Muscat de Mireval
région viticole
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Un muscat de Mireval[note 2] est un vin doux naturel produit dans le département français de l'Hérault en région Occitanie.
| Muscat de Mireval | |
Bouteille de muscat de Mireval. | |
| Désignation(s) | Muscat de Mireval |
|---|---|
| Type d'appellation(s) | AOC / AOP |
| Reconnue depuis | 1959 |
| Pays | |
| Région parente | vignoble du Languedoc-Roussillon |
| Sous-région(s) | plaine du Languedoc |
| Localisation | Hérault |
| Climat | tempéré méditerranéen |
| Superficie plantée | 62,7 hectares (en 2024)[1] |
| Cépages dominants | muscat blanc à petits grains B[note 1] |
| Vins produits | vin doux naturel blancs |
| Production | 901 hl (en 2024)[1] |
| Pieds à l'hectare | minimum 4 000 pieds/ha[2] |
| Rendement moyen à l'hectare | 14 hl/ha (en 2024)[1] |
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Histoire
Origine du vignoble
En 1122, les premières traces de transaction attestent la présence de muscat à cette époque[3].
Dès le début du XVIe siècle, la culture de la vigne languedocienne étant devenue plus rentable que celle des céréales, les coteaux et les terrasses devinrent insuffisants. Dès 1520, les vignobles de Frontignan, Mireval et Vic-la-Gardiole descendirent en plaine[4]. Ce fut à cette époque que François Rabelais trouva à Montpellier des « bons vins de Mirevaux et joyeuse compagnie », tandis qu'à Avignon, il rencontra des « femmes qui jouent volontiers du serre-croupière parce que c'est terre papale »[5]. Toujours au XVIe siècle, Guy de Chauliac reconnaît certaines vertus médicamenteuses au muscat de Mireval[3].
Au XIXe siècle, les producteurs se désintéressent du muscat pour se tourner vers le vin rouge, plus rentable à cette époque[3]. En 1886, le phylloxéra met en crise le vignoble et oblige d'en replanter une partie[3].
Développement de l'appellation
Le muscat de Mireval est reconnu comme une appellation d'origine contrôlée (AOC) par le décret du pour des vins blancs produits à Mireval et Vic-la-Gardiole (en dehors de l'aire du frontignan), avec uniquement le cépage muscat blanc à petits grains, muté pour faire du vin doux naturel (VDN : alcool de mutage rajouté lors de la fermentation, moûts contenant au minimum 252 g de sucre par litre) ou du vin de liqueur (alcool rajouté pour interdire toute fermentation, moûts avec 234 g de sucre par litre), avec des rendements limités à 28 hl/ha[6]. En mai 1972, un nouveau décret interdit les arbres fruitiers dans les parcelles, interdit l'irrigation (sauf dérogation) et rehausse le rendement maximum à 28 hl/ha[7]. En août 2002, le rendement maximal est augmenté à 30 hl/ha[8].
Le cahier des charges est publié en octobre 2009 (désormais uniquement un VDN ; rendement butoir à 40 hl/ha)[9], puis modifié en septembre 2011[2].
Étymologie
Vignoble
Aire d'appellation
| Images externes | |
| Cartes cadastrales de l'appellation | |
| Orthophotos du parcellaire de l'appellation | |
Le vignoble est situé dans le département de l'Hérault à mi-chemin entre Montpellier et Sète, jouxtant au nord-est celui du muscat de Frontignan. L'aire d'appellation concerne les deux communes de Mireval et Vic-la-Gardiole[2].

Orographie et géologie
Les vignes sont plantées sur des pentes du massif de la Gardiole. Elles sont orientées au sud-est et protégées par les collines des vents froids du nord. Le terrain de l'appellation est essentiellement caillouteux et sec. Les flancs de la Gardiole sont plus calcaires et la plaine littorale est plus argileuse à proximité des étangs. Les influences maritimes sont fortes, avec des températures estivales significativement plus fraiches que dans l'intérieur des terres lorsque le vent souffle depuis la mer.
Les sols qui affleurent datent du Kimméridgien et de l'Oxfordien. Ils sont composés d'une argile très ferrugineuse fortement colorée en rouge. Cette argile est mêlée à du calcaire. Dans la partie sud du vignoble le taux de calcium est extrêmement élevé, ce qui impose de recourir à des porte-greffes très résistants.
Climatologie

Le climat de Mireval est typiquement méditerranéen, caractérisé par des hivers doux et humides, des étés chauds et secs et des précipitations concentrées en automne et en hiver, souvent orageuses. La tramontane, vent du nord-ouest, s'y fait fréquemment sentir en hiver.
