchat en 2016[20].
Au cinéma
Le thriller Cam (2018) de Daniel Goldhaber met en scène Madeline Brewer dans le rôle d'une camgirl appelée Lola_Lola.
Dans le drame Le Chasseur de baleine de 2020, l'un des personnages est une camgirl[21].
Dans le drame Les Olympiades (2021) de Jacques Audiard, Jehnny Beth interprète une camgirl appelée Amber Sweet.
Dans la comédie horrifique Les Femmes au balcon (2024) de Noémie Merlant, Ruby, jouée par Souheila Yacoub, gagne sa vie comme camgirl.