Moonspell

groupe de musique portugais From Wikipedia, the free encyclopedia

Moonspell est un groupe portugais de metal gothique, originaire d'Amadora et formé en 1989 sous le nom de Morbid God par le chanteur et parolier Fernando Ribeiro et le bassiste João « Ares » Pedro. Se situant dans un registre black metal et marqué par de multiples changements de membres à ses débuts, le groupe change de nom en 1992 et enregistre ses deux premiers albums, Wolfheart (1995) et Irreligious (1996), qui le propulsent d'emblée comme l'un des principaux représentants du metal gothique. Après une période chaotique marquée par le départ tumultueux d'Ares et deux albums au son expérimental, la formation stabilise son ossature autour de Fernando Ribeiro, du claviériste Pedro Paixão, du guitariste Ricardo Amorim et du batteur Miguel « Mike » Gaspar. Ce dernier quitte le groupe en 2020 après une série d'albums qui connaissent régulièrement le succès, notamment The Antidote (2003), Memorial (2006), et Extinct (2015).

Pays d'origine Drapeau du Portugal Portugal
Années actives 19891992 (Morbid God), depuis 1992 (Moonspell)
Labels Century Media (1995–2005), SPV GmbH (2005–2011), Napalm Records (depuis 2011)
Faits en bref Pays d'origine, Genre musical ...
Moonspell
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Moonspell au Rockharz Open Air 2017 à Ballenstedt.
Informations générales
Pays d'origine Drapeau du Portugal Portugal
Genre musical Metal gothique[1],[2],
dark metal[3],[4], black metal (débuts)[2]
Années actives 19891992 (Morbid God), depuis 1992 (Moonspell)
Labels Century Media (1995–2005), SPV GmbH (2005–2011), Napalm Records (depuis 2011)
Site officiel moonspell.com
Composition du groupe
Membres Fernando Ribeiro
Pedro Paixão
Ricardo Amorim
Aires Pereira
Hugo Ribeiro
Anciens membres Voir anciens membres
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Logo de Moonspell.
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Bien que principalement rattaché au metal gothique, le style musical du groupe en constante évolution fluctue aussi selon les chansons ou les albums entre plusieurs genres. Les textes sont écrits majoritairement en anglais, mais certaines chansons, et même l'intégralité de l'album 1755, sont en portugais. Les thèmes des chansons s'inspirent aux débuts du groupe de l'occultisme et de la fiction en général, avant de se tourner vers des sujets inspirés par la société, les albums étant alors souvent articulés autour d'un thème principal. Du fait de son succès au niveau international, du statut qu'ont acquis ses deux premiers albums et de sa longévité, Moonspell est considéré comme le principal représentant de la scène metal portugaise.

Biographie

Débuts du groupe (1989–1994)

En 1989, Fernando Ribeiro et João « Ares[note 1] » Pedro, deux adolescents portugais d'Amadora respectivement âgés de 15 et 16 ans, deviennent amis en raison de leur passion commune pour la musique, et le metal en particulier. Ils décident de créer un fanzine, puis un groupe du nom de Morbid God[5]. Pour le compléter, ils recrutent Pedro Catarina et João « Toureiro » Paulo. Comme tous les quatre sont des débutants, ils se répartissent les rôles un peu au hasard, Ares héritant de la basse, Catarina de la guitare, Toureiro de la batterie, et Ribeiro se retrouvant propulsé chanteur[6].

Le groupe officie initialement dans le registre du black metal, et Ribeiro et Ares rencontrent leur idole Quorthon, fondateur du groupe Bathory, lors de la venue de celui-ci à Lisbonne en mai 1990[7]. Ribeiro se remémore cet instant en ces termes : « Mis à part la naissance de mon fils et quelques succès personnels, pour toute l'influence que cette rencontre a eu sur moi en tant que chanteur de Moonspell, je considère ce moment comme le plus beau de toute ma vie […] Tout a commencé ce jour-là. C'est l'un des jours les plus importants de l'histoire de Moonspell »[8]. Durant le premier semestre 1992, Catarino et Toureiro, moins motivés que leurs deux partenaires et appelés à effectuer leur service militaire, quittent Morbid God[9]. Ils sont rapidement remplacés par les guitaristes Duarte « Mantus » Picoto et Luis Lamelas, le premier devenant le principal compositeur de la formation[10], et le batteur Miguel « Mike » Gaspar, le plus jeune de la bande[note 2], qui a vécu au Massachusetts jusqu'à l'âge de douze ans[11].

Un homme aux cheveux longs et bruns en train de chanter derrière un micro.
Fernando Ribeiro en concert à Cracovie, en 2007.

En août 1992, la formation enregistre en studio sa première chanson, Serpent Angel[12], qui se retrouve peu après sur une compilation de titres de groupes de metal portugais intitulée Birth of a Tragedy[13]. Plus tard dans l'année, le groupe est rebaptisé sous son nom actuel, qui est inspiré par une chanson du groupe allemand Sodom intitulée Spell of Moon[14], sur la proposition d'Ares[15]. Le 24 février 1993 est publiée la démo de trois titres Anno Satanae[16], enregistrée aux studios Heaven Sound d'Almada[15]. Elle est favorablement accueillie au sein du milieu du metal européen[17]. Cherchant à intégrer un claviériste, le groupe engage Pedro Paixão, un ami de Fernando Ribeiro, en septembre 1993[18]. La formation donne son premier concert le 6 novembre 1993 à Lumiar[19].