La moyenne des températures annuelles moyennes relevées à la station météorologique départementale de Sète, sur une période de trente ans (1961-1990) s'élève à 14,7 °C avec des moyennes maximales et minimales de 17,9 °C et 11,4 °C. Juillet est le mois le plus chaud avec une moyenne mensuelle de 19,1 °C et janvier le plus froid avec 4,7 °C. Les records de température ont été enregistrés à 39 °C le [10] et −12,0 °C le . Les gelées sont rares du fait de la proximité de la mer, mais se produisent périodiquement, rendant aléatoire la culture de plantes sensibles, tels les palmiers.
L'ensoleillement annuel moyen est supérieur à 2500 heures[11].
La moyenne des précipitations annuelles est relativement basse, elle s'élève à 627 millimètres, avec une répartition inégale, les mois de juin, juillet et août étant les plus secs et la période allant d'octobre à mars la plus pluvieuse, le mois d'octobre recevant à lui seul 106 mm en moyenne, soit environ un sixième du total annuel[12].
La région est relativement venteuse, principalement du fait de la tramontane, vent froid et sec, fréquent en hiver et au printemps, qui souffle du nord-ouest. Ce vent, qui a franchi le seuil de Naurouze entre Pyrénées et Massif Central, y est cependant affaibli comparativement aux régions situés plus à l'ouest. C'est un vent sec, qui chasse les nuages, et augmente l'insolation et l'évaporation. Les vents de secteurs est / sud-est, marin et grec, sont des vents humides et doux qui soufflent de la mer et amènent la pluie. Ils s'accompagnent d'une houle parfois importante et peuvent être violents, dépassant les 130 km/h.
Encépagement
Seul le cépage muscat blanc à petits grains B[2] est le muscat blanc à petits grains B[note 1] est admis.
Méthodes culturales et réglementaires
Le rendement de base est de 28 hl/ha.
Vins
Le muscat de Mireval est une appellation de vin doux naturel uniquement en blanc. Sur son aire de production, les vignerons peuvent aussi fabriquer plusieurs IGP (pays-d'oc, terres-du-midi et pays-d'hérault) et du vin sans indication géographique (VSIG, sous le nom de « Vin de France »).
Volumes
Selon le service des Douanes, les données de production des années récentes sont[1]. Les données de production des années récentes, telles que publiées par le service des Douanes :
| Année | muscat de Mireval | ||
|---|---|---|---|
| superficie (ha) | production (hl) | rendement (hl/ha) | |
| 2022 | 37,5 | 503 | 13 |
| 2023 | 67,9 | 1 201 | 18 |
| 2024 | 62,7 | 901 | 14 |
Vinification et élevage
La règlementation exige au moins 252 grammes de sucre par litre. La fermentation alcoolique est stoppée par l'addition d'alcool à 95 %. Il doit alors rester au moins 125 grammes par litre de sucre dans le vin.
Gastronomie
C'est l'apéritif qui a fait la fortune du muscat de Mireval. Sucré, capiteux, long en bouche, il était consommé avant les repas. La dégustation du muscat s'est depuis diversifiée, en accompagnement du foie gras et de nombreux fromages forts à pâte molle (époisses, maroilles, munster ...). Le muscat sec, qui est vinifié comme un vin blanc, sans mutage à l'alcool, en fait un vin blanc typé et raffiné pour accompagner les fruits de mer, les poissons et les salades. La vinification en vin naturellement doux (sans mutage à l'alcool) produit un vin épicé faisant penser au Xérès et accompagne les repas de poissons ou de crustacés.
Le muscat de Mireval intervient comme ingrédient dans de nombreuses recettes, et notamment pour la préparation du foie gras. Ses arômes muscaté et de raisin frais le font aussi intervenir dans la préparation de cocktails, amuse-gueules, potages, entrées, poissons et crustacés, volailles et viandes, légumes et desserts, dont les salades de fruit[13].
La sauce au vin muscat est l'une des nombreuses déclinaisons culinaires de ce vin doux naturel.
Structure des exploitations
Entre la reconnaissance en appellation (1959) et le début des années 2000, le vignoble a été multiplié par six et a produit jusqu'à 8 000 hectolitres de vin avec soixante-dix producteurs (cave coopérative locale) et quelques vignerons indépendants qui commercialisent leur propre vins. Ces chiffres ont fortement chuté depuis le début des années 2000 sous la conjonction de plusieurs facteurs et notamment les départs à la retraite de viticulteurs et une focalisation croissante sur la qualité plutôt que sur les rendements.
Commercialisation
Les caves et domaines du muscat de Mireval sont notamment :