Mon système

livre d'Aaron Nimzowitsch From Wikipedia, the free encyclopedia

Mon système (Mein System, Éd. Kurt Rattmann, Hambourg) est un livre d'échecs d'Aaron Nimzowitsch paru en 1925 que la plupart des critiques placent parmi les écrits ayant permis les avancées les plus décisives de la technique échiquéenne, avec ceux de Philidor et Steinitz. Il a encore une influence importante aujourd'hui, la dynamique positionnelle demeurant au cœur de la stratégie moderne.

SujetÉchecs
Langueallemand
TitreMein System
Faits en bref Auteur, Sujet ...
Mon système
Auteur Aaron Nimzowitsch
Sujet Échecs
Version originale
Langue allemand
Titre Mein System
Lieu de parution Allemagne
Date de parution 1925
Version française
Traducteur Christian Bauer
Éditeur Olibris
Lieu de parution France
Date de parution 2022
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Contenu

« Nonobstant les affirmations de l'auteur, peu, voire aucun, des stratagèmes ou manœuvres qu'il décrit sont de son fait ; mais son exposé est brillant, efficace et divertissant. »[1].

Tome 1 : Les éléments

Dans « Les éléments » (Die Elemente en allemand), Nimzowitsch pose les bases de son « système ». Il distingue les neuf éléments suivants comme autant de fondements de la stratégie échiquéenne :

1re livraison[2]
L'ouverture, le centre et le développement
dont l'échange (voir 2e livraison) suivi d'un gain de temps
La colonne ouverte
dont l'avant-poste
Les 7e et 8e rangées
dont la 7e rangée « absolue » et le pion passé (voir 2e livraison)
2e livraison
Le pion passé
dont le blocage des pions passés & "quand un pion passé doit-il s'avancer ?"
L'échange
Les éléments de la stratégie dans les finales
dont la centralisation
3e livraison
La pièce clouée
dont la combinaison d'échange (voir 2e livraison) sur la case du clouage & le louvoiement (voir 5e livraison)
L'échec à la découverte
dont le degré de parenté entre le clouage et l'échec à la découverte
La chaîne de pions
dont l'attaque de la base & la transposition des règles du blocage d'un pion passé (voir 2e livraison) à la chaîne de pions


Tome 2 : Le jeu positionnel

Dans la deuxième partie, « Le jeu positionnel » (Das Positionsspiel en allemand), Nimzowitsch traite, entre autres, des notions suivantes :

4e livraison
Le jeu positionnel et le centre
dont « L'accumulation bien connue d'avantages minimes n'a qu'une importance secondaire (ou tertiaire) ; une prophylaxie (prévention) exercée vers l'intérieur et l'extérieur est fondamentalement plus importante. Ma nouveauté de la surprotection, sa définition et son sens ».
Les pions doublés et la restriction
dont la majorité de pions
5e livraison
Le pion dame isolé et sa descendance
dont la paire de pions isolée, les pions pendants et des considérations sur les Fous
La surprotection
Le louvoiement
La « théorie révolutionnaire », section dans laquelle Nimzowitsch défend en particulier la thèse selon laquelle le centre peut être contrôlé efficacement à distance par des pièces au lieu des pions. Ce concept – aujourd'hui largement accepté – est l'un des principes fondamentaux de l'école hypermoderne.

Historique

Nimzowitsch a eu du mal à publier ses idées ; celles-ci ont été élaborées vers 1910 mais, en 1910, Tarrasch et ses principes régnaient en maîtres[3] . Nimzowitsch a donc pris des extraits du livre envisagé, et les a envoyés à n'importe quel magazine qui voulait les publier. Le livre fut d'abord tourné en ridicule et rejeté[3]. Il ne fut publié pour de bon (en allemand, langue de Tarrasch) qu'en 1925, quand l'influence de Tarrasch avait dramatiquement pâli, et quand Nimzowitsch était devenu l'un des meilleurs joueurs de tournoi au monde[3].

Le livre a été traduit en anglais en 1929 en notation descriptive, et une édition américaine en notation algébrique est parue en 1991[3]. La première traduction française (par Norbert Engel) date de 1979 et reprend le style « baroque »[4] de Nimzowitsch, ce qui rend certains concepts difficiles à appréhender pour les lecteurs modernes. La traduction en français de 2022 par Christian Bauer se veut plus accessible pour ces lecteurs. Elle inclut en outre les corrections apportées par Nimzowitsch lui-même dans l'édition de 1931, ce qui n'était pas le cas de la traduction de 1979.

En 1929, Nimzowitsch a développé les idées présentées dans Mon système, auxquelles il a ajouté quelques-unes nouvelles, dans un recueil de ses parties, accompagnées de ses commentaires très personnels, parfois grandiloquents : (de) Die Praxis meines Systems (traduit en français sous le titre Pratique de mon système, Éd. Payot, 2004, incluant 109 parties jouées par Nimzowitsch).

Influence

Norbert Engel voit dans Mon système le pendant pour le monde des échecs de la révolution apportée par André Breton dans le cadre du surréalisme[5]

Mon système est considéré par Vlastimil Hort comme un livre ayant eu une influence considérable sur chaque génération de joueurs depuis sa publication en 1925[3].

Dans une interview accordée à Conel Hugh O'Donel Alexander pendant le tournoi de Hastings 1972/73, Bent Larsen a révélé que la partie Johner - Nimzowitsch, Dresde 1926[6] l'a grandement influencé pendant ses premières années. Par ailleurs, il a rapporté : « Quand j'étais très jeune, je « surprotégeais » tout le temps, à la Nimzovitch (Mon système). Quand je ne savais pas quoi faire, j'effectuais un coup de « surprotection », car au moins j'avais un principe »[7].

Julio Kaplan déclare : « J'ai commencé mon étude des échecs avec Mon système de Nimzovitch. C'était le premier livre que j'ai lu, et bien sûr, je n'en comprenais pas la majeure partie, surtout quand c'est devenu difficile au milieu du livre. Je l'ai donc relu plusieurs fois après m'être amélioré, et j'en ai tiré plus de profit à chaque fois. Ce livre améliorera considérablement votre jeu »[7].

John Donaldson (en) affirme que Nimzowitch, A Reappraisal par Raymond Keene est un moyen beaucoup plus digeste d'assimiler la pensée de Nimzowitch que passer beaucoup de temps et faire beaucoup d'efforts pour ingurgiter la prose fastidieusement pompeuse de Mon Système[7].

Éditions

Postérité

Depuis la mort de Nimzowitsch en 1935, il y a eu de nombreuses avancées de la stratégie échiquéenne, auxquelles John Watson a consacré tout un livre, Secrets of Modern Chess Strategy : Advances since Nimzowitsch[8], traduit en français sous le titre Les secrets de la stratégie moderne aux échecs.

Bibliographie

Notes et références

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