Peu de temps après, Lamelas est renvoyé du groupe pour son manque d'alchimie avec ses partenaires[20]. Il est remplacé par João « Tanngrisnir » Pereira, guitariste du groupe Decayed qui a déjà joué avec Gaspar[21]. Moonspell signe ensuite un contrat avec le label français Adipocere Records pour l'enregistrement de son premier EP, Under the Moonspell[22], qui est publié le 27 avril 1994[23]. Les cinq titres de cet EP de black metal, non conventionnel car mêlant diverses influences, procurent au groupe une popularité croissante[24]. Moonspell assure la première partie du concert de Cradle of Filth à Lisbonne, le 31 octobre 1994, les deux groupes nouant une relation amicale[25]. Durant toute l'année 1994, le groupe, et Ares en particulier, démarche des dizaines de labels afin de pouvoir enregistrer un album. En fin d'année, ils signent un contrat avec l'importante maison de disques allemande Century Media Records, qu'ils avaient pourtant contacté sans grand espoir de recevoir une réponse favorable[26].

Wolfheart et Irreligious (1995-1996)

La formation part en Allemagne, aux studios Woodhouse d'Hagen, pour enregistrer son premier album, Wolfheart, avec le producteur Waldemar Sorychta[27]. Cette première expérience en studio avec un producteur renommé fait beaucoup progresser les membres du groupe dans leur façon de structurer une chanson[28]. L'album est publié le 1er avril 1995[29]. Avec cet opus, le groupe se situe toujours dans le style du black metal mais ce genre est désormais mêlé à plusieurs autres, principalement le metal gothique[30]. Cette façon d'innover et de se démarquer des genres traditionnels du metal va devenir une marque de fabrique de Moonspell, et Wolfheart va s'imposer avec le temps comme un album culte des années 1990[31], la chanson Alma Mater devenant le premier hymne du groupe[32].

Un homme moustachu aux cheveux longs portant une veste en jean et jouant de la guitare élctrique sur une scène.
Le guitariste Ricardo Amorim, ici en 2016, rejoint le groupe en 1995.

Dès son retour au Portugal, la formation travaille sur de nouvelles chansons mais leur style, qui se rapproche beaucoup plus du metal gothique, ne convient pas à Tanngrisnir. Le guitariste est de moins en moins assidu aux répétitions et finit par être renvoyé[33]. Pour le remplacer, le groupe fait appel en juin 1995 à Ricardo Amorim, à la personnalité introvertie mais excellent guitariste, que les membres de Moonspell connaissent déjà, notamment Paixão qui est ami avec lui[34]. En juillet, la formation donne trois concerts en Angleterre, qui sont donc les premiers du groupe à l'étranger[35]. Moonspell effectue ensuite en septembre et octobre 1995 une tournée européenne comme première partie de Morbid Angel, à laquelle Duarte Picoto refuse de participer ce qui entraîne son renvoi[36]. Cette première véritable tournée est réalisée en van dans des conditions matérielles éprouvantes, ce qui révèle la personnalité difficile à vivre au quotidien d'Ares mais soude les quatre autres membres du groupe[37]. À l'issue de la tournée, Century Media leur annonce que 50 000 copies de Wolfheart ont été écoulées[12],[38].

La composition du deuxième album bat son plein dès fin 1995, Ribeiro abordant dans ses textes des thèmes plus matures, alors que le principal duo de compositeurs est désormais formé de Paixão et Amorim[39]. En mars 1996, Moonspell tourne en Europe avec The Gathering, nouant d'excellentes relations avec eux, notamment avec la chanteuse Anneke van Giersbergen[40]. C'est à cette époque que les membres du groupe, à l'exception d'Ares, renoncent à leurs pseudonymes hérités du black metal[41]. Puis, le groupe retourne aux studios Woodhouse jusqu'en mai 1996 pour l'enregistrement de l'album Irreligious[42]. Le producteur Waldemar Sorychta et le fondateur de Century Media félicitent les musiciens pour les progrès accomplis, à la fois en termes de composition et sur scène, entre les deux albums[41].

Un homme portant le bouc et un bandana noir en train de jouer de la batterie.
« Mike » Gaspar en concert à Manizales en 2015.

L'album marque le virage du groupe vers le metal gothique, genre dont il devient l'un des principaux représentants[43]. Metal Hammer cite Irreligious parmi les dix albums essentiels de ce genre, écrivant que « les Portugais de Moonspell ont opéré la transformation gothique la plus radicale de tous les anciens groupes de metal extrême avec cet opus envoûtant »[44]. À sa sortie, en juillet 1996, Irreligious est un succès commercial, se vendant à 80 000 exemplaires rien qu'en Allemagne[45]. Il entre dans le Top 50 de ce pays, alors que le groupe est élu révélation de l'année par la chaîne de télévision allemande VIVA[12]. La formation tourne aussi son premier clip pour le titre Opium[12], ce dernier et Full Moon Madness demeurant deux de ses chansons les plus connues. De septembre à décembre 1996, Moonspell enchaîne deux longues tournées à travers l'Europe, la première avec Samael et Rotting Christ, et la deuxième en ouverture de Type O Negative. Ce groupe américain, que les jeunes musiciens portugais idolâtrent, est alors à son zénith et attire tous les soirs des milliers de spectateurs, ce qui contribue à faire connaître Moonspell du public[46]. Pendant cette dernière tournée, les liens entre Ares et les autres membres du groupe se distendent encore en raison de l'attitude distante et autoritaire du bassiste[47].

