Prieuré Notre-Dame de la Daurade
ensemble conventuel de Toulouse
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Le prieuré Notre-Dame de la Daurade est un ancien prieuré bénédictin, situé au cœur de la ville de Toulouse, dans le Midi de la France.
| Prieuré Notre-Dame de la Daurade | |
Le prieuré de la Daurade (XVIIe siècle, Monasticon Gallicanum) | |
| Ordre | Bénédictins |
|---|---|
| Abbaye mère | Moissac |
| Fondation | IXe siècle |
| Fermeture | 1790 |
| Diocèse | Toulouse |
| Dédicataire | Marie |
| Protection | |
| Localisation | |
| Pays | |
| Région | Occitanie |
| Département | Haute-Garonne |
| Commune | Toulouse |
| Coordonnées | 43° 36′ 03″ nord, 1° 26′ 24″ est |
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L'histoire du prieuré est liée à celle de la basilique Notre-Dame de la Daurade, un des plus anciens lieux de culte chrétien de la ville, puisqu'il est déjà connu au Ve siècle. C'est au IXe siècle que se constitue une première communauté de moines, qui devient en 1077 un prieuré – « Sainte-Marie la Daurade » – rattaché à l'abbaye bénédictine Saint-Pierre de Moissac, elle-même affiliée à l'ordre de Cluny. Au début du XIIe siècle, des travaux importants sont entrepris et se poursuivent jusqu'à la fin du siècle, alors qu'on élève une nouvelle église, un cloître et des bâtiments communautaires. Le prieuré est alors puissant et riche : il contrôle au Moyen Âge, entre autres, le pont de la Daurade et les moulins du même nom, qui lui permettent de percevoir des revenus considérables.
En 1627, les Bénédictins de la Daurade s'unissent à la congrégation de Saint-Maur. Dans la deuxième moitié du XVIIIe siècle, l'église est démolie pour laisser la place à des bâtiments de style néo-classique. La Révolution française porte un coup fatal au monastère. Les bâtiments monastiques accueillent la nouvelle manufacture des cotons, puis des tabacs de François-Bernard Boyer-Fonfrède, avant d'être occupée par l'École des beaux-arts.
Histoire
Moyen Âge et période moderne
Époque contemporaine
Au XVIe siècle, le prieuré de la Daurade connaît une histoire troublée. Plusieurs moines, gagnés par la Réforme calviniste, abandonnent le monastère.
À la Révolution française, le prieuré de la Daurade connaît d'importants bouleversements. En 1790, les congrégations religieuses sont interdites et les bâtiments du prieuré deviennent bien national, tandis que l'église devient une église paroissiale. Les bâtiments monastiques sont vendus en 1791 à un industriel bordelais, François-Bernard Boyer-Fonfrède : il y établit son hôtel particulier, ainsi qu'une importante fabrique de tissus et d'indiennes. En 1811, le cloître est démoli. En , il vend son domaine à l'État, qui y installe une manufacture des tabacs. Après un incendie en 1816, la manufacture est déménagée en 1823 sur un nouveau site, élevé en 1821 le long de l'allée de Brienne.
En 1823, par une ordonnance du 26 juin, Louis XVIII décide d'y installer l'école d'arts et métiers de Châlons-en-Champagne. La décision provoque cependant des protestations, particulièrement de François de La Rochefoucauld-Liancourt, fondateur des écoles d'arts et métiers, et du maire de Châlons-en-Champagne. De plus, les difficultés logistiques d'un tel déménagement ont raison du projet, qui est finalement annulé par une ordonnance de Charles X le 6 juillet 1825[3].
En 1827, les bâtiments sont réaménagés. Ils continuent à servir de lieu de stockage à la manufacture des tabacs jusqu'au début des années 1890.
Le , l'État cède à la ville l'ensemble des bâtiments pour y installer l'école des beaux-arts de Toulouse. Son installation amène la construction d'un nouveau corps de bâtiment en pierre de taille sur le quai de la Daurade, reliant les ailes de l'ancien monastère. L'architecte Pierre Esquié dessine en 1895 une façade en pierre de style éclectique.
Description
Vestiges de l'église paléochrétienne
Il subsiste encore des vestiges de l'ancienne église paléochrétienne du IVe siècle ou Ve siècle détruite en 1761, dispersés à travers le monde : des colonnes se trouvent à la villa dite "abbaye de Roseland" à Nice, au Louvre-Lens, au Metropolitan Museum of Art de New-York, une encore au fond de la Garonne près de Muret. À Toulouse, trois colonnes (une de chaque type) sont exposées au musée Saint-Raymond et deux se cachent dans la cour du 4 rue Joutx-Aigues. Un fragment de la mosaïque murale dorée se trouve également dans les collections du musée Calvet d'Avignon.