Départ d'Ares et albums expérimentaux (1997-1999)

En début d'année 1997, une violente dispute oppose Ares à Paixão, Gaspar et Amorim dans leur local de répétition, alors que Ribeiro est absent. Ares fait savoir à ses partenaires qu'il déteste les nouveaux morceaux en préparation pour l'album suivant et les menace de les exclure du groupe[48]. Informé de l'incident et du souhait des deux parties de ne plus travailler ensemble, le chanteur est contraint de faire un choix. Tiraillé entre sa loyauté pour son plus vieil ami et la conviction que celui-ci a changé et qu'il s'entend désormais mieux avec les autres, il finit par se rallier à leur cause après avoir essayé en vain de les réconcilier. En février 1997, Ares est donc exclu de la formation. La séparation se fait en apparence à l'amiable mais, dès le lendemain, le groupe apprend qu'Ares a déposé le nom de Moonspell et leur interdit de l'utiliser, et qu'il a aussi déposé les droits des chansons d'Irreligious sous son seul nom[49]. Les démêlés juridiques entre Ares et ses anciens partenaires vont s'étaler sur sept ans et empoisonner la vie du groupe pendant toute cette période. De guerre lasse, car les procédures judiciaires s'avèrent très coûteuses pour les deux camps aussi bien sur le plan financier qu'en énergie dépensée, un accord est finalement trouvé : les droits du nom du groupe et la propriété intellectuelle de l'album reviennent à la formation actuelle en échange d'une compensation financière versée au bassiste[50]. Avec le recul, les deux parties estiment avoir mal géré la situation mais leurs points de vue sur les responsabilités du conflit demeurent irréconciliables[51]. Ares est remplacé par Sergio Crestana, un bassiste brésilien qui vient du milieu du jazz, à l'attitude décontractée et excellent technicien recommandé par le professeur de musique de Paixão et Amorim[52].

Un homme aux longs cheveux bruns avec un blouson en cuir jouant du synthétiseur sur une scène enfumée.
Le claviériste Pedro Paixão, ici en 2017, joue un rôle très important dans la composition des albums Sin/Pecado et The Butterfly Effect.

Pour son troisième album, le groupe retourne travailler deux mois en Allemagne avec Waldemar Sorychta[53]. L'EP 2econd Skin, incluant la chanson-titre, une reprise de Sacred de Depeche Mode, et plusieurs titres live, sort en octobre 1997 pour préparer le public à l'album à venir[54]. Moonspell s'oriente en effet dans une veine plus expérimentale avec la sortie de Sin/Pecado le 20 janvier 1998, album où les guitares sont en retrait et où les claviers atmosphériques prédominent[55]. Les thèmes des chansons sont très orientés sur les effets de la religion et les notions de péché et de culpabilité[55]. Le style de l'album divise le public, l'opus étant par exemple mal accueilli en Allemagne mais très bien en France[56]. Irreligious et Sin/Pecado reçoivent un disque d'argent au Portugal[12] pour plus de 10 000 exemplaires vendus[note 3], mais l'accueil mitigé réservé à leur dernier opus, combiné à leurs soucis juridiques, affecte le moral du groupe. Fernando Ribeiro déclare à ce sujet: « Sin/Pecado a fait de nous un groupe plus sérieux, mais aussi plus pessimiste »[57].

Le groupe donne ses premiers concerts au Mexique et en Amérique du Sud en avril 1998[58], puis effectue en septembre et octobre 1998 sa première grande tournée européenne comme tête d'affiche principale, laquelle remporte un grand succès[1],[59]. En parallèle, Ribeiro, Paixão, Amorim et Crestana sortent en août 1998, sous le nom de Daemonarch, un album de black metal intitulé Hermeticum (incluant une reprise de Call from the Grave de Bathory), avec une boîte à rythmes à la place du batteur car le projet est bouclé très vite et Gaspar n'est pas assez disponible à cette période[60]. Ricardo Amorim traverse quant à lui une période de remise en question personnelle qui l'éloigne du groupe, entraînant un rappel à l'ordre de ses partenaires, et c'est donc Pedro Paixão, assisté par Sergio Crestana, qui prend entièrement en main les rênes créatives du prochain album en préparation[61].

Pour l'enregistrement, la formation décide de changer ses habitudes et part pour Londres, aux studios Trident II, collaborer avec le producteur Andy Reilly[62]. The Butterfly Effect, un album qui a pour thème central la théorie du chaos, sort en septembre 1999[63]. Avec cet album, le groupe semble s'orienter vers le metal avant-gardiste par sa nature extrêmement expérimentale et audacieuse incluant des éléments de metal industriel et de musique électronique[14]. Les textes sont pour leur part inspirés par les écrits de William S. Burroughs[64]. Mais le côté expérimental de cet album et son brutal changement de style par rapport aux albums précédents déconcerte une partie importante du public ainsi que la direction de Century Media[65]. Au sujet des expérimentions réalisées sur l'album et des réactions négatives que cela a suscitées, Fernando Ribeiro affirme avec le recul : « Avec Sin/Pecado, on s'est lancés sur la voie de l'exploration et de l'expérimentation […] Avec The Butterfly Effect, on a atteint l'apogée de tout ça. Est-ce que c'était fou ? Suicidaire même ? Peut-être. On n'était pas en guerre contre notre public, mais contre ce qui était conventionnel »[66]. Amorim, qui s'est totalement tenu à l'écart de la composition de l'album, Gaspar et Paixão estiment désormais pour leur part que le groupe aurait dû sortir l'album sous un autre nom, comme pour le projet Daemonarch[67].

En novembre 1999, Moonspell effectue sa première tournée en Amérique du Nord, comme co-tête d'affiche avec In Flames, mais le public réserve un accueil assez froid à leurs nouvelles chansons[68]. Puis, la formation commence l'an 2000 par une tournée européenne en co-tête d'affiche avec Kreator[1], avant de retourner en Amérique du Nord en mai, avec Amorphis, étant cette fois mieux accueillie mais quand même moins bien qu'en Europe[68].

Darkness and Hope et The Antidote (2000-2004)

Un pied de micro décoré avec un croissant de lune au-dessus d'un trident doré.
Pied de micro avec le symbole figurant sur la pochette de Darkness and Hope.

Touché par l'échec commercial de The Butterfly Effect et avec des propositions des promoteurs devenues plus rares, le groupe décide pour l'album suivant de revenir à un son dans la veine du metal gothique traditionnel et d'impliquer davantage Ricardo Amorim dans l'aspect créatif[69]. La formation part en Finlande, aux studios Finnvox, pour enregistrer avec le producteur Hiili Hiilesmaa, un changement de cadre qui leur fait le plus grand bien, même si Amorim traverse toujours une phase délicate[70]. Darkness and Hope, sort en août 2001. Les membres du groupe considèrent avec le recul que l'album est « le moins inspiré de leur discographie », en grande partie en raison de leur état d'esprit pendant sa composition, Fernando Ribeiro déclarant : « Je ne pense pas que les chansons soient médiocres, mais si elles avaient été interprétées différemment, avec une autre ferveur, l'album aurait pu être meilleur […] C'est un peu l'album tampon de notre discographie, qui sépare une phase de la suivante »[71]. Néanmoins, Darkness and Hope, porté par le succès du single Nocturna, permet à Moonspell de renouer avec la réussite commerciale[72].

La formation tourne comme tête d'affiche en Amérique du Nord en décembre 2001, puis en Europe en mars 2002 avec Tiamat[1]. C'est au cours de la première tournée que la crise qui couvait depuis longtemps avec Ricardo Amorim éclate, le guitariste décidant de quitter le groupe à la fin de la deuxième tournée. Cependant, celle-ci se déroule à merveille et Amorim revient sur sa décision, au grand soulagement de ses partenaires, qui ont de leur côté réalisé à quel point ses talents étaient importants pour le groupe[73].

Pendant la phase d'écriture de l'album suivant, celui-ci prend rapidement une ambiance musicale lourde et sombre qui déplaît à Sergio Crestana. Le bassiste, qui est père depuis peu, voudrait faire prendre au groupe une direction plus commerciale avec un son plus chaleureux mais les autres membres s'y opposent fermement. Ce différend, combiné au fait que Crestana n'a jamais vraiment noué des liens profonds avec ses partenaires, sauf avec Pedro Paixão, car il n'est pas un metalleux, entraîne son exclusion en mars 2003[74]. Il est remplacé pour l'enregistrement de l'album The Antidote, qui se déroule lui aussi aux studios Finnvox, par le musicien de session Niclas Etelävuori, alors bassiste d'Amorphis, un groupe avec qui Moonspell a toujours eu d'excellentes relations[75],[76]. The Antidote sort le 29 septembre, et l'écrivain José Luís Peixoto publie en parallèle un livre intitulé Antídoto, un projet tenu secret jusqu'alors mais qui était planifié depuis la phase de composition[77]. L'album et le livre suivent le même concept et la même trame narrative : chaque chanson de l'album correspond à un chapitre du livre[78]. Cet album, articulé autour du thème central de la peur et axé sur des guitares puissantes, demeure l'un des favoris des membres du groupe[79]. L'album et le single Everything Invaded connaissent un certain succès commercial[1].

Un homme aux longs cheveux bouclés et portant une petite barbiche jouant de la basse sur une scène.
Le bassiste Aires Pereira, ici en 2016, est engagé en 2003.

Après l'enregistrement, le groupe fait passer des auditions pour combler le poste vacant de bassiste[80]. C'est Aires Pereira, un musicien débordant d'enthousiasme né au Venezuela de parents originaires de Madère[81], qui décroche le poste, d'abord comme membre de tournée[82]. Peu après, la formation reprend le titre jazz I'll See You In My Dreams en version metal pour la bande originale d'un court-métrage d'horreur portugais du même nom, du réalisateur Miguel Ángel Vivas[83]. De novembre 2003 à février 2004, le groupe enchaîne les tournées, deux fois en Amérique du Nord avec une série de concerts en Europe au milieu[1]. C'est à partir de cette période que Pedro Paixão joue de la guitare sur scène, alternant d'abord avec les claviers suivant les titres puis les délaissant complètement[84]. En mai 2004, Moonspell donne quelques concerts en Amérique du Sud, les membres du groupe étant reçus à cette occasion à l'ambassade du Portugal à Santiago et décorés pour services rendus à la nation[1]. À l'issue de cette série de tournées, après une prestation mémorable au Rock in Rio de Lisbonne en juin, la formation affiche une confiance en soi et une popularité définitivement retrouvées[85].

Memorial et Night Eternal (2005-2009)

Après une tournée européenne en compagnie de Cradle of Filth début 2005[1], le contrat du groupe avec Century Media arrive à son terme. Insatisfait de la promotion de la maison de disques sur le marché américain, Moonspell accepte une proposition financière supérieure de SPV[86], et signe avec ce label en novembre 2005[1]. L'album Memorial est enregistré aux studios Woodhouse avec Waldemar Sorychta le même mois[87], le producteur étant crédité à la basse[88]. Sorti le 24 avril 2006, l'album marque un certain retour à leurs racines black metal qu'ils mêlent intimement aux ambiances gothiques qui ont fait la popularité du groupe[89]. Fernando Ribeiro le décrit en ces termes : « Nous voulions faire un album qui soit plus épique, plus enthousiaste, et pour ça, il nous fallait des chansons qui aient une structure plus metal. Il fallait qu'elles soient plus directes. Quand on a obtenu ce qu'on cherchait, on a décidé d'y ajouter un aspect plus mélodique »[90]. Memorial est le premier album du groupe à atteindre la première place du classement de ventes au Portugal[1], et reçoit un disque d'or dans ce même pays, première fois qu'un groupe de metal portugais reçoit cette certification[91]. Ce succès est dû en partie à la popularité de la chanson Luna, fréquemment diffusée à la radio portugaise[92].