- Vestiges et représentations de l'église paléochrétienne
- Les trois types de colonnes de l'ancienne église de la Daurade
- Chapiteau composite et colonne à cannelures torses profondes
- Chapiteau ionique et colonne ornée de pampres
- Chapiteau corinthien et colonne à cannelures torses peu profondes
- Colonne dans la cour du 4 rue Joutx-Aigues
- Colonne dans la cour du 4 rue Joutx-Aigues
- Fragment de la mosaïque murale dorée
- Maquette reconstituant l'ancienne église
- Détail de la maquette
Église abbatiale
Une statue-colonne et deux chapiteaux en provenance du prieuré de la Daurade sont visibles au musée des Augustins.
- Sainte Anne jouant de la harpe
- Le roi David et ses musiciens
- 1 rue du Tabac Mur de l'ancien prieuré
De nombreuses sculptures provenant de l'ancien monastère de la Daurade sont visibles au musée des Augustins.
- Scènes bibliques
- L'Histoire de Job (Bible).
- La Toilette du prince.
- Le Roi David accordant sa harpe.
- Jésus au Jardin des Oliviers
- La Cène
- La descente de la croix et la mise au tombeau
- La Descente du Christ aux limbes
- La Mort de saint Jean-Baptiste
- Les Saintes femmes au tombeau
- Le lavement des pieds
- Scènes mythologiques
- La Chasse à l'ours.
- Hommes et animaux combattant dans des rinceaux
- Animaux musiciens
- Scènes de la vie courante
- Sculpteur taillant un chapiteau
Liste des prieurs
- 1077-1109 : Gidbert
- 1109-1121 : Raoul
- 1121-1130 : Raymond Ier
- 1130-1135 : Guillaume Ier
- 1135-11?? : Raymond II
- 11??-1141 : Pierre Ier de Hauterive
- 1141-1150 : Jean Ier Olive
- 1150-1176 : Guillaume II
- 1176-1177 : Pierre II de Saint-André
- 1177-1186 : Guillaume III
- 1186-1201 : Bernard Ier de Montesquive
- 1201-1209 : Robert
- 1209-1225 : Adhémar
- 1225-1230 : Arnaud Ierd’Aragon
- 1230-1245 : Pierre III d'Albs
- 1245-1248 : Arnaud II d'Aragon
- 1248-1263 : Bertrand Ier de Montaigu
- 1263-1265 : Bernard II de Geniès
- 1265-1277 : Gaillard Ier de Montrouge
- 1277-1287 : Bertrand II de Montaigu
- 1287-1295 : Gaillard II de Miramont
- 1295-1298 : Jacques Ier
- 1298-1300 : Raymond III Bernard d’Aspremont
- 1300-1309 : Émilien de La Châtaigneraie
- 1309-1361 : Boniface
- 1361-1369 : Guillaume IV de L’Orme
- 1369-1372 : Bernard III de Mauldun
- 1372-1388 : Bernard IV Fabry
- 1388-1407 : Raymond IV de Vairac
- 1407-1413 : Jean II de Maullie
- 1413-1415 : Guy Ier de Vairac
- 1415-1441 : Raymond V d’Arenx
- 1441-1480 : Amaury de Sénerges
- 1480-1523 : Jean III de Morlon
- 1523-1534 : Jean IV de Narbonne de Talairan
- 1534-1539 : Bertrand III de Narbonne de Talairan
- 1539-1543 : Antoine Ier d’Oriole
- 1543-1547 : Guy II du Val
- 1547-1554 : Antoine II de Sauveuses
- 1554-1562 : Nicolas de Calvière de Saint-Césaire
- 1562-1578 : cardinal Georges d’Armagnac
- 1578-1591 : Jacques II de Villemur
- 1591-1598 : cardinal François de Joyeuse
- 1598-1614 : Jean V Pichon d’Affis
- 1614-1624 : Marc Ier de Calvière de Saint-Césaire
- 1624-1633 : Marc II de Calvière de Saint-Césaire
- 1633-1645 : Antoine III de Calvière de Saint-Césaire
- 1645-1692 : Jacques III Charles Amelot
- 1692-1714 : Noël-François de Brion
- 1714-1750 : Jean-Baptiste Bourdet
- 1750-1788 : Guillaume V Benoît de La Borde
- 1788-1790 : Joseph Maury de Castelsarrazy