En novembre 2006, la formation remporte le MTV Europe Music Award du meilleur groupe portugais[93]. Elle tourne en Amérique du Nord en fin d'année 2006[94], puis en Europe au printemps 2007[91]. Pendant l'été, le groupe joue pour la première fois au Hellfest[95] et au Wacken Open Air[93]. Pendant ces tournées, le groupe, débarrassé de ses soucis financiers et en partie sous l'influence de la personnalité extravagante d'Aires Pereira, est dans une période « fêtarde », qui déplaît à Pedro Paixão, le plus raisonnable de la bande[96]. Un best-of, The Great Silver Eye, sort le . En octobre 2007, le groupe revisite ses chansons du début de carrière avec un son plus moderne sur la compilation Under Satanæ, réalisée avec le producteur Tue Madsen et qui rassemble les titres de leur premier EP et de leur première démo[97].

Une bannière installée au fond d'une scène représentant une femme portant une coiffe noire sur laquelle se tiennent deux crânes humains.
Bannière de fond de scène représentant l'illustration de la pochette de Night Eternal.

Moonspell se met ensuite au travail sur son huitième album studio, qui est produit aux studios Antfarm, à Aarhus, avec Tue Madsen. Aires Pereira n'ayant toujours qu'un statut de membre de tournée, en raison de ses problèmes avec l'alcool, le groupe fait à nouveau appel à Niclas Etelävuori pour enregistrer la basse[98]. Le nouvel album, Night Eternal, est publié en mai 2008[99]. Son thème central est la fin du monde, « l'instant où toute lumière s'éteint et où débute la nuit éternelle »[100]. Le son très agressif de l'album, qui se rapproche du death metal, le place dans la lignée de Memorial[101]. Les deux singles tirés de l'album sont Scorpion Flower, où Fernando Ribeiro partage le chant avec Anneke van Giersbergen[102], et Night Eternal[93].

Le premier album live et DVD de la formation, Lusitanian Metal, est publié le et inclut l'enregistrement d'un concert à Katowice en 2004 ainsi que de nombreux extraits de concerts retraçant la carrière du groupe[103]. Entre l'automne 2008 et la fin de l'année suivante, le groupe enchaîne quatre tournées, deux en Amérique, dont une comme tête d'affiche, et deux en Europe, les deux fois avec Cradle of Filth[104],[105],[106],[107]. La période « fêtarde » de la formation atteint son point culminant lors de la première tournée américaine, jusqu'à ce que Pedro Paixão menace ses partenaires de quitter le groupe s'ils continuent à boire de façon irraisonnée, avertissement qui porte ses fruits[108].

Années 2010

Un homme aux longs cheveux bruns portant une chemisette noire et jouant de la guitare électrique.
Pedro Paixão au festival Rockharz en 2013, pendant la période où le groupe jouait avec deux guitaristes sur scène.

En fin d'année 2010, le groupe organise au Portugal sa première tournée acoustique, baptisée Sombra, qui s'étend jusqu'à début 2011. La tournée est un succès qui permet à Moonspell de se montrer sous un nouveau jour. Ricardo Amorim déclare : « On a épuré nos morceaux au maximum, mais l'aspect sombre de notre musique était toujours là. Certaines parties ont dû être intégralement composées car le seul trait commun qui restait, c'était les parties chants »[109]. En décembre 2011, Moonspell change à nouveau de label, SPV étant en restructuration en raison de sa faillite, en signant un contrat avec Napalm Records[110],[111]. À la même période, Aires Pereira, s'étant guéri de son addiction à l'alcool, devient enfin un membre officiel du groupe[112].

Le neuvième album studio du groupe, intitulé Alpha Noir, sort le 27 avril 2012, épaulé dans sa version collector par son antithèse : Omega White[113]. Là où Alpha Noir se veut un album résolument énergique et dans lequel le chant guttural et les riffs puissants et saturés sont omniprésents, Omega White rassemble au contraire toutes les influences gothiques et atmosphériques du groupe tels que Type O Negative et The Sisters of Mercy[114]. Les membres de la formation avouent avec le recul que sortir Omega White uniquement comme bonus est l'une des plus grandes erreurs de leur carrière. Pedro Paixão commente à ce sujet : « Omega White est un bien trop bon album pour ne pas exister en tant que tel. Pour moi, c'est même l'un de nos meilleurs disques à ce jour »[115].

Fernando Ribeiro écrit la même année une autobiographie du groupe intitulée XX 20 anos/Years, publiée par l'éditeur Saída de Emergência en janvier 2013[116]. De novembre 2012 à début 2014, la formation tourne intensivement en Europe et en Amérique, et donne le premier concert de sa carrière en Chine[117].

Un homme derrière une batterie décorée avec un faux crâne de bouc et des dessins de personnes sur la grosse caisse.
« Mike » Gaspar derrière son kit de batterie décoré pour la tournée promotionnelle d'Extinct en 2016.

Le dixième album studio du groupe, intitulé Extinct, est celui que Fernando Ribeiro considère comme l'album de la maturité pour Moonspell, dont les membres ont désormais tous atteint la quarantaine[118]. Enregistré en Suède avec le producteur Jens Bogren, il est publié en . Ribeiro déclare que l'album est plus sombre, très introspectif, avec des thèmes comme celui de l'extinction des espèces qui sont ancrés dans la réalité et qu'ils se sont « davantage concentrés sur les parties mélodiques et plus gothiques »[119]. Pour l'enregistrement, le groupe fait pour la première fois appel à une section de cordes[120]. Avec cet album, Moonspell retrouve le sommet des charts au Portugal[121]. Entre mars 2015 et décembre 2016, le groupe enchaîne trois tournées en Europe et deux en Amérique du Nord. Les singles Extinct et Breathe (Until We Are No More) s'imposent rapidement comme des favoris du public. C'est à partir de ces tournées que Pedro Paixão retrouve sa place derrière les claviers en concert[122].

Fernando Ribeiro fonde en 2016 son propre label, Alma Mater Records, dans le but de proposer du contenu exclusif de Moonspell aux fans et de promouvoir des groupes de metal portugais et brésiliens, tout en conservant toutefois le contrat du groupe avec Napalm Records[123]. Le 3 novembre 2017, le groupe sort son onzième album studio, 1755[124], enregistré presque entièrement à Lisbonne avec Tue Madsen, dont le concept tourne autour du séisme de Lisbonne en 1755. Fernando Ribeiro s'est inspiré du Poème sur le désastre de Lisbonne de Voltaire pour écrire les textes, et toutes les paroles sont chantées en portugais[4]. Les critiques remarquent une production ambitieuse à la théâtralité affirmée, avec des parties orchestrales créées à partir d'échantillons, qui montre le groupe sous un aspect nouveau[125],[126].

Le 17 août 2018, le groupe publie l'album live et DVD Lisboa Under the Spell. Ce dernier contient la performance du groupe au Campo Pequeno Arena de Lisbonne le 4 février 2017, concert spécial au cours duquel les albums Wolfheart, Irreligious et Extinct ont été joués dans leur intégralité[127]. Après avoir consacré la majeure partie de l'année 2018 à des tournées en Europe et en Amérique, la formation effectue une nouvelle tournée européenne avec Rotting Christ d'octobre à décembre 2019[128].

Années 2020

Un homme à la barbe noire et au front dégarni jouant de la batterie sur une scène.
Le batteur Hugo Ribeiro, qui a rejoint le groupe en 2020, au festival Rockharz en 2023.

En juillet 2020, Moonspell annonce le départ de Mike Gaspar, batteur du groupe depuis 1992[129]. Fernando Ribeiro déclare : « Le départ de Mike n'était pas aussi amical que nous l'aurions souhaité. Nous avons dû signer un contrat de confidentialité avec l'avocat de Mike et c'est la raison pour laquelle nous ne pouvons pas en parler, que ce soit nous ou lui. […] Je pense que notre relation était usée, Moonspell était dans une mauvaise situation après la tournée avec Rotting Christ. L'une des conséquences a été le départ de Mike »[130]. Gaspar est très vite remplacé par Hugo Ribeiro, qui n'a aucun lien de parenté avec le chanteur, choisi par Pedro Paixão alors que beaucoup d'autres batteurs avaient manifesté leur intérêt[130].

Peu après, le groupe enregistre à Londres, avec le producteur Jaime Gomez Arellano, son douzième album studio, Hermitage, qui sort le 26 février 2021 sous le label Napalm Records[131]. Les clips de The Greater Good, Commons Prayers et All or Nothing précèdent la sortie de l'album. Celui-ci se distingue par des sonorités très progressives, et son thème central est le paradoxe entre le fait de vivre dans un monde où tout est connecté et la sensation de solitude éprouvée par beaucoup de gens[130]. Fernando Ribeiro affirme que « c'est un album qui prend du temps pour être découvert, qui n'a rien d'immédiat, mais probablement l'un de ceux qui vont durer dans le temps »[132]. Hermitage est le troisième album du groupe à atteindre la première place du classement de ventes au Portugal[133].

Un homme barbu en chemise noire en train de jouer de la guitare élctrique.
Ricardo Amorim au festival Rockharz en 2023.

En mai 2021, pendant l'arrêt des tournées provoqué par la pandémie de COVID-19, la formation enregistre un album live/DVD, From Down Below, dans les grottes de Mira de Aire. Le groupe y interprète l'intégralité de l'album Hermitage. Ce live sort en septembre 2022[134]. Durant une grande partie de l'année 2022, le groupe célèbre son 30e anniversaire en donnant des concerts à travers toute l'Europe[135]. Puis, de mars à mai 2023, il sillonne tout le continent américain pour la suite de cette tournée anniversaire, donnant 51 concerts dans 14 pays[136]. Après cette épuisante tournée, Fernando Ribeiro est victime de problèmes stomacaux lors du Mystic Festival de Gdańsk, en juin. Il parvient à terminer le concert mais est pris en charge médicalement juste après, puis est brièvement hospitalisé pour subir des examens[137].

Le 26 octobre 2024, le groupe collabore avec les 45 musiciens de l'Orquestra Sinfonietta de Lisbonne et le chef d'orchestre Vasco Pearce de Azevedo pour un concert spécial donné à la MEO Arena de Lisbonne. Ce concert est principalement centré sur l'album 1755 mais les chansons les plus connues du groupe y sont aussi interprétées dans une nouvelle version orchestrale. Un album live et un DVD/Blu-ray du concert, intitulé Opus Diabolicum, sort le 31 octobre 2025[138]. Juste après avoir donné ce concert événement, Moonspell repart sur les routes en tant qu'invité spécial du groupe Dark Tranquillity pour une tournée européenne en deux parties, en novembre 2024[139] puis en avril et mai 2025[140].

En octobre 2025, Fernando Ribeiro annonce que le groupe a fini d'écrire son prochain album et qu'ils entreront en studio en décembre pour l'enregistrement. Le chanteur déclare à ce sujet : « C'est un album de metal gothique, avec de magnifiques morceaux, romantiques, mélancoliques, portés par de bons riffs, de beaux solos, une atmosphère forte et des paroles inspirées de la fiction et de la fantaisie »[141]. Enregistré à Porto avec le producteur Jaime Gomez Arellano, l'album est intitulé Far from God avec une date de sortie annoncée le 3 juillet 2026[142].

Style musical

Un homme habillé en noir portant un chapeau et tenant une lanterne en train de chanter derrière un micro.
Fernando Ribeiro en concert à Genève en 2019.

Fernando Ribeiro écrit tous les textes des chansons depuis les débuts du groupe, alors que les principaux compositeurs de la musique sont Pedro Paixão et Ricardo Amorim. Les paroles ou la musique sont indifféremment créées en premier selon les chansons[63]. Le chanteur affirme : « Je leur envoie parfois des textes qui créent des images dans leur tête et ils les traduisent en musique, et parfois c'est l'inverse, ils m'envoient de la musique instrumentale ou une outro et je cherche un concept, qui normalement est un titre fort. […] Au lieu de n'avoir qu'un compositeur, nous avons une équipe de compositeurs, ce qui, selon nous, donne plus de profondeur et de richesse à la musique »[130].

La musique du groupe se situe dans le courant du black metal à ses débuts, avant de mêler diverses influences sur son premier album, puis d'évoluer définitivement vers le metal gothique sur Irreligious[42]. Cependant, même si le metal gothique est le principal genre musical auquel Moonspell est rattaché, la musique du groupe est marquée par une constante évolution. Fernando Ribeiro explique à ce sujet : « Si tu regardes tous nos albums, il y a toujours des différences. Les gens nous demandent souvent : « Pourquoi faites-vous ça ? » Je n'ai pas de réponse directe, mais [même si nous aimons tous nos albums] nous ne nous prenons pas pour des génies au point de pouvoir nous satisfaire de ce que nous avons fait. Donc nous essayons de faire mieux ou quelque chose de différent avec l'album suivant. Cette insatisfaction est la dynamique qui a guidé Moonspell depuis les tout débuts »[63].

Le groupe cherche donc par la suite à se détacher du poids écrasant du succès d'Irreligious avec deux albums expérimentaux, Sin/Pecado et The Butterfly Effect, comportant des sonorités électroniques et marqués par des claviers omniprésents[55],[14]. Revenu à un pur metal gothique avec Darkness and Hope, il retourne vers ses racines avec The Antidote, puis Memorial, album qui se rapproche le plus du metal extrême depuis leurs débuts[143]. Les deux albums suivants, Night Eternal et Alpha Noir, complètent cette période au son très agressif[144], alors que l'album bonus Omega White présente un aspect atmosphérique du groupe totalement différent[113].

Extinct mélange avec bonheur les facettes agressive et mélodique du groupe, étant aussi influencé par la dark wave et la musique du Moyen-Orient[145]. Il incorpore par ailleurs des orchestrations de cordes, concept qui est repris à plus grande échelle sur le théâtral album-concept 1755[146]. En réaction, l'album suivant, Hermitage, est beaucoup plus minimaliste et présente « une musique globalement plus posée, langoureuse voire atmosphérique, en partie inspirée de Pink Floyd et du space rock »[130].

La grande majorité des textes sont écrits en anglais mais plusieurs titres, ou au moins certains couplets ou refrains, sont écrits en portugais sur différents albums, 1755 étant même entièrement chanté dans cette langue[72]. Le chant de Fernando Ribeiro peut être aussi bien clair, parfois susurré, avec une voix de basse, que guttural. Les thèmes principaux abordés par le groupe à ses débuts sont l'occultisme, l'érotisme et la culture portugaise[12]. À cette époque, Fernando Ribeiro se passionne pour l'occulte, la démonologie et les poèmes de Charles Baudelaire[147]. Il abandonne cependant le thème de la démonologie dès le premier album pour privilégier des influences plus littéraires[148]. Dès l'album Irreligious, le chanteur gagne en maturité et s'inspire des cours de philosophie qu'il suit alors, et des écrits de Goethe, Patrick Süskind, Umberto Eco, et de poètes romantiques[149]. Ce phénomène s'accentue sur Sin/Pecado avec des thèmes qui s'éloignent de la fiction et sont axés sur la religion et la société actuelle[150]. Les albums suivants tournent souvent autour d'un thème central unique, comme la théorie du chaos sur The Butterfly Effect, la peur sur The Antidote, la fin du monde sur Night Eternal, l'extinction des espèces sur Extinct, le séisme de Lisbonne sur 1755, et le sentiment de solitude sur Hermitage.

Influences

Aux débuts du groupe, ses deux principales influences sont Bathory[151] et Celtic Frost[12], en particulier l'album Into the Pandemonium (1987) pour sa synthèse réussie de plusieurs genres[152] ; ainsi que Venom, qui a répandu l'usage de pseudonymes dans le black metal[153], et Mercyful Fate, qui a approfondi les thèmes de l'occultisme et du satanisme[154].

Les groupes Type O Negative[90], Fields of the Nephilim[155], The Sisters of Mercy[113], Tiamat, notamment l'album Wildhoney (1994)[156], Dead Can Dance[12], et Sentenced sont les principales influences du groupe pour son virage vers le metal gothique[42].

Parmi les autres influences du groupe, musicales ou stylistiques, les membres de la formation citent notamment The Doors, Pink Floyd, Black Sabbath, The Cure, Iron Maiden, Bauhaus, Paradise Lost, Root, Samael, Anathema et My Dying Bride[157]. Fernando Ribeiro mentionne aussi Leonard Cohen, Nick Cave et Jim Morrison comme influences pour l'écriture de ses textes[157].

Importance

Un homme portant des vêtements et une cape noire qui étend les bras en tenant les bords de sa cape pendant qu'il chante.
Fernando Ribeiro en 2017, prenant une pose caractéristique pour la chanson Vampiria.

L'emblème du groupe est le loup, souvent représenté hurlant à la pleine lune, alors que ses fans sont surnommés « The Pack » (« la meute » en français)[158],[159].

Les deux premiers albums de Moonspell, Wolfheart et Irreligious, demeurent les plus emblématiques de la formation par l'impact qu'ils ont eu sur le milieu du metal dans les années 1990[160], et les chansons Alma Mater, Vampiria, Opium et Full Moon Madness, qui figurent toutes sur ces deux albums, sont des classiques du groupe[161],[14]. Avec ces deux albums, Moonspell est devenu le premier groupe portugais de metal à être reconnu internationalement[1],[162]. Par la suite, grâce à sa longue carrière et sa faculté à se renouveler sans connaître de longue période de creux qualitatif, Moonspell est devenu l'un des trois artistes musicaux portugais les plus connus dans le monde tous genres confondus, avec Amália Rodrigues et Madredeus[163],[164].

Wolfheart a été choisi en 2010 par les services postaux portugais pour faire partie d'une série de timbres sur l'histoire de la musique rock au Portugal. Il illustre le timbre de deux euros, le plus cher de la série[165].

Moonspell est cité comme ayant eu sur lui une influence importante par Nergal, leader du groupe Behemoth[90]. Des membres de Powerwolf mentionnent aussi le groupe comme influence[166],[167], ainsi que des formations comme Lacuna Coil[168] et Insomnium[169]. Des groupes portugais notables de la génération suivante tels que Gaerea et Sinistro reconnaissent eux aussi l'importance de Moonspell pour eux[170],[171].

Membres

Membres actuels

  • Fernando Ribeiro (Langsuyar)chant (depuis 1989)
  • Pedro Paixão (Passionis/Neophytus)claviers, guitare (depuis 1993)
  • Ricardo Amorim – guitare (depuis 1995)
  • Aires Pereira – basse (tournées depuis 2003, officiellement depuis 2011)
  • Hugo Ribeiro – batterie (depuis 2020)

Anciens membres

  • Pedro Catarino - guitare (1989-1992)
  • João Paulo (Toureiro) - batterie (1989-1992)
  • Luís Lamelas (Malah/Fenrir) – guitare (1992–1993)
  • Duarte Picoto (Mantus) – guitare (1992–1995)
  • João Pereira (Tanngrisnir) – guitare (1993–1995)
  • João Pedro (Tetragrammaton/Ares) – basse (1989–1997)
  • Sérgio Crestana – basse (1997–2003)
  • Miguel Gaspar (Mike/Nisroth) – batterie (1992-2020)

Discographie

Albums studio

Albums live

  • 2008 : Lusitanian Metal
  • 2018 : Lisboa Under the Spell
  • 2022 : From Down Below
  • 2025 : Opus Diabolicum

Compilations

EPs et démos

Singles

  • 1994 : Goat on Fire / Wolves from the Fog
  • 1996 : Opium
  • 1999 : Butterfly FX
  • 2001 : Nocturna
  • 2003 : Everything Invaded
  • 2006 : Finisterra
  • 2015 : The Last of Us
  • 2015 : Breathe (Until We Are No More)
  • 2015 : Extinct
  • 2017 : Todos os Santos
  • 2017 : In Tremor Dei
  • 2017 : Evento
  • 2018 : I'll See You in My Dreams
  • 2019 : Scorpion Flower
  • 2020 : The Greater Good
  • 2020 : Common Prayers
  • 2021 : All or Nothing
  • 2025 : Vampiria (feat. Orquestra Sinfonietta de Lisboa)

Vidéographie

DVD / Blu-ray

  • 2008 : Lusitanian Metal
  • 2018 : Lisboa Under the Spell
  • 2022 : From Down Below
  • 2025 : Opus Diabolicum

Clips

  • 1996 : Opium
  • 1998 : 2econd Skin, Magdalene
  • 1999 : Butterfly FX
  • 2001 : Nocturna
  • 2003 : Everything Invaded
  • 2004 : I'll See You in My Dreams
  • 2006 : Finisterra, Luna
  • 2008 : Scorpion Flower, Night Eternal
  • 2012 : Lickanthrope, White Skies
  • 2015 : Extinct, Domina, Medusalem (lyric video), Breathe (Until We Are No More) (lyric video)
  • 2017 : Todos os Santos, In Tremor Dei, Evento (lyric video)
  • 2020 : The Greater Good (lyric video), Common Prayers
  • 2021 : The Hermit Saints, All or Nothing

Bibliographie

  • Ricardo S. Amorim[note 4] (trad. du portugais par Arnold Petit), Des loups parmi les hommes : L'Histoire officielle de Moonspell, Flammes noires, , 472 p. (ISBN 9782957137251). Ouvrage utilisé pour la rédaction de l'article

Notes et références

Liens externes